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Samizdat

La Bible pour déprimés.




Paul Gosselin (2010)

Vous avez probablement entendu parler de la série de livres “ ...pour nuls ”. On y rencontre des livres sur toutes sortes de sujets, dont l'informatique. Par exemple, “ Windows XP pour nuls ”, “ PhotoShop pour nuls ” ou encore “ Macintosh pour nuls ”, mais évidemment sur d'autres sujets aussi. Eh bien, je veux vous annoncer la sortie d'un truc plutôt différent, soit de “ La Bible pour déprimés ”!

Non, ce ne sera pas inscrit au catalogue de Samizdat, mais je veux juste vous faire part de quelques réflexions qui se sont accumulées en 35 ans de vie chrétienne (Dieu seul sait ce que ça vaut... ou pas).

À une certaine époque la doctrine “ Word-Faith ” (ce que j'appelle la "Pensée positive chrétienne"), propagée par des individus tels que Kenneth Copeland, Morris Cerullo, Benny Hinn, Peter Youngren, Kenneth Hagin et bien d'autres disciples moins connus, avait le vent dans les voiles dans les églises de Pentecôte du Québec. Cette doctrine affirme que le chrétien peut exploiter la "foi" comme une baguette magique et obtenir TOUT ce qu'il veut. Ainsi, Dieu se voit en quelque sorte transformé en machine distributrice où l'on peut obtenir un nouvel emploi, un(e) époux(se), une nouvelle maison, la guérison de toutes ses maladies, une vie sociale épanouie, la libération de toutes les blessures psychologiques et la victoire dans toutes les difficultés. En somme, le chrétien a le droit d'être béni! Mais le hic, c'est que cette doctrine place une charge énorme sur les épaules de ses adeptes (mais non pas sur ses promoteurs), car si les bénédictions attendues et les réponses attendues aux prières ne sont PAS au rendez-vous, c'est le chrétien qui a fait la requête qui en porte TOUTE LA RESPONSABILITÉ, car il a eu une foi fautive. D'autre part, si le chrétien n'est pas toujours « positif », de bonne humeur, jamais déprimé, etc., alors c'est également sa faute... Un jour, j'ai entendu un prédicateur attaché à cette pensée affirmer que dans les Psaumes, il n'y a que du « positif ». J'imagine qu'il entendait par là, que les Psaumes ne comportaient que des pensées « bénissantes », plaisantes. Rien de déprimant.

Mais le temps a passé et comme bien d'autres j'ai été confronté à la réalité que le chrétien aussi vit dans un monde déchu. Eh, oui, c'est une doctrine plutôt oubliée dans notre génération... À écouter ces apôtres de la Pensée positive chrétienne, à partir de la conversion, le chrétien serait immédiatement transporté au paradis! Fini les épreuves, suffit de crier "Alléluia!" et tous les problèmes disparaissent. Mais c'est un mensonge car ce n'est pas ce que les apôtres ont enseigné aux premiers chrétiens (ex. Actes 14:22; 20:23; 2Cor 7:4; 1Thess 3:4; 2Thess 1:4). Et c'est sans compter que Jésus lui-même a dit : « Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde » ( Jn 16: 33). Mais évidemment on peut comprendre que cet évangile des bénédictions avait tout pour plaire aux occidentaux grassouillets et matérialistes du 20e siècle... Pas difficile de vendre un évangile marketing.

Mais, dans mes lectures de la Bible j'ai découvert trois choses.

  1. Le chrétien aussi vit dans un monde déchu (où existent la souffrance et les épreuves).
  2. Le Dieu de la Bible n'est pas le dieu de la Pensée positive chrétienne. Il n'est pas intimidé ou frustré par un chrétien déprimé qui n'est pas “ dans la victoire ”.
  3. Le Dieu de la Bible est capable d'entendre nos plaintes. Comme on le dit au Québec, « Il est capable d'en prendre ».

Le meilleur exemple est le livre de Job où cet homme fidèle a vu une série inouïe de tuiles lui tomber sur la tête et qui se fait dire, en guise d'encouragement par sa tendre épouse, «  Maudis Dieu, et meurs! ». Ouf! Douée comme consolatrice cette dame... Et ensuite, viennent des copains bien intentionnés “ l'encourager ” en lui cherchant des fautes qu'il n'a pas commises. Ah, c'est le comble...



Job, par Gustave Doré

Les Écritures préservent donc plusieurs chapitres d'échanges entre Job et ses copains, mais une bonne part n'est d'autre chose que Job, versant sa bile. Comme on dit en québécois, « il vide son sac ». Et cela a été préservé dans les Écritures! Comme nous, Job ne sait pas que sur le plan spirituel il se passe des choses, une bagarre invisible[1], mais à la fin du récit, Dieu intervient et après un échange un peu macho avec Job, il fait une remise en question aux copains bien-intentionnés de Job. Il est clair que dans la Bible, Dieu démontre qu'il comprends très bien les dépressifs et la dépression, car dans le livre de Job, il permet à Job (le dépressif) de s'exprimer en long et en large et, à la fin du livre, Dieu dit aux amis de Job: "Après que l'Eternel eut adressé ces paroles à Job, il dit à Eliphaz de Théman: Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n'avez pas parlé de moi avec droiture comme l'a fait mon serviteur Job." (Job 42: 7)

Et même si Job se plaint de son sort et de tout ce qui lui est arrivé, Dieu dit de lui qu'il a bien parlé. Aucun reproche n'est adressé à Job.

Et ailleurs dans les Écritures on rencontre Jérémie, le prophète fidèle. Jérémie est né dans une période de grande déchéance en Israël. Et le boulot que Dieu donne à Jérémie n'est pas rigolo: avertir le peuple que le jugement viendra s'ils ne se repentent pas de tous leurs péchés. Et plutôt que de se repentir, ils s'amusent à taper sur le porte-parole de Dieu, Jérémie. Et le jugement vint malgré tout...

Et il y a des jours où Jérémie n'en peut plus... Au chap. 3 des Lamentations, Jérémie aussi vide son sac. Ça vaut le coût de tout lire, mais je vous laisse quelques versets pour donner le style:

Et comme je le note dans mon livre Hors du ghetto, il y a lieu de penser que la musique du blues tire ses origines, par le biais des lamentations des esclaves noirs chrétiens dans le sud des États-Unis, des lamentations de Jérémie ou des Psaumes tels que 11, 44 ou 88. Là encore, on voit que les auteurs sacrés sont aussi passés par des moments de grande déprime, de grande noirceur. Des moments où la destruction de projets et de liens intimes peut nous ébranler à tel point que la mort semble le bienvenu. Jérémie, qui est passé par des épreuves terribles, et bien d'autres saints, est passé par là et voici ce qu'il nous livre comme réflexion pour traverser ses ténèbres.

Et dans le Nouveau Testament, l'Apôtre Paul, si costaud, confesse au sujet d'un épisode d'épreuve qu'il a vécu : « Nous ne voulons pas, en effet, vous laisser ignorer, frères, au sujet de la tribulation qui nous est survenue en Asie, que nous avons été excessivement accablés, au-delà de nos forces, de telle sorte que nous désespérions même de conserver la vie. » (2Co 1:8) Mais ce même apôtre ajoute :

Évidemment, cela ne vide pas la question, mais pour ma part j'ai appris trois choses sur ces périodes de ma vie:

Une autre face de la question est que la dépression comporte un aspect intellectuel. CS Lewis, au 12e chapitre de son roman The Silver Chair/Fauteuil d'argent, les enfants venus libérer le prince Rilian se retrouvent attaqués par les enchantements d'une sorcière, et s'en suit un véritablement combat de foi entre une vision du monde matérialiste et, allégoriquement, celle proposée par les Écritures. Et il faut le dire que cette vision du monde matérialiste TRES largement diffusé dans le système d'éducation et les médias TUE l'espoir. Mais pour voir cette question clairement, en général il est inutiie d'intérerroger un intello francophone. William B. Provine, évolutionniste athée et professeur de biologie à l'Université Cornell, fait le constat suivant sur l’influence culturelle et éthique de la cosmologie matérialiste (1990: 23):

Et à mon avis, plus on a passé de temps dans le système d'éducation, plus on risqque d'avoir à lutter avec le désespoir qui découle de la vision du monde décrit par Provine. Avec une franchise assez exceptionnel pouir un français, Albert Camus a exprimé la chose ainsi (1942: 99)?

C'est plein d'espoir n'est-ce pas?? Évidemment les psys pris au piège de cette vision du monde n'auront rien à offrir aux dépressifs (sauf des comprimés et encore des comprimés). Ne cherchez donc pas auprès d'eux de l'espoir qui puisse tenir la route dans la vraie vie. Autrefois, j'ai déjà entendu autrefois un apôtre de la pensée positive chrétienne prêcher sur Hébreux chap. 11 en discutant longuement de plusieurs d'enfants de Dieu qui, « par la foi », ont vu tant de réponses spectaculaires à leurs prières, mais ce même prédicateur pentcôtiste coupa nette sa lecture de ce chapitre juste avant le verset 35. Curieux, n'est-ce pas ?? Car si avant ce verset, il est question de prospérité matérielle, de naissance d'enfants à un couple stérile, de guérisons, de morts qui ressuscitent, de la traversée d'une mer à sec, après ce verset, on passe à des choses moins bénissantes (au sens superficiel du terme). Les versets qui suivent disent:

Et il y a tout lieu de penser que ce prédicateur a aussi négligé le verset 13 au milieu de ce chapitre qui dit, « C'est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. ». Avec les années de marche avec le Seigneur, il me semble qu'ici-bas, cette expérience, de ne pas voir de ses yeux des choses promises, semble assez commune. Mais à mon avis tous sont dans Ses mains, aussi bien ceux qui ont obtenu les choses promises que ceux qui n'ont pas obtenu.

J’ai entends parfois des chrétiens dire qu'il serait utile pour les découragés/dépressifs de fréquenter des gens "positifs". Je comprends un peu ce qu'on entend par là, mais il arrive parfois que certains chrétiens "positifs" et (qui n'ont PAS eu leur part de baffes dans la vie) peuvent offrir des conseils, superficiels et bien intentionnés, qui ne feront qu'envenimer une situation plutôt que consoler ou encourager.

Mais on peut voir aussi ce conseil sur un autre plan, c'est-à-dire du point de vue artistique/culturel. Par exemple, si on vit un moment de découragement et si on a l'habitude de lire beaucoup de livres/romans ou que l'on écoute beaucoup de musique, il FAUT avoir du discernement et ne PAS lire/écouter des trucs tragiques, qui broient du noir. Tout ça peut amplifier notre cafard... Et ce n'est probablement pas le moment non plus de lire un de ces nombreux livres évangéliques sur la fin des temps... Ouais, on peut faire le lien avec tout ça et ce verset dans Proverbes:

Garde ton coeur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. (Pr 4: 23)

Voici une petite réflexion de C.S. Lewis (tiré de l'Appendice de son livre Problem of Pain) touchant les épreuves psychologiques qui m’a semblé assez juste:

La douleur psychologique est moins manifeste que la douleur physique, mais elle est plus fréquente et plus difficile à supporter. La tentative fréquente de dissimuler la douleur psychologique en augmente le fardeau: il est plus facile de dire «Ma dent me fait mal» que de dire «Mon cœur est brisé». Pourtant, si on fait face à cette douleur et qu’elle soit acceptée, le conflit va renforcer et purifier le caractère et, avec le temps, la douleur va généralement passer. Parfois, cependant, la douleur persiste et l'effet peut être dévastateur. Et si on ne fait pas face à cette douleur ou qu’elle ne soit pas reconnue, elle produit l'état morne de la névrose chronique. Mais certains, par héroïsme, surmontent même la douleur psychologique chronique. Ces individus produisent souvent des travaux brillants et fortifient, endurcissent et aiguisent leurs caractère jusqu'à ce qu'ils deviennent comme l'acier trempé.

Discutant du développement physique et moral du personnage principale dans son roman Raymond, le pensionnaire, Urbain Olivier offre ces réflexions très sérieuses sur les états d'âme qui peuvent parfois nourrir la dépression, ces états d'âme qui sont des indices parmi tant d'autres d'un monde actuellement déchu, mais, les Écritures nous le disent, qui ne le resteras pas toujours:

Et aussi cette facilité aux emportements subits, à la sourde colère, à une sorte de tristesse intérieure dont l’homme d’ailleurs le plus gai traîne toujours après soi quelque reste petit ou grand. — Le souvenir de notre origine céleste perdue, la vue du péché autour de nous et surtout dans notre propre cœur, sont déjà plus que suffisants pour affliger profondément notre âme. Et si une disposition naturelle à la tristesse déteint encore sur nos impressions, il est impossible que nous n’éprouvions pas souvent la vérité de cette parole : le plus beau de nos jours n’est que vanité, rongement d’esprit. Mais l’ordre éternel sera rétabli. Dieu l’a promis. Sa parole est immuable. Croyons seulement, et nous verrons sa gloire.

Bon, cela n'implique pas non plus qu'il faille adopter une attitude fataliste vis-à-vis la vie. Ce n'est pas: « On est né pour un petit pain » comme on disait autrefois au Québec... Une formulation catholique d'insh'Allah... Sur ces questions, l'apôtre Paul donne un conseil simple, mais très utile aux esclaves de son époque. Mais ce conseil vaut encore pour nous lorsque nous faisons face à des situations oppressantes qui nous sont imposées. Il dit: « As-tu été appelé étant esclave, ne t'en inquiète pas; mais si tu peux devenir libre, profites-en plutôt. » (1Co 7:21). À mon sens, cela implique que si nous subissons des circonstances accablantes et que nous pouvons y changer quelque chose (cela inclue évidemment la question médicale), alors faisons-le, mais si on ne peut rien changer, confions-nous dans le Seigneur! Ici et là dans le Nouveau Testament, on nous dit de lever les yeux et de regarder au-delà de nous circonstances. Voici quelques bijoux de sagesse pour ceux dont les vents de la vie ont secoué leur petite barque :

Eh oui, toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, même aux dépressifs qui aiment Dieu... Faut-il sombrer dans la résignation et le fatalisme? Faut-il renoncer à chercher de l'aide si on en a besoin ou à régler des problèmes qui nous font souffrir? Non, certes pas! Mais si les médecins ou psys ne trouvent pas la solution pharmaceutique miracle pour repousser les symptômes de dépression, il ne faut pas désespérer non plus... En lisant C.S. Lewis, le grand défenseur du christianisme, on a quelque difficulté à l'imaginer en proie à la dépression, mais j'ai lu dans une de ses biographies qui lui aussi avait combattu la dépression par moments. Cela me semble tout à fait vraisemblable, car dans son roman Perelandra (qui fait partie de la Trilogie Cosmique), le héros, Ransom, après une grande bataille avec les forces du mal, fait un voyage dans les antres de la terre, un voyage dans les ténèbres et la noirceur. Le mot "dépression" n'y est jamais prononcé, mais cela ressemble énormément à une représentation allégorique de l'expérience de la dépression. Et en terminant, je vous laisse avec David. Lui non plus, on ne le croirait pas en proie à la dépression, cet artiste-guérrier, mais au Psaume 22 on voit bien qu'il sait bien de quoi il en retourne. Ce chapitre commence bien d'ailleurs, car au premier verset, David s'exclame "Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné!". On rencontre donc dans ce Psaume aussi bien la souffrance et la noirceur, mais également la lumière au bout du tunnel. Je le recommande!

On a noté ci-dessus que la dépression est souvent le résultat d'une collision entre nos attentes et la réalité, mais il faut préciser que ce processus peut exposer le fait que ces attentes sont devenues des idoles dans nos coeurs. Et ce n'est PAS une petite affaire car j'ai vu des chrétiens qui, lorsque la vie a jeté à terre telle ou telle attente qu'ils ont nourrie, ils ont laissé grandir l'amertume dans leur coeur et ceci conduira plus tard au suicide... Ce n'est donc PAS un jeu! Devant Dieu, il faut jouer franc-jeu. Parfois nos vies peuvent tenir à un fil, à une simple question: Ferai-je confiance à Dieu ou non? Ferai-je confiance à Dieu même si. pour le moment, je dois marcher dans les ténèbres et l'humiliation? Il attend notre réponse.


Dieu a pitié des vers de terre.
Dans un monde déchu, il arrive que notre estime de soi soit écrabouillé, réduit à zéro par les circonstances de la vie et que cet état soit entretenu par les mépris des autres. Le grand roi David a vécu de telles choses. Dans le Psaume 22 il vide son coeur et dit:

Et moi, je suis un ver et non un homme, l’opprobre des hommes et le méprisé du peuple. Tous ceux qui me voient se moquent de moi, Ils ouvrent la bouche, secouent la tête: Recommande-toi à l’Eternel! L’Eternel le sauvera, Il le délivrera, puisqu’il l’aime! - (Ps. 22: 7-9)

Dans un monde déchu, à certaines étapes de nos vies on peut avoir le sentiment d'être anéantis, à bout de ressources et d'énergie, réduits en poudre... Nuls... Mais le récit ne se termine pas là. Plus loin dans le même psaume, David nous rappel des choses utiles en notant:

Vous qui craignez l’Eternel, louez-le! Vous tous, postérité de Jacob, glorifiez-le! Tremblez devant lui, vous tous, postérité d’Israël! Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable, Et il ne lui cache point sa face; Mais il l’écoute quand il crie à lui. (...) Les malheureux mangeront et se rassasieront, Ceux qui cherchent l’Eternel le célébreront. Que votre coeur vive à toujours! (Ps. 22: 24-25, 27)

Dieu n'a pas oublié David et il ne nous oublieras pas non plus. Pour le dépressif, le défi est souvent de garder espoir malgré les coup de pied au visage que nous assène parfois la vie dans un monde déchu. Souvent l'espoir est très malmené et maintenir le cap, afin de marcher dans les voies de Dieu, devient très difficile. On broie du noir et on ne voit que du noir. Mais Dieu le sait et parlant à des gens dans la souffrance nous livre quelques bijoux dans les Écritures:

« Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint-Esprit! » (Rom 15: 13)

« Quiconque marche dans l’obscurité et manque de lumière, Qu’il se confie dans le nom de l’Eternel, Et qu’il s’appuie sur son Dieu! » (És. 50: 10b)

«Que ton coeur n’envie point les pécheurs, Mais qu’il ait toujours la crainte de l’Eternel; Car il est un avenir, Et ton espérance ne sera pas anéantie.» (Prov 23: 17-18)

Et dans le chapitre qui suit, ont revient sur le même thème.

«Mon fils, mange du miel, car il est bon; Un rayon de miel sera doux à ton palais. De même, connais la sagesse pour ton âme; Si tu la trouves, il est un avenir, Et ton espérance ne sera pas anéantie.» (Prov. 24: 13-14)

 Il faut dire que John Bunyan, qui lui-même a lutté avec la mélancolie loin de sa famille dans sa cellule de prison, sait parler aux coeurs dans son Voyage du Pelerin (1678).

Martin LutherEt si on reste dans la veine littéraire, notons en guise de consolation pour les dépressifs que dans les Chroniques de Narnia par CS Lewis, dans le roman The Silver Chair/Fauteuil d'argent, Puddleglum le Marsh-Wiggle est à la fois le personnage le plus morose de toute cette série, mais également un des plus courageux et plein de foi dans l'adversité. Mais avant Bunyan, d'autres ont soufert de dépression car dans les Les Propos de Table du réformateur Martin Luther (1566), on relate cet incident:

Par aiileurs (et toujours dans les Propos de table) Luther observait:

Et sur les mesure à prendre pour lutter contre la déprime, Luther avait des conseils pratiques toujours actuels:


que Dieu nous garde et nous secourt tous!

Paul Gosselin, webmestre


Mais les ténèbres ne régneront pas toujours sur la terre où il y a maintenant des angoisses: Si les temps passés ont couvert d’opprobre le pays de Zabulon et le pays de Nephthali, Les temps à venir couvriront de gloire la contrée voisine de la mer, au delà du Jourdain, Le territoire des Gentils. Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière; Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort une lumière resplendit. Tu rends le peuple nombreux, tu lui accordes de grandes joies; Il se réjouit devant toi, comme on se réjouit à la moisson, Comme on pousse des cris d’allégresse au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, le bâton qui frappait son dos, la verge de celui qui l’opprimait, tu les brises, comme à la journée de Madian. Car toute chaussure qu’on porte dans la mêlée, Et tout vêtement guerrier roulé dans le sang, seront livrés aux flammes, pour être dévorés par le feu. Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Donner à l’empire de l’accroissement, et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et à toujours: Voilà ce que fera le zèle de l’Eternel des armées. (Ésaïe 8:23; 9: 1-6)

C'est moi qui ferai paître mes brebis, c'est moi qui les ferai reposer, dit le Seigneur, l'Eternel. Je chercherai celle qui était perdue, je ramènerai celle qui était égarée, je panserai celle qui est blessée, et je fortifierai celle qui est malade. Mais je détruirai celles qui sont grasses et vigoureuses. Je veux les paître avec justice. (Ezé 34 15-16)

 


Notes

[1] - Le Nouveau Testament nous donne aussi un clin d'œil derrière le rideau : « Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. » (Ephésiens 6:12)


Voir aussi:

Bernard, Jean (1680) La consolation des chrétiens en deuil. (PDF)

Bunyan, John (1664) Le voyage du pelerin (format PDF)

Camus, Albert (1942) Le Mythe de Sisyphe: essai sur l'absurde. Éditions Gallimard [Paris] [Essais 11, Bibliothèque de la Pléiade] 187 p.

Charrier, Raphaël Comment lutter contre le découragement spirituel ? Le Bon Combat

Greder, Claude (2015) Abattre les forteresses (3) – le découragement. Église Porte Ouverte [prédication vidéo]

La rédaction (2017) Le bouleversant témoignage de Joni, tétraplégique depuis 50 ans après avoir plongé en eau peu profonde. Infochrétienne

Lewis, C. S. (1940/1977) The Problem of Pain. (Ebook gratuit) Harper-Collins (Fount) London 123 p

Mayhue, Richard La souffrance, la guérison et la foi: Une interview avec Joni Eareckson Tada.

Nunn, Philip (2010) Baruc: le Seigneur encourage un secrétaire découragé. Promesses no. 173 juil-sept pp. 30-35

Piper, John (1995) Charles Spurgeon: Preaching Through Adversity. Bethlehem Conference for Pastors

Provine, William B. (1990) Response to Phillip Johnson. (Letter) pp. 23-24 First Things n° 6 Oct.

Riccardi, Mike The Christian’s Pursuit of God-Given Joy. TheCrippleGate.com March 14, 2014

Théret, Sébastien (2010) Suicide ou sacrifice. Promesses no. 173 juil-sept pp. 26-28

Théron, Jean-Louis (2010) Chrétien et dépressif? Promesses no. 173 juil-sept pp. 24-25

Wilkerson, David (1979) Prêt à tout abandonner?" Vida

Wilkerson, David Lorsque vous êtes à bout. (World Challenge - Pulpit series)

Yancey, Philip (1988/1990) Déçus par Dieu: Trois questions que personne n'ose poser à haute voix. Vida Grand Rapids MI 257 p.