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Samizdat

Noël, fête païenne ??






Paul Gosselin (2019)

Récemment un contact m’a fait écouter un vidéo au sujet de la fête de Noël, fait apparemment par un évangélique, mais qui file ses trucs au moyen d’un pseudonyme.

Mais je n’ai pas écouté longtemps et je constate qu’on nous débite, l’un après l’autre, tout un tas d’affirmations gratuites, par exemple que Nimrod est né le 25 décembre ! Mais où est la preuve de cette affirmation? On ne nous donne PAS de preuve... On ne nous propose pas de source pour cette affirmation non plus. On nous affirme également que l’arbre vert (donc l’arbre de Noël) est dans les faits une représentation phallique de Nimrod[1]?? Là encore, pas de preuve, pas de source pour cette affirmation… Il faut (béatement) tout gober ce qu’affirme ce gars. Et il affirme même que l’on mentionne la Fête de Molech[2] le 25 déc. dans la Bible!! Désolé, mais ça ne passe pas…

Et cet individu affirme aussi que supposément le dieu Mithra serait né le 25 décembre... Mais là encore, on n’offre aucune preuve pour appuyer ces affirmations...

Le cœur de son argumentaire, comme c’est le cas de beaucoup de superstitions évangéliques, c’est que l’origine d'une fête détermine complètement son sens... Ainsi d’après cet individu une date au calendrier peut être et doit être maudite, corrompue si on peut démontrer que des païens l'ont utilisé? Mais le calendrier appartient à Dieu...

Pour ce qui est du concept que le 25 décembre est une date contaminé, à ce titre, si on devait faire des recherches en anthropologie des religions, il y a lieu de croire que des païens de tous les peuples de la terre ont pu fêter, à une époque ou une autre, TOUS les jours du calendrier. Faudrait-il alors se cacher dans un bunker de superstitions évangéliques et ne plus jamais en sortir, ne plus jamais bouger ?? Et dans le même ordre logique, puisque les communistes ont eu l’habitude de fêter le 1er mai, tout chrétien qui bougerait le petit doigt ce jour-là, ferait la démonstration qu’il a des sympathies communistes non avouées et n’est pas un vrai chrétien… Et puisqu’on y est, il faudrait se demander aussi si des païens ont touché à la bouffe qu’on met dans son assiette ou encore si des païens ont pu contribuer à la fabrication de l’automobile que vous conduisez. Et si un païen (soit un cannibale vaudou ou encore un postmoderne avec une éducation universitaire) y a touché alors il faudra faire démolir votre automobile et vous trouver un cheval et une calèche comme les Amish. C’est obligé !! C’est la seule solution !!

Mais plutôt que courir des tas de lapins imaginaires, voyons ce que disent explicitement les Écritures au sujet des fêtes, c'est-à-dire que le chrétien est LIBRE d'observer (ou pas) certains jours. Il a le CHOIX. Voyons ce que dit l’Apôtre Paul au sujet des fêtes dans son épître aux Romains :

Tel fait une distinction entre les jours; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction. Celui qui distingue entre les jours agit ainsi pour le Seigneur. Celui qui mange, c’est pour le Seigneur qu’il mange, car il rend grâces à Dieu; celui qui ne mange pas, c’est pour le Seigneur qu’il ne mange pas, et il rend grâces à Dieu. (Rom. 14: 5-6)

Il est clair par l’affirmation ci-dessus de Paul qu’à son avis le chrétien est LIBRE de ne pas fêter Noël s’il ne désire pas le faire. C’est son droit. Mais le personnage YouTube vendant sa salade anti-Noël me semble avant tout un genre de néopharisien qui veut à tout prix convertir d'autres à sa conviction personnelle. Désolé, mais rien dans les Écritures ne justifie ce genre de légalisme.

Il faut noter que la situation des chrétiens des premiers siècles était particulière, car ils se trouvaient entourés d’une culture païenne polythéiste tout à fait vivante. Ainsi le chrétien habitant les grandes villes de l’époque cherchant à se procurer de la viande fraîche n’avait généralement pas le choix d’en acheter aux temples païens. C’était souvent le seul endroit. Et dans la première épître aux Corinthiens, l’Apôtre s’adresse au chrétien qui songeait manger au resto du temple païen. Dans les versets qui suivent, il est manifeste que Paul n’y voit pas problème, mais il note qu’il faut tenir compte d’une exception. Voici la discussion.

Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu’il n’y a point d’idole dans le monde, et qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Car, s’il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. Mais cette connaissance n’est pas chez tous. Quelques-uns, d’après la manière dont ils envisagent encore l’idole, mangent de ces viandes comme étant sacrifiées aux idoles, et leur conscience, qui est faible, en est souillée. Ce n’est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu: si nous en mangeons, nous n’avons rien de plus; si nous n’en mangeons pas, nous n’avons rien de moins. Prenez garde, toutefois, que votre liberté ne devienne une pierre d’achoppement pour les faibles. Car, si quelqu’un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d’idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles? Et ainsi le faible périra par ta connaissance, le frère pour lequel Christ est mort! En péchant de la sorte contre les frères, et en blessant leur conscience faible, vous péchez contre Christ. C’est pourquoi, si un aliment scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de viande, afin de ne pas scandaliser mon frère. (1Cor. 8: 4-13)

Et dans son épître aux Colossiens, touchant les fêtes (et la nourriture) Paul insiste à nouveau sur la liberté du chrétien:

Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats: c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ. (...) Si vous êtes morts avec Christ aux rudiments du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes: Ne prends pas! ne goûte pas! ne touche pas! préceptes qui tous deviennent pernicieux par l’abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes? (Col. 2:16-17 & 20-23)

Mais si le chrétien est libre de fêter Noël (ou pas) il est clair qu’il ne peut participer directement à une fête qui honore explicitement une autre divinité que le Seigneur Jésus. La fête de Noël chez des chrétiens évangéliques ne peut aussi honorer Baal, Astarté, Zeus, Thor, Mithra, Aphrodite, Odin, Osiris, Apollon, un esprit ancestral, etc… On le voit bien dans cet épisode relaté dans le livre des Actes où l’Apôtre refusait carrément de participer directement à un culte païen, même si ce culte le visait.

À Lystre, se tenait assis un homme impotent des pieds, boiteux de naissance, et qui n’avait jamais marché. Il écoutait parler Paul. Et Paul, fixant les regards sur lui et voyant qu’il avait la foi pour être guéri, dit d’une voix forte: Lève-toi droit sur tes pieds. Et il se leva d’un bond et marcha. À la vue de ce que Paul avait fait, la foule éleva la voix, et dit en langue lycaonienne: Les dieux sous une forme humaine sont descendus vers nous. Ils appelaient Barnabas Jupiter, et Paul Mercure, parce que c’était lui qui portait la parole. Le prêtre de Jupiter, dont le temple était à l’entrée de la ville, amena des taureaux avec des bandelettes vers les portes, et voulait, de même que la foule, offrir un sacrifice. Les apôtres Barnabas et Paul, ayant appris cela, déchirèrent leurs vêtements, et se précipitèrent au milieu de la foule, en s’écriant: Ô hommes, pourquoi agissez-vous de la sorte? Nous aussi, nous sommes des hommes de la même nature que vous; et, vous apportant une bonne nouvelle, nous vous exhortons à renoncer à ces choses vaines, pour vous tourner vers le Dieu vivant, qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui s’y trouve. Ce Dieu, dans les âges passés, a laissé toutes les nations suivre leurs propres voies, quoiqu’il n’ait cessé de rendre témoignage de ce qu’il est, en faisant du bien, en vous dispensant du ciel les pluies et les saisons fertiles, en vous donnant la nourriture avec abondance et en remplissant vos coeurs de joie. À peine purent-ils, par ces paroles, empêcher la foule de leur offrir un sacrifice. (Actes 14 : 8-18)

Et les premiers chrétiens ont très bien compris le principe posé ici, car par la suite plusieurs d’entre eux ont préféré mourir plutôt que d’offrir une pincée d’encens au culte du divin Cæsar. Pour le citoyen romain normal/païen, ce culte n’était qu’un petit geste de loyauté patriotique, rien de plus. Mais ça non, il était impossible que les chrétiens de cette génération l’acceptent. Et avec ce refus, ces chrétiens se voyaient devenir l’objet de suspicion, ils devenaient des subversifs, car ils affirmaient avoir un autre Roi, au-dessus de Cæsar. Et pour faire cette affirmation il y avait un prix très élevé à payer, parfois se faire trancher la tête, parfois la crucifixion, parfois servir de collation aux lions… L’embarras du choix… Et nous, on aurait participé ? Après tout, une petite pincée d’encens de rien du tout, ça ne peut rien déranger ???

Mais pour revenir à la fête de Noël, pour le chrétien évangélique, si on met de côté un moment la tradition de Noël, au sens biblique cette fête ne représente pas les cadeaux, les repas copieux, les lumières et décorations, les fêtes de famille, les films nostalgiques, mais le fait que Dieu lui-même a pris la forme de l’un d’entre nous et venu dans ce monde déchu, un monde d’oppression politique et de corruption religieuse, apporter la Lumière et, avant tout, accomplir la justice de Dieu, c'est-à-dire subir la sentence que méritaient nos péchés, hommes et femmes. Christ est donc devenu le cadeau inimaginable du Père Céleste, un Sauveur, l’Agneau de Dieu.

Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière; Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort une lumière resplendit. Tu rends le peuple nombreux, tu lui accordes de grandes joies; Il se réjouit devant toi, comme on se réjouit à la moisson, comme on pousse des cris d’allégresse au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, Le bâton qui frappait son dos, la verge de celui qui l’opprimait, tu les brises, comme à la journée de Madian. Car toute chaussure qu’on porte dans la mêlée, et tout vêtement guerrier roulé dans le sang, seront livrés aux flammes, pour être dévorés par le feu. Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Donner à l’empire de l’accroissement, et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et à toujours: Voilà ce que fera le zèle de l’Eternel des armées. (És 9 : 2-7)

Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Phil 2 :5b-11)




Ressources

Why The Left Doesn't Like Christmas. (Dennis Prager - DailyWire - 21/12/2019)

The Foundation for the Joy of Christmas. (R.C. Sproul - Ligonier Ministries - 16/12/2019)

Un pont entre la Terre et le Ciel. (David Wilkerson - WorldChallenge - 25/12/2019)


Notes

[1] - Il est question de Nimrod dans Genèse chap. 10, un descendant de Noé (lignée de Cham). Si on dit de lui qu’il était «vaillant chasseur devant l’Eternel», on ajoute aussi qu’il fut le fondateur des villes de Babel et Ninive, de grands centres de paganisme polythéiste…

[2] - Divinité canaanéenne. Et chose bien étrange, une autre connaissance (NON chrétienne), avec qui je discutait un jour, se moquait justement de la fête de Noël, affirmant avec vigueur que c’était en réalité une fête païenne. Et cette même connaissance se vantait, à une autre occasion, que son grand-père était un franc-maçon initié de haut niveau… Et vous avez ma parole que je n’invente RIEN de tout ça…

Il faut bien s'entendre. Évidemment cette anecdote ne prouve pas (en soi) que l'affirmation du paganisme de la fête de Noël ait sa source chez les francs-maçons, mais voyons un moment la chose du point de vue franc-maçon. Si on parvenait justement à culpabiliser suffisamment tous les chrétiens d'Occident au sujet de Noël, au point d'effacer tout vestige d'influence chrétienne autour de cette fête pourtant bien ancrée en Occident, il y a lieu de penser qu'un tel dénouement réjouirait les francs-maçons.