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Samizdat

La contribution sociale des
grands réveils.




RAYMOND BOIVIN

L'histoire du christianisme recèle des périodes de grandes avancées, tant au niveau spirituel que social. Les Grands Réveils des 18ème et 19ème siècles font partie de ces périodes où le royaume de Dieu a fait des progrès remarquables en très peu de temps et sur une grande étendue. Cependant, de l'avis de certains, ces Grands Réveils ne reposaient que sur l'exploitation d'un climat émotionnel momentané. Pour eux, les réveils n'ont eu à peu près aucun impact à long terme, ni dans l'Église, ni dans la société.

Pour répondre à ces allégations, le présent travail s'attachera donc à faire connaître la contribution qu'ont eu ces Grands Réveils aux institutions religieuses et sociales de notre temps. Dans le premier chapitre, une brève description des caractéristiques des Grands Réveils des 18ème et 19ème siècles sera donnée afin de permettre au lecteur de comprendre le processus d'influence de ceux-ci sur leur environnement. Au deuxième chapitre, la contribution des Grands Réveils aux institutions religieuses modernes sera présentée. Une liste non exhaustive des différentes institutions touchées sera brièvement commentée afin d'embrasser l'ampleur de l'empreinte laissée par les Grands Réveils. Le troisième chapitre exposera quant à lui la contribution des Grands Réveils aux institutions sociales modernes, ceci en utilisant la même méthode qu'au chapitre précédent.

Puisse donc ce travail nous donner une image plus réaliste de l'impact réel de ces Grands Réveils et a fortiori, rendre à Dieu la gloire qui lui revient.


LES CARACTÉRISTIQUES DES GRANDS RÉVEILS DES 18ÈME ET 19ÈME SIÈCLES

Un des aspects qui caractérise les Grands Réveils est l'emphase qui était mise sur l'expérience personnelle, sur une rencontre avec Dieu. Alors qu'à la Réforme, la foi doctrinale était rétablie sur les bases évangéliques, durant les Grands Réveils, c'est la foi confiante qui était restaurée. Face à Dieu, les gens se repentaient et obtenaient la grâce du salut en Jésus-Christ. On ne doit donc pas se surprendre si cette période a été relativement peu féconde au niveau théologique. Cependant, cet aspect retrouvé de la religion personnelle a été tout à fait propice à un engagement social. En effet, mieux que la tête, le coeur renouvelé de l'homme peut compatir aux souffrances d'autrui. Chaque individu ainsi renouvelé pense alors à une manière de soulager son prochain, ce qui produit une diversité extraordinaire de moyens de salut et de guérison.

Une autre caractéristique de ces Grands Réveils consiste en la simultanéité des mouvements dans le monde. Toujours en se référant à la Réforme, un peut voir certes plusieurs événements préparateurs. Mais le coup d'envoi par Luther est on ne peut plus circonscrit dans le lieu et le temps. Par contre, en des lieux aussi différents que la Nouvelle-Angleterre et l'Angleterre et ce aux mêmes époques, des hommes se sont levés pour proclamer aux captifs la délivrance. Comme le dit Lelièvre: "Tous ces hommes de Dieu, Wesley pas plus que les autres, n'ont créé le Réveil; Ils ont été pris et entraînés par le mouvement venu du ciel" (354).

Les réveils ont donc d'abord touché les chrétiens eux-mêmes. Aussi, le prochain chapitre traitera de la contribution des Grands Réveils aux institutions religieuses modernes.

LA CONTRIBUTION DES GRANDS RÉVEILS AUX INSTITUTIONS RELIGIEUSES MODERNES

La religion individuelle qui se propagea eut comme effet de littéralement faire exploser le cadre ecclésiastique rigide de l'époque. De nouvelles institutions et/ou pratiques ont donc vu le jour sous cette influence positive.


A. La prédication en plein air
Au 18ème siècle, la prédication était affaire d'église seulement. Mais lorsque l'Église se refuse à annoncer l'évangile, il ne reste qu'une solution que Pratney décrit ainsi: "The door to Church of England ministry began to close, and Whitefield seeing thousands out of church, resolved in a "spirit of holy aggression" to "go out into the highways and byways and compel them to come in" (82). Ainsi commença cette pratique qui de nos jours est encore largement utilisée, à savoir la prédication en plein air.


B. Le ministère laïque
Très tôt, les hommes de clergé n'ont pas suffi à la tâche, tant était grand le nombre des besoins à rencontrer. Aussi, d'abord sous l'impulsion de Whitefield et suivi ensuite par Wesley, le ministère laïque a vu le jour. Au même titre que la prédication en plein air, le fait de laisser un laïc apporter la Parole était à cette époque absolument révolutionnaire.


C. Les "camp meeting"
En Nouvelle-Angleterre, des rencontres dans le bois appelées "camp meeting" étaient organisées pour stimuler la foi des croyants et pour amener à la repentance ceux qui n'avaient pas encore été touchés par l'Évangile. Ces rencontres étaient très populaires, tel que nous le rapporte Weiss: "Modern historians have estimed that by 1810 most circuits were participating in an annual camp meeting; 600 have been held in 1816 and 1,000 1n 1820" (4). C'est de ces "camp meeting" que les églises modernes ont pris leur inspiration pour développer des camps chrétiens, certains ayant une base permanente.

D. Les missions
Le souci des âmes s'est rapidement manifesté par l'établissement d'institutions pouvant répondre adéquatement à la grande commission de Christ, entres autres les sociétés missionnaires. Tucker en citant Latourette, montre à quel point ces sociétés ont été, et sont encore utiles: "Jamais auparavant le christianisme ou aucune autre religion n'ont eu le concours d'autant de personnes travaillant à plein temps pour propager leur foi. Jamais auparavant, de telles foules de gens n'avaient donné de leur argent en vue de l'expansion du christianisme ou de toute autre religion" (145).

E. Les Sociétés Bibliques
Sur le champs missionnaire, les ouvriers devaient traduire la Bible pour que les indigènes puissent comprendre le message évangélique. Pour supporter l'effort d'évangélisation des sociétés missionnaires, les sociétés bibliques ont alors été créées. Ces dernières sont encore très actives aujourd'hui.

F. L'école du dimanche
Il y eut à cette époque plusieurs tentatives pour développer un système d'éducation religieuse pour les enfants, l'école du dimanche. Mais c'est à Robert Raikes, encouragé par des hommes tels que John et Charles Wesley, Georges Whitefield, William Fox et William Wilberforce (Rexroat,19) que revient l'honneur de faire de ce mouvement un succès pratique (Howse, 95).

G. Les mouvements étudiants
Les mouvements de réveil ont vraiment touché toutes les couches de la société. Les étudiants ont entre autres été très actifs en se dotant d'institutions propres à leur milieu. Pratney évoque la naissance de ces dernières: "Students from twenty others universities in the U.S. banded together to form the Student Volunteer Movement, the forerunner of Inter-Varsity Fellowsip, the Student Christian Movement and the Student Mission Association" (117).

D'après ce qui vient d'être démontré, il est évident que les Grands Réveils ont eu un impact significatif sur les institutions religieuses modernes. Cependant, la contribution des Grands Réveils aux institutions sociales modernes a été encore plus marquée. C'est ce que le prochain chapitre s'efforcera de démonter.


LA CONTRIBUTION DES GRANDS RÉVEILS AUX INSTITUTIONS SOCIALES MODERNES

Même si les Grands Réveils ont touché un très grand nombre de pays, ils ont surtout façonné l'Angleterre et la Nouvelle-Angleterre dans leur essence, et conséquemment dans leurs institutions. Ainsi, par rapport à la Nouvelle-Angleterre, Akers souligne ce fait remarquable: "The second paragraph of the Declaration of Independence was a creedal statement of the religion of freedom propagated by Mayew and others in the preceding generation" (231). Et Niebuhr de renchérir: "One of the great common patterns that guided men in the period when American democracy was formed, that was present both in their understanding and in their action, and was used in psychology, sociology and metaphysics as in ethics, politics and religion, was the pattern of the covenant or of federal society" (McGiffert, 24). Lelièvre avance lui aussi une interprétation de l'histoire très intéressante: "L'Angleterre, telle que nous la connaissons, avec sa littérature pudique et grave, avec son langage biblique, avec sa piété nationale, avec ses classes moyennes dont la moralité exemplaire fait la force du pays, l'Angleterre est l'oeuvre du Méthodisme" (369).

Certains pourraient douter de l'ampleur de tels changements. Mais ces transformations de société sont cependant perceptibles dans leurs institutions.

A. L'abolition de l'esclavage
La Secte de Clapham, un groupe de chrétiens engagés en politique en Angleterre, a mis des pressions énormes sur le gouvernement afin de légiférer pour le mieux-être de divers groupements. Ainsi, ils firent adopter en 1807 une loi pour abolir la traite des esclaves. Foray, un écrivain laïque, souligne l'effort d'un des membres de ce noyau de chrétiens engagés: "Sharp was probably the most persistent British champion of the movement for abolition of the slave trade" (191). Non seulement ils firent cesser cette pratique, mais ils fondèrent une terre d'accueil en Afrique pour les esclaves libérés qui n'avaient aucun moyen de subsistance en Angleterre, la Sierra Leone.

B. La Société Protectrice des Animaux
La Secte de Clapham manifestait leur intérêt philanthropique à diverses causes, dont entre autres les animaux maltraités. Cambell cite Cairns de la sorte: "The Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animal (R.S.P.C.A.) was founded by an Anglican cleric - Arthur Bloome, with the aid of Wilberforce and friends" (197-198).

C. La Croix Rouge
Peu de gens réalisent que cette institution mondialement reconnue qu'est la Croix Rouge tire son origine de la compassion de chrétiens qui ont vécu à l'époque des Grands Réveils. Cambell, citant Cairns, souligne ce fait: "Florence Nightingale said that God had called with an audible voice to help the sick. She impacted an evangelical named Henri Dunant who went on to found the Red Cross" (197).

D. La réforme des prisons
Au 18ème siècle, la situation dans les prisons était exécrable. On n'avait alors que peu de compassion pour ceux qui avaient trahi la société. Mais le mouvement de l'Esprit devait changer la donne. Ainsi, c'est John Howard, fondateur de la Société John Howard qui entreprit de réformer les prisons de l'Angleterre. John Wesley encouragea lui-même cet homme à faire cette oeuvre de compassion (Cambell, 197).

E. L'aide aux chômeurs
L'un des groupes issu des Grands Réveils qui fit le plus d'oeuvres sociales durables est sans conteste l'Armée du Salut. Sous la gouverne de William Booth, l'Armée du Salut s'engagea dans une "oeuvre de régénération sociale, morale et spirituelle" (Delcourt, 6). "On peut citer la création par Booth d'un organisme capable de fournir du travail à d'innombrables chômeurs, à une époque où rien de tel n'existait en Grande-Bretagne (Idem, 9).

F. La recherche des personnes disparues
Une autre oeuvre de l'Armée du Salut concerne un service de recherche pour personnes disparues. Delcourt explique que "9 000 personnes disparaissaient à Londres chaque année. D'où la création d'un réseau international qui allait, au fil des temps, mobiliser des milliers d'officiers et obtenir des résultats tout à fait probants" (9).

G. L'aide aux pauvres
Comme le dit Pratney: "One first effect of the revival was a new and intense sympathy for the poor" (109). Or, l'Armée du Salut s'occupa des pauvres en première priorité. Plusieurs des institutions que nous connaissons aujourd'hui proviennent de diverses initiatives de leur part. Qu'il suffise de nommer les Centres d'accueil, les Centres de distribution de nourriture, les Centres de désintoxications pour alcooliques ou les Centres de secours d'urgence.

H. L'aide aux jeunes filles
L'Armée du Salut arracha à la prostitution un très grand nombre de jeunes femmes. Mais Booth engagea sur ce terrain un combat extraordinaire contre ce qui était appelée la traite des blanches. Au 19ème siècle, l'âge nubile n'était que de 13 ans en Angleterre et un trafic sexuel d'adolescentes avait cours impunément. Delcourt décrit la situation: "Il y avait alors 80 000 prostituées dans les rues de Londres: un tiers d'entre elles avaient moins de 16 ans" (8). Par les efforts de Booth, le gouvernement dut changer la loi pour élever l'âge nubile à 16 ans et permettre aux policiers de vérifier les établissements suspects.

I. Y.M.C.A.
Un vieux proverbe dit que l'oisiveté est la mère de tous les vices. Dans l'Angleterre du 19ème siècle, la jeunesse était malheureusement laissée à elle-même. Mais un homme priait pour elle, George Williams. Il avait été touché par des livres de Charles Finney et avait consacré sa vie à sauver cette jeunesse perdue. C'est ainsi qu'est née la "Young Men's Christian Association". Cross décrit les buts que s'était donné l'association: "By 1851 the Association had developed a well-defined program to meet the spiritual, intellectual, and social needs of young men" (14).

J. Les orphelinats
Une oeuvre extraordinaire a été faite par le Seigneur qui utilisa un homme totalement consacré, un homme qui accepta le défi de lui faire totalement confiance. Pendant plus de 50 ans, Georges Müller ouvrit des orphelinats et s'en occupa sans jamais demandé un sou à personne. Ses prières répondues ont inspiré des multitudes, mais surtout, son oeuvre demeure. Bailey raconte en effet ceci: "Après la mort de Georges Müller, Jim et Lydia Wright s'occupèrent des orphelinats. Ils sont morts tous les deux maintenant, mais ce travail en faveur des enfants se poursuit à Bristol" (192).

K. L'aide aux déficients mentaux
N'eut été de la compassion des chrétiens, un autre groupe de la société aurait continué d'être rejeté par tous. Les déficients mentaux sont ceux-là que le monde évitait. Mais Nicole souligne l'action d'un homme qui avait été touché par l'Esprit de Dieu: "John Bost (1817-1880), fils du revivaliste Ami Bost, a créé à Laforce des asiles variés, destinés surtout aux déficients mentaux" (251).

L. L'amélioration des conditions de travail
Finalement, il convient de faire état des représentations que firent les chrétiens pour l'amélioration des conditions de travail. En citant Bready, Cross démontre l'engagement social des chrétiens: "Evangelical religion was a "creative social service" which included such efforts as ... the emancipation of the workers by limiting hours of labour and improvement of working conditions" (3-4).

Ceci termine la description sommaire de la contribution Des Grands Réveils aux institutions sociales modernes. Cette liste est loin d'être complète mais elle suffit largement pour démontrer combien a été profitable pour la société le vent de l'Esprit qui souffla sur le peuple de Dieu au 18ème et au 19ème siècle.

CONCLUSION

Au 18ème et au 19ème siècles, Dieu a provoqué parmi son peuple une soif nouvelle de le connaître personnellement. Cette religion individuelle, loin de renfermer l'homme sur lui-même, l'a au contraire délivré du carcan de l'Église officielle. Il a ainsi pris pour lui-même les injonctions de Dieu pour la sainteté et la compassion. L'amour suscite l'amour et en réponse à celui du Père, l'enfant de Dieu s'est tourné vers son prochain. En conséquence, des façons nouvelles d'annoncer l'Évangile ont été développées et des institutions ont été mises en place pour supporter ces efforts.

Mais le coeur attendri voyait la souffrance du corps en même temps que celle de l'esprit. Aussi ne se contenta-t-il pas de s'occuper de l'âme mais aussi de l'être tout entier. Les chrétiens issus de ces Grands Réveils ont donc oeuvré avec acharnement à faire avancer la situation sociale de leurs contemporains. Ils n'ont pas seulement suivi le mouvement de transformation de la société, il l'ont provoqué en créant de toutes pièces des institutions aussi connues aujourd'hui que la Croix Rouge ou la Y.M.C.A..

À ceux donc qui doutent de l'impact à long terme des réveils, il leur suffit de jeter un regard sur l'Église et sur la société qui les entourent pour comprendre que ce que Dieu a fait, il l'a fait pour un fruit éternel de gloire pour son nom.


 


ANNEXE

Selon Delcourt, voici une liste non exhaustives d'oeuvres sociales que fait l'Armée du Salut (66).

Centres de secours d'urgence
84
Centres d'hébergement et de réadaptation sociale
195
Centres d'accueil pour les plus démunis
566
Ateliers
216
Centre de distribution de nourriture
1496
Centres de désintoxications pour alcooliques
69
Foyers pour anciens alcooliques
36
Fermes et exploitations agricoles
10
Centres de probation pour anciens détenus
124
Hôtels pour anciens détenus
2
Maisons d'enfants à caractère social
224
Crèches
334
Instituts pour jeunes aveugles
15
Instituts pour sourds-muets
14
Centres pour handicapés moteurs et sensoriels
28
Résidences du troisième âge
258
Maisons de convalescence
20
Hôtels pour les marins
5
Cantines mobiles pour actions ponctuelles
239
Résidences pour étudiants et hommes d'affaires
74
Hôtels pour passagers et touristes
26
Maisons de vacances
27
Camps et colonies de vacances
133
Camps pour la jeunesse
531



ŒUVRES CITÉES


Akers, Charles W. Called unto liberty : a life of Jonathan Mayhew, 1720-1766. Cambridge : Harvard University Press, 1964.

Baily, Faith Coxe. Georges Müller. Miami : Vida, 1988.

Cambell, Wesley. Welcoming a Visitation of the Holy Spirit. Lake Mary : Creation House, 1997.

Cross, Harold C.. One hundred years of service with youth : the story of the Montreal YMCA. Montreal : Printed by Southam Press, 1951.

Delcourt, Raymond. L'Armée du Salut. Paris : Presses universitaires de France, 1988.

Federer, Bill Who treated Indians humanely through history? (WND 2015)

Foray, Cyril P.. Historical dictionary of Sierra Leone. Metuchen, N.J. : Scarecrow Press, 1977.

Howse, Ernest Marshall. Saints in politics: the 'Clapham Sect' and the growth of freedom. London : Allen and Unwin, 1971.

Lelièvre, Matthieu. John Wesley, Sa vie et son oeuvre. 7e édition, La maison des Publications Internationales de l'Église du Nazaréen et Publications Évangéliques Méthodistes, U.S.A et France, 1992.

McGiffert, Michael.. Puritanism and the American experience. Reading : Addison-Wesley, [1969].

Nicole, J. M.. Précis d'histoire de l'Église. Nogent-sur-Marne : Éditions de l'Institut Biblique, 1972.

Pratney, Winkie. Revival - Its principles & Personalities. Lafayette : Huntington House Publishers, 1994.

Rexroat, Stephen. L'esprit de l'école du dimanche. Miami : Vida, 1992.

Tucker, Ruth A.. Aux extrémités de la terre: Une histoire biographique des missions chrétiennes. Miami : Vida, 1989.

Watkins, James A. Evangelical Social Reformers. (2015)

Weiss, Ellen (Ellen B.). City in the woods : the life and design of an American camp meeting on Martha's Vineyard. New York : Oxford University Press, 1987.