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Samizdat

L'Église est responsable des nombreuses retombées
néfastes des restrictions Anti-Covid.




"Au lieu d'être à l'avant-plan de cette question, ayant fermement condamné le mal dès le début, l'Église s'est écrasée et s'est coulée dans le moule du monde, s'est soumise aux restrictions, est restée silencieuse au sujet de leur injustice et, dans certains cas, les a même appliquées dans ses sphères d'influence."


Matthew Littlefield
13 AVRIL 2022 (Caldron Pool)

"Que personne n'apaise sa conscience en s'imaginant qu'il ne peut faire aucun mal s'il ne prend aucune part et ne se prononce pas. Les méchants n'ont besoin de rien d'autre pour arriver à leurs fins que de voir les bons regarder et ne rien faire. N'est pas un homme de bien celui qui, sans protester, permet que le mal soit commis en son nom et avec les moyens qu'il contribue à fournir, parce qu'il ne se donne pas la peine d'utiliser son esprit sur le sujet." John Stuart Mill

J'étais assis une fois dans une salle remplie de pasteurs et la discussion m'a rendu plus furieux que peut-être toute autre discussion que j'ai eue avec un groupe de dirigeants de ma vie. Cette salle était remplie de pasteurs de tous âges, des jeunes comme moi et des pasteurs plus âgés aussi, mais la plupart des hommes étaient des pasteurs plus âgés et expérimentés, des hommes qui étaient dans la vie et dans le ministère depuis un certain temps.

Ils discutaient du National Redress Scheme [en Australie], de son fonctionnement et de la raison pour laquelle il était préférable que les églises adhèrent au programme proposé plutôt que de faire cavalier seul. Le National Redress Scheme est un système mis en place pour indemniser les victimes d'abus institutionnels. Il s'agit d'une tentative de réaffirmer la justice pour les victimes d'abus [sexuels] et il est nécessaire. Ce n'est donc pas cela qui m'a mis en colère.

Ce qui m'a mis en colère, c'est une chose que les pasteurs ont dite. J'ai posé une question sur la raison pour laquelle tant de pasteurs n'ont pas signalé les abus à la police à l'époque. L'un des pires aspects de ces scandales d'abus n'est pas que les lois de l'époque ne permettaient pas de punir les contrevenants, c'est que les lois de l'époque n'étaient souvent pas appliquées, car ces incidents étaient gardés secrets, discrets, étouffés. L'un des pasteurs les plus âgés m'a dit: "Tu dois comprendre, Matt, qu'à l'époque, ce n'était pas la chose à faire de signaler ce genre de choses." Les autres pasteurs présents dans la salle ont hoché la tête comme pour dire que cela réglait la question.

C'est ce qui m'a rendu furieux et je le leur ai fait savoir. Je leur ai demandé pourquoi ils avaient besoin qu'on leur dise qu'ils devaient demander justice pour les enfants lésés. Il n'y avait aucune excuse pour ne pas porter ces faits à la connaissance de la police. Cela fait partie du rôle d'un berger ; lorsqu'il est informé d'un danger, il doit protéger les plus petits agneaux des loups et des lions dévorants. Pourquoi le gouvernement a-t-il eu besoin de faire une loi pour le signalement obligatoire ? Les pasteurs n'auraient-ils pas dû montrer la voie en la matière ?

J'étais furieux contre ces hommes, et ils étaient à juste titre chagrinés. Mais leur raison m'est restée en tête : ce n'était pas la chose à faire. En d'autres termes, ils ne pouvaient se résoudre à aller à l'encontre de la culture de la société de l'époque.

Aujourd'hui, la société punit l'Église pour cette négligence et cette complicité de plusieurs façons. Il y a la compensation financière, qui est le minimum que les victimes méritent. On assiste à un déclin de l'Église en Australie. Et il y a un dénigrement social de la réputation de l'Église. Même si certaines autorités laïques étaient elles-mêmes tout aussi coupables dans de nombreuses situations d'abus, beaucoup de gens, à juste titre, considèrent que l'Église doit être plus exigeante.

Les chrétiens et les non-chrétiens d'Australie pensent que l'Église doit être un lieu de justice qui cherche à défendre la vraie justice dans la société également. Ils ont raison de détester l'échec de l'Église à cet égard et de souligner cette hypocrisie de l'Église.

Mais Dieu, dans Sa grâce, a donné à l'Église une chance de se racheter : la crise du Covid. Au cours des deux dernières années, la société a été confrontée à une période d'anxiété massive et, comme le font les gens lorsqu'ils sont anxieux, ils perdent de vue ce qui est juste et se retrouvent prêts à faire ou à soutenir des choses qu'ils n'auraient normalement pas faites ou soutenues.

Par peur d'un virus, dont il a été démontré très tôt qu'il n'avait qu'un effet très léger sur la majorité des gens, une maladie dont des dirigeants et des personnalités médiatiques terrifiées et souvent malhonnêtes ont fait la propagande dans le monde entier et les nations occidentales ont commencé à employer des restrictions injustes pour tenter de contrôler le virus - des restrictions qui ont réellement contrôlé les populations terrifiées par ce que leurs dirigeants disaient du virus.

Ces restrictions exigeaient des Occidentaux qu'ils passent outre leurs opinions de longue date sur les droits de l'homme et la décence la plus élémentaire, dans le but de manipuler la population afin qu'elle accepte certaines mesures, telles que la vaccination forcée. La peur a été propagée à tous les niveaux de la société, et les voix de la raison ont été étouffées et qualifiées de fauteurs de troubles, d'anti-vaxx et pire encore.

Cette situation offrait une victoire facile à l'Église. Tout ce que l'Église avait à faire était de se lever et de dire clairement que les soins médicaux obligatoires sont mauvais et que personne ne devrait perdre son emploi ou être contraint de se faire vacciner. Ils devraient être libres de choisir et la liberté de choisir exige qu'ils ne soient pas contraints de quelque manière que ce soit. Pour l'aider à prendre position de la sorte, l'Église n'a eu qu'à s'appuyer sur sa profonde tradition de défense de la liberté de conscience, sa longue tradition de s'opposer à la tyrannie, et à dire simplement : nous ne sommes pas d'accord avec les vaccins obligatoires.

Au plus fort de l'hystérie, les dirigeants laïques et les personnalités médiatiques auraient attaqué l'Église, mais finalement, une fois le calme revenu, ils auraient apprécié le fait que l'Église n'ait pas perdu son sang-froid dans un moment d'anxiété. C'était une situation facile à comprendre, une victoire facile pour l'Église. Accepter l'impopularité momentanée, mais faire ce qu'il faut pour la nation sur le long terme.

La réponse était évidente : les restrictions doivent être condamnées. Et pourtant, l'Église a complètement raté la coche. Très peu se sont exprimés, et ceux qui l'ont fait ont été réprimandés par des voix fortes dans les médias de l'Église. Pourquoi n'ont-ils pas été nombreux à s'exprimer ? Eh bien, comme ils le diront peut-être à l'avenir, "Tu dois comprendre Matt, ce n'était pas la chose à faire à l'époque de parler de ce genre de choses".

Maintenant, le narratif est en train de changer et les autorités laïques commencent à dire ce qu'il faut :

"Selon la Commission australienne des droits de l'homme, il peut être illégal d'exiger qu'un employé soit vacciné et que "la nécessité de la vaccination doit être évaluée au cas par cas, en tenant compte de la nature du lieu de travail et des circonstances individuelles de chaque employé".
Il poursuit en affirmant que le Sex Discrimation Act 1984 du Commonwealth, le Disability Discrimination Act 1992 et le Age Discrimination Act 2004 rendent illégale toute discrimination fondée sur la grossesse, le handicap et l'âge, y compris dans l'emploi - le handicap étant défini au sens large comme incluant les handicaps passés, présents et futurs. Les règles ou conditions strictes qui imposent des mandats à ces groupes peuvent donner lieu à une "discrimination indirecte".
L'un des principaux critères du caractère raisonnable de l'imposition d'obligations consiste à déterminer si des méthodes alternatives peuvent être utilisées pour atteindre le même objectif. Il s'agit également de déterminer si une 'contrainte injustifiable' serait imposée à l'employeur."
Christin Carney 2022, "Queensland Human Rights Commission claims vaccine mandate outside CHO's power", Australian Free and Independent Press Network"

C'est ce que ceux d'entre nous qui s'opposent aux restrictions ont dit depuis le début. Le même article note :

"Le Courier Mail a rapporté que la Commission des droits de l'homme (Commission) est intervenue de manière sensationnelle dans la contestation de la Cour suprême par les éducateurs, estimant que le CHO est allé trop loin. Selon les reportages, la Commission a affirmé que l'obligation de vaccination des enseignants et des travailleurs de la petite enfance ne relevait pas des pouvoirs du Chief Health Officer (CHO) John Gerrard en vertu du Public Health Act 2005. La Commission a également déclaré que le droit du CHO de donner de telles directives était conditionné par des limites raisonnables et justifiables des droits de l'homme et que, sur la base des preuves actuelles, les obligations du CHO n'étaient pas justifiées."

C'est une évidence pour beaucoup d'entre nous depuis longtemps maintenant, mais enfin, le narratif se brise et les autorités séculières commencent à admettre que les choses sont allées beaucoup trop loin.

Où était la Commission des droits de l'homme pendant tout ce temps ? Elle faisait la même chose que les dirigeants de l'Église : elle se cachait de la vérité évidente, à savoir que les obligations étaient injustes, mauvaises, et qu'il fallait s'y opposer. Mais au moins, maintenant, la Commission des droits de l'homme a parlé.

La majorité des dirigeants de l'Église en Australie sont toujours silencieux. Au lieu d'être à l'avant-plan de cette question, ayant fermement condamné le mal dès le début, l'Église s'est écrasée et s'est coulé dans le moule du monde, s'est soumise aux restrictions, est restée silencieuse au sujet de leur injustice et, dans certains cas, les a même appliquées dans ses sphères d'influence.

L'Église a fait ce qu'elle avait fait dans le passé avec les scandales d'abus : elle a montré qu'elle n'était pas meilleure que la culture de la société qui l'entoure. Et le plus triste, c'est que cette situation aurait pu être évitée.

C'est l'Église qui a enseigné les concepts de liberté de conscience à l'Occident. Les premiers anabaptistes et baptistes avaient déjà mené la bataille pour la liberté de conscience sur des sujets disputés et avaient gagné. C'est pourquoi de tels enseignements chrétiens se retrouvent dans les lois australiennes séculières, comme cet exemple tiré du Human Rights Act 2019 du Queensland :

"20 Liberté de pensée, de conscience, de religion et de croyance
(1)Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de croyance, y compris-
(a)la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une croyance de son choix ; et
(b)la liberté de manifester sa religion ou sa conviction par le culte, l'accomplissement des rites, les pratiques et l'enseignement, individuellement ou en tant que membre d'une communauté, en public ou en privé.
(2)Une personne ne doit pas être contrainte ou retenue d'une manière qui limite la liberté de la personne d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction.
Queensland Legislation, Human Rights Act 2019

Cela a également eu un impact sur les lois médicales sur les droits de l'homme, la même loi nous dit :

"17 Protection contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Une personne ne doit pas être-
(a) soumise à la torture ; ou
(b) traitée ou punie d'une manière cruelle, inhumaine ou dégradante ; ou
(c) soumise à une expérience ou à un traitement médical ou scientifique sans son consentement total, libre et éclairé."
Queensland Legislation, Human Rights Act 2019

Ce n'était pas sorcier. Il y avait des injustices évidentes perpétrées sur la société et l'Église avait déjà une grande tradition d'avoir pris position contre des injustices similaires dans le passé.

L'Église du passé s'était opposée à l'esclavage, s'était prononcée contre le fait qu'un homme possède le corps d'un autre, avait œuvré pour des environnements de travail plus sûrs, s'était prononcée contre le travail des enfants et bien plus encore. Les premiers baptistes ont ouvert la voie à la liberté de conscience dans le monde anglophone ; ils ont influencé et enseigné à d'autres dénominations à prendre fait et cause pour eux, et ces enseignements ont fini par être intégrés dans les lois de pays comme l'Australie.

C'était une bataille qui avait déjà été menée, gagnée et réglée du bon côté ; personne n'a le droit de contraindre une autre personne sur des questions de conscience. L'histoire avait déjà choisi le camp de la liberté de conscience sur des questions contestables, et tout ce que l'Église avait à faire était de rappeler aux gens que c'était le cas et de s'opposer fermement aux obligations. Le gouvernement serait probablement allé trop loin, mais au moins nous aurions eu les mains propres. Et il est probable que la voix unifiée de l'Église aurait eu un effet refroidissant étonnant sur la tyrannie.

L'Église a échoué massivement sur cette question. Mais pas toute l'Église. Des voix se sont élevées. Les journalistes de Caldron Pool, The Canberra Declaration, Bill Muehlenberg de Culture Watch, Bob Cotton de Maitland Christian Church en Nouvelle-Galles du Sud et d'autres se sont exprimés. Ils ont été marginalisés, attaqués par la majorité des médias chrétiens et traités de toutes sortes de noms, mais certains n'ont pas oublié que le rôle de l'Église en temps de crise consiste en partie à empêcher les despotes d'aller trop loin.

Grâce à ces leaders chrétiens courageux, personne ne pourra plus dire sérieusement à l'avenir que "ce n'était pas la bonne chose à faire à ce moment-là", car des hommes et des femmes courageux se sont exprimés.

Dieu donne aux rois l'autorité de gouverner, mais il donne à l'Église l'autorité de demander des comptes aux rois qui vont trop loin. C'est l'équilibre entre ces deux enseignements bibliques qui a contribué à la grandeur de l'Occident dans le passé. Un équilibre des pouvoirs. L'Église et l'État jouant tous deux un rôle actif dans la société sont nécessaires pour un pays où il y a de la justice.

L'Église a reçu un défi facile à relever sur cette question, mais dans l'ensemble, elle a échoué lamentablement. Pour de nombreuses raisons, mais en partie parce qu'elle a oublié son propre héritage. C'est pourquoi Tim Grant et moi-même avons écrit Defending Conscience: How Baptists Reminded the Church to Defy Tyranny. Nous voulons rappeler à l'Église d'Australie comment le concept de liberté de conscience a été développé, et les grandes choses qu'il a accomplies dans la société occidentale. Les baptistes ont joué un rôle central dans cette histoire, mais ce n'est que lorsqu'ils ont convaincu d'autres dénominations de prendre fait et cause pour la liberté de conscience que celle-ci a commencé à être inscrite dans le droit occidental.

Vous pouvez acheter ce livre ici [version anglaise originale]. Il peut être précommandé dès maintenant et devrait sortir prochainement. Ce livre fait partie de nos efforts pour rappeler à l'Église cet héritage.

À mon avis, l'Église est en grande partie responsable de ce qui se passe dans la société, car elle a oublié sa grande vocation : ordonner aux nations, y compris aux dirigeants nationaux, d'obéir aux enseignements de Jésus, et ceux-ci incluent le fait de ne pas contraindre le des gens à accepter quelque chose qu'ils ne veulent pas voir faits à leur corps.

Pour les chrétiens, la Bible nous enseigne que le Christ a acheté ces corps à un prix, qu'ils sont à Lui, qu'ils ne sont pas à César et qu'ils ne sont pas aux premiers ministres. Et pour tous les peuples, le corps humain porte l'image de Dieu, pas l'image de César, donc encore, il est la propriété de Dieu et n’appartient pas à l'État.

L'Église a échoué sur cette question, comme elle avait échoué sur la question des abus [sexuels]. Elle ferait mieux de se reprendre en main, sinon Dieu et la société n'auront plus besoin d'elle, car elle se fondra dans la société qui l'entoure et deviendra sans intérêt.

L'Église est à son meilleure lorsqu'elle s'oppose sans crainte au péché de la culture, quel qu'il soit, même lorsqu'il est impopulaire - surtout lorsqu'il est impopulaire, car c'est exactement l'héritage que notre propre Seigneur nous laisse dans les évangiles.