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Commentaires sur les Revendications:
Une théologie politique protestante appliquée à la crise du Covid





massacre de la Saint-Barthélemy
Paul Gosselin (mai 2022)

Il y a quelque temps j’ai mis en ligne une version Ebook d'un document peu connu du 16e s., soit les Revendications contre les tyrans rédigé par un auteur huguenot anonyme. Ce texte examine une question largement oubliée par les évangéliques de cette génération, soit une science politique chrétienne (ou, si vous préférez, une perspective théologique sur la politique). On retrouve ce Ebook ici et au sujet des Revendicationsune page Wiki française...

Au coeur de cet ouvrage est la question du rapport entre le chrétien et l’État. Le texte des Revendications fut publié en 1579 (en latin) sous le pseudonyme Stephanus Junius Brutus, car à l’époque les huguenots étaient férocement persécutés. Pour se situer, seulement 7 ans auparavant, ce fut le massacre de la Saint-Barthélemy (août 1572) que l’on estime a fait 30,000 morts sur l’ensemble de la France. À Paris on tuait les protestants à coups d’épée et après on larguait leurs cadavres dans la Seine...

L’auteur des Revendications divise son texte en quatre “Questions”. Le premier aborde la question que le roi/dirigeant politique a des comptes à rendre devant Dieu. Et, si au 21e siècle, les élites postmodernes sont bien aises que le peuple ait un haut niveau moral, mais lorsqu'eux ils ont le pouvoir de l'État entre les mains, la moralité, ils s'en foutent pas mal. En somme : "Raison d'État!!". Mais toutes les Écritures, Ancien et Nouveau Testament sont d'avis que TOUS les hommes auront des comptes à rendre devant Dieu, même ceux qui sont au sommet du pouvoir intellectuel, économique, médiatique ou politique. Aucun homme ou femme n'y échappe. Il n'y a donc pas une moralité pour les élites politiques ou économiques et une autre pour le peuple... Mais la 2e question expose le fait que le roi/dirigeant politique a des engagements à tenir et des comptes à rendre devant le peuple. Et à la 3e question Brutus examine une situation où, si le peuple juge que le roi a trahi ses engagements à l’égard du peuple, le peuple a le DROIT de le foutre à la porte et établir un autre dirigeant...  Eh oui, ce qu’avance Brutus là est un principe fondamental de la démocratie... Ça ne m’étonnerait PAS que ces concepts aient eu une influence sur la Révolution française, du moins à la première étape, les États généraux, commençant le 5 mai 1789. Mais le reste du scénario a été pris sous le contrôle des francs-maçons, qui ont écarté les États généraux, aboutissant à cette orgie de violence que l’on connaît (la Terreur).


La réaction postmoderne
Le lecteur postmoderne, c'est-à-dire celui qui a subi avec succès son lavage de cerveau universitaire, va sans doute sursauter à la lecture de ce texte des Revendications où les sciences politiques sont examinées d'un point de vue explicitement chrétien. Dans le monde francophone, depuis la Révolution française (si ce n’est avant) on s’est habitué à voir la question politique discutée uniquement dans les termes dictés par les héritiers des Lumières. Toute allusion à la théologie (chrétienne) sera inévitablement rejetée comme nécessairement un retour à l’Inquisition, aux Croisades, les guerres de religion et bla, bla, bla... Mais si le lecteur postmoderne cède à un élan de générosité, il pourra tout au plus admettre que les Revendications n’est qu’un artefact culturel charmant d’une époque décidément dépassée...

Si certains ne tolèrent pas une perspective chrétienne en sciences politiques[1], examinons un moment la chose du point de vue uniquement postmoderne c'est-à-dire qui tient compte des contraintes et limites de cette vision du monde. Sur le plan éthique/moral, la perspective postmoderne, désormais dominante en Occident, ne tolère aucune loi morale universelle, une Vérité[2] ou loi morale au-dessus de l’individu. Cette attitude est fort bien résumée dans le dicton postmoderne : chacun a sa vérité[3]. Mais le détail qui fait tout basculer, c’est que ce principe exclut également toute loi morale au-dessus de l’État. Ainsi, dans le contexte postmoderne, l’individu n’a accès à aucune loi morale universelle au-dessus de l’État. Le citoyen postmoderne n’a donc aucune base, aucun point de repère pour critiquer le comportement ou les discours des politiques. Le postmoderne n’a pas d’étalon ou standard moral avec lequel il pourrait faire des exigences ou critiques de l’État[4]. Il ne lui reste alors de pleurnicher ou de gueuler qu’il n’aime pas telle ou telle décision ou projet de loi. Il ne peut offrir de véritable critique, posant que tel ou tel comportement viol une loi morale universelle[5]. Tout se résout alors à l’expression d’une émotivité et, en dernière instance, à celui qui gueule le plus fort, aidé (ou non) des grands médias, du système d’éducation et des réseaux sociaux... Dans ce cadre, on ne s’intéresse pas à la vérité des choses, mais au pouvoir à l’état brut, le pouvoir absolu[6]. Et pour obtenir ce pouvoir, RIEN n’est exclu, même les menaces, l’intimidation ou la violence[7]. Et l’État postmoderne manie très efficacement les concepts manipulateurs de consensus et de bien commun pour faire rentrer dans les rangs les récalcitrants imbéciles... L’individu postmoderne se retrouve donc dans une position de déséquilibre par rapport à l’État. Tant qu’il reste servile sur le plan idéologique, il ne court aucun danger...

Mais le rejet de toute vérité par les postmodernes a d’autres conséquences. Cela a des répercussions dans le domaine juridique aussi. Discutant de l'interaction entre loi et moralité impliquée par le débat sur l'avortement, John Garvey souligne le rôle d’outil idéologique de la loi[8] dans le contexte postmoderne (1981: 360):

La loi a introduit une bonne part de confusion dans ce débat, mais cela n'a rien de surprenant en régime démocratique, où la loi devient le terrain de discussion commun. Le problème est que, par le biais d'une mutation idolâtre, la loi est devenue non seulement le terrain commun (puisque nous n'acceptons aucune autre autorité commune), mais la source de tout jugement, le seul standard. C'est comme si la fonction de la loi est non pas de refléter la justice, mais de la créer. Les discussions au sujet de l'avortement aboutissent fréquemment à la question: “ Est-ce que l'on doit permettre ou interdire aux gens d'avoir un avortement ? ” Cette question implique que ce qui est interdit par la loi est mal et ce qui est permis est bien. La loi et la justice se confondent alors de manière complète et avec une telle correspondance que la question devient alors quel comportement doit être imposé par l'État ? Dès lors, la loi et la moralité s'embrassent, la sagesse équivaut à la législation et César est maître absolu.

En 2022 nous rencontrons ces intellos et politiciens à la solde des idées à la mode qui crient JUSTICE ! Aux États-Unis on fait face aux Black Lives Matter et les partisans du Critical Race Theory et un peu partout en Occident il y a les AntiFa, ces chemises brunes des élites postmodernes. Et la propagande de ces groupes comporte un cri de JUSTICE, cri qui est inévitablement accompagné d’un discours ultra-CULPABILISANT[9], rappelant le passé colonial, les injustices, etc. de l’Occident... Et dans la même ligne, en Europe il y a aussi le discours très culpabilisant des technocrates et politiciens au sujet de l’immigration (justifiés par le passé colonial de l’Europe), ce qui nécessite à leurs yeux une politique d’immigration irrationnelle et sans exigences et qui ne peut qu’amplifier les tensions sociales aboutissant naturellement à la multiplication des conflits. Il ne suffit qu’un très peu de cynisme pour se rendre compte que ce discours postmoderne, qui érige dans la conscience des Occidentaux ces “ groupes victimes ”, n’est qu’une arme pour attaquer et déstabiliser les adversaires idéologiques des postmodernes, soit ces populations encore dotées de conscience nationale, d’où le profond mépris des gilets jaunes en France, des MAGA aux États-Unis ou des camionneurs canadiens par Justin Trudeau. Il y a très fort à parier que dans les faits les élites postmodernes ne se soucient aucunement de ces groupes victimes. Pour ces élites postmodernes le seul intérêt que représentent ces victimes est d'avancer un projet idéologique. D’autres groupes ayant subi des injustices véritables ne seront jamais considérés victimes, car ces cas ne sont pas rentables sur le plan idéologique.

Poursuivons un moment le filon cynique. N’est-ce pas cohérent de penser que la poussée inouïe de propagande pour la théorie du genre n’aurait pas avant tout un objectif politique ? Car une population confuse sur une question aussi fondamentale que l’identité sexuelle ne sera-t-elle une masse bien plus facile à manipuler ?? On pourra leur faire croire n'importe quoi...


La réaction évangélique
Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières oeuvres; sinon, je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes. (Apoc. 2: 5)

Sans doute la lecture des Revendications provoquera un choc à bien des évangéliques de cette génération. Pas tant à cause du vocabulaire et des structures de phrases du 16e siècle, mais surtout que cette lecture leur confronte à une perspective théologique qui viol un tabou inavoué des dirigeants évangéliques de cette génération, c'est-à-dire une perspective qui implique une remise en question sérieuse de l’État et des dirigeants politiques actuellement au pouvoir[10].

Il faut constater d’abord que les dirigeants évangéliques de cette génération ont très largement oublié leurs ancêtres spirituels, c'est-à-dire ces chrétiens qui ont posé les fondations du mouvement anabaptiste en résistant à ce qu’ils considéraient le pouvoir illégitime de l’État, en refusant à l’État le pouvoir de déterminer la conscience religieuse de l’individu. Il faut préciser qu’à l’époque en Europe presque toutes les nations avaient une religion nationale, sanctionnée par l’État, soit catholique ou protestante. Ainsi tout individu ne pratiquant pas la religion nationale pouvait faire face à des accusations criminelles. Ainsi les anabaptistes ont été persécutés autant par les catholiques que des protestants... Certains ont été brûlés vifs, d’autres noyés. Dans le meilleur des cas, ils devenaient citoyens de seconde classe.

John BunyanJohn Bunyan, le prédicateur baptiste et auteur renommé du Voyage du pèlerin, fût arrêté en 1660 et a croupi en prison pendant 12 ans pour avoir prêché dans un culte non permis par l’État[11]. Il y a d’ailleurs lieu de penser que ce n’est qu’après que les anabaptistes aient gagné la liberté de pratique religieuse que la liberté politique, et les partis politiques deviennent chose possible. Le leadership évangélique de notre génération semble avoir complètement oublié ses origines et en général son comportement expose le fait qu’elle considère impensable de résister au pouvoir de l’État. Il est assez manifeste que de nombreux dirigeants évangéliques de cette génération accordent plus de valeur à leur réputation qu'à la Vérité... Le consensus est une de ces idoles qu’ils adorent. L'Écriture appelle cela simplement "la crainte de l'homme"...

Mais si les dirigeants évangéliques de cette génération ont oublié ses origines ainsi que le principe de la résistance à un État qui outrepasse ses droits et responsabilités, cela doit être attribué en grande partie à l’influence des piétistes. Le mouvement piétiste a de profondes racines dans le mouvement évangélique. Ainsi au 18e siècle, lorsque la pensée du Siècle des Lumières montait en pouvoir en Europe, les piétistes, plutôt que chercher à avoir un effet purificateur sur la culture, les arts, la philosophie, les sciences ou la politique les piétistes ont abandonné tous ces champs d’activités aux païens... Ils ont fait reddition sans avoir combattu. Ils ont TOUT misé sur l’évangélisation[12]. Et il faut constater que ce fut une décision très lourde de conséquences. Si, par exemple, William Wilberforce (1759–1833) avait été un piétiste et avait refusé toute implication politique, alors l’esclavage existerait encore... Si Wilberforce était resté dans son église à chanter “Alléluia!!” alors tandis que tu sortirais le matin de chez toi, le gars conduisant le camion d’ordures dans ton quartier serait un esclave, la dame à la garderie du coin serait une esclave et le chauffeur de bus qui passe dans ta rue serait aussi un esclave ainsi que la dame à la caisse de l'épicerie. Et chez les évangéliques, l’influence profonde du piétisme étouffe la réflexion sur la question du rapport du chrétien à l’État et sert de prétexte aux leaders chrétiens qui REFUSENT toute remise en question du comportement de l’État ou de la classe politique et refusent de jouer leur rôle de sel de la terre dans leur génération.

Ainsi, chez les évangéliques au Québec il y a un énorme blocage pour l’expression d’un regard critique de l’État, même lorsque les dirigeants politiques trahissent leurs responsabilités et outrepassent leurs pouvoirs. Chez les évangéliques francophones, l'influence du piétisme a réduit le christianisme au rituel et à la liturgie, à ce qui se passe entre les quatre murs de l'église et RIEN d'autre. Un club social en somme. Pour justifier leur silence sur les questions sociales, ces évangéliques à tendance piétiste vont réciter le mantra que « tout ce qui compte c’est l’Évangile »... Mais si on fouille sous le tapis, leur Évangile[13] ne ressemble pas à l’Évangile du Nouveau Testament...

Ouais, je sais... certains vont trouver que là j’exagère, que je vais trop loin. Bon, je m’explique... L’Évangile du Nouveau Testament est solidement ancré dans le concept que tous les hommes (et femmes) sont pécheurs et sous le jugement de Dieu et sans la grâce, la confession de leurs péchés et la repentance, ils restent sous le jugement de Dieu. L’Évangile de Christ et des Apôtres que l’on rencontre dans le Nouveau Testament exige qu’on parle de ces choses avant de discuter de l’amour et du pardon offert par Dieu. Jean-Baptiste pour sa part n’a PAS hésité de rappeler aux petits et aux grands de sa génération leur devoir de reconnaître leur péché et de s’en repentir. Même devant Hérode, qui avait pourtant droit de vie ou de mort sur lui, Jean-Baptiste n’a pas fait de courbettes honteuses ou d’exception (Marc 14 : 3-5)... Lorsque l’Évangile véritable est prêché, ça porte des fruits visibles dans la société, mais lorsqu’un évangile corrompu/estropié est prêché, tôt ou tard ça attire le jugement de Dieu. Pensez Église de Laodicée...

Et si on se rappelle la parabole des talents, il faut se demander ce qui est arrivé à celui qui a enfoui son talent dans la terre?? (Matt. 25 : 14-30) Il a été jugé... Et que dit notre Seigneur au sujet du sel qui ne sale plus...?? (Mt 5: 13)

Mais cette génération du leadership évangélique a (tout doucement) élagué les aspects de l’Évangile que le monde ne VEUT PAS entendre. C’est la crainte de l’homme qui motive ça et RIEN d’autre. Cherchez donc UN leader évangélique québécois dans cette génération avec le courage d’un Jean-Baptiste... Et si depuis la crise du Covid les églises du Québec subissent des contrecoups dans l’assistance et dans les finances sous les restrictions du Covid, n’est-ce pas justement un JUGEMENT de Dieu contre des leaders évangéliques qui ont corrompu l’Évangile, en offrant un message adapté à ceux qui ont la démangeaison d’entendre des choses agréables? Cette génération postmoderne qui DÉTESTE entendre qu'elle à des comptes à rendre à Quelqu'Un... La réaction typique du postmoderne à une discussion sérieuse sur le péché, disons au sujet d’un péché précis dans la vie de la personne concernée, est souvent “ Qui es tu pour me juger !!?? ” Mais bon, puisque chez plusieurs dirigeants évangéliques de cette génération, le concept de jugement n’a aucune place dans leur théologie, alors ils ne peuvent même pas imaginer une telle chose (c'est-à-dire que Dieu puisse juger leur église, leur ministère)... Et lorsque les dirigeants évangéliques (en particulier les associations d’églises) de cette génération refusent de joueur leur rôle de sel de la terre dans cette génération, ce comportement ouvre TOUTES GRANDES les portes de l’église à l’influence du monde. Pas surprenant que le québécois moyen méprise à ce point les évangéliques...

Un autre morceau du puzzle c’est que sous l’influence des piétistes, les évangéliques ont longtemps refusé de jouer leur rôle de sel de la terre et en France, il y a un phénomène parallèle où les protestants français se sont un peu trop habitués à leur marginalité (par rapport aux catholiques) et ont refusé de jouer leur rôle de sel de la terre dans la société où Dieu les a placés. Et à mon avis cela explique (en bonne partie) pourquoi les évangéliques francophones restent encore si marginaux (1% de la population en France, moins encore au Québec). Et cette Évangile piétiste explique pourquoi l’influence culturelle des évangéliques francophones est quasi nulle. Cherchez un seul grand littéraire évangélique en France ? Un CS Lewis hexagonal... On est beaucoup trop confortables dans notre ghetto de marginalité sociale... Et Dieu seul sait si les humiliations militaires et économiques subies par la France au 20e siècle ne sont pas un jugement lié à ce refus des évangéliques et protestants français de jouer leur rôle de sel de la terre dans leur propre pays et de repousser l’influence des Lumières plutôt que se montrer d’une servilité méprisable ?

Ainsi le piétisme du leadership évangélique québécois ne peut que plaire à nos élites modernes et postmodernes, car finalement ça réduit le christianisme à rien de plus qu'un “état psychologique”, sans aucune répercussion ou influence sociale, culturelle ou publique. Cela produit des évangéliques québécois fidèles aux églises le dimanche, mais la semaine, pensant et se comportant (et divorçant et se suicidant) exactement comme leurs concitoyens. Cette attitude évangélique laisse TOUTE la culture et la société aux mains des dévots des Lumières, sinon aux postmodernes (et aux francs-maçons). Entre autres, une telle attitude marginalisée chez les évangéliques francophones au Québec laisse complètement le chemin libre aux francs-maçons dans la mise en place de lois sur l'éducation sexuelle des enfants.


Suggestions pratiques de l’auteur des Revendications

Si l’auteur des Revendications contre les tyrans est d’avis que la déposition d’un tyran, c'est-à-dire toute autorité abusant de ses pouvoirs ou trahissant ses engagements à l’égard du peuple, ne doit pas être l’initiative du peuple, mais seulement d’autorités subalternes (ducs et la noblesse), il faut prendre conscience qu’au 21e siècle la situation politique a radicalement changé. À notre époque TOUTES les autorités subalternes (députés, ministres, sous-ministres, juges et autres technocrates) sont désormais employés d’État et se retrouvent donc dans une relation de dépendance économique vis-à-vis l’État qu’il ne faut pas sous-estimer. De ce fait, sauf de très rares exceptions, la liberté d’action réelle de nos autorités subalternes est quasi nulle. Et dans cette logique, au Canada on a largement muselé la presse avec de généreuses subventions[14].

Tout comme l’auteur anonyme des Revendications, dans son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes Jean-Jacques Rousseau examine brièvement la question des tyrans[15] et de leurs méthodes pour assurer la servilité de leurs sujets, on constate que ces méthodes que Rousseau évoque sont tout à fait pertinentes pour assurer la soumission aveugle du fonctionnaire postmoderne (1755 : 2e partie)

Il est très difficile de réduire à l'obéissance celui qui ne cherche point à commander et le politique le plus adroit ne viendrait pas à bout d'assujettir des hommes qui ne voudraient qu'être libres; mais l'inégalité s'étend sans peine parmi des âmes ambitieuses et lâches, toujours prêtes à courir les risques de la fortune et à dominer ou servir presque indifféremment selon qu'elle leur devient favorable ou contraire. C'est ainsi qu'il dut venir un temps où les yeux du peuple furent fascinés à tel point que ses conducteurs n'avaient qu'à dire au plus petit des hommes: Sois grand, toi et toute ta race, aussitôt il paraissait grand à tout le monde ainsi qu'à ses propres yeux, et ses descendants s'élevaient encore à mesure qu'ils s'éloignaient de lui; plus la cause était reculée et incertaine, plus l'effet augmentait; plus on pouvait compter de fainéants dans une famille, et plus elle devenait illustre.

Mais, chose impensable pour quelqu’un des générations de Brutus ou de Rousseau, aujourd’hui, partout en Occident, l’État contrôle complètement le système d’éducation et le système de soins de santé, institutions qui, au 16e siècle, étaient sans ingérence économique ou idéologique de l’État et fermement aux mains des églises. Les recommandations pratiques de Brutus à l’égard de la déposition des dirigeants politiques illégitimes sous-entendent qu’il existe des agents libres dans le système politique, c'est-à-dire libres sur le plan économique (car la noblesse de cette époque possédait des domaines et donc des revenus indépendants de l’État) et donc jouissaient d’une liberté fondamentale dans leur activité politique leur permettant de prendre plus facilement le risque de s’opposer au dirigeant politique en place. C'est une question que l'auteur CS Lewis avait bien compris, car dans son article Is Progress Possible? il déclarait

I believe a man is happier, and happy in a richer way, if he has 'the freeborn mind'. But I doubt whether he can have this without economic independence, which the new society is abolishing. For economic independence allows an education not controlled by Government; and in adult life it is the man who needs, and asks, nothing of Government who can criticise its acts and snap his fingers at its ideology. Read Montaigne; that's the voice of a man with his legs under his own table, eating the mutton and turnips raised on his own land. Who will talk like that when the State is everyone's schoolmaster and employer? Admittedly, when man was untamed, such liberty belonged only to the few. I know. Hence the horrible suspicion that our only choice is between societies with few freemen and societies with none.

Un autre truc que l’auteur des Revendications n’aurait pu imaginer est la bestialisation et la corruption des appareils de l’État. L’État au service de... Plusieurs dirigeants nationaux, comme les Trudeau, Merkel, Macron, Johnson, Zelensky, Cassis, Jacinda Ardern (Nouvelle Zélande), etc., s’affichent ouvertement pions de la secte de Davos et du Forum Économique Mondial. Au 21e siècle presque toutes les autorités subalternes sont employés d’État, et de ce fait ils sont donc immédiatement sujets à diverses pressions (d’abord économiques, mais aussi idéologiques) de la part de l’État. Il faut donc s’attendre d’eux le conformisme et la servilité la plus basse vis-à-vis l’État. Ainsi au 21e siècle la situation politique exige presque que l’opposition à un tyran devra être initié par ceux que Brutus appel les particuliers, les gens sans statut ou titre dans le système de pouvoir et d’autorité.


Dirigeants évangéliques, des fonctionnaires ???

Selon l’auteur des Revendications, la remise en question ou la déposition de dirigeants politiques outrepassant leurs droits, les tyrans, ne peut être initiée par des citoyens ordinaires, ce que cet auteur appelle les particuliers. À son avis, seules les autorités subalternes, c'est-à-dire des agents libres tels que les ducs ou membres de la noblesse peuvent prendre de telles initiatives.

Mais si on rapporte ce conseil dans notre contexte actuel, est-ce possible de considérer que les églises pourraient jouer ce rôle d’agents libres capables de remettre en question le pouvoir abusif d’un dirigeant politique, c'est-à-dire jouer le rôle de ces autorités subalternes telles que le conçoit l’auteur des Revendications ? Théoriquement les églises pourraient être considérées des agents libres, car leurs revenus ne dépendent pas de l’État[16], mais au Canada il ne peut faire de doute que l’État exerce une panoplie de pressions de types divers sur les églises afin qu’elles sachent respecter leur statut servile à l’égard de l’État. Entre autres, ces pressions se sont manifestées récemment par les menaces économiques (plus ou moins subtiles) aux églises de se voir retirer certains privilèges (qui leur sont pourtant garanti depuis la fondation du Canada).

Combien de Québécois se rappellent que le premier ministre actuel de la province du Québec, François Legault[17], a fait allusion en 2015 (avant sa prise de pouvoir) qu’il envisageait taxer les églises[18] et leur ôter des avantages fiscaux qu’ils ont actuellement, tel que le droit d’émettre des reçus de charité[19], les exemptions de taxes foncières et scolaires ou le remboursement d'une partie de la TVQ. Voici un article (grand média) qui explique la position de Legault vis-à-vis les églises et la menace que cela représente à l’égard de la liberté de pratique religieuse.

Le fisc doit sévir contre les intégristes religieux, dit François Legault : La CAQ réclame que la Charte québécoise des droits et libertés de la personne soit amendée de manière à interdire les enseignements ou prêches religieux destinés à rejeter des valeurs chères aux Québécois, telles que la démocratie, l'égalité entre hommes et femmes et le respect de l'orientation sexuelle. (La Presse - 4/2/2015)

Il est évident ici qu’au 21e siècle, l’État québécois se donne un rôle idéologique, c'est-à-dire de dicter ce que sont justement ces valeurs chères aux Québécois. Et les dirigeants évangéliques auront vite compris qu’une remise en question sérieuse de cette idéologie d’État ne sera pas bonne pour les affaires... Donc, à éviter. D’autre part, voici le cas récent d’une église catholique à Montréal où on a cherché à taxer certains revenus (pas dons ou offrandes). La situation décrite pourrait évidemment affecter d’autres églises au Québec.

Des revenus de 300 000$ par année et pas de taxes à payer: L’église qui louait son stationnement à des travailleurs l’a emporté contre Montréal. (Journal de Montréal – 29/6/2020)

De tels gestes passent donc le message subliminal : Soyez gentils (serviles[20]) avec nous et on sera gentils avec vous... D’autre part ces gestes laissent entendre qu’éventuellement tout revenu d’église qui n’est pas directement lié aux dons ou offrandes pourrait devenir sujet de taxes...

Au Canada parfois les moyens de pression exercés par l’État sur l’église prennent des formes moins subtiles. Évidemment plusieurs évangéliques au Canada sont d’avis que la persécution ne pourrait jamais arriver ici... Désolé, mais c’est déjà commencé. Plusieurs ont dû entendre parler des pasteurs Artur Pawlowski (8/5/2021) et Jim Coates (février 2021) tous les deux mis en tôle pour simplement avoir osé tenir une réunion chrétienne. “ Ah, mais Pawlowski et Coates ont quand même refusé de respecter les restrictions du Covid? ” En effet, c ‘est vrai, mais même avant la crise du Covid, la police avait arrêté un pasteur canadien qui ne faisait que prêcher l’Évangile dans la rue. Il s’agit du cas du pasteur noir David Lynn. Le truc c’est que Lynn a osé faire de la prédication de rue dans un quartier gai. En peu de temps il s’est VITE retrouvé entouré de protestataires et, peu de temps après, arrêté par la police pour avoir simplement prêché l’Évangile.

Police handcuff and arrest black pastor for preaching plain Gospel message. (Blog Winter Knight)

On constate rapidement que même s’il prêchait dans un quartier gai, ce pasteur noir David Lynn n’avait PAS cherché la provocation en parlant directement du péché de l’homosexualité. Il a été clair dans son message que tous ont péché et que la grâce est offerte à tous. Mais il semble bien que le rappel de notre état de pécheur soit devenu intolérable à la génération qui nous entoure (et particulièrement aux élites postmodernes[21]). Il est très clair que désormais au Canada, que les LGBT n’ont pas seulement droit de cité, mais ils ont des politiciens et juges disposés à faire des interventions musclées afin de faire taire les critiques de cette idéologie... On peut donc déduire qu’au Canada l’idéologie LGBT est devenue religion d’État[22]... Il me semble légitime ce considérer une intervention telle que l’arrestation du pasteur Lynn comme un message envoyé par l’État Canadien : “ Taisez-vous !! ” (Ils leur défendirent absolument de parler et d’enseigner au nom de Jésus. Actes 4 : 18) Et quelle fut la réponse des dirigeants d’associations d’églises évangéliques canadiennes ?: Le silence... Et cette réponse signale que les dirigeants évangéliques canadiens ont bien compris le message de l’État canadien et acceptent de prendre leur place (servile).

Hannah ArendtDiscutant de la pensée de la politicologue juive et spécialiste des régimes totalitaires Hannah Arendt, l’encyclopédie Universalis note (2003) :

L’homme nouveau que souhaite produire le régime totalitaire, ce n’est point le fanatique, c’est l’homme générique, le pur et simple représentant de l’espèce, dépourvu de toute affectivité comme de toute initiative et de toute opinion ; la société qu’il prétend instituer, c’est une société privée de mémoire, agrégat d’individus interchangeables, sans appartenance et sans pouvoir. La faillite de la conscience morale et du sens commun — le sens du réel — que représente, à notre siècle, l’avènement d’un tel type de régime vient de loin.

Arendt décrit-elle ici les dirigeants évangéliques de cette génération ? Il faut tenir compte que les pasteurs évangéliques au Québec ont adopté depuis TRÈS longtemps la tradition de ne PAS intervenir ou prendre position en public lorsque le péché augmente dans la société qui les entoure. Parfois cela traduit l’attitude : “ Le mal augmente dans le monde et le jour du jugement approche, mais on s’en fout, car NOUS on va au ciel. ” C’est TOUT le contraire de l’attitude du Sauveur qui pleura sur Jérusalem voyant son jour de jugement approcher (Luc 19 : 41-43). Au jour du jugement que dira-t-il, le Juste Juge, à ces dirigeants évangéliques qui ont refusé de jouer leur rôle de sel de la terre dans leur génération? Mais dans d’autres cas, cela traduit simplement un désir préserver sa bulle de confort et aussi une attitude de crainte de l’homme. Si cette attitude s’est manifestée pendant la crise du Covid, ce n’est pas un phénomène nouveau. C’est une attitude bien enracinée, fort probablement transmise (de manière subliminale) dans les collèges bibliques et très éloquemment par l’exemple des dirigeants évangéliques de la génération précédente.

Tenant compte de ces violations des droits des citoyens chrétiens et des pressions idéologiques exercées par l’État, il est utile de prendre conscience que nous entrons dans une ère totalitaire. L’historien allemand K. D. Bracher expose la réalité juridique d’un régime totalitaire, soit le régime nazi (1969/1995: 484):

Le Troisième Reich détruisit d'emblée les assises d'une société fondée sur le droit. Le principe nulla puena sine lege fut déjà enfreint par la loi du 29 mars 1933, autorisant des poursuites (en l'occurrence contre les responsables de l'incendie du Reichstag) sur la base de dispositions pénales prises postérieurement aux faits. Nombre de juristes conservateurs contribuèrent d'ailleurs à cette évolution. Deux années plus tard, ce principe acquit une valeur universelle: dorénavant, était punissable tout ce qui allait à l'encontre de la saine opinion populaire même lorsqu'il n'existait pas de dispositions légales précises. L'arbitraire des dirigeants devenait ainsi un principe juridique, car il n'était bien entendu pas question que le peuple fit valoir ses opinions, ce qui eût été contraire à la théorie de l'Etat totalitaire et au principe du Führer.

Pour comprendre les pressions ciblant les évangéliques au 21e siècle, à titre de comparaison il est utile de noter qu’une des caractéristiques des régimes totalitaires est leur disposition à piétiner les droits de ses citoyens s’ils sont perçus comme faisant obstacle à ses visées idéologiques. Pour visualiser la chose, on peut penser immédiatement aux restrictions progressives imposées aux juifs par le régime nazi. Voici quelques exemples (en ordre chronologique) :

On constate donc qu’au cours de l’histoire de l’Église, des dirigeants et des chrétiens ordinaires ont eu le courage de se tenir debout devant des régimes totalitaires et despotiques les plus sanguinaires. En examinant cette histoire de l’Église,[26] on constate qu’il y a diverses méthodes pour résister à des autorités civiles outrepassant leurs droits.

Aux premiers siècles après Jésus-Christ, sur le plan juridique, sous plusieurs empereurs le christianisme avait été défini par l'administration romaine comme une association illégale. Mais il faut éviter les malentendus, car cette interdiction n'était PAS motivée par le fait que chrétiens adoraient Jésus de Nazareth, un Juif, mais cette interdiction était motivée par le fait que les chrétiens étaient perçus comme antipatriotiques et même des traîtres à l'empire romain, car ils refusaient d'admettre la divinité de César, l'empereur ainsi que tous les rites (pincée d'encens) qui accompagnaient cette croyance. Et ce culte de César était jouait avant tout un rôle de propagande patriotique, c'est-à-dire servant à unifier les citoyens romains. Leur refus de participer à ce culte était donc perçu comme antipatriotique, donc un geste politique. Aujourd’hui bien des chrétiens auraient sermonné ces premiers chrétiens comme étant trop étroit dans leurs convictions, “Après tout, c’est juste une pincée d’encens de rien du tout... Tu ne fais de mal à personne si tu en jettes dans le feu!” Mais non, ces chrétiens ont préféré les lions plutôt que compromettre leur foi. Que dira l’histoire au sujet de notre génération de chrétiens ?

Peu de temps après la chute de l’Empire romain, sur le plan politique c’était le chaos. Tandis que l'État était faible, corrompu, gouverné par des escrocs, l'Église était vigoureuse, capable, guidée par des hommes préparés à sacrifier leur intérêt au profit de celui du peuple chrétien. Le courage des martyrs était encore un souvenir vivant. Et à la fin du IVe siècle, Ambroise était l'évêque de la ville de Milan. C’est sous son ministère qu’Augustin de Carthage se convertit au christianisme. En 390 ap. JC, Théodose, l’empereur romain de l’époque, apprit qu’une foule à Thessalonique avait assassiné le capitaine de la garnison. Fou de rage, Théodose ordonna des représailles sanglantes. Après que le peuple de la ville fut rassemblé dans un cirque, les soldats leur tombèrent dessus et massacrèrent environ sept mille personnes dans une tuerie aveugle. Mais Ambroise était fils de fonctionnaire romain (son père était préfet) et donc avait l’habitude de traiter avec les gens au pouvoir. Ambroise écrit donc à l’empereur, le menaçant de l’exclure de la communion s’il ne se repentait pas de son geste. Et l'empereur se repentit et fit une pénitence publique à la cathédrale de Milan.

Dietrich BonhoefferEt au sujet des églises chrétiennes, dans son Hitler et la dictature allemande l’historien Karl Dietrich Bracher signale, autant chez le clergé protestant que chez le clergé catholique, il y eut des collaborateurs[27] avec le régime nazi, ainsi que quelques dissidents chrétiens au nazisme (qui souvent l’ont payé très cher). Parmi ceux-ci figure l’Église Confessante avec Dietrich Bonhoeffer. En 1933 Bonhoeffer prononça un discours radiophonique dans lequel il attaquait Hitler et mettait en garde l'Allemagne contre le risque de glisser vers un culte idolâtre du Führer (chef), qui pourrait très bien se révéler être Verführer (corrupteur ou séducteur). Eh oui, ce discours a été prononcé, deux jours après que Hitler a été élu chancelier et était au sommet de sa popularité... À la même époque, la famille hollandaise de Corrie Ten Boom eut le courage de protéger des Juifs tandis que la fureur antisémite des nazis était déclenchée. Tous furent arrêtés et son père et sa sœur mourront dans les camps de concentration nazis. Et en France, il y eut le village huguenot Le Chambon-sur-Lignon (avec ses propres souvenirs de persécution) qui hébergea chez les villageois des adultes et enfants juifs, les cachant des nazis.

Mais si en 2022 nous nous entrons dans une ère totalitaire, les chrétiens de cette génération doivent prendre conscience qu’ils font face à totalitarisme hypocrite, marketing et manipulateur plutôt que brutal et démasqué comme les régimes hitlériens ou celui de Staline. Le truc c’est qu’en Occident nos élites postmodernes ont appris une leçon très importante de cette expérience du 20e siècle. Ils ont constaté que les méthodes ouvertement brutales et coercitives jettent les cartes sur table et attirent à celui qui les utilise des ennemis déterminés. Ainsi, lorsque les SA/Chemise Brunes, les SS nazis ou le KGB frappent à la porte, on sait très bien à qui on fait affaire. Un ennemi à découvert, visible, et bien identifié, comme un régime communiste, force le chrétien à faire une réflexion très sérieuse au sujet de sa foi et de ses convictions et ensuite poser des gestes en conséquence. En somme, un régime qui exploite des méthodes brutales et coercitives rend la situation idéologique (et les enjeux) trop claire. On peut supposer que les dirigeants de la Chine communiste actuelle font face à cette réalité, c'est-à-dire faisant face à une église chrétienne chinoise purifiée et courageuse devant la persécution.

Ayant appris cette leçon, nos élites postmodernes ont donc mis de côté la persécution et la violence ouverte et s’appuient avant tout sur un pouvoir dissimulé et hypocrite ainsi que sur la manipulation et de petites attaques indirectes, venues de factions sans port d’attache évident.. Il faut voir clairement que ces factions sans attache sont des pions jetables des élites postmodernes. Lorsqu’ils auront servir leur but, les élites postmodernes n’hésiteront pas à les larguer (ou les éliminer)...

Ainsi, dans notre génération, l’État (avec ses institutions démocratiques) n’est plus le foyer unique du pouvoir. Nos élites postmodernes sont bien plus subtiles, plus marketing, plus manipulateurs que les nazis ou les communistes ne l'ont jamais été. Pas besoin d’envoyer les chrétiens aux pelotons d’exécution ou en Sibérie... Nos élites postmodernes sont donc bien installées dans les grands médias et chez Google, NetFlix, Apple, Microsoft, YouTube, FaceBook, dans le système d’éducation, etc... Le pouvoir postmoderne est décentralisé, donc plus difficile à cerner. Imaginez un boxeur dans un ring, affrontant un combat avec un adversaire complètement invisible... Il prend régulièrement des coups sur la gueule, mais ne peut déterminer d’où ils viennent et ne peut en donner pour se défendre... Nous voilà devant une situation TRÈS différente de celle qui a confronté l’Église Confessante des années 1930-40...


Une question pratique posée par l’auteur des Revendications

Le texte des Revendications pose une question critique pour l’Occident postmoderne du 21e siècle : Avons-nous la certitude que les dirigeants politiques actuels sont parvenus à leurs postes de manière légitime ? Puisque l’on voit poindre de plus en plus d’indices qui laissent entendre que les systèmes de décomptes de votes en Occident sont sujets à des fraudes massives, cela pose la question : Est-ce que ces dirigeants politiques exercent un pouvoir légitime ? Sont-ils parvenus à leurs postes uniquement par la voix et l’approbation de la majorité du peuple ou par d’autres moyens (illégitimes) ? Selon l’auteur des Revendications si la réponse est négative, il y a lieu de penser de les destituer de ce pouvoir...

Voici une question très sérieuse posée aux citoyens canadiens, se peut-il que l’élection qui a porté Justin Trudeau au pouvoir (octobre 2015) ait été trafiquée d’un bout à l’autre ? Le jour où Justin a été porté au pouvoir pour la première fois, je me suis dit : “ Mais qu’est-ce qui se passe dans mon pays ? On vient remettre là direction d’une nation à un gars dont la SEULE expérience professionnelle est prof de théâtre !!?? ” Je vois alors deux explications: 1) TOUS les Canadiens sont tombés sur la tête le jour du vote ou, 2) que les résultats du vote cette élection ont été trafiqué d’un bout à l’autre[28]. Et pour peser cette question, il ne faut pas oublier qu’au Canada on utilise, comme les Américains, le système de décompte de votes Dominion[29]. Système qu’on a démontré facilement hackable... Celui qui se soucie vraiment que la démocratie met au pouvoir des dirigeants qui représentent véritablement le peuple, ne doit pas oublier l’observation cynique de Staline qui disait : “ Je considère qu'il n'y a aucune importance qui votera dans le parti, ni comment ; mais ce qui est extraordinairement important, c'est qui va compter les votes, et comment ”.[30]

Dans le cadre de cette postface, je pense qu’il serait présomptueux et prématuré de prétendre trancher de manière définitive la question de fraudes électorales massives en Occident. Ceci dit, je crois qu’il est nécessaire de prendre conscience que de plus en plus de données accumulent, exposant des fraudes électorales de types divers et faussant l’expression de la voix du peuple.

Mais lorsque la question de fraudes électorales massives est abordée par les grands médias, le ton est immédiatement rassurant : “ En effet, on a détecté quelques irrégularités, mais on a puni les coupables, corrigé le tire et tout va bien. ” Le message subliminal est donc : “ Pas de souci. Vos dirigeants politiques sont en effet parvenus au pouvoir avec une majorité du vote démocratique et ils sont donc légitimes et vous êtes donc dans l’obligation de leur obéir en toutes choses... ” Que le système démocratique soit corrompu au cœur du processus, c'est-à-dire lors du décompte du vote d’élections[31], est un concept profondément désagréable auquel peu de gens osent réfléchir et encore moins examiner[32].

Lors de l’élection de Biden, bon nombre d’Américains ont tiré la conclusion que leur système de décomptes de votes était corrompu. Le film documentaire 2000 Mules (Dinesh D'Souza sorti le 23 avril 2022) examine des fraudes aux élections présidentielles américaines, fraudes liées aux bulletins de vote transmis par la poste. Les mules dont il est question se sont des escrocs payés pour poster des milliers de bulletins de vote frauduleux.

Mais à la fin, poster des bulletins de vote frauduleux n’est qu’une magouille de bas étage, car des fraudes plus massives encore sont possibles de la part d’individus avec accès direct au système de décompte de votes lui-même. Ce sont d’ailleurs des interventions beaucoup plus propres... En général les pays occidentaux utilisent de tels systèmes de décomptes de vote électronique. Les citoyens doivent faire une confiance quasi aveugle que ces systèmes ne sont pas trafiqués. Parmi les systèmes de décomptes de vote utilisés en Occident on rencontre le système de compte de votes Dominion et le système Smartmatics. Si on veut évaluer la neutralité du système Dominion, largement utilisé aux élections américaines, il est utile de noter que ce système est subventionné par la Fondation Clinton (contribution de $2,250,000 - 6/1/2021). Vous avez bien compris, il ne peut pas y avoir de conflit d’intérêts...

The DELIAN Project: Democracy through Technology. (page élaguée, mais archivée par la Wayback Machine)

Pendant l’élection présidentielle américaine (Biden – Trump 2020-21) il y eut diverses allégations que le système de vote Dominion pouvait être trafiqué, ce qui laissait planer un doute sur la neutralité du système ainsi que sur la légimité de la présidence de Jos Biden. Il est assez manifeste que ces allégations[33] ont dérangé. Au mois de janvier 2021, un article a exposé la réaction de la firme Dominion, qui a déclenché des poursuites pour diffamation dans le but de faire payer TRÈS cher ces intervenants qui ont osé poser des questions sérieuses de fraude électorale en rapport avec ce système de compte de votes[34].

Dominion Voting Systems sues Rudy Giuliani : Consequences. (Leon Wolf – The Blaze – 25/1/2021)

Ouais, les postmodernes veulent être surs que des questions sérieuses sur leur pouvoir ne sont pas posées. De toute évidence, l’agressivité juridique déployée par Dominion[35] laisse entendre que de telles questions pourraient mettre en danger des intérêts et, potentiellement, faire basculer quelques châteaux de cartes... En fouillant la question de fraudes électorales (via des systèmes de décomptes de vote piratés) j’ai croisé cet article grand média (américain non signé...) qui tente démentir une rumeur à l’effet que George Soros, le mondialiste milliardaire, contrôle la firme Smartmatics (et son système de décompte de votes), mais le journaliste commit une gaffe fort intéressante.

Soros does not own voting machine company Smartmatics. (The Associated Press - March 13, 2020)

While the chairman of SmartMatics and the SGO Group, Mark Malloch-Brown, serves on the Open Society Foundations Global Board -- founded by George Soros -- SmartMatics is not owned by Soros himself, despite what the post circulating widely on social media suggested.

Mais quelle gaffe... Non Soros n’est PAS le proprio de SmartMatics, mais un pion de Soros est bien installé au conseil d’administration de SmartMatics... TROP drôle... Nous voilà tous rassurés... D’autre part, on voit aussi des gestes posés, autant par des politiciens postmodernes que des citoyens qui démontrent un refus d’accepter les résultats du processus démocratique, dont le fonctionnement exige que tous acceptent le verdict de la majorité, même lorsque ce résultat n’est pas celui qu’on a souhaité. Fondamentalement c’est le rejet du processus démocratique par une part très large des élites postmodernes. Ce comportement revient à dire “ Nous n'accepterons les résultats du processus démocratique SEULEMENT s'il nous donne le pouvoir ! Le pouvoir nous appartient et nous n’accepterons JAMAIS de le voir retiré sous aucun prétexte. ”

Lors de la dernière élection américaine (Trump/Républicain vs Biden/Democrate), avant le décompte du vote, des intervenants Democrates ont proféré des menaces à l’effet qu’une victoire de Trump serait nécessairement suivie de violence dans la rue. De telles gestes laissent clairement entendre un rejet de la démocratie et de la voix du peuple par ces intervenants. Aux États-Unis il devient de plus en plus manifeste que la politique dégrade vers la violence et une polarisation extrême, en particulier chez le parti Démocrate (et les BLM/AntiFa). Il est assez apparent que ces comportements ne sont pas des trucs aléatoires, sans lien entre eux, mais un comportement cohérent et déterminé. À la base c’est le REJET de la démocratie et la manifestation d’un totalitarisme larvaire, qui n'attend qu'une occasion pour montrer son visage véritable et établir un empereur ou dictateur à vie. Voici d’autres exemples tirés de la scène politique américaine.

Left-wing celebs throw debate tantrums at President Trump; some even call for violence against him: 'Literally the only way to deal with him is to sucker punch the f***' . (The Blaze – 25/1/2021)

Millennials will take to streets in 'fury' if Bernie doesn't win. (Miranda Devine - Fox News - 2 minutes - 3/2/2020)

Aldous HuxleyTout comme les chemises brunes des nazis, les BLM/AntiFa ont fait la démonstration qu’ils sont tout à fait disposés d’exploiter l’intimidation, les menaces et la violence contre toute personne s’opposant à leur discours ou leur programme. C’est EXACTEMENT ce qu’a fait le Parti national-socialiste (les nazis) à l’époque où ce parti tentait de prendre le pouvoir en Allemagne au début des années 1930... Ce comportement expose l’attitude qu’un débat d’idées est superflu, voir inutile et on peut passer immédiatement à l’intimidation et aux menaces pour obtenir ce que l’on veut. Et c’est une attitude partagée non seulement par des activistes de bas étage, mais aussi par des politiciens de haut niveau[36]. Il semble assez manifeste que nous voyons de nos yeux l'accomplissement de la "prophétie" du romancier athée Aldous Huxley qui prédisait en 1958 (1958/1990 : 144):

Sous l'impitoyable poussée d'une surpopulation qui s'accélère, d'une organisation dont les excès vont s'aggravant et par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques — élections, parlements, hautes cours de justice — demeureront, mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient au bon vieux temps, la démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions radiodiffusés et de tous les éditoriaux — mais une démocratie, une liberté au sens strictement pickwickien du terme.

Et si Huxley parle d’une liberté au sens strictement pickwickien du terme, ça implique une liberté complètement factice... Eh oui, nous y sommes... Mais ce que Huxley avait constaté en 1958, un autre britannique, le célèbre journaliste Malcolm Muggeridge dans son article Farewell to Freedom[37] avait fait quelques années auparavant des observations tout aussi profondes sur la montée d’une pensée unique avec, en parallèle, l’érosion de la démocratie en Angleterre (1954/1979 : 109-110)

L’exercice d’un jugement libre et indépendant est si peu conforme au climat contemporain qu’il nécessite une explication. Tout comme une tumeur ou une excroissance cancéreuse, il ne peut exister qu’en raison d’un état anormal susceptible d’être diagnostiqué simplement. Si l’on est contre le sénateur McCarthy, on doit être pour le professeur Lattimore ; si l’on considère que le Dr Malan essaie vainement et stupidement de remettre les pendules à l’heure, on doit nécessairement croire que le pandit Nehru est le champion de la civilisation occidentale ; si on est d’avis que M. Eden commet la même erreur ruineuse que Neville Chamberlain - supposer que la paix peut être négociée avec ceux dont la philosophie et le programme d’action présupposent l’absence de paix - ce ne peut être que parce que l’on est déterminé à promouvoir une guerre. C’est dans cette passion de penser en termes de catégories [absolues] que je décèle le symptôme le plus clair et le plus inquiétant de la subordination de l’individu à la collectivité. une uniformité volontaire, tout comme une uniformité imposée, prépare la voie à la servitude.
Il est vrai, bien sûr, qu’un facteur puissant pour générer une telle attitude d’esprit a été, en ce qui concerne l’Angleterre, est la British Broadcasting Corporation, qui, par son association étroite avec le gouvernement, est nécessairement devenue une porte-parole de l’orthodoxie actuelle et un instrument puissant de l’État pour soumettre l’individu. (...) En Angleterre, comme vous le savez tous, certaines industries de base ont été placées sous le contrôle direct du gouvernement, et le parti travailliste s’est engagé (bien qu’avec un manque d’enthousiasme marqué par rapport à l’époque où son programme était jeune et avait la fraîcheur du printemps) à étendre ce processus plus ou moins indéfiniment. Ainsi, si l’on en croit les chiffres actuels, le jour viendra où, sans aucun bouleversement révolutionnaire, l’État possédera et dirigera l’ensemble de l’économie nationale, et où la quasi-totalité de la population sera, en fait, employée par l’État.
Cela peut ou non conduire à une plus grande sécurité, prospérité, efficacité et d’autres résultats bénéfiques. Je ne me préoccupe pas de cela ici. Je me préoccupe, cependant, de souligner qu’un tel développement ne peut qu’aboutir, à mon avis, à la diminution et à l’effacement final de l’individu tel que nous le connaissons aujourd’hui.*



Paul Gosselin, webmestre, anthropologue, auteur (le 15 mai 2022)


 

Références

-- (2003) notice : Hannah Arendt. Encyclopédie Universalis

-- (2021) Pastor Who Chased out 'Gestapo Police' from Church Faces New Warrant. (Protestia - 30/4/2021)

-- (2021) POLICE STATE: Watch the moment a SWAT team arrests a Canadian pastor. (RebelNews - 8/5/2021)

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LEWIS, C. S. (1958) Is Progress Possible? Willing Slaves of the Welfare State - Etext)

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SACCA, Paul (2021) Canadian pastor Artur Pawlowski arrested for holding church service. (The Blaze - 9/5/2021)

TAUNTON, Larry Alex (2021) The Salt That Has Lost Its Savor: The Woke Church and the Undoing of America: If abortion, infanticide, violence in our streets, election-rigging, and the evils of Marxism aren’t enough to rouse some churches, for what purpose do they exist? (The American Spectator - January 3, 2021)

WILLIAMS, Thomas D. (2021) Christian Pastor [Jim Coates] Jailed for Holding Church Services in Canada : A Christian pastor from Edmonton, Canada, has been jailed for breaking Alberta's Public Health Act by continuing to hold church services when ordered to stop. (Breitbart - 18/2/2021)

 


Notes

[1] - Mais les mêmes sont tout à faits d’accord pour la tolérance d’une perspective islamique en politique?

[2] - Et ce rejet du concept de Vérité a ses répercussions en sciences (pensez l’Affaire Sokal - 1996) et de manière générale dans les universités où même le concept de vérité en sciences est attaqué.

Le professeur de droit américain Peter Berkowitz note (1996 : 15) :

Ce qui est particulièrement troublant à l'égard des études culturelles ou les critiques de la science que l'on rencontre en milieu universitaire recoupe ce qui est troublant à l'égard du postmodernisme en général. En postulant que la distinction entre le vrai et le faux n'est qu'une fiction humaine répressive, le postmoderne affiche un mépris pour la vérité et dénigre les vertus d'intégrité intellectuelle. Ceux qui n'ont jamais dirigé une expérience [scientifique] ou étudié une équation pour le comprendre peuvent ainsi acquérir une supériorité condescendante fondée dans l'affirmation que la science n'est qu'une forme d'invention littéraire qui est caractérisée par un prestige social dépassé.*

À ce titre, l'anthropologue britannique Ernst Gellner constate (1992/1999: 93):

Il est tout à fait probable que la percée qui a permis d'atteindre le miracle scientifique n'ait été possible que parce que certains hommes ont été préoccupés de manière passionnée et sincère par la vérité. Est-ce qu'une telle passion pourra survivre à l'habitude de s'attribuer divers genres de vérités selon le jour de la semaine?*

[3] - Mais une vérité vraie pour une seule personne à quoi bon? Cela implique manifestement que Hitler avait sa vérité, Pol-Pot avait sa vérité et que le violeur du quartier a la sienne. Selon le principe postmoderne, aucun de ces individus ne peut vraiment être critiqué ni ne devrait être inquiété par la justice.

[4] - Soyons cyniques un moment (dans cet ère où la FEM se gausse ouvertement de son pouvoir et de ses projets extraordinaires), ou de ceux qui gèrent véritablement l’État et qui n’ont aucun engagement è tenir aux citoyens. Voyons les choses clairement. Tous ces pions de Davos sont des traîtres à leurs propres nations...

[5] - Puisqu'en Occident on rejette le concept d’une Vérité au-dessus de l’État, il faut s'attendre, sous le règne des élites postmodernes, à une lente dégradation des droits de la personne sur le plan international devant les intérêts de classe de nos élites, car aux yeux du postmoderne, en toute logique, le concept des droits de la personne n'est qu'un produit parmi tant d'autres de la civilisation occidentale (et n'a donc rien d'absolu). Il y a lieu de penser qu'une telle démarche se fera par l'imposition d'une définition (intéressée) du bien commun et au moyen de perceptions démagogiques mettant chaque individu devant de faux dilemmes, dont le choix souhaitable est clairement “ vendu ” d'avance.

En Occident, on a conçu les droits de l'Homme comme une série de privilèges moraux et juridiques que l'on estime dus à chaque être humain. Ils sont donc universels, non relatifs. Leur fondement est le principe de l'égalité des hommes. Mais l’ironie est que ce principe est tiré de la théologie chrétienne, c'est-à-dire lié à l'affirmation que TOUS les hommes sont faits à l'image de Dieu et donc dignes de respect. Sans ce fondement chrétien, ce principe est sapé et tombera éventuellement. Mais il va sans dire que l'Occident a dérivé très loin de cette conception. Selon la perspective postmoderne, imposer au reste de la planète une conception occidentale des droits de l'homme (ou de la femme) constitue alors une forme d'impérialisme éthique et idéologique inadmissible. À la limite, on admettra que ce concept des droits de la personne puisse être légitime en Occident, mais rien n'exige qu'il le soit dans d'autres contextes culturels. Dans le contexte postmoderne, le rejet des universaux implique aussi le rejet de tout projet de libération sur le plan politique, car le projet d'autonomie-démocratie est lié aux universaux d'égalité et de la dignité de tous les humains. Pour l’immédiat, si le principe des droits de l’homme subsiste, ce n’est que par inertie culturelle. Un bon choc pourrait l’anéantir...

[6] - Le communiste Mao Zedong, disait très succinctement: “le pouvoir est au bout du fusil !” c'est-à-dire le pouvoir crée la moralité...

[7] - Les AntiFa, ces chemises brunes des élites postmodernes, sont la meilleure exemple de ce phénomène. Il faut comprendre d’ailleurs que le recours aux ménaces, à l’intimidation et à la violence sur n’est que l’expression du rejet de trouver une base rationnelle pour les échanges sur la place public. La violence est l'arme de ceux qui savent que leur argumentaire est faible. Voici comment le philosophe Alasdair MacIntyre décit la souce de notre situation (1981: 8):

Mais les prémisses rivales sont telles que nous ne disposons d'aucun moyen rationnel de peser les prétentions d'un [jugement moral] par rapport à un autre. En effet, chaque prémisse utilise un concept normatif ou évaluatif tout à fait différent des autres, de sorte que les revendications qui nous sont faites sont de nature très différente. Dans le premier argument, par exemple, les prémisses qui invoquent la justice et l'innocence s'opposent à celles qui invoquent le succès et la survie ; dans le deuxième, les prémisses qui invoquent les droits s'opposent à celles qui invoquent l'universalité ; dans le troisième, c'est la revendication de l'égalité qui est opposée à celle de la liberté. C'est précisément parce qu'il n'existe dans notre société aucun moyen établi de trancher entre ces revendications que l'argumentation morale apparaît comme nécessairement interminable. À partir de nos conclusions rivales, nous pouvons revenir à nos prémisses rivales ; mais lorsque nous arrivons à nos prémisses, l'argumentation cesse et l'invocation d'une prémisse contre une autre devient une pure question d'affirmation et de contre-affirmation. D'où peut-être le ton légèrement strident de tant de débats moraux.* (traduction PG)

[8] - Sans lien avec une loi au-dessus de l’État.

[9] - Mais n’essayez pas de culpabiliser les postmodernes au sujet de leur comportement ou discours. Ce n’est pas la peine...

[10] - Et les évangéliques doivent bien considérer qui sont ces dirigeants politiques actuellement au pouvoir. Eh oui, ces élites postmodernes (généralement des pions de Davos) se sont justement les mêmes qui partout en Occident ont ouvert les portes à la destruction du mariage (lois sur le divorce), qui nous ont apporté l’avortement, le mariage gai, qui imposent la propagande LGBT aux plus petits et les Drag Queen story time pour les corrompre, et qui depuis longtemps font des démarches pour éliminer les cours de religion au primaire et éroder les libertés religieuses (Canada et France). Ce sont les mêmes qui tentent d'éliminer toute trace d'influence des croyances judéo-chrétiennes en Occident. Ce sont eux qui font avancer le djihad sexuel postmoderne. Ce sont eux qui font la promotion de l'euthanasie (et veulent jouer à Dieu, décidant qui vivra, qui mourra). Et au Canada, le projet de loi C-7 vient de passer qui élargit les pouvoirs du système médical pour permettre le meurtre de patients jugés indésirables, soit l’euthanasie. On s’approche de plus en plus des attitudes des nazis (mépris et brutalité sauvage à l’égard des déclassés). Nos élites ce sont ces intolérants qui étouffent de plus en plus la liberté d'expression pour tous. Ce sont ceux-là, nos élites postmodernes, qui sont aux contrôles. Est-ce raisonnable de penser que ceux-là ne pourraient jamais nous mentir (même massivement) au sujet du Covid ou les vaccins si cela leur semblait utile ? Puisque le postmodernisme rejette l’idée d’une loi morale absolue au-dessus de l’homme (et au-dessus de l’État) il faut constater que cette vision du monde postmoderne n'offre AUCUN obstacle au mensonge.

[11] - Il y a lieu de penser que ce n’est qu’après que les Anabaptistes aient gagné la liberté de pratique religieuse que la liberté politique, et les partis politiques sont devenus pensables et possibles...

[12] - À ce titre, il y a malgré tout des trucs dignes d’admiration dans le mouvement piétiste. Parmi ceux-ci il faut compter les Moraves qui ont fait des exploits pour l’évangélisation un peu partout dans le monde. Oui, il y eut même des missions de Moraves dans le nord du Québec au 19e siècle auprès des Innus, dans des conditions comparables à la Sibérie ou le nord de la Finlande. Ce sont des endroits qui attirent même très peu les Québécois... Un exploit extraordinaire! Et ce n’était pas pour une “expédition” d’une année afin de faire parler les journaux de l’époque, mais pour toute une vie!

[13] - Message qui est souvent réduit aux formules suivants : “ Viens à Jésus et il te bénira ” (version capitaliste), “ Viens à Jésus et il donnera un sens à ta vie ” (version intello) ou encore “ Qui veut inviter Jésus dans son cœur ? ” (version émotif)

[14] - À ce sujet, voir :

Every news media who secretly took Trudeau's $61M pre-election pay-off : Read this shameful 29-page list of EVERY media outlet — nearly 1,500 companies! — who took from Trudeau's $61M pre-election “emergency relief”. (Ezra Levant - Rebel News - 14/9/2021)

The Trudeau government moves to regulate the news media. (Marc Morano - Rebel News - 6/4/2022)

The Quebec government gives $2.7 million to media : The money will assist 54 print media outlets to shift to digital online platforms. (Sheila Gunn Reid - Rebel News - 30/3/2022)

[15] - Rousseau utilise plutôt le terme despote. Et si en général les penseurs des Lumières tels que Rousseau sont d’un ennui MORTEL à lire... mais voilà que parmi tous ces paragraphes fades de son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité, il y a quelques trucs intéressants et même pertinents pour évaluer le comportement conformiste des dirigeants politiques et technocrates au pouvoir en Occident pendant la crise du Covid (1755) :

C'est du sein de ce désordre et de ces révolutions que le despotisme, élevant par degrés sa tête hideuse et dévorant tout ce qu'il aurait aperçu de bon et de sain dans toutes les parties de l'Etat, parviendrait enfin à fouler aux pieds les lois et le peuple, et à s'établir sur les ruines de la république. Les temps qui précéderaient ce dernier changement seraient des temps de troubles et de calamités, mais à la fin tout serait englouti par le monstre et les peuples n'auraient plus de chefs ni de lois, mais seulement des tyrans. Dès cet instant aussi il cesserait d'être question de moeurs et de vertu; car partout où règne le despotisme, cui ex honesto nulla est spes, il ne souffre aucun autre maître; sitôt qu'il parle, il n'y a ni probité ni devoir à consulter, et la plus aveugle obéissance est la seule vertu qui reste aux esclaves.

Évidemment pour faire le lien avec la situation actuelle, il faut comparer ce que Rousseau appelle “despotisme” avec le néo-totalitarisme des élites postmodernes (TRES marketing et manipulateurs), particulièrement la secte de Davos... Mais la secte de Davos est rassurante: “You’ll own nothing and you’ll be happy!!”

[16] - La situation en Amérique diffère quelque peu de celle qui prévaut en Europe. Sur le Vieux Continent, généralement les églises établies (catholiques, luthériens, anglicans, calvinistes) ont un clergé recevant soit un salaire directe de l’État ou encore des subventions diverses. Dans le cas des églises évangéliques en Europe, généralement ces églises refusent l’argent de l’État. En Amérique (États-Unis et Canada) les églises sont supportés uniquement par les dons des membres de l’église.

[17] - Un pion de Davos, mais Legault s’en vante lui-même...

[18] - Et ce journaliste québécois va dans le même sens que Legault.

Pourquoi Dieu ne paie pas de taxes ? (Richard Martineau - Journal de Montréal, Mardi, 19 novembre 2019)

Mais si Martineau restait logique alors il faudrait taxer TOUTES les religions et sectes, incluant la secte occulte et hypocrite des francs-maçons, ce qui impliquerait faire l’inventaire de tous leurs biens et revenus (découverts et couverts). Mais les FMs sont bien branchés dans les cercles de pouvoir et c’est sur qu’il y aura une équipe de fonctionnaires à leur service pour foutre une montagne de bâtons dans les roues d’un tel processus qui fouillerait sous le tapis des activités, revenus et ressources financières des FMs... Pensez-vous que Martineau serait d’accord pour que les FMs soient taxés aussi?

[19] - En général, contrairement à la situation en Europe, en Amérique les églises ne tirent aucun revenu direct de l’État. Au Canada par exemple, l’accréditation des églises par l’État permet à ces églises de remettre des reçus de charité à leurs donataires (permettant théoriquement d’abaisser les impôts à payer), ce qui encourage les offrandes.

[20] - Et SURTOUT ne pas déranger le statu quo idéologique...

[21] - Ces gestes laissent entendre qu’il craignent l’Évangile véritable...

[22] - Un indice supplémentaire de cet état des choses est le projet de loi C4, une loi canadienne interdisant les “ thérapies de conversion ”. Et bien, voici un point de vue d’un pasteur américain sur cette loi, exprimé de manière assez directe, mais avec une réflexion assez poussée et solide.

One Little Word Shall Fell Him. (Douglas Wilson - Blog & Mablog - 15/1/2022)

À ma connaissance, jusqu’ici aucune dénomination évangélique canadienne (ou association d’églises évangéliques) n’a osé prendre position contre cette loi et dire à César (le gouvernement fédéral canadien) qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, car l’Évangile prêché par Christ et ses Apôtres appel TOUS les hommes et femmes sans exception à la repentance. Cette loi crée donc une exception, une catégorie d’individus à qui il serait interdit d’appeler à la repentance. Et si jusqu’ici aucune dénomination évangélique canadienne n’a osé prendre position contre cette loi (je serais bien heureux qu’on me présente la preuve du contraire), à mon sens l’hésitation prudente de bien des pasteurs à se prononcer sur le sujet n’est que le paravent d’une pulsion que cherche un langage religieux hypocrite pour sauver les apparences et masquer leur ouverture au compromis avec le monde. Et Wilson a tout fait raison de souligner la profonde hypocrisie de cette loi:

"According to this law, conversion therapy refers to any “practice, treatment or service” that is designed to “change a person’s sexual orientation to heterosexual,” or to “repress or reduce non-heterosexual attraction or sexual behaviour”—not to mention seeking to change any number of other things that very likely need changing.
But to no one’s surprise, the law does not prohibit conversion efforts running in the opposite direction. It does not prohibit . . . “a practice, treatment or service that relates to a person’s gender transition.” It is therefore illegal now to help someone climb the slope of sexual virtue in Canada, but it is by no means illegal to help them tumble down it, and into the crevices of vice."

Donc du point de vue des auteurs de cette loi il serait illégal de faire pression pour qu’un individu marche dans la vertu, mais que des professeurs ou des psys fassent pression pour qu’un individu devienne transgenre ou homosexuel, ce serait non seulement légal, mais admirable...

[23] - Sous l’euphémisme : “ Loi sur la réintégration du corps des fonctionnaires de carrière ”. Bracher note à ce sujet (1969/1995 : 289) :

La réalité de la politique nationale-socialiste n'en apparut pas moins sans tarder, avec les premières lois fondamentales sur la fonction publique. Le prélude de la purge, en Prusse et dans le Reich, fut suivi le 7 avril 1933 par la Loi sur la réintégration du corps des fonctionnaires de carrière , notamment destinée à légaliser, a posteriori comme pour l'avenir, de nombreux actes arbitraires. L'euphémisme du titre est typique de nombreuses lois nationales-socialistes dont l'intitulé anodin laissait rarement deviner les mesures effroyables qui allaient en découler. Cette nouvelle loi qui fut suivie de nombreux amendements et décrets d'application, permettait le licenciement de tout fonctionnaire, même à l'encontre de la législation en vigueur, s'il ne possédait pas les aptitudes requises, s'il n'était pas d'origine aryenne (à l'exception provisoire des combattants de la Première Guerre mondiale) ou si son activité politique passée ne pouvait assurer un engagement sans réserve envers l'État.

[24] -http://www.uclouvain.be/sites/actualites/dhc2005/dsemprun.html

[L'euphémisme du titre est typique de nombreuses lois nationales-socialistes, dont l'intitulé anodin laissait rarement deviner les mesures effroyables qui allaient en découler. Cette nouvelle loi qui fut suivie de nombreux amendements et décrets d'application, permettait le licenciement de tout fonctionnaire, même à l'encontre de la législation en vigueur, s'il ne possédait pas les " aptitudes " requises, s'il n'était pas " d'origine aryenne " (à l'exception~ provisoire des combattants de la Première Guerre mondiale) ou si son activité politique passée ne pouvait assurer un engagement sans réserves envers I'État ".]

25 - Et au fur et à mesure des conquêtes militaires, ces lois furent aussi appliquées aux populations juives des nations conquises.

[26] - À ce sujet, voir des livres français et anglais :

Jean Crespin, (1554/1885-1889) Histoire des Martyrs persécutés et mis à mort pour la Vérité de l’Évangile, depuis le temps des apôtres jusques à présent (1619), 3 gros Volumes, Société des Livres religieux, Toulouse

John Foxe (1563) Foxe's Book of Martyrs. [Actes and Monuments of these Latter and Perillous Days, Touching Matters of the Church]

[27] - La collaboration des églises avec le régime nazi est explorée par Bracher au chap 7, section "Les églises et la résistance".

[28] - Et à ce titre, ceux qui connaissent le procesus politique canadien savent qu’il ne faut pas se contenter d’examiner le jour du vote, car il faut aussi tenir compte des influences et alliances dès la sélection des candidats à la chefferie des partis ainsi que les lois que la majorité rejetetterait, mais votées en été tandis que tous sont en vacances.

[29] - Confirmé par le site web de la compagnie Dominion.

[30] - Non, la citation de Staline à propos des élections n’est pas celle qui circule sur les réseaux sociaux. Rose Sende

[31] - Si ce n’est même lors de la course à la chefferie du parti...

[32] - Pourtant, quelques journalistes osent poser cette question.

L'entreprise américaine de vote électronique Dominion pourrait-elle être à l'origine d'une fraude lors de la présidentielle française ?: La société est accusée d'avoir truquée l'élection de Joe Biden aux Etats-Unis en 2020. Mais elle ne joue aucun rôle dans le scrutin en France. Par ailleurs, le vote électronique y est très minoritaire, même s'il est vrai qu'il souffre d'un manque de transparence. (Pierre Angrand – FranceInfo - 8/4/2022)

If You Don’t Care About Election Integrity, You’re A Bad American. (Margot Cleveland - The Federalist – 12/5/2022)

Police Seize Voting Machine During Investigation Into 2020 Election Breaches.

[33] - Un exemple :

Joe Hoft (2022) HUGE EXCLUSIVE: Voting Systems Used Across the Country Have Functionality to Create Ballots and Fill Them Out – Why Are They Allowed? The Gateway Pundit

[34] - Et la compagnie Smartmatic a fait de même...

Voting Machine Company Sues OANN And Newsmax Over 2020 Election Coverage. (Ailan Evans – Daily Caller – 3/11/2021)

[35] - Une réaction plus transparente aurait été : “ Vous avez des doutes sur la neutralité et l’Intégrité de ce système ? Alors venez et voyez vous mêmes le fonctionnement et les mesures mises en place pour vous faire une idée... ”

[36] - Voyez ces commentaires émis après le décès (2020) de Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour Suprème américaine, juge très proche des positions du parti Democrate. Les menaces de violence sont non seulement le fait de citoyens enragés, mais des politiciens s’y mettent également.

After RBG’s Death, Left-Wing Activists Promise Violence If Trump Appoints Her Replacement.

Blue Checks Vow Violence If McConnell Tries to Replace Ruth Bader Ginsburg: ‘Burn the Entire F**king Thing Down’.

Democrats threaten violence if GOP fills SCOTUS vacancy: 'Burn the entire f***ing thing down'.

Et suite à la rumeur d’une décision de la Cour Suprème américain contre l’avortement, encore des menaces...

Chicago Mayor Lori Lightfoot Calls For Violent Insurrection Against SCOTUS. (Jordan Boyd - The Federalist – 10/5/2022)

[37] Republié dans le recueil: Things Past. (1979)