Vie chretienne Cosmos Arts Engin de recherches Plan du site

Samizdat

Le scandale de la Genèse

blocages des évangéliques éduqués sur la question des origines.





Paul Gosselin (2018)

Récemment, un théologien évangélique m'a contacté, exprimant certaines réserves au sujet d’un courriel de ma part sur l’âge de la terre (La terre n'aurait que 7000 ans? Quelle idée...). Ce contact a laissé entendre que le créationnisme jeune terre n’était pas crédible, étant fondamentalement une forme de scientisme[1], c'est-à-dire mettant la Bible à la remorque de la science et a affirmé que notre compréhension de la Genèse doit être éclairée par la culture ancienne du Moyen-Orient[2]. Vers la fin de l’échange, il a affirmé que j’avais « mal compris » ses propos. À sa demande, je tais son identité et tout écrit de sa part. En ce qui me concerne, quant à savoir si je lui ai « mal compris » ou s’il s’est mal exprimé ou s’il a simplement changé d’avis au cours de l’échange reste une question ouverte… Puisque ma partie de l’échange examine diverses conceptions qui circulent librement chez les évangéliques éduqués (et profs de collèges bibliques) au sujet de notre compréhension du livre de la Genèse ainsi que les facteurs qui motivent certains intervenants dans le débat sur les origines, j’ai pensé que les questions abordées pourraient intéresser un public plus large.

Comme le pensent bien d'autres évangéliques éduqués, mon interlocuteur prend comme point de départ l’affirmation que «la science et la foi ne peuvent s'opposer». Le hic, c’est que si on reste dans cette logique, alors lorsque les "scientifiques" se prononcent sur un sujet, le théologien (ou tout évangélique éduqué) doit se prosterner devant les « faits » sans poser de questions... Si par exemple, on dit que « La science a prouvé que la terre a 4,5 milliards d’années ». Alors d’accord, acceptons que le livre de la Genèse soit erroné sur ces questions et que la seule solution qui nous reste soit de produire un blabla théologique et scientifique qui permette de sauver les apparences d’une foi chrétienne cohérente. Évidemment cela facilite davantage les choses si on ne pose jamais la question: « Qu'est-ce au juste que la science et quelles sont ses limites? »

Clive Staples LewisNotons d’abord que si je suis d’avis que l’affirmation qu’une interprétation littérale/naturelle de la Genèse (créationnisme jeune terre) n’a rien à voir la tentation de mettre la Bible à la remorque de la science. Je dirais au contraire, la théologie prise au piège du scientisme c’est précisément le résultat de plusieurs courants théologiques (parfois ayant une certaine influence dans les collèges bibliques évangéliques), dont l’école de la Haute Critique “Biblique”. Si la Science (grand S...) n’admet pas les miracles, alors de l’avis de cette école de pensée, il faut adapter la théologie en conséquence (c'est-à-dire faire des compromis). Les modes théologiques plus récents comme le “Jesus Seminar”[3] ne sont que des prolongations d’une théologie à la remorque des idéologies des Lumières... Ce qui est rigolo est que C. S. Lewis ait rédigé un article (peu connu) sur ce sujet, soit Fernseed and Elephants. Lewis y discute entre autres de l’école de pensée de la Haute Critique biblique et plus particulièrement des thèses du théologien allemand Rudolf Bultmann. Une traduction française de cet article a été ajoutée au catalogue des Ebooks de Samizdat et porte le titre, Théologie moderne et critique biblique (1959).

La perspective de Lewis dans cet essai est bien originale. Pour sa critique de l’école de la Haute Critique biblique, Lewis puise autant dans la logique que dans ses propres champs de recherches intellectuels soit la littérature et la mythologie. À mon avis cela devrait être une lecture obligatoire pour tout étudiant en théologie, car tant de profs de théologie sont intimidés par ces érudits allemands si sérieux et si productifs. Et il faut constater que Lewis a pondu cet essai à une époque où très peu de théologiens osaient remettre en question cette école de pensée théologique fort prestigieuse. Et pour rendre la chose agréable, cet article est accompagnée de la logique incisive et des pointes d'ironie et d'humour britannique de Lewis.

Au 21e siècle, un certain nombre de chercheurs chrétiens, dont John Walton, professeur de l’Ancien Testament et auteur de The Lost World of Genesis One[4] (2009), adoptent une perspective légèrement différente en affirmant que les occidentaux sont incapables de vraiment comprendre le récit de la Genèse, car elle fait partie du corpus de la littérature Proche-Orient ancien et que nous devons interpréter/filtrer la Genèse à la lumière des autres écrits anciens du Levant afin de bien comprendre le texte de la Genèse. À la fin, Walton utilise cette technique pour débarrasser le texte de toute réalité physique ou historique. Il faut prendre conscience que l'approche de Walton établit comme faisant autorité un corpus de littérature fragmenté et imparfait. Demain de nouvelles découvertes archéologiques peuvent bouleverser les thèses de Walton… Si parfois ce corpus peut éclairer un détail culturel secondaire des récits bibliques, rien dans les Écritures ne laisse entendre que ce corpus (païen) soit nécessaire à notre lecture du livre de la Genèse. À la fin, l'approche de Walton peut se comparer à Israël du temps des prophètes qui s'appuyait (sur le plan politique) sur le roseau brisé de l'Égypte.

Dès le début, l'Église primitive a été confrontée par un problème semblable. Que devait-on faire de la philosophie gréco-romaine (si prestigieuse à l’époque)? Certains parmi les premiers chrétiens[5] ont réagi en disant, il fallait le REJETER en bloc! Mais finalement, le conseil de 1Thess. 5: 21[6] a prévalu et il a été résolu que, sur des sujets spécifiques, si la pensée païenne ne contredit pas une déclaration explicite des Écritures, elle peut être acceptée, mais lorsqu'elle contredit une déclaration explicite des Écritures, elle devrait être clairement REJETÉE. Dans tous les cas, dans ce processus de discernement, la pensée païenne devrait être SUBORDONNÉE aux Écritures[7].

Par exemple, si nous découvrons un document ancien (que nous avons de bonnes raisons de croire authentique) décrivant la couleur de la tunique de Moïse ou le type de sandale que portait Christ, il n'y a aucune raison de rejeter ces affirmations, car les Écritures sont silencieuses à ce sujet (et cela n'a aucune influence sur des questions de doctrine…). Mais lorsque nous sommes confrontés à des documents anciens qui contredisent des déclarations claires des Écritures, alors en toute logique nous devons rejeter les affirmations de ce document ancien sur cette question précise.

Mais la perspective de Walton viole ce principe fondamental du discernement et établit la mythologie païenne ancienne du Moyen-Orient comme faisant autorité (c'est-à-dire comme une source de VÉRITÉ) à côté et même au-dessus de l'Écriture. C'est précisément ce qu’ont fait les penseurs des Lumières, mais sur une échelle beaucoup plus grande, en mettant en établissant la Science (quand vous voyez la science orthographiée avec un S majuscule, cela devrait déclencher une petite lumière d'alarme...) comme source de Vérité en compétition avec, et supérieure, aux Écritures. C'est de cette source que nous vient toute la théologie "libérale", avec des gens comme Bultmann (excluant tout miracle)...

Un autre auteur semblable, David Snoke, auteur de Biblical Case for an Old Earth (2006), soutient que les lecteurs originaux de la Genèse ne savaient pas que la Terre était un globe et par conséquent que le Déluge de Noé ne pouvait donc pas être "global". Tous ces auteurs mettent notre compréhension de la Bible à la remorque de notre compréhension de l'archéologie et de culture ancienne du Proche-Orient… Pour ma part, sur le plan de l’anthropologie, si de nombreux récits du Déluge[8] existent chez les peuples sur TOUS les continents, c’est un indice tout à fait empirique de la vérité du récit biblique. Et si ces récits varient entre eux, c’est le résultat naturel de bruit dans le canal de communications depuis le Déluge au cours des générations. Erreurs de transmission et réinterprétation culturelle... À la fin, lorsqu’on admet que le récit de la Genèse soit assujetti à la science (ou encore à notre savoir historique), ce récit se retrouve alors constamment sujet à élagage au fur et à mesure des progrès de la science. Et derrière tout ça, on entend la voix du Tentateur avec le premier mensonge : Dieu a-t-il vraiment dit ?

Révélation des origines - Henri BlocherDans son livre Révélation des origines, le théologien protestant renommé Henri Blocher a, pour sa part, pris position contre une interprétation littérale du récit de la Genèse. Le créationnisme jeune terre, non merci… Certains évangéliques ont tendance à faire de Blocher, une « autorité intouchable », un petit pape protestant (infaillible) dont on ne peut PAS remettre en question les prises de position sur quelque question que ce soit. Et si Blocher rejette une lecture littérale de la Genèse[9] (et le créationnisme jeune terre), faut-il se prosterner? Je ne le pense pas.

Pour ma part, je suis d’avis que la position de Blocher est un compromis inacceptable à l’égard de la Genèse et que Blocher s’appuie sur une méconnaissance fondamentale des limites de la méthode scientifique et il en résulte qu’on évite de faire le tri (nécessaire) entre propagande et science véritable. Si je rejette la position de Blocher sur la Genèse, ça n’enlève rien aux contributions de Blocher à la théologie de manière générale, mais il me semble déplorable que lorsqu’il est question d’origines tant de théologiens protestants français aient adoptés une attitude aussi pitoyablement servile à l’égard de la propagande des Lumières (toujours faite derrière le bouclier de la Science) plutôt que garder une bonne distance critique face au discours dit scientifique. Le le FAQ du site de la RSE nous propose justement un échantillon assez éloquent de cette servilité face à ce qu’on appel discours scientifique :

En tant que réseau professionnel, le RSE attache une grande importance à la qualité des travaux présentés dans le cadre des manifestations qu'il organise. C'est pourquoi nous veillons à ce que chacun s'exprime dans son champ de compétence professionnelle, en respectant les apports spécifiques des autres disciplines: c'est une condition nécessaire pour qu'un dialogue interdisciplinaire fructueux puisse s'établir, dans lequel scientifiques, philosophes et théologiens réfléchissent ensemble aux implications de la science pour la foi. Appliqué à l'évolution, ce principe méthodologique nous amène à prendre pleinement en compte le fait que le (néo-)darwinisme est la théorie cadre de la biologie moderne. Il est insatisfaisant, comme certains croyants s'y emploient, de contester le sérieux et l'honnêteté de milliers de biologistes adoptant l'évolution comme explication de la diversité des êtres vivants. Nous croyons plutôt nécessaire de prendre acte du consensus de la communauté scientifique et de ne pas éviter les interrogations que l'évolution suscite dans une perspective chrétienne. (Lydia Jaeger)

«Moi qui croyais que l'attitude typique du scientifique étais le doute...Évidemment, avec une telle attitude, Einstein n’aurait jamais osé proposer sa théorie de la relativité, qui remit en question le consensus très bien établi de la physique au début du 20e siècle, soit la physique de Newton. Moi qui croyais que l'attitude typique du scientifique étais le doute… Avant tout la position de Blocher (et du Réseau de Scientifiques Évangéliques en France) me semble motivée par le désir de se procurer, à peu de frais, le respect des “autorités” (plutôt que de se voir entraîner sur un champ de bataille que l’on préfère éviter). Mais si vous cherchez à tout prix éviter le champ de bataille du débat Création-Évolution, Blocher c’est l’homme qu’il vous faut… Pour un autre coup d’oeil sur Blocher, voyez le compte rendu par l’ingénieur québécois Marc Hébert.

Il y a quelque temps sur un forum j’ai lu un échange entre évangéliques sur la question des origines et une chrétienne fit le commentaire suivant au sujet du livre de Blocher, commentaire qui met le doigt sur une inquiétude qui est le point névralgique du scandale du livre de la Genèse dans ce siècle :

"J'ai lu ce livre (de Blocher) tout au début de ma conversion, car c'était une question qui me troublait beaucoup. Pouvais je faire confiance à des évangéliques ayant une lecture moyenâgeuse de la genèse et sans instruction ? Allais je être obligée de sacrifier ma raison au nom de la foi ? Cela me troublait beaucoup. Aussi quand j’ai lu ce livre j'ai découvert un auteur sérieux , instruit, rationnel, décrivant les points de vue des autres avant d'expliquer le sien. Cela m'a rassurée que le monde évangélique dispose d'hommes de cette trempe.

La raison majeure pourquoi plusieurs évangéliques francophones éduqués (autant au Québec qu’en France) se sentent soulagés par la lecture du livre de Blocher ou encore des publications issus du Réseau des scientifiques évangéliques ou de BioLogos[10], c’est que cela leur évite le travail de creuser soi-même afin de fonder leur propre vie intellectuelle sur les Écritures (parabole des deux maisons). Cela permet d’entretenir une schizophrénie intellectuelle sur le mode suivant: “Le dimanche on applique Bible” et “à l’université (ou au boulot) on applique l’évolution et les milliards d’années”. Ainsi on met la Bible dans une boîte étanche et, dans une autre boîte (tout aussi) étanche, la Science et alors il ne peut jamais y avoir de conflit entre les deux…[11] Tout au plus on trouvera le courage de s’avouer dans son fort intérieur, « Ah, mais Dieu est tout de même nécessaire pour expliquer l’origine de la vie ». Quel soulagement. Tout va bien… Un autre avantage de ce système est qu’il permet d’éviter le statut de paria et d’exclu dans le système d’éducation ou dans le monde universitaire, sort réservé à ceux qui rejettent complètement le mythe d’origines matérialiste. Cela fait partie du calcul que font beaucoup d’évangéliques éduqués.

À mon avis la position prise par des évangéliques du RSE et de BioLogos est grande partie motivée par la crainte qu’évoquait la citation précédante. Le physicien Lévy-Leblond met en lumière ce terrain sur lequel les élites occidentales ont cultivé cette crainte (1975: 41):

Les gens en général, bien qu'on leur enseigne certains des plus grossiers et des plus anciens résultats de la science, ont toujours eu peu ou pas de compréhension de ce qu'est réellement la science en tant que méthode. Cette ignorance a été perpétuée par tout l'enseignement primaire, secondaire, et même par l'importante partie de l'enseignement universitaire qui ne constitue pas une préparation à la recherche: la science y est enseignée dogmatiquement, comme une vérité révélée. Aussi, le pouvoir du mot «science» sur l'esprit du grand public est-il d'essence quasi mystique et certainement irrationnelle. La science est, pour le grand public et même pour beaucoup de scientifiques, comme une magie noire, et son autorité est à la fois indiscutable et incompréhensible. Ceci rend compte de certaines des caractéristiques du scientisme comme religion.

Ces commentaires de Lévy-Leblond sont en effet TRES pertinents pour comprendre le cadre dans lequel se déroule le débat sur les origines. La crainte de bien des évangéliques (pourtant bien éduqués par ailleurs) prend appui sur une mauvaise compréhension de ce qu'est la science et, particulièrement, de ses limites. Dans nos milieux francophones on a imposé l'équation science=matérialisme. Désolé, c'est de la propagande pure et rien d'autre.

Ceci dit, les craintes évoquées ci-dessus ne sont pas imaginaires. Il y a de très bonnes raisons d’avoir des craintes, car en effet sortir des rangs sur la question des origines comporte un prix assez cher à payer. Le professeur de biologie, génétique, chimie et biochimie américain Jerry Bergman a examiné cette question de manière détaillée dans sa série de livres Slaughter of the Dissidents[12]. Le film Expelled: No Intelligence Allowed (2008) avec le narrateur Ben Stein est significatif, car il expose le choc éprouvé par les partisans du Dessein Intelligent lorsque leur école de pensée (supposément plus neutre et plus empirique) commençait à se diffuser en milieu universitaire, car le concept fondamental du mouvement était de rechercher un accueil plus favorable en milieu scientifique et universitaire au concept de Créateur en excluant dès le départ les questions proprement religieuses (tel qu’une Création récente, un Déluge global ou LA question de l’identité du Créateur) et ainsi éviter l’opprobre (et l’ostracisme) encouru par les créationnistes jeune terre. Mais évidemment l’establishment évolutionniste n’a pas accepté cette petite manœuvre et a tôt fait (et avec raison à mon avis) d’affubler les partisans du DI de l’expression “stealth creationists” que l’on pourrait (librement) traduire par créationnistes hypocrites... Le film Expelled fait donc part du choc éprouvé par les DIs lorsqu’ils se sont rendu compte que même leurs critiques plus timides/limitées de l’évolutionnisme leur attiraient malgré tout exactement le même mépris (et mesures d’ostracisme) que les critiques plus fondamentales des créationnistes jeune terre. Les créationnistes jeune terre connaissent les règles de ce jeu depuis longtemps... Étant donné toutes ces pressions pour se couler dans le moule évolutionniste, ça n’a donc rien d’étonnant que beaucoup d’évangéliques lisent Blocher ou le matériel diffusé par le RSE et s’en trouvent fort soulagés… Leurs craintes à ce sujet ne sont en aucun cas imaginaires… Mais c'est en faisant face à ces craintes que l'on peut jouer notre rôle de sel de la terre. Mais en France comme au Québec, les protestants francophones ont accepté depuis longtemps et avec trop de résignation leur statut de marginaux et n'osent pas élever une voix dissidente... On a trop bien appris à se caler dans le décor et prendre les couleurs environnantes.

Moi même, j’ai de bonnes raisons de croire que 20 ans d’études et de recherches que j’ai investies en anthropologie sociale ont sacrifiées en grande partie à cause de mon rejet explicite du mythe d’origines matérialiste[13]. Résultat: pas de carrière universitaire... Vingt ans de sa vie à la poubelle, ce n’est pas peu de choses. Mais si bien des évangéliques francophones éduqués ont pu entendre (à l’université ou au boulot) quelque commentaire méprisant à l’égard d’une position cohérente sur la Genèse, ils ont alors TRES vite fait le calcul de leur positionnement sur la question des origines. NON!! pas question pour MOI de devenir paria intellectuel, d’être exclu ou de mettre en danger ma carrière... Il faut prendre conscience que la pression exercée sur ce point est très rentable pour assurer la conformité…

n°61 hors-série - Nouvel Observateur (décembre 2005/Janvier 2006)Dans nos milieux francophones Il est clair que le créationnisme jeune terre est ciblé et objet d’exclusion et de discrédit. Naturellement on le voit dans la presse écrite, mais même chez la classe politique (qui normalement ne se soucie aucunement de ces débats) on peut rencontrer de appels à la censure (comme ce fut le cas du rapport, Les dangers du créationnisme dans l’éducation, soumis au Conseil de l’Europe par le député français Guy Lengagne). Ainsi dans nos milieux francophones, dès que l’on propose un rejet radical de l’évolution il est très difficile de se faire vraiment entendre sur ces questions, car la pensée des Lumières a tellement pénétré la culture que même les protestants et évangéliques francophones songent rarement à s'opposer ces prétentions. Cela contraste avec le milieu anglophone où il existe une longue tradition intellectuelle critique de la pensée des Lumières. De ce fait, chez les francophones (même chez bon nombre de théologiens évangéliques), le réflexe conditionné touchant la question des origines est qu'il FAUT une explication "scientifique" (c'est-à-dire matérialiste) et que la Genèse ne serait jamais une explication suffisante ou crédible des origines. Dans ce contexte, si l’évolution est présentée comme “scientifique”, et pour le plus grand nombre, cela la met hors de TOUTE critique. Dès lors, l'interprétation directe et littérale des sept jours de Création se trouve immédiatement discréditée et jugée irrecevable. Pourtant, nous les francophones aimons tant nous vanter de notre "esprit critique", mais devant les affirmations « scientifiques » des évolutionnistes sur les origines (et sur la question de l’âge de la Terre en particulier) on est d'une servilité intellectuelle la plus abjecte. En résumé, le courage intellectuel manque aux évangéliques francophones. Un contact français d’origine malgache, Narindra Ramanankasaina, a fait les observations suivantes au sujet des diverses prises de position sur la Genèse :

À ce sujet, j’aimerais vous partager une anecdote toute récente. J’ai été invité dans un groupe musulman de discussion interreligieuse (et pourtant, je ne considère pas l’islam comme mon combat…). Sur un statut au sujet de la localisation de la victime de Légion (Gadaréniens ou Géraséniens), la discussion est passée de fil en aiguille à l’identité de l’auteur du Pentateuque, et ne voilà-t-il pas qu’un chrétien à tendance libérale est monté au créneau quand il a appris que je prônais que Moïse est l’auteur du Pentateuque, en contraste avec la ridicule théorie JEDP[14] qu’il soutenait, et devinez quoi ! Le sujet a dévié instantanément sur le créationnisme biblique. La personne en question m’a fait le numéro typique du libéral évolutionniste théiste (je vous passe les détails), mais ce qui est remarquable, c’est que plusieurs des musulmans qui assistaient ont critiqué à juste titre la personne pour « ne pas être cohérente dans sa religion ». Moralité : « lâcher du lest » sur les claires affirmations de la Bible ne vaut aux chrétiens que mépris et condescendance de la part des non-chrétiens.

Mettre la Bible à la remorque de la science est précisément la position de l’astronome Hugh Ross auteur des best-sellers God’s Fingerprint et Creation and Time (1994). Justement dans son livre Creation and Time (p. 56), Ross affirme que les faits de la nature sont “comme” le 67e livre de la Bible. Inévitablement cela implique que les affirmations des scientifiques ont une autorité égale aux Écritures... Dans cette ligne de pensée la théologie DOIT se prosterner devant la “Science”. L’astrophysicien Danny Faulkner (1999) expose certaines incohérences des prises de position de Ross:

Un quatrième problème est l'équation pas très honnête que fait Ross entre la science et la nature. Ross affirme ceci : Il y a deux livres, le livre de la nature et le livre de la Bible. Dieu est l'auteur des deux livres, ainsi les deux doivent être d'accord. Jusqu'à présent, cela semble raisonnable. Mais alors Ross présuppose subtilement l'équation suivante : la science = l’évolution et les milliards d'années = la nature, d'où l'on pourrait déduire que la science et la Bible devraient être d’une autorité équivalente.*

D’autre part, ceux qui ont lu des essais ou livres par l’évangélique et biologiste britannique (collaborateur BioLogos et boursier[15] de la Templeton Foundation), Denis Alexander, savent qu’il affirme que les créationnistes jeune terre sont une « honte » au christianisme et font même « obstacle » à l'évangélisation. Mais si le chrétien accepte cette logique, il serait donc dans l’obligation d’éliminer tout du message de l’Évangile qui ne «plaît» pas à cette génération… Mais Paul l'apôtre n’a jamais caché le fait que des obstacles intellectuels et culturels à l'Évangile ont toujours existé, ainsi que des pressions pour faire entrer l'Évangile dans le moule de la pensée du siècle. Paul relate:

Les Juifs demandent des miracles et les grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. (1Cor. 1: 22-25)

Et, à ce sujet, CS Lewis fit le commentaire suivant (1947/2002 : 265)

I have some definite views about the de-Christianizing of the church. I believe that there are many accommodating preachers, and too many practitioners in the church who are not believers. Jesus Christ did not say, "Go into all the world and tell the world that it is quite right." The Gospel is something completely different. In fact, it is directly opposed to the world.

Mais si on reste dans la logique d’Alexander, l’Apôtre aurait dû avoir une attitude plus conciliante et proposer aux Juifs tous les miracles voulus et aux Grecs un évangile plus sage, plus rationnel, plus savant, plus ésotérique… Sans doute qu’une telle attitude aurait atténué/effacé la honte de l’Évangile que Paul prêchait… Mais l’Apôtre nous avertit TRES clairement de ne PAS nous laisser mouler par la pensée du siècle[16], ni de faire des compromis et de faire face avec courage aux conflits entre les enseignements de Christ et la pensée du monde.

Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. (Rom 12: 2)

En d’autres mots, la vie intellectuelle du chrétien doit aussi « naître de nouveau ». Peut-être que de l’avis d’Alexander, le rejet radical du polythéisme gréco-romain de l’Apôtre Paul était également propice à créer des obstacles à l’Évangile chez son public cible? Un comportement intolérant à éviter? Peut-être qu’après tout l’Apôtre Paul a fait de la tôle pour rien… Et si ces obstacles intellectuels ou culturels à l’Évangile existent bien, Paul l'apôtre ne nous encourage PAS aux bassesses ou aux courbettes pour éviter le “scandale”. Au contraire, il nous encourage à embrasser (plutôt que fuire) l’opprobre de Christ:

Si nous marchons dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair. Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l'obéissance de Christ. (2Co 10: 3-5)
Que nul ne s'abuse lui-même: si quelqu'un parmi vous pense être sage selon ce siècle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage. Car la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu. Aussi est-il écrit: Il prend les sages dans leur ruse. Et encore: Le Seigneur connaît les pensées des sages, Il sait qu'elles sont vaines. (1Co 3:18-20)

Ces versets laissent clairement entendre qu'à la conversion, le chrétien doit non seulement réexaminer sa vie morale (ou liturgique), mais également sa vie intellectuelle, en examiner les fondations et accepter que devant Dieu il aura des comptes à rendre un jour à ce sujet aussi.


Ma position personnelle sur la Genèse?
Mais si on croit que le créationnisme implique que la Bible doit être à la remorque de la Science je crois qu’on se trompe complètement sur ce point[17]. Au contraire, je suis d’avis que sur la question des origines, la science doit être à la remorque de la Bible. Est-ce possible ? Est-ce autre chose que  de l’utopisme parti au galop ? Comment? Non, je ne disjoncte pas… Je m’explique... Bon, je mets mes cartes sur table… Pour ma part, la case départ, c’est le rejet radical du système idéologico-religieux du Siècle des Lumières et de tous ses dérivés bâtards, incluant le système postmoderne et, évidemment, son rejeton le plus vigoureux, le mythe d’origines matérialiste, c'est-à-dire la théorie de l’évolution (même les milliards d’années du cosmos…). Pour moi, si la science empirique nous apprend des trucs utiles sur le monde empirique qui nous entoure, la Vérité (grand V) ne se trouve que dans la Bible. D’autre part, touchant une Création en sept jours, il faut bien s’entendre, car si un Être omniscient et omnipotent veut créer un univers, un système solaire, une planète et la remplir d’organismes vivants, sur le plan logique ça ne pose aucun problème. Pour l’effet observé, la Cause est proportionnelle et suffisante.

Ouais, je sais, ces affirmations vont fera ruer dans les brancards tous les héritiers des Lumières (ainsi que tous ceux qui ont subi avec succès leur lavage de cerveau universitaire)... On me diras ; « Mais tu vas tuer la Science ! Tu vas tuer le Progrès! Tu veux nous faire retourner au Moyen Âge ? C’est la fin du monde !!!! etc., etc., etc., etc., … » Ouais, il faut admettre que dans le monde francophone la propagande des Lumières a bien fait son travail. Il faut bien mesurer les conséquences de ses prises de position. Si pour un instant on a le courage d’adopter une définition restreinte de la science, c'est-à-dire qui la limite à l’étude de processus observables (avec ou sans instruments), on ne perd strictement rien de la science empirique véritable, car c’est cette science qui produit des vaccins plus efficaces, des moteurs à combustion à performance plus élevée, des ordinateurs toujours plus performants, les données de la physique permettant d’envoyer un homme sur la Lune et l’en faire revenir... Mais il en découle une conclusion qui sera considérée une hérésie inaudible pour les héritiers des Lumières, c'est-à-dire que toute la question des origines doit être exclue du champ de la science empirique, puisque les événements des origines sont non observables. De ce fait la science véritable n'a AUCUNE autorité sur la question des origines...

Je sais, je dis des grossièretés, des choses inconcevables… Bon, je m’explique un peu à l’aide d’une analogie. Si on veut observer un objet très lointain, il devient nécessaire de faire appel à un instrument qu’on appel télescope. Et si on veut observer un objet très petit, on doit faire appel à un microscope. Mais si on veut observer le vol du premier oiseau ou l'apparition de la première cellule, il faut alors faire appel à quel instrument?? Le savez-vous? Dites-le moi… Il faut donc déduire que puisque la science est incapable d'observer l'origine des choses, elle n'a rien à dire à ce sujet. La science ne peut en aucun cas établir la vérité des origines. Il ne lui reste qu'un rôle accessoire (et secondaire), c'est-à-dire comparatif, de faire le tri des données observables qu'on a sous la main pour tenter de voir quelle hypothèse des origines est la plus confirmée et qui explique le mieux l’ensemble des données du monde qui nous entoure. La science ne peut aller plus loin que ça…

À mon point de vue d'anthropologue, bien que l'on puisse faire intervenir des données scientifiques dans le débat sur les origines, il y a tout à fait lieu de considérer que ni l'Évolution ni la Création ne relèvent de la science, mais constitue plutôt des mythes d'origines, ou plus précisément des récits[18] fournissant des réponses aux grandes questions que tous les hommes se posent inévitablement sur les origines. Des questions telles que: D’où venons-nous ? Pourquoi la souffrance ? Mes recherches en philosophie de la science m’ont conduit à la conclusion que la science est une technique d’acquisition de savoir LIMITÉE et doit se contenter d’être actif dans son champ de compétence, soit d'examiner (et tenter de comprendre) le monde directement OBSERVABLE par nos sens. Enfin, si on rejette radicalement l’évolution on ne perd RIEN des progrès de la technologie, des moteurs à combustion plus performants, des vaccins, des ordinateurs plus puissants et des satellites permettant la technologie des GPS. Même un évolutionniste et scientifique réputé, le généticien britannique, Adam S. Wilkins, a fait un aveu coupable (et rigolo) à ce sujet (2000 : 1051):

The subject of evolution occupies a special, and paradoxical, place within biology as a whole. While the great majority of biologists would probably agree with Theodosius Dobzhansky's dictum that 'nothing in biology makes sense except in the light of evolution', most can conduct their work quite happily without particular reference to evolutionary ideas. 'Evolution' would appear to be the indispensible unifying idea and, at the same time, a highly superfluous one.

Ou, si on exprime la chose autrement, l’apport véritablement scientifique de la théorie de l’évolution est à peu près NUL... Si la théorie de l'évolution devait disparaître demain, la science véritable n'en souffrirait aucunement. Mais bon, on peut supposer que Wilkins n'aurait pas tout à fait exprimé la chose dans ces termes[19]... Un autre scientifique évolutionniste, soit le bactériologiste renommé James A. Shapiro (chercheur à l'université de Chicago) fit également un aveu comparable dans une lettre ouverte à la Kansas State Board of Education (2005):

For those scientists who take it seriously, Darwinian evolution has functioned more as a philosophical belief system than as a testable scientific hypothesis. This quasi-religious function of the theory is, I think, what lies behind many of the extreme statements that you have doubtless encountered from some scientists opposing any critical analysis of neo-Darwinism in the classroom. It is also why many scientists make public statements about the theory that they would not defend privately to other scientists like me.

En d’autres termes, la fonction primordiale de la « théorie de l’évolution » est idéologique. Pour sortir un peu de l’emprise de la camisole de force des Lumières, parfois quelques lectures sérieuses en histoire de la science peuvent être un bon antidote.[20] Si la propagande des Lumières affirme de manière dogmatique que le système judéo-chrétien est inévitablement anti-scientifique, dans les faits, plusieurs historiens de la science signalent au contraire que le système judéo-chrétien a apporté des présupposés critiques pour son développement. Pour se faire une petite idée à ce sujet, on peut jetter un œil à mon article La cosmologie judéo-chrétienne et l'origine de la science. (Samizdat)

Blaise PascalEt je veux bien avouer qu’une position comme la mienne mettant, sur la question des origines, la science à la remorque de la Bible, n’est pas très commune (ou très prisée...), mais je me sens tout de même en très bonne compagnie, car chez la première génération de scientifiques, des individus tels que Galilée, Kepler, Pascal, Newton, John Ray, Linné et d’autres, le concept que la science soit restreinte au monde OBSERVABLE et que pour la question des origines il fallait se référer à la Bible, n’a nuit d’aucune manière au développement de la science. Trancher la question des origines uniquement en s’appuyant sur l’autorité de la Bible était tout à fait admissible et raisonnable pour ces scientifiques. Accepter une Création en six jours, orchestrée par un Agent Intelligent omnipotent et omniscient tel que décrit dans la Genèse, ne leur posait aucun problème. À leur avis, touchant la question des origines de l’univers et de la vie biologique, il fallait se référer à Bible pour en savoir plus. La science empirique n’avait aucune autorité sur la question.

Mais depuis la pénétration de l’influence du Siècle des Lumières en Occident, tout a changé. Mais ce changement est dû à une transformation du climat idéologique chez les scientifiques, non pas à un progrès de la science. Isaac Newton est un bon exemple de scientifique pré-Lumières. Dans son chef-d'oeuvre les Principia (son étude de la gravité et de la mécanique céleste), il affirmait (1687):

Ce système d'une beauté d'extraordinaire du soleil, des planètes et des comètes, ne saurait procéder que du conseil et de la domination d'un Être intelligent et puissant, c'est-à-dire un Maître céleste qui gouverne tout comme souverain de l'univers. Nous sommes étonnés en raison de sa perfection. Contemplant son pouvoir illimité nous l’honorons et nous prosternons devant lui. De la nécessité physique aveugle, ce qui est toujours et partout la même, aucune variété liée au temps ou à l'espace ne saurait évoluer, et toute la variété des objets créés représentant l'ordre et la vie dans l'univers ne saurait survenir que par le raisonnement et la volonté de son Créateur original, que j'appelle le Seigneur Dieu.

Comme on le voit l’acceptation d’une interprétation littérale de la Genèse n’est en aucun cas incompatible avec des apports scientifiques de très haut niveau. Et même un matérialiste renommé comme le mathématicien et athée Bertrand Russell, reconnu que le créationnisme de Newton n’a nui d’aucune manière à ses recherches scientifiques (1971: 40-41):

Les travaux de Newton (le système de Copernic ayant été admis) n'ébranlèrent en rien l'orthodoxie religieuse. Newton lui-même était profondément religieux, et croyait à l'inspiration littérale de la Bible. Son univers ne comportait aucune évolution, et, à s'en tenir à sa théorie, pouvait aussi bien avoir été créé d'un seul coup. Pour expliquer les vitesses tangentielles des planètes, qui les empêchent de tomber vers le soleil, il supposait qu'elles avaient été initialement lancées par la main de Dieu; ce qui s'était passé depuis s'expliquait par la loi de la gravitation. (…) à s'en tenir à ses déclarations publiques et officielles, il paraissait être en faveur d'une création soudaine du soleil et des planètes, tel que nous les connaissons, et exclure toute idée d'évolution cosmique.

OK, on me diras peut-être que « je n’ai pas plus envie de retourner au 18e siècle qu’au Moyen Âge. Est-ce qu’aujourd’hui les créationnistes contribuent quelque chose à la science ? » Heureux qu’on me poses la question. Si on es d’un certain âge, il y a des chances qu’on ait déjà bénéficié de technologie inventée par un créationniste. De quoi il parle au juste ? Eh bien des systèmes de scans par résonnance magnétique utilisés maintenant dans la majorité des hôpitaux majeurs et qui ont été inventé par le créationniste Dr. Raymond Damadian. Et à la NASA, pilotant le programme de missions Apollo vers la lune (appuyé sur les fusées Saturn V), l’ingénieur Werner von Braun fut également créationniste jeune terre. On peut mentionner également le spécialiste en pharmaco-cinétique britannique et créationniste A.E. Wilder-Smith qui avait trois doctorats ! En 2009 la France pouvait se redorer le blason du fait qu’une équipe de généticiens français avaient réussi l’exploit du décryptage du génome bovin. Mais ô surprise, on s’est rapidement rendu compte que l’un des chercheurs, André Eggen, directeur de recherche à l’Institut national de recherche agronomique (INRA), était créationniste... Quelle horreur!, un créationniste parvenu à un cercle d’influence (et de prestige) réservé pour les disciples des Lumières! Mais ça ne va pas ! On a même vu des journalistes interroger les collègues d’Eggen (cherchant, pas très subtilement, des merdes) et insinuer que peut-être l’INRA n’était pas sa place...[21]

Mais bon, si un rejet radical du système de croyances des Lumières ainsi que le mythe d’origines matérialiste (l’évolution) qui en dérive permet au chrétien d’obtenir une cohérence intellectuelle et morale, il ne faut pas se faire d’illusions qu’une telle prise de position comporte un prix à payer. Même s’il est possible de dresser une longue liste de cas d’ostracisme et de pertes d’emploi chez les critiques du mythe d’origines matérialiste, il reste qu’en général ceux qui ont subi avec succès leur lavage de cerveau universitaire, penseront que tout ça est « fictif », une lubie de gens souffrant manifestement d’un complexe de persécution. Si une telle pensée a effleuré l’esprit du lecteur, je lui propose une expérience tout à fait empirique pour en avoir le cœur net. Il suffira au lecteur de soumettre à une publication professionnelle, un article (sous son nom) comportant une critique sérieuse de l’évolution et attendre les répercussions. Par la suite, si s’il le veut, je pourrai lui proposer quelques suggestions sur la rédaction d’un CV, mais si on a plus de 50 ans, chercher un nouveau boulot à cet âge n’est PAS très rigolo… Si on veux se faire une idée précise de ma perspective, il faut se taper mon livre Fuite de l’Absolu volume 2, où j’ai exploré à fond la question de l’aspect religieux de l’évolution. Ma conclusion (TRES condensée), puisque l’apport scientifique véritable de «la théorie de l’évolution» est dérisoire, il y a de bonnes raisons philosophiques et anthropologiques pour considérer l’évolution avant tout comme un mythe d’origines matérialiste.


Et les théologiens?
Si en milieu francophone on trouve très peu de théologiens qui ont le courage d'un Gédéon/Jerubbaal, qui avait osé abattre l'idole régionale de sa génération, pour rejeter de manière radicale la cosmologie matérialiste. Chez les théologiens anglophones, on trouve. Et parmi ceux-ci, il y a le théologien Baptiste Albert Mohler:

Mohler, Albert (2010) Why Does the Universe Look So Old? (transcript from the Ligonier Ministries 2010 National Conference Live Webcast).

Mohler, Albert (2011) Total Capitulation: The Evangelical Surrender of Truth.

Mohler, Albert (2014) Bill Nye’s Reasonable Man—The Central Worldview Clash of the Ham-Nye Debate.


Et il y a le pasteur réformé G. I. Williamson’s qui a rédigé cette note: A Defense of Six-Day Creation. (The Aquila Report)

Williamson est ministre presbytérien retraité vivant dans l'état du Iowa aux États-Unis et aussi l’auteur d'études sur les confessions de Westminster et le catéchisme de Heidelberg. Dans son article, il relate ses propres hésitations et son cheminement sur l'interprétation (littérale ou pas) des premiers chapitres de la Genèse.

Et il y a aussi le théologien John Whitcomb, co-auteur du livre capital Genesis Flood (1961), un livre qui a joué un rôle crucial dans la mise en marche du mouvement créationniste moderne.

Et il y a le théologien calviniste américain R.C. Sproul Jr qui pendant longtemps fut un adepte du "framework hypothesis" de l’évolution théiste, mais dans son livre Truths We Confess (2006) il fit cet aveu :

"For most of my teaching career, I considered the framework hypothesis to be a possibility. But I have now changed my mind. I now hold to a literal six-day creation, the fourth alternative and the traditional one. Genesis says that God created the universe and everything in it in six twenty-four-hour periods. According to the Reformation hermeneutic, the first option is to follow the plain sense of the text. One must do a great deal of hermeneutical gymnastics to escape the plain meaning of Genesis 1-2. The confession makes it a point of faith that God created the world in the space of six days."


Et chez des théologiens moins connus, il y a le théologien Réformé Douglas Wilson. Wilson a fait quelques débats avec l’athée Christopher Hitchens et voici son blog (le titre est comique, Blog and Mablog: Theology That Bites Back) où il commente un livre de l’athée (et évolutionniste ardent) Jerry Coyne

En français, il y a ce livre du théologien Douglas Kelly, Les jours de la création: Leur signification biblique.


Quelques observations sur le financement du Réseau de Scientifiques Évangéliques
La base de données des subventions accordées par la John Templeton Foundation établi que Lydia Jaeger[22] (qui fonda le Réseau des Scientifiques Évangéliques) et David Brown sont nommés directeurs de projet attribué à l’Institut de théologie évangélique (Nogent-sur-Marne, France). Il s’agit d'une bourse de $US123,354 (accordé pour la période 2012-2015).

D’autre part, il faut noter que l'association Science et foi chrétienne est subventionnée par une subsidiaire de la Fondation Templeton, soit la fondation BioLogos. Entre autres, des vidéos produits par S&FC comportent cette note : « La réalisation de cette vidéo a été rendue possible grâce à la contribution de la Fondation BioLogos, dans le cadre du programme Évolution et Foi Chrétienne (Evolution and Christian Faith) ». BioLogos ne fourni pas de chiffres pour le montant de la bourse accordé à S&FC. Au sujet du directeur de S&FC, Benoît Hébert, le site de BioLogos note ceci :

Physics teacher and pastor Benoît Hébert of Science et Foi Chrétienne in France will lead an international, multi-denominational team of French speaking Evangelical scientists, pastors and church leaders to produce a large number of resources on evolutionary creation.

Il faut préciser que le site de BioLogos signale que le financement du programme Evolution and Christian Faith (ECF) provient du Templeton Foundation.[23] Tous ces détails posent des questions sur cette influence sur la RSE et le site scienceetfoi.com[24].

John Marks TempletonNotons d’abord que la Templeton Foundation, fut fondé par le magnat de la bourse et philanthrope Sir John Marks Templeton. Si Templeton lui-même n'est pas identifié comme franc-maçon, on peut noter deux choses à son sujet, 1) il fut le récipient d'une bourse Rhodes à l'université d'Oxford en Angleterre, une bourse fondée par le colonialiste britannique et franc-maçon notoire Cecil Rhodes. 2) Templeton a des opinions sur la spiritualité (largement publiées d'ailleurs) qui sont tout à fait compatibles avec les conceptions officielles des francs-maçons, si tolérants à l'égard de la religion (dans la mesure, bien sure, que l'on rejette résolument le concept d'une Vérité absolue et que l'on reste dans de vagues généralités). Il faut noter que Templeton est un universaliste, c'est-à-dire affirmant que toutes les religions peuvent apporter le salut (bien que Templeton préfère parler d'une vie sublime). Templeton est donc tout à fait dans la veine du postmodernisme avec son ouverture à la religion couplé à un rejet d’absolu et de VÉRITÉ. Voyez le discours manipulateur dans son livre The Humble Approach où Templeton affirme (pp. 35-36, 45)

"The truly humble should be so open-minded that they welcome religious views from any place in the universe that is peopled with intelligent life. Seekers following the humble approach... never... reject ideas from other nations, religions, or eras... the humble approach to theology is ongoing and constantly evolving... In fact, at the heart of true religion is the willingness to see truths in other religions. The Persian scriptures claim, "Whatever road I take joins the highway that leads to Thee... Broad is the carpet God has spread...."

Ainsi, de l’avis de Templeton le chrétien doit être humble et accepter la vérité des autres religions... Mais cela n'a rien d'humble, au contraire, il s'agit plutôt d'orgueil, car c'est le rejet (et la contradiction) manifeste de Celui qui a dit :

Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Jean 14: 6)
Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. (Matt 7 : 13-14)
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu'il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger; mais elles fuiront loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait. Jésus leur dit encore: En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont point écoutés. Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. (Jean 10 : 1-9)

Il faut voir les choses comme elles sont. Il est clair, comme le disent les Écritures, que John Templeton est de ceux qui ont «l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force». (2Tite 3: 5) Et l'auteur de l'épître ajoute, « éloigne-toi de ces hommes-là. » Il est clair par ailleurs que Templeton est de ceux qui vantent le chemin large, voie rejetée sans aucune ambiguïté par notre Seigneur. Si la Templeton Foundation a jugé utile d'investir de tels montants dans les activités de Lydia Jaeger, inévitablement cela implique qu'ils ont fait un calcul et ont jugé que la perspective de Jaeger leur est rentable sur le plan idéologique... C'est dans la logique des choses... On dit parfois que « l’argent n’a pas d’odeur », mais dans ce cas-ci je pense que ça ne sent pas très bon[25]… Dès lors les évangéliques doivent se poser des questions en buvait à des sources aussi corrompues… On peut noter par ailleurs que la Templeton Foundation Grant Database établit qu'en 2017 une autre bourse de $672,168 fut accordée à George Beccaloni représentant du Charles Darwin Trust en rapport avec la Alfred Russel Wallace Correspondence Project. Alfred Wallace était évidemment le co-auteur (oublié) de la théorie de l'évolution, mais en même temps un individu entiché de spiritisme et d'occultisme. Tout ça est fort édifiant n'est-ce pas?


Et pour conclure…

C'est pourquoi nous devons d'autant plus nous attacher aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d'elles. Car, si la parole annoncée par des anges a eu son effet, et si toute transgression et toute désobéissance a reçu une juste rétribution, comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut, qui, annoncé d'abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l'ont entendu. (Heb 2: 1-3)

Acquiers la vérité, et ne la vends pas, (Prov. 23: 23)



Références


- (1993) La Bible. [édition 1910 de la Bible Louis Segond] Online Bible (version Mac) Oakhurst NJ

- (2008) Expelled : No Intelligence Allowed (2008) avec le narrateur Ben Stein. 90 min. Premise Media Corp. (version intégrale avec sous-titres français)

- (2012) The 10 Best Evidences from Science that Confirm a Young Earth. (Answers in Genesis)

BERGMAN, Jerry (2008) Slaughter of the Dissidents: Ths Shocking Truth About Killing the Careers of Darwin Doubters. Leaf Cutter Press

BERGMAN, Jerry (2016) C. S. Lewis, Anti-Darwinist: A Careful Examination of the Development of His Views on Darwinism. Wipf & Stock 160 p.

BERGMAN, Jerry & WIRTH, Kevin (2016) Silencing the Darwin Skeptics: The War Against Theists (vol. 2, Slaughter of the Dissidents) Leafcutter Press 396 p.

BERGMAN, Jerry & WIRTH, Kevin (2018) Censoring the Darwin Skeptics: How Belief in Evolution Is Enforced by Eliminating Dissidents (vol. 3, Slaughter of the Dissidents) Leaf Cutter Press 556 p.

BRADSHAW, Robert I. (1999) Creationism & the Early Church.

BROSSEAU, Olivier & Cyrille BAUDOUIN (2009) L’arbre qui cache la forêt ? Un créationniste français à l’honneur. AgoraVox

DOLPHIN, Lambert (1989) An Open Letter to Dr. Hugh Ross.

FAULKNER, Danny (1999) The dubious apologetics of Hugh Ross. Creation ex Nihilo Technical Journal vol.13 no. 2 pp. 52–60

FORD, Lawrence E., Sr. (2009) Christianity on the Public Stage: Dr. Francis Collins and the dangerous doctrines of BioLogos. ICR

GOSSELIN, Paul (1979) Mythes d'origines et théorie de l'évolution. Samizdat

GOSSELIN, Paul (1987) La cosmologie judéo-chrétienne et l'origine de la science. Samizdat

GOSSELIN, Paul (2017) Vidéo-conférence: Dieu est le Créateur: Une défense de la doctrine biblique que Dieu créa l'univers. (62 min. - YouTube - Symposium Axiome)

GOULD, Stephen Jay (1997) This view of life: Nonoverlapping Magisteria. in Natual History vol. 106, no. 2, pp. 16, 18-22, 60-62

HAM, Steve (2015) The Lost World of Adam and Eve: A Response. Answers in Genesis - July 29.

HEBERT, Marc (2016) Analyse critique du livre de Henri Blocher intitulé “Révélation des origines”. Samizdat

HOOYKAAS, Reijer (1972) Religion and the Rise of Modern Science. Scottish Academic Press Edinburgh 162 p.

HUET, Sylvestre (2009) L'ADN bovin décrypté... par un créationniste. Libération – avril

JAKI, Stanley L. (1974/1986) Science and Creation. Academic Press New York 367 p.

LEITHART, Peter (2014) Genesis 1 in Ancient Perspective? Patheos - June 20

LENGAGNE, Guy (2007) Les dangers du créationnisme dans l’éducation. Rapport de la Commission de la culture, de la science et de l’éducation [Doc. 11297]

LÉVY-LEBLOND, Jean-Marc & JAUBERT, Alain (1975) (Auto)critique de la science. Seuil Paris (coll. Points. Sciences; S53) 310 p.

LEWIS, C. S. (1947/2002) God in the Dock. (Walter Hooper éd.) Eerdmans Grand Rapids MI 347 p.

LEWIS, C.S. (1959) Théologie moderne et critique biblique. (PDF) (traduction de Fern-Seed and Elephants)

LEWIS, C.S. (1959) Fern-Seed and Elephants. (texte anglais original)

NEWTON, Isaac (1687) Principia mathematica.

RUSSELL, Bertrand (1935/1971) Science et religion. Gallimard [Paris] (Collection Idées; 248) 187 p.

SHAPIRO, James A. (2005) Open Letter to the Kansas State Board of Education. (May 12)

SCHLEHR, Karisa (2011) What Is R.C. Sproul’s Position on Creation? Ligonier Ministries

WHITE, Ronald III (2007) La cosmologie évolutionniste, une barrière pour l'évangile en Europe? (Samizdat)

WILKINS, Adam S. (2000) Intro (issue on Evolutionary Processes). pp. 1051-1052 BioEssays vol. 22 no.12 December

WILDER-SMITH, Arthur E. & WILDER-SMITH, Beate (1998) Fulfilled Journey : The Wilder-Smith Memoires. The Word for Today Costa Mesa CA 544 p.



Notes

[1] - Et pour éviter les malentendus à ce sujet, je propose que le scientisme est une idéologie issue des Lumières qui fait de la science le savoir humain ultime, c'est-à-dire LA Vérité à laquelle tous les autres discours (même la Bible) doivent se soumettre.

[2] - Référence à l’école de pensée de John Walton.

[3] - Groupe de recherche théologique ayant comme objet « la quête du Jésus historique », c'est-à-dire un Jésus acceptable du point de vue des Lumières… Ce groupe fut largement influencé par les écrits du théologien français-allemand, Albert Schweitzer (1875-1965).

[4] - Voir la bibliographie, Leithart (2014) et Ham (2015) proposent des critiques évangéliques de cet ouvrage.

[5] - C’était l’avis de Tertullien (2-3e siècle) qui, dans son De la prescription des hérétiques déclarait catégoriquement : « Il n'y a rien de commun entre Athènes et Jérusalem, entre l'Académie [les philosophes] et l'Êglise » (De praesc. 7, 9).

[6] - « Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon. »

[7] - Mais depuis la montée des Lumières au 18e et 19e siècles, cette exigence a souvent été mis de côté, même par les théologiens.

[8] - Plus ou moins déformés par le temps et les préjugés de la culture environnante…

[9] - Et cette lecture littérale de la Genèse a été admise par le Christianisme pendant la majorité de son histoire (avant la montée de l’influence idéologique du Siècle des Lumière, on s’entend). Au 18e siècle par exemple, l'évêque français Jacques Bénigne Bossuet, qui s'est opposé à certains moments aux Réformés, entre autres avec les ouvrages Histoire des variations des Églises protestantes (1688) et Avertissements aux protestants (1689-1691), par ailleurs Bossuet, a rédigé son son ouvrage L'histoire universel en s'appuyant une interprétation TRES littérale de la Genèse. Bossuet ouvre son livre d'histoire avec Adam et se rend jusque vers la fin de l'empire romain... Pour lui Adam est donc un personnage historique au même titre que César ou Alexandre le Grand. Pour les gens de sa génération (et protestants aussi serai du même avis sur une telle question) tout ça était de l'histoire! Dans d'autres sources, on voit bien que ce point de vu a dominé l'Église ceux qu'on appel les Pères de l'Église (exception faite de ceux qui étaient fortement influencés par la philosophie grecque, peu y échappaient totalement...). Voir à ce sujet Bradshaw 1999.

[10] - Ce lien donne accès à un diagramme qui examine les fonds distribués par la Templeton Foundation. Entre autres, il signale que BioLogos a reçu 8,7$ millions de la part du Templeton Foundation. Certaines parties du diagramme comportent des liens qui permettent de vérifier l’information. Et pour mieux visualiser ce diagramme, on peut utiliser la touche contrôle et la touche + ou – pour examiner un détail ou voir l’ensemble.

[11] - C’est d’ailleurs l’approche proposé par l’athée et évolutionniste américain Stephen Jay Gould (1997), approche qui porte le nom de NOMA (ou Nonoverlapping Magisteria).

[12] - Voir à ce sujet, la bibliographie. le premier volume de la série fut publié en 2008.

[13] - Alors à la maîtrise, j’avais (naïvement) proposé d’enseigner au département un cours sur la question des origines, un cours qui aurait impliqué examiner (sans filtre) l’argumentaire créationniste jeune terre et la comparer au modèle évolutionniste dominant. On m’a poliement refusé…

[14] - D’après cette hypothèse, les cinq premiers livres de la Bible n’auraient pas été rédigés par Moïse, mais beaucoup plus tard par quatre auteurs anonymes après l’exil babylonien (désignés chacun d’une lettre).

[15] - Une bourse au montant de 910,000$US. En 2014, Alexander figure à la liste des trustees de la Templeton Foundation (membre du conseil d'administration).

[16] - Tenant compte que dans le monde ancien, les philosophes grecs avaient autant de prestige que l’institution de la science en a en Occident aujourd’hui.

[17] - Si on voit assez vite que les créationnistes s’intéressent à la science, ils mettent les Écritures en PREMIER. Voici un petit échantillon. La Creation Research Society est un organisme créationniste diplômés en science publiant une revue sur les origines de la vie, mais comme on peux le voir, on met les Écritures en premier. La Statement of Faith de la CRS dit:

ALL MEMBERS MUST SUBSCRIBE TO THE FOLLOWING STATEMENT OF BELIEF: The Bible is the written Word of God, and because it is inspired throughout, all its assertions are historically and scientifically true in the original autographs. To the student of nature this means that the account of origins in Genesis is a factual presentation of simple historical truths.

Et la Institute for Creation Research affirme l’innerrance des Écritures comme une de ces principes de base

The Bible, consisting of the thirty-nine canonical books of the Old Testament and the twenty-seven canonical books of the New Testament, is the divinely-inspired revelation of the Creator to man. Its unique, plenary, verbal inspiration guarantees that these writings, as originally and miraculously given, are infallible and completely authoritative on all matters with which they deal, free from error of any sort, scientific and historical as well as moral and theological.

Oui il est vrai que l’on peut trouver certains créationnistes jeune terre qui défendent avec ferveur et émotion leur théorie favorite au sujet des mécanismes à l’origine du Déluge de Noé. C’est dans la nature humaine que de défendre sa propre théorie avec passion, mais AUCUN créationniste ne mets ses propres théories au même niveau que les Écritures.

[18] - Mais évidemment l’anthropologie ne se soucie pas de la vérité de ces récits, mais seulement de leur rôle, de leur fonction social.

[19] - Depuis, je me doute qu’il a eu l’occasion de regretter d’avoir parlé avec autant de franchise… Mais bon, le coup est parti.

[20] - Je recommande fortement les livres de Hooykaas (1972) et de Jaki (1974) -> bibliographie.

[21] - Voir, dans a bibliographie, les articles de Brosseau et Huet (2009).

[22] - Un livre de Jaeger (Einstein, Polanyi, and the Laws of Nature) est pubiée par Templeton Press.

[23] - https://biologos.org/what-we-do/grant-program/

[24] - Il me semble d’ailleurs assez significatif que, dans le nom de leur groupe, on place le mot « science » AVANT le mot « foi »…

[25] - Ceci ne préjuge pas du fait que l’on puisse trouver, ici et là, quelques membres du Réseau des scientifiques évangéliques ou de Science et foi qui ont des convictions sur le salut par exemple tout à fait évangéliquers et bibliques.