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Samizdat

Stopper l'hérésie créationniste: Deuxième partie.





Paul Gosselin 2016 (début de l'échange)

Voici la réponse de mon interlocuteur, suivie de quelques échanges.


Cher Paul Gosselin,

Je ne vous ai pas contacté pour avoir une ordonnance (merci quand même docteur), qui s'apparente d'ailleurs à un roman...Pour info, je ne suis ni votre "élève" ni votre "patient" sur ces sujets.
Si j'apprécie néanmoins votre ton (un brin taquin) je souhaiterais pour ma part des échanges un peu plus synthétiques. (mon temps propre n'est pas extensible à l'infini contrairement à ce que prédit la théorie de la relativité...)

Je note, que malgré votre longue réponse, vous ne répondez pas à un point précis soulevé dans mon premier message, à savoir:
«Merci de porter à ma connaissance ne serait-ce qu'une seule publication scientifique à comité de lecture produite par un créationniste qui réfuterait, au choix, l'age de la Terre, le fait que nous partageons un ancêtre commun avec le chimpanzé ou bien encore le rôle d'architecte que jouent les gènes Fox P2 dans le plan de construction des organismes vivants (macro évolution)»

=> Lorsque ceci sera fait, je serai tout prêt à réviser mon point de vue, comme le font tôt ou tard les scientifiques lorsqu'ils sont contraints de réviser leurs théories lorsque une autre théorie s'accorde mieux avec des faits jusqu'alors inexpliqués. Dans l'attente, il faut bien admettre que les créationnistes n'ont jamais rien produit qui puisse convaincre les "docteurs du matérialisme méthodologique", pour reprendre un champ lexical que vous semblez apprécier.

Petite parenthèse sur la TSE (Théorie Synthétique de l'Evolution)
Petite fille de la théorie darwinienne de l'évolution, je ne reviendrai pas sur ce monument et les 150 ans de recherche scientifique qui n'ont fait que confirmer l'intuition initiale de Darwin, même si la version actuelle n'a plus grand chose à voir avec sa vénérable aïeulle.
Comme le rappelle Guillaume Lecointre (professeur et systématicien au muséum d'Histoire naturelle de Paris)
""Si l'évolution n'était pas une réalité, il y a longtemps que les laboratoires du monde entier et les industries agroalimentaires auraient fait faillite !"(son livre à l'attention des enseignants - Guide critique de l'évolution - 2009)
(Oui, je sais, c'est à vos yeux un frenchy de plus, apôtre de la religion évolutionniste, mais ses publications sont là !)  

Non, le problème me semble plus profond, et touche, me semble-t-il, la capacité des uns et des autres à appréhender le réel en réduisant au minimum les hypothèses nécessaires et suffisantes.Je ne parle là de réductionnisme ontologique.
Non, j'évoque simplement le principe de parcimonie qui semble avoir fait ses preuves. (c'est empirique mais ça semble fonctionner jusque là)
Or, Dieu (les entités surnaturelles en général) ne sont des objets d'étude scientifique. Un dieu ne peut être invoqué comme cause à la fois nécessaire et suffisante pour expliquer le réel, réel qui se manifeste à nous sous forme de phénomènes, c'est à dire d'interactions dans l'espace-temps.
Cette remarque suffit pour affirmer que la science ne peut qu'être athée... (dans le sens "sans Dieu" et pas "contre Dieu")
Voilà qui donne tout son sens au NOMA de Gould (le non chevauchement des magistères)

Vous évoquez la problématique des langages informatiques et la nécessité qu'ils résultent d'un concepteur.
C'est très jute. Il y a toutefois trois points qui distinguent la genèse d'un langage informatique du langage biologique.
Un langage informatique est une création Ad Hoc d'un agent extérieur (le concepteur) il n'est pas une fonctionnalité qui résulte d'une structure auto organisée, vivante, c'est à dire qui se reproduit, qui est sensible aux mutations et qui subit la sélection naturelle.
=> A cet égard, votre analogie ne tient pas.D'autant, qu'il a été démontré (le jeux de la vie ou automates cellulaires - John Horton Conway et repris par Richard Dawkins) qu'à partir d'un système de règles simples, un système pouvait évoluer seul, c'est à dire produire de la complexité avec comme seule contrainte son environnement. De tels systèmes évoluent de façon aveugle, il n'y a aucun plan, aucune intentionnalité, si ce n'est celle du concepteur humain qui aura reproduit ce mécanisme qui semble celui de la vie.

Vous évoquez l'évolution de la pensée des Lumières vers un athéisme assumé tel que le revendiquent François Jacob, Onfray, ou Dawkins, tous matérialistes, comme d'ailleurs une majorité de scientifiques qui n'expriment pas publiquement leur orientation métaphysique.
Que faut-il en penser?
Dawkins propose une réponse que je trouve pleine de bon sens:
"La science est une autoroute vers l'athéisme."

Vous évoquez la question du Big Bang (qui est une description de notre jeune Univers observable) et la question des origines (qu'est ce qui a provoqué un Big Bang) en précisant que cette dernière question ne relèverait pas de la science !!!
Etonnante façon de voir les choses, alors que l'objectif de la physique et de la cosmologie quantique est précisément de produire une théorie quantique de la gravité qui pourrait être une réponse globale aux défis d'aujourd'hui.
(question du fine tuning, principe anthropique)
Et dans ce cadre (celui du multivers), Dieu est aussi inutile que pour expliquer pourquoi il pleut ou pourquoi la pomme tombe.

Merci de faire un peu plus court dans votre réponse... Docteur.

Au plaisir.

Albert


m. Albert,

J’ai bien reçu votre note et d’ici quelques jours je vais y répondre et je vais tenter, essayer, etc... d'être bref, mais je ne sais si j’y parviendrai.

Si vous avez de la chance, je ne répondrai pas...

Vous savez faire preuve d’humour, c’est bon signe. Il y a donc quelque espoir pour votre “cas”. Ah... Je m’y reprend. Vous n’en dirai rien j’espère à l’ordre des médecins du Québec? Ils ne badinent pas avec ceux qui pratiquent sans licence médicale...

PG


Bonjour "docteur",

J'ai bien pris note de votre prochain "traitement". En effet votre première "ordonnance" n'a pas eu les effets escomptés.

Cordialement Albert.


Ah... Je vois. Une seule solution alors, doubler le dosage...

PG


Hmmm... pas de chance, semble-t-il...

Mais bon, j'espère que ce qui suit n'abusera pas trop de votre patience, mais si vos questions sont vite posées, il reste que ce ne sont pas de “ petites questions ”...

Pour éviter tout malentendu, j'ai mis les citations de votre dernier message en VERT.

Ouais je sais, je sais... On entend souvent affirmer que les créationnistes ou les partisans du Dessein intelligent ne publient jamais dans les revues scientifiques (donc ne contribuent rien à la science) et que sur la question des origines ils n'ont jamais songé de rencontrer les exigences normales de la méthode scientifique. C'est excellent comme propagande, mais loin de la réalité. Notons d'abord qu'il me semble irréaliste de croire que la grande question des origines puisse être réglée définitivement (et de manière parfaitement neutre...) par un comité de lecture de revue scientifique, car sur ces comités de lecture siègent des êtres humains avec leurs préjugés, leurs partis-pris et leurs systèmes idéologico-religieux (plus ou moins avoués). Il faut bien comprendre qu'inévitablement ces détails influent sur l'acceptation ou le rejet d'un article touchant la question des origines. Chose curieuse, la même question que vous posez aux créationnistes se pose également aux évolutionnistes. Combien savent que Darwin, par exemple, le Prophète si adulé des évolutionnistes, n'a pas fait d'études formelles en sciences et que sa seule formation universitaire fut en théologie?! Ses connaissances en biologie, il les apprit sur le tas. D'autre part, son oeuvre fondamentale, l'Origine des espèces a été publiée sous forme de livre grand public, plutôt que sous forme d'un article soumis à une revue scientifique (où il aurait dû rencontrer toutes les exigences de la révision par les paires)? Mais quel évolutionniste se plaint de ces choses?

Mais il y a du vrai dans votre question, car en effet aujourd'hui il est difficile de trouver des contributions par des créationnistes dans des revues scientifiques mainstream. Mais le hic, ce n'est pas que les créationnistes n'ont rien à contribuer à la science, mais qu'il est TRÈS difficile aujourd'hui à un partisan du Dessein Intelligent (et bien plus encore à un créationniste) de se voir publié dans une revue scientifique contrôlée par les évolutionnistes. J'en ai eu l'expérience moi-même il y a quelques années avec un article proposé à une revue en sciences des religions (publiée en France). Mais si vos conclusions (peu importe le mérite de l'argument) remettent en question, de quelque manière, la théorie de l'évolution, oubliez ça...

Par exemple, il y a quelques années le généticien américain Richard Sternberg avait autorisé la publication d'un article critique de l'évolution (et pro-Dessein Intelligent) dans la revue Proceedings of the Biological Society of Washington dont il était l'éditeur. Les évolutionnistes ont fait une tôlée de protestations et il en a résulté que Sternberg a perdu son poste en 2004 au National Museum of Natural History, Smithsonian Institution, à Washington, DC. Pour celui qui gagne sa vie en milieu universitaire ou de la recherche, les remises en question sérieuses touchant la théorie de l'évolution peuvent poser des problèmes TRÈS sérieux sur le plan de la carrière. Le kiss of death, comme disent les Anglais, pour une carrière universitaire. Étant donné cette réalité, il ne faut pas s'étonner que le mouvement anti-évolution ait tendance, lorsqu'il ne se concentre pas autour de quelques institutions indépendantes, à devenir clandestin, à éviter de soumettre des articles aux revues scientifiques mainstream et fonder ses propres organismes de recherches et revues scientifiques parallèles (avec révision par les paires). Voici quelques exemples de revues scientifiques créationnistes (avec comité de lecture) :

Ouais, je sais, ils ne sont pas très nombreux ces revues créationnistes (et il y en a d'autres, parus pendant quelques années et devenus inactifs), mais il faut savoir qu'une revue créationniste ne bénéficiera jamais de subventions accordées par les grands organismes subventionnaires. Il en découle que les ressources pour fonder et gérer de telles revues sont très limitées. Malgré le défi que pose publier un article remettant en question l'évolution dans les revues scientifiques mainstream, récemment le microbiologiste américain (et partisan du DI) Michael Behe a vu publié un article sur les limites des mutations pour le processus évolutif. L'article porte le titre "Experimental Evolution, Loss-of-Function Mutations, And ‘The First Rule of Adaptive Evolution'." et fut publié dans The Quarterly Review of Biology volume 85, no. 4 December 2010. (http://www.lehigh.edu/~inbios/pdf/Behe/QRB_paper.pdf ). Dans cet article, Behe explore le concept que même les soi-disant "mutations favorables" (où l'organisme gagne une nouvelle adaptation ou une nouvelle fonction) posent un problème pour l'évolution, car en général ces mutations comportent une perte pour l'organisme au plan moléculaire.

Mais la thèse de Behe n'a rien de très nouveau, car les hérétiques (enfin, les créationnistes...) explorent de tels concepts depuis un bon moment déjà. Par exemple, le physicien et créationniste Lee Spetner a exploré la question dans son livre Not By Chance (1997) et le généticien créationniste américain Kevin Anderson l'a abordé dans son article “Is Bacterial Resistance to Antibiotics an Appropriate Example of Evolutionary Change?” (2005 CRSQ)
http://www.creationresearch.org/crsq/articles/41/41_4/bact_resist.htm

À ce sujet, la généticienne américaine (et créationniste) Jean Lightner a offert les commentaires qui suivent sur le rôle joué par les mutations et leur influence sur le processus évolutif.

Mais puisque les créationnistes sont considérés par les évolutionnistes comme des hérétiques à exclure (par tous les moyens) du domaine scientifique, ça n'a rien d'étonnant de voir des scientifiques mainstream (et même les partisans du DI il faut avouer...) ne jamais citer des recherches faites par des créationnistes. Même s'il avait accès à des contributions scientifiques pertinentes faites par des créationnistes, Behe n'en cite aucun dans sa bibliographie. Manifestement, il ne faut pas être vu en compagnie des "hérétiques"... En somme, les créationnistes sont aujourd'hui à toutes fins utiles les sidatiques et les intouchables du monde intellectuel et scientifique occidental. Mieux vaut éviter leur société... Ceci dit l'article de Behe est utile, car il démontre qu'il est tout à fait possible (et commun) pour un organisme biologique de manifester un effet bénéfique lors d'une perte ou de la modification d'éléments fonctionnels de son génome. Il n'y a donc pas de gain d'information, comme l'exige la théorie de l'évolution à TOUTES ses étapes.

Vu votre âge il est possible que vous ayez déjà fait appel à une technologie médicale inventée par une créationniste. Et non, je ne blague pas, car il s'agit de l'imagerie à résonance magnétique (IRM) exploitée par la majorité des hôpitaux modernes. En effet, le médecin et créationniste Raymond Damadian est l'inventeur de la technologie IRM. Mais en 2004  lorsque l'Académie royale des sciences de la Suède a décidé d'accorder un prix Nobel pour cette découverte, même si Damadian détient les premiers brevets pour cette invention, on a passé outre aux critères habituels d'attribution du prix et on a décidé d'accorder le Nobel à d'autres scientifiques qui n'ont fait que des améliorations au concept initial de Damadian! Évidemment il était impensable d'accorder un Prix Nobel à un créationniste notoire... À ce sujet voir les pages Wiki

http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Vahan_Damadian
http://en.wikipedia.org/wiki/Raymond_Vahan_Damadian

Raymond Damadian

Évidemment, la page wiki française a "oublié" de mentionner les convictions créationnistes de Damadian. Mais comme on peut le voir ici Damadian a à son actif une très longue liste de brevets pour ses recherches scientifiques en imagerie médicale. Même s'il est un ardent évolutionniste, le philosophe de la science Michael Ruse a exprimé l'avis que Damadian a pu été repoussé pour le prix Nobel en médecine justement à cause de ses convictions créationnistes. Ruse note:

D'autre part, en 2013, scientifique Mark Armitage, de l'Université d'État de Californie [California State University Northridge], participait à des fouilles dans le Montana lorsqu'il est tombé sur la plus grosse corne de tricératops jamais découverte. Lors d'un examen de ce spécimen à l'aide d'un microscope électronique, Armitage a découvert quelque chose contredisant violemment la cosmologie évolutionniste qui affirme que les dinosaures sont disparus il y a des millions d'années, c'est-à-dire des tissus mous intacts.

Armitage a donc publié un article à ce sujet dans la revue scientifique Acta Histochemica (et qui comporte un comité de lecture) et... quelques jours plus tard, il fut renvoyé de son poste.

Un scientifique démis de ses fonctions pour avoir prouvé la coexistence des dinosaures et des Hommes.

Scientist claims California university fired him over creationist beliefs.

Depuis, Armitage a publié à nouveau sur les tissus mous découverts dans les fossiles de tricératops. À mon avis il me semble certain que dans les tiroirs de labos de recherches et de musées de paléontologie reposent des échantillons d'os de dinosaures qui, si on osait les vérifier, comportent aussi des tissus mous ou encore des traces intactes d'ADN. Voilà un exemple frappant de la puissance idéologique du paradigme évolutionniste. Il permet aux évolutionnistes de croire aux miracles. Ce qui aurait été considéré risible ou absurde il y a à peine 15 ans, c'est-à-dire découvrir de l'ADN détectable ou encore des tissue mous dans des fossiles qui sont sensés avoir des millions d'années, est maintenant sur le point d'être perçu comme tout à fait acceptable. Évidemment, le paradigme ne doit jamais être mis en doute. Si l'on rencontre des données empiriques contredisant la théorie, il faut toujours remettre en question les données ou encore tout simplement accepter que l'évolution peut faire bien plus que l'on avait imaginé.

Outre les cas de Sternberg, Damadian et Armitage, en France on peut penser à toutes les tuiles qui sont tombées sur la tête de la paléoanthropologue Anne Dambricourt-Malassé (qui, pour éviter tout malentendu, n'est pas créationniste) lorsqu'elle a osé publier en 1996 des thèses remettant en question quelques aspects secondaires de la théorie de l'évolution. Malgré la faiblesse de ses critiques de la théorie, c'était tout de même intolérable... On l'a d'ailleurs accusé (de manière complètement gratuite) d'être créationniste! Ah, le qualificatif qui tue...

D'autre part, en 2009 la France pouvait se redorer le blason du fait qu'une équipe de généticiens français avaient réussi l'exploit du décryptage du génome d'un bovin. Mais surprise, on s'est rapidement rendu compte que l'un des chercheurs, André Eggen, directeur de recherche à l'Institut national de recherche agronomique (INRA), était créationniste...  Quelle horreur!, un créationniste parvenu à un cercle d'influence (et de prestige) réservé pour les disciples des Lumières! Mais ça ne va pas ! On a même vu des journalistes interroger les collègues d'Eggen (cherchant, pas très subtilement, des merdes) et insinuer que peut-être l'INRA n'était pas sa place...

Sylvestre HUET (2009) L'ADN bovin décrypté... par un créationniste. Libération - Sciences2

Olivier BROSSEAU & Cyrille BAUDOUIN (2009) L'arbre qui cache la forêt ? Un créationniste français à l'honneur.

Considérant ces quelques cas, il me semble donc assez évident que l'Inquisition évolutionniste est fort efficace (mais manifestement trop hypocrite pour se reconnaître comme tel). Bien qu’en général un penseur francophone n’exposerait jamais en pleine lumière ses préjugés à l’égard de ceux qui ont l’insolence de remettre en question l’évolution, les anglophones ont moins de scrupules à cet égard. Par exemple, le biologiste britannique Richard Dawkins fit l'affirmation suivante : "It is absolutely safe to say that if you meet somebody who claims not to believe in evolution, that person is ignorant, stupid or insane (or wicked, but I'd rather not consider that)." Il y a donc lieu de penser qu'on aurait donc plus de respect pour les sidatiques...

Mais bon, si vous croyez que je radote, que je fais des excès de paranoïa ou que je souffre d'un complexe de persécution, la preuve est vite faite. Faites vous-même l'expérience scientifique (et très empirique) suivante : Dotez-vous un diplôme en sciences et bâtissez vous une carrière scientifique reconnue et lorsque vous aurez fait tout ça, soumettez un article à une revue scientifique prestigieuse faisant part de critiques sérieuses touchant la théorie de l'évolution. Et deux ans plus tard, venez me voir afin que je vous console de toutes les merdes qui vous sont tombées dessus depuis...

En milieu francophone, le créationniste est à toutes fins utiles l'invité d'honneur au “Dïner de cons”*. On le regard de très haut comme un spécimen exceptionnel du parfait imbécile, mais à la fin si on ne le bâillonne pas et si on daigne même le laisser parler librement, au deuxième coup d'oeil on se rendrait peut-être compte qu'il n'est peut-être pas aussi con qu'on le croyait...

Mais pour revenir un peu à vos commentaires (désolé, mais j'ai des distractions en vieillissant...), vous demandiez: "Merci de porter à ma connaissance ne serait-ce qu'une seule publication scientifique à comité de lecture produite par un créationniste qui réfuterait, au choix, l'age de la Terre, le fait que nous partageons un ancêtre commun avec le chimpanzé ou bien encore le rôle d'architecte que jouent les gènes Fox P2 dans le plan de construction des organismes vivants (macro évolution)"

Mais je vous retourne la même question: "Merci de porter à ma connaissance ne serait-ce qu'une seule expérience scientifique démontrant la théorie de l'évolution". Vous affirmez que l'évolution est une théorie SCIENTIFIQUE, alors que pouvez vous me proposer au juste?

M'intéressant au débat Création-Évolution depuis presque 40 ans, je constate que lorsqu'on coince les évolutionnistes de la sorte et que l'on exige des preuves empiriques de l'évolution, les évolutionnistes jouent les hypocrites et offrent des exemples (empiriques) de variations de becs de pinsons (du Galápagos), des variations des capacités alimentaires chez certaines bactéries (Richard Lenski), des variations de coloration chez la phalène du bouleau, etc. Ouais, ça ne vaut guère mieux que le magicien de petite envergure qui agite une main devant les yeux de ses spectateurs en espérant qu'ils ne voient pas ce qu'il trafique de l'autre...

Mais il faut mettre de côté les définitions de l'évolution pour imbéciles, telles que l'évolution c'est la "variation biologique". Il faut d'abord comprendre que Darwin n'a rien découvert à ce sujet, car les variations chez les espèces en biologie étaient connues même par le fondateur de la classification biologique, soit Carl von Linné au 18e siècle. En général, dans les sciences empiriques on exige de définir ses termes de manière précise. Mais trop souvent, lorsqu'on cherche dans les livres de référence une définition précise de l'évolution et de ses mécanismes, on ne nous propose que du blabla ambigu. On nous dira trucs du genre "l'évolution c'est la variation biologique". Non, il faut mettre de côté ce verbiage creux et vous demander: Quelle affirmation est caractéristique et essentielle pour la théorie de l'évolution? Je crois qu'il y en a trois:

Êtes-vous d'accord que si on élimine ces trois thèses, il ne reste à peu près rien de la théorie de l'évolution? Bien sûr que si on examine le développement de la pensée évolutionniste, on a proposé divers mécanismes pour soutenir ces affirmations, mais en général ces propositions ont la vie courte. Depuis quelque temps, même les mécanismes proposés par la Théorie Synthétique de l'Évolution que vous mentionnez sont contestés et certains évolutionnistes tels que le groupe du Altenberg 16 ou encore Perry Marshall affirment que la TSÉ est désuet et qu'il est nécessaire à penser à la version 2.0 de l'évolution.

Bien entendu, l'élaguage des mécanismes n'affecte pas ces trois thèses centrales. Je vous demande alors quelle expérience scientifique pouvez-vous proposer qui DÉMONTRE les trois thèses ci-dessous? On aime bien nous assommer avec l'affirmation que l'évolution est une théorie scientifique. Où donc est cette expérience scientifique qui démontre la réalité de ces trois affirmations? Évidemment, pour diriger cet expérience selon les règles de l'art, il faut disposer de quelques millions d'années, mais c'est un détail pour les évolutionnistes omnipotents... J'attends votre réponse. Je crois que vous constaterez assez rapidement que les meilleures preuves empiriques que peuvent proposer les évolutionnistes n'ont rien à voir avec ces thèses centrales.

Dans les faits la nationalité de Lecointre n'a rien à voir avec notre discussion. On peut trouver des Britanniques ou Américains qui diront de même... Par contre, il est clair que son affirmation est gratuite. Sans donner des preuves de ce genre d'affirmation, on est dans le domaine de la propagande, pas de la science. Jusqu'à preuve du contraire, je pense que l'affirmation de Wilkins (voir courriel précédent) est plus près de la réalité. Il est vrai que depuis Darwin 150 ans de recherches ont été faits, mais vous ne fournissez aucune preuve que la théorie de l'évolution a pu contribuer de manière significative à des avancées scientifiques concrètes. Louis Pasteur, par exemple, a démoli le concept de génération spontanée et ce faisant a mis au point le procédé de la pasteurisation qui sans doute rend sécuritaire la consommation de la moitié des aliments dans votre frigo. Là on est dans le domaine de la science et des applications concrètes. Alors dites donc quelles sont les contributions concrètes de la théorie de l'évolution (mise à part une vaste et assez ennuyeuse littérature de propagande) à l'avancement scientifique?

Ilya PrigogineOuais, vous pensez possiblement à Ilya Prigogine et son prix Nobel (1977) en chimie pour ses recherches sur les structures dissipatives, l'auto-organisation des systèmes et le principe de l'ordre par le bruit. Ce principe serait sensé fournir l'explication du problème si douloureux pour les évolutionnistes de l'abiogenèse, soit l'apparition de la vie à partir du non-vivant. Puisque vous êtes en informatique, pouvez-vous me nommer une seule application ou système d'opération qui aurait été produit en appliquant ce principe de l'ordre par le bruit (mais sans tricher, c'est-à-dire sans intervention d'agent intelligent) ? S'il avait la moindre application pratique de ce principe, sans doute que depuis longtemps Microsoft aurait confié le développement de nouveaux systèmes d'opération à des troupeaux de primates pianotant (et chiant) sur des claviers... Mais si c'était chose possible, vous n'auriez plus de boulot évidemment. Sur le plan logique donc, si l'intervention d'un agent intelligent est nécessaire/inévitable en informatique, une telle intervention l'est bien plus encore en biologie...

Au sujet des efforts d'individus tels que Prigogine et d'autres, le mathématicien français Marcel-Paul Schützenberger, qui a enseigné au Massachusetts Institute of Technology dans l'équipe de Claude Shannon ainsi qu'au Harvard Medical School, a observé dans un interview avec la revue La Recherche (1996) :

Ouais, ce dernier commentaire de Schützenberger est TRÈS pertinent, car en effet le monde biologique regorge et foisonne de mécanismes, de codes, de messages et d'applications ayant une/des fonctions(s) ou objectif(s) identifiable(s). Dans le meilleur des cas, les principes évoqués par Prigogine et ses semblables produisent de jolis dessins et rien d'autre... On est très, très, très loin de la complexité du monde biologique.

J'avoue que lorsqu'il s'agit de recherches très empiriques sur des choses OBSERVABLES, l'exigence de la parcimonie me semble à la fois admissible et utile. Mais lorsqu'on est hors du domaine de la science (la question des origines) alors l'exigence de la parcimonie me semble rien d'autre qu'une feinte hypocrite pour exclure tout autre présupposé métaphysique (dans le langage ordinaire, on utilise le terme croyance) que le matérialisme. Ce serait un peu comme un enquêteur arrivant sur la scène d'un homme retrouvé mort. En y regardant de plus près, le front est maculé de sang et on y voit un trou formé par le passage d'une balle. Tous les autres observateurs sont immédiatement convaincus qu'il s'agit manifestement d'un meurtre ; “ Quelqu'un l'a tué ! ”. Mais notre Sherlock Holmes leur dit “ Non, non, puisqu'il faut appliquer le principe de la parcimonie des hypothèses. Il es alors nécessaire d'écarter l'idée de l'intervention d'un agent intelligent. À mon avis donc, la balle qui a tué monsieur est tombée du ciel. Aucun agent intelligent n'est donc intervenu dans cette situation. ” Mais on lui répliquera ; “ Mais c'est impossible, car la trajectoire de la balle contredit votre hypothèse ! ”, mais notre futé M. Holmes leur fera observer ; “Mais vous n'avez rien compris. Possiblement la balle a fait un ricochet sur un objet à proximité pour ensuite traverser le crâne de la victime. Sinon, il se peut que la victime ait momentanément regardé le ciel et c'est alors que la balle l'a frappé au front. ” Manifestement tant que notre futé m. Holmes multipliera les hypothèses (matérialistes) et reste pris dans la camisole de force conceptuelle de sa parcimonie des hypothèses, il ne pourra jamais résoudre ce mystère. Et possiblement les autres observateurs impliqués dans la situation commenceront à tirer leurs propres conclusions à la question : “ Ce monsieur Holmes, est-il lui-même un agent intelligent ? ”...

Ah le NOMA[1] de S.J. Gould, quel magnifique cadeau pour imbéciles... Il faut dire qu'au moment où ce concept a été proposé, bon nombre de copains matérialistes (et perspicaces) de Gould l'ont rejeté, car il accordait trop aux “ religieux ” (leur laissant le monopole de la question morale). Mais les “ religieux ” trop imbéciles en général ont été que trop heureux de cette proposition si généreuse de la part des matérialistes...

Ha !, je crois que mon m. Holmes serait fier de vous... Mais ces simulations de Conway et de Dawkins que vous mentionnez ne sont au fond que des tricheries. Vous pensez sans doute que j'exagère en parlant de la sorte, mais à la case départ inévitablement ce sont des programmes conçus et développés par des agents intelligents (et mises au point sur des ordinateurs aussi conçus et développés par des agents intelligents). Ça, il faut en tenir compte. D'autre part, le produit final de ces programmes ne prouve en aucun cas la théorie de l'évolution. Ces logiciels n'ont justement qu'un rapport TRÈS analogique avec la réalité du monde biologique. Si on reste dans votre logique, ce “ système de règles simples ” que comportent les programmes de Conway et Dawkins que vous évoquez si nonchalamment, d'où vient-il ? Eh bien, ces règles aussi ne sauraient être autre chose que le produit d'un agent intelligent... (Sans faire exprès) Dawkins a donc prouvé le Dessein Intelligent... Dans les faits, tout ce que prouvent de tels efforts est que l'on peut exploiter des simulations informatiques afin raconter des histoires/scénarios compatibles avec le mythe d'origines évolutionniste. C'est déjà quelque chose, mais on est dans le domaine de la propagande, pas de la science. L'apport scientifique véritable est donc nul (car la vie biologique n'est pas un jeu sur ordi), mais pour le marketing, c'est excellent il faut avouer...

Touchant justement la problématique des langages informatiques et du fait qu'ils sont toujours la production d'un concepteur, on rencontre parfois des évolutionnistes qui vont jusqu'à nier que l'ADN soit vraiment un CODE (dont l'objectif est de servir à la transmission d'INSTRUCTIONS biochimiques). Êtes-vous de cet avis? Si oui, alors toute l'étude de la génétique (et même l'idée de thérapies génétiques) devient une futilité ou, dans le meilleur des cas, une activité somme toute irrationnelle voir un peu schizophrène... Sinon, il ne faut pas éviter de tirer les conclusions nécessaires. "Follow the logic", comme disent les anglais...

Mais ça n'a rien de très étonnant que l'évolutionniste ne fasse pas le lien (tout à fait logique et empirique) entre l'existence d'un CODE génétique et la nécessité d'un Auteur de ce CODE, car s'il devait le faire, ne serait-ce pour un instant, les conséquences idéologiques seraient ÉNORMES. Mais lorsque les œillères matérialistes du darwiniste sont solidement en place, même des données empiriques contredisant violemment sa cosmologie ne posent aucun problème...

Le pionnier en recherches sur la théorie des communications, Claude Shannon nous a appris que lorsqu'il y a message, il y a nécessairement un transmetteur et un destinataire. Inévitablement cette observation s'applique à la génétique, car là il est manifeste que chaque nouvelle génération d'organismes devient le destinataire d'un message génétique et, quelque temps plus tard, deviendra à son tour le transmetteur de ce message. Mais pour expliquer l'existence du message génétique lui-même, il faut remonter au début du processus et retrouver l'Auteur du message génétique (et de tous les mécanismes sur lesquels repose sa transmission).

Ouais, si les évolutionnistes ont résolument évité ces questions gênantes, les créationnistes ont tout de même fait quelques recherches. Entre autres on peut penser au livre Genetic Entropy and the Mystery of the Genome par le généticien américain John Sanford ou encore au livre In the Beginning Was Information par l'informaticien allemand, Werner Gitt. Dans ces livres on examine les processus naturels observés par les généticiens qui dégradent le génome et les problèmes que ces phénomènes posent pour la théorie de l'évolution.

Il est clair depuis la découverte de l'ADN que le monde biologique repose sur un code. Il ne faut pas sous-estimer les répercussions de cette découverte phénoménale. Cela ajoutait un niveau de complexité incroyable à même la cellule la plus simple... Si Louis Pasteur a rendu l'hypothèse de la génération spontanée irrecevable, la découverte du code génétique a rendu la situation des évolutionnistes bien plus invraisemblable encore. Il leur faut beaucoup de foi pour persévérer... La découverte du code génétique a par ailleurs à tel point désarçonné Francis Crick, un des codécouvreurs de l'ADN, qu'il était d'avis qu'il y avait si peu de chances que la vie ait pu naître sur terre de manière spontanée qu'il a postulé plutôt que la vie a dû provenir ailleurs dans l'univers (théorie de la panspermie), là où les conditions étaient meilleures. Mais l'astronome britannique Fred Hoyle, qui a proposé une théorie semblable, était assez honnête pour admettre que cette hypothèse ne fait que repousser plus loin la question de l'origine de la vie et finalement il a dû se résigner de discuter de l'hypothèse d'un Créateur (mais pas le Dieu des chrétiens, car pour Hoyle, Dieu=Univers).

On pourrait demander à un ingénieur en communications s'il croit qu'il puisse exister de communication significative (où une information utile est transmise) si on élimine un les éléments qui suivent:

Et s'il admet que cela rend la communication impossible, alors si on considère le monde vivant, on pourrait lui demander également d'où provient à la fois le code génétique lui-même ainsi que la programmation si raffinée et robuste que comportent même les organismes biologiques les plus simples? Peut-on vraiment éviter le concept d'un Auteur du code génétique ou un grand Programmeur/Ingénieur des organismes vivants? Longtemps un ardent défenseur du matérialisme, le philosophe britannique Anthony Flew en examinant de plus près ces questions, a fini par admettre l'idée d'un Créateur.

Ouais, tout cela va de soi, si on impose une définition de la science issue des Lumières... Évidemment les scientifiques du 17e siècle, dont Newton, auraient immédiatement rejeté cette affirmation du revers de la main... Toute la question est là, dans la définition de la science. À mon avis Dawkins aurait été plus honnête de poser son affirmation sous la forme suivante : “ Le matérialisme est une autoroute vers l'athéisme. ” Mais évidemment, exprimé ainsi, le marketing en aurait souffert quelque peu.

Ah le multivers, quelle trouvaille extraordinaire pour éviter de réfléchir sérieusement au problème que posent justement le fine tuning et le principe anthropique. Je ne sais pas si vous avez fait exprès pour rassembler ces trois questions, mais en effet ils sont liés... Avec le concept du multivers, on sort résolument de la science, car quelle expérience empirique pourrait démontrer l'existence de ces univers parallèles ? Je dis n'importe quoi évidemment, mais rassure toi, certains promoteurs du concept des univers multiples, dont l'astronome britannique, Martin Rees, admettent ouvertement que le concept d'un multivers n'est pas susceptible d'une réfutation empirique (donc pas scientifique), car le processus de création d'univers n'est pas observable. En entrevue, Rees observait (dans Lemley 2000) :

À mon avis donc, le concept de multivers n'a pas plus de mérite scientifique que les contes de fées ou les théologiens du moyen âge discutant du nombre d'anges que l'on peu placer sur la tête d'une épingle... Que ces fantasmes soient formulés/exprimés en langage mathématique n'y change rien... On est dans le domaine du mythe. Peut-on oser le dire tout fort ? “ L'empereur est NU ! ”

En conclusion, je dirai avec Pascal (dans les Provinciales), “ Je voudrais avoir écrit une lettre plus courte, mais je n'en ai pas le temps. ”


Portez vous bien

Paul Gosselin
* J'ai vraiment aimé ce film...

-> La suite...

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"If the universe is a universe of thought, this creation must have been an act of thought. Indeed, our ideas that space and time are not timeless themselves make us picture creation as an act of thought; while time and space, which from the framework of thought, must have come into being as part of this act."
Sir James Jeans: The Mysterious Universe. NY MacMilllan 1930
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check le site:
http://www.samizdat.qc.ca



Références

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ARMITAGE, Mark (2013) Expelled Professor and Microscopist Mark Armitage Responds to his Critics. Uncommon Descent

ARMITAGE, Mark (2016) Preservation of Triceratops horridus Tissue Cells from the Hell Creek Formation MT. Journal of Microscopy January vol. 24, no. 1 pp. 18-22

DAWKINS, Richard (1989) Put Your Money on Evolution. The New York Times, April 9, , section VII, 35.

DAWKINS, Richard (2000) The Descent of Man (Episode 1: The Moral Animal) (une série d'émissions de radio diffusés en janv. et février 2000 à la Australian Broadcasting Corporation, produit par Tom Morton).

FLEW, Anthony; VARGHESE, Roy Abraham (2007) There is A No God: How the world's most notorious atheist changed his mind. HarperOne New York 222 p.

GITT, Werner W. (1994/2006) In the Beginning Was Information: A Scientist Explains the Incredible Design in Nature. Master Books 260 p.

GITT, Werner W.; Bob Compton & Jorge Fernandez (2011) Without Excuse.[Information: the Key to Life, Scientific Laws and the Origin of Life, Science and God's Message to Mankind] Creation Book Publishers 352 p.

GOULD, Stephen Jay (1997) This view of life: Nonoverlapping Magisteria. in Natual History vol. 106, no. 2, pp. 16, 18-22, 60-62

LEMLEY, Brad (2000) Why is there Life ? (Because, says Britain's Astronomer Royal, you happen to be in the right universe) Discover Vol. 21 No. 11 November

MARKS, Robert J II, Michael J Behe, William A Dembski, Bruce L Gordon, John C Sanford [éditeurs] (2011) Biological Information: New Perspectives. Proceedings of the Symposium. Cornell University, USA, 31 May – 3 June 2011 584p.

MARSHALL, Perry & MYERS, PZ (2015) Debate : Darwinism vs. Evolution 2.0 on “Unbelievable?” (CosmicFingerprints) déc.

MAZUR, Suzan (2008) The Altenberg 16 : Will the Real Theory of Evolution Please Stand Up? An Exposé of The Evolution Industry. An E-Book in 6 Parts

MEYER, Stephen C. (2009) Signature in the Cell: DNA and the Evidence for Intelligent Design. HarperOne New York 611 p.

REMINE, Walter (1993) The Biotic Message : Evolution Versus Message Theory. Saint Paul Science 538 p.

RUSE, Michael (2004) Controversy over the Nobel Prize in Medicine. - Was there a Religious Factor in this Year's (Non) Selection?

SANFORD, John C. (2005) Genetic Entropy & The Mystery of the Genome. Ivan Press 224 p.

SCHüTZENBERGER, Marcel-Paul (1996) Entretien: Les failles du darwinisme. pp. 87-90 La Recherche vol 96 no. 1

TRUMAN, Royal (2016) Cells as Information Processors, Part I: Formal Software Principles. Creation Research Society Quarterly vol. 52 no. 4 pp.275 308.


Notes

[1] - Le concept de NOMA (Nonoverlapping Magisteria) a été proposé par Gould en 1997 et, chose curieuse, dérive d’échanges entre lui, l’athée, et des prêtres catholiques (inquiets de la montée du créationnisme...) au Vatican sur la relation entre science et foi. Essentiellement, le concept du NOMA attribue un domaine d'autorité (Gould exploite ici le concept théologique de magistère) et de compétence à la fois à la science et à la religion. On considère donc la science comme une autorité ultime en ce qui a trait à notre compréhension du monde physique observable et pour ses origines. La religion, par contre, jouirait d’une autorité sur le plan moral. Il y a là une reconnaissance impliciteme de la déficience de la cosmologie moderne. Le concept de NOMA ouvre donc la podrte à une cohabitation de la cosmologie matérialiste (dite scientifique] et de la moralité [la religion], cette dernière pouvant suppléer aux défauts manifestes du premier dans le domaine éthique… Il y a lieu de penser que le concept de NOMA, cette position de compromis avancée par Gould (et d'autres matérialistes), résulte en bonne partie du choc éthique provoqué par l'optimisme débridé du XIXe siècle entrant en collision violente avec les horreurs combinées de l'Holocauste, d’Hiroshima et du Goulag dans la première moitié du XXe siècle. Sur cette question, il est possible que Gould ait été motivé par une réflexion comparable à celle Richard Dawkins qui, au cours d’une interview accordée à la ABC (Australian Broadcasting Corporation), s’exprima ainsi au sujet de la question de la moralité dans un cade strictement matérialiste (Dawkins 2000):

Il y eut, dans le passé, des tentatives pour fonder une moralité sur l'évolution. Je ne veux pas être associé à ces tentatives d'aucune manière. Il s’agit du genre de monde qu'un darwiniste, référant au concept de la lutte féroce pour la survie maintenant, où les forts dévorent les faibles . Je crois effectivement que la nature implique une lutte féroce pour la survie. Je pense que le comportement animal dans la nature sauvage, dehors, dans les forêts, dans la prairie, est un genre de vie extrêmement impitoyable, extrêmement désagréable, il s'agit précisément du genre de monde que je ne désirerais pas habiter. Et si un programme politique était basé sur le darwinisme, à mon avis ce serait de la mauvaise politique, ce serait immoral. Exprimé en d'autres termes, je dirais que je suis un disciple passionné de Darwin quant à la science, mais lorsque vient le moment d'expliquer le monde [humain], je suis un antidarwinien passionné à l'égard de la moralité et de la politique.*