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Samizdat

Si on devait passer devant le juge?




Paul Gosselin 2018

Buste de Pline le JeuneAu hasard de mes lectures d'été, j'ai lu (en traduction anglaise) les Épîtres rédigées par l’avocat, homme d'État et historien roman, Pline le Jeune. Ces Épîtres (ou Correspondance) exposent ce que pouvait être la vie à l'époque romaine, mais évidemment celle que pouvait connaître les classes aristocratiques, avec leurs revenus terriens, leurs villas cossues et leurs esclaves... Mais au-delà de cet aperçu de la vie des hautes classes romaines, Pline le Jeune nous donne un témoignage oculaire de l'éruption du mont Vésuve en 79 apr. J.-C., éruption qui a enseveli les villes de Pompéi et Herculanum. D'ailleurs en tentant de porter secours à des gens d'une de ces villes, l'oncle de Pline le Jeune y mourra. Il va sans dire que Pline est un païen romain, un polythéiste qui observe les sacrifices aux dieux et finance la construction de temples. Pline y relate aussi quelques anecdotes de suicides, justifiés de manière tout à fait comparable à celle que nous proposent aujourd’hui les élites postmodernes en Occident. Au cours de la lecture, on se rend compte que ce qui a pu motiver Pline à publier ses Épîtres soit le désir de s’assurer de son immortalité en laissant un héritage littéraire prestigieux[1].

Mais ce ne sont pas ces détails qui ont attiré mon attention, mais plutôt un certain nombre d'échanges qu'a eu Pline avec l'empereur Trajan après que Pline devint gouverneur de la province romaine de Bithynie et Pont (au nord de la Turquie actuelle). Dans ces épîtres Pline demande l'avis de l'empereur sur certaines procédures administratives ou encore son conseil pour la réalisation de travaux publics.

Et dans une des épîtres, Pline demanda à l'empereur comment gérer une situation nouvelle, soit la présence des chrétiens. Il faut noter que l'époque de Pline (≃61-114 apr. J.-C.), est le premier siècle, époque où le christianisme est en pleine expansion dans l'Empire romain et que certains apôtres étaient encore vivants et actifs. Déjà, sur le plan juridique, le christianisme avait été défini par l'administration romaine comme une association illégale. Mais il faut éviter les malentendus, car cette interdiction n'était PAS motivée par le fait que chrétiens adoraient Jésus de Nazareth, un Juif, mais par le fait que les chrétiens étaient perçus comme antipatriotiques et voir même des traîtres à l'Empire romain, car ils refusaient d'admettre la divinité de César, l'empereur, ou de participer aux rites (pincée d'encens) qui accompagnaient cette croyance.

Voici donc le texte français de cette lettre de Pline[2] à l'empereur au sujet des chrétiens.


Pline à l'empereur Trajan
Je me fais une religion, seigneur, de vous exposer tous mes scrupules ; car qui peut mieux, ou me déterminer, ou m'instruire ? Je n'ai jamais assisté à l'instruction et au jugement du procès d'aucun chrétien. Ainsi je ne sais sur quoi tombe l'information que l'on fait contre eux, ni jusqu'où l'on doit porter leur punition. J'hésite beaucoup sur la différence des âges. Faut-il les assujettir tous à la peine, sans distinguer les plus jeunes des plus âgés ? Doit-on pardonner à celui qui se repent ? ou est-il inutile de renoncer au christianisme quand une fois on l'a embrassé ? Est-ce le nom seul que l'on punit en eux ? ou sont-ce les crimes[2a] attachés à ce nom ?

Cependant voici la règle que j'ai suivie dans les accusations intentées devant moi contre les chrétiens. Je les ai interrogés s'ils étaient chrétiens. Ceux qui l'ont avoué, je les ai interrogés une seconde et une troisième fois, et je les ai menacés du supplice. Quand ils ont persisté, je les y ai envoyés. Car, de quelque nature que fût ce qu'ils confessaient, j'ai cru que l'on ne pouvait manquer à punir en eux leur désobéissance et leur invincible opiniâtreté. Il y en a eu d'autres, entêtés de la même folie, que j'ai réservés pour envoyer à Rome, parce qu'ils sont citoyens romains. Dans la suite, ce crime venant à se répandre, comme il arrive ordinairement, il s'en est présenté de plusieurs espèces. On m'a remis entre les mains un mémoire sans nom d'auteur, où l'on accuse d'être chrétiens différentes personnes qui nient de l'être et de l'avoir jamais été. Elles ont, en ma présence, et dans les termes que je leur prescrivais, invoqué les dieux, et offert de l'encens et du vin à votre image, que j'avais fait apporter exprès avec les statues de nos divinités ; elles se sont même emportées en imprécations contre Christ. C'est à quoi, dit-on, l'on ne peut jamais forcer ceux qui sont véritablement chrétiens. J'ai donc cru qu'il les fallait absoudre. D'autres, déférés par un dénonciateur, ont d'abord reconnu qu'ils étaient chrétiens ; et aussitôt après ils l'ont nié, déclarant que véritablement ils l'avaient été, mais qu'ils ont cessé de l'être, les uns, il y avait plus de trois ans, les autres depuis un plus grand nombre d'années ; quelques-uns, depuis plus de vingt.

Tous ces gens-là ont adoré votre image et les statues des dieux ; tous ont chargé Christ de malédictions. Ils assuraient que toute leur erreur ou leur faute avait été renfermée dans ces points : qu'à un jour marqué, ils s'assemblaient avant le lever du soleil, et chantaient tour à tour des vers à la louange de Christ, comme s'il eût été dieu ; qu'ils s'engageaient par serment, non à quelque crime, mais à ne point commettre de vol, ni d'adultère ; à ne point manquer à leur promesse ; à ne point nier un dépôt : qu'après cela ils avaient coutume de se séparer, et ensuite de se rassembler pour manger en commun des mets innocents ; qu'ils avaient cessé de le faire depuis mon édit, par lequel, selon vos ordres, j'avais défendu toutes sortes d'assemblées. Cela m'a fait juger d'autant plus nécessaire d'arracher la vérité par la force des tourments à deux filles esclaves qu'ils disaient être dans le ministère de leur culte ; mais je n'y ai découvert qu'une mauvaise superstition portée à l'excès ; et, par cette raison, j'ai tout suspendu pour vous demander vos ordres. L'affaire m'a paru digne de vos réflexions, par la multitude de ceux qui sont enveloppés dans ce péril : car un très grand nombre de personnes de tout âge, de tout ordre, de tout sexe, sont et seront tous les jours impliquées dans cette accusation. Ce mal contagieux n'a pas seulement infecté les villes, il a gagné les villages et les campagnes. Je crois pourtant que l'on y peut remédier, et qu'il peut être arrêté. Ce qu'il y a de certain, c'est que les temples, qui étaient presque déserts, sont fréquentés, et que les sacrifices, longtemps négligés, recommencent. On vend partout des victimes, qui trouvaient auparavant peu d'acheteurs. De là, on peut juger quelle quantité de gens peuvent être ramenés de leur égarement, si l'on fait grâce au repentir.

Les Épîtres de Pline nous donnent aussi la réponse de Trajan à cette lettre et démontrent clairement que de l’avis de l’empereur il suffisait d'être reconnu chrétien pour être puni (de mort), mais que les chrétiens ne devaient pas être l’objet de recherches et chassés et que les dénonciations anonymes devaient être ignorées.

Même si on voit avant tout dans Pline un administrateur romain scrupuleux et soucieux d'appliquer à la lettre les décrets de l'empereur[3], il semble néanmoins avoir pris conscience que dans leur comportement de tous les jours, on avait peu de choses à reprocher aux chrétiens. Par ailleurs, Pline semble avoir compris un détail important, c'est-à-dire ceux qui sont véritablement chrétiens n’acceptent jamais d’offrir la pincée d’encens à César... Pline a donc compris comment faire la différence entre celui qui a seulement les apparences du chrétien et le chrétien véritable. Comme le souligne Pline, dans la province sous sa juridiction, le christianisme avait déjà gagné en influence au point que les cultes des temples païens en avaient subi des contrecoups et étaient peu fréquentés. Il semble que le 2e voyage missionnaire de l'apôtre Paul a pu le conduire tout près de la Bithynie (Actes 16: 7). Et puisque la religion a souvent un aspect commercial et mercantile, il me semble tout à fait possible que les dénonciations de chrétiens soumis à l’attention de Pline furent souvent motivées par une diminution des "bonnes affaires" de la religion polythéiste romaine (voir l'épisode de "Diane d'Éphèse[4]" - Actes chap. 19).

Je pense qu’une telle lecture devrait provoquer des réflexions sérieuses chez les évangéliques de cette génération.

À mon sens, les preachers de l’Évangile estropié (qui évite la Porte Étroite, c'est-à-dire sans prédication sur le péché ou le jugement), et dont l’évangile n’exige ni confession de péchés ni repentance, ne fait rien d’autre que préparer la chute et l’apostasie de cette génération d’évangéliques. Comment ces évangéliques, gavés de l’évangile estropié et à qui on a promis les bénédictions, l’épanouissement et qu’ils pourront faire leur petit paradis ici-bas[5] (dans ce monde déchu), pourront-ils résister dans l’heure d’une tentation telle que décrit Pline ?

Dans cette génération les exemples de l’Évangile estropié ne manquent pas. On peut penser par exemple au pasteur évangélique américain John Crowder qui publié un livre intitulé Money, Sex, Beer, God (2016). Ainsi Crowder dit à ses disciples: « Vous aurez des cigares, de la bière et Dieu ! » et Jésus dit à ses disciples: « Vous aurez des tribulations... » Qui dit vrai? À mon sens Crowder n’est qu’un de ces nombreux revendeurs de camelote théologique destinée au marché évangélique florissant de ceux qui ont la démangeaison d'entendre des choses agréables. Bien sûr Jésus n'était pas un ascète, mais il reste que l'Évangile ne se réduit PAS à des cigares et la bière. Mais faut-il s’étonner ? Jésus nous avait tout de même avertis avec cette question, « Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? » (Luc 18 : 8)

Mais il reste une question qui peut nous chatouiller dans l’intimité de nos pensées : « Et si MOI je devais faire face à une situation semblable à celle décrite par Pline, où on était devant le choix brutal, c'est-à-dire choisir entre sa foi et sa vie, est-ce que je resterais fidèle ou, pour avoir la vie sauve, est-ce que MOI je blasphémerais le nom de Christ ? » Devant une telle question existentielle, je pense qu’il faut être TRES lucide. L’Apôtre Pierre a appris à ses dépens que les grandes déclarations, pleines d’assurance et de bonnes intentions, peuvent tomber en miettes dans le feu de l’épreuve. Pour ma part, je n’affirme rien de mon comportement potentiel dans une telle situation et c’est ma conviction qu’on ne peut pas savoir comment on s’en sortirait dans une telle situation sans y avoir été directement confronté déjà. Un gars comme Richard Wurmbrand, qui a payé sa foi avec 14 ans de détention et de tortures dans les camps de concentration communistes roumains, peut se permettre de dire « je sais », mais je crois que ce soit inutile pour nous les évangéliques grassouillets de l’Occident de spéculer longuement à ce sujet. Ceci dit, mon intuition me dit que si on a été trouvé fidèle dans les petites choses de la vie chrétienne et qu’au cours de notre marche chrétienne on sut résister aux mensonges et tentations du monde et qu’on a accepté de faire de petits sacrifices de projets ou d’attentes afin de  marcher dans la Vérité et faire quelques pas sur le chemin de la sanctification, alors il me semble plus probable de pouvoir faire face à des grandes épreuves avec plus d’assurance. Mais à la fin Dieu seul connaît ce qui est vraiment au fond de nos cœurs…

Mais pour l’immédiat, la tentation qui confronte les évangéliques de cette génération en Occident est bien plus hypocrite. Il n’y a pas, comme chez les Romains, une confrontation brutale et sans ambiguïté (la foi ou la vie) entre visions du monde. Chez nous, la tentation est subtile. La pression est faite sur les évangéliques occidentaux de faire toujours davantage de petits compromis sur la foi, sur la moralité biblique et une marche chrétienne dans la Vérité. On met la grenouille dans le chaudron d’eau froide et on fait lentement monter la température… La question n’est jamais posée de manière aussi cruelle (et aussi claire) qu’elle le fut pour les chrétiens sous l’Empire romain. Chez nous, il s’agit d’une pression non pas brutale, mais manipulateur[6], appuyé sur « le consensus », ce consensus trafiqué à souhait par les médias et le système d’éducation. Et ceux qui ne se plient pas à cette pression sont marginalisés de diverses manières (entre autres, les accusations d’intolérance). Il faut constater que nos élites postmodernes ont des méthodes bien plus efficaces que la crucifixion… Dans son NewsLetter d'août 2018 (voir la bibliographie), le Dr. James Dobson examine la pression exercé sur les Évangéliqeus de cette génération pour se conformer au politiquement correct (postmoderne) en Occident.

Voici un exemple récent des pressions anti-chrétiennes bien plus hypocrites que ceux de l'époque de Pline (où on a censuré la promotion d’un événement chrétien, car la publicité comportait une image offensante, une Bible).

Billboards for Greg Laurie’s Harvest Crusades pulled after complaints about a picture of the Bible. (The Blaze 2018)


Voici un article anglais qui mesure les préjugés anti-chrétiens en milieu universitaire

Professor makes shocking discovery while measuring anti-Christian and political bias in academia. (The Blaze 2017)

Dans mon expérience, plus on monte dans le système universitaire (et que l'on s'approche de postes d’enseignement et d'influence), plus on vous fera de pression pour entrer dans le moule. Pendant les études, au baccalauréat, on vous laissera tranquille (vous ne posez pas de danger), mais dès les études graduées, les enjeux augmentent. Et plus vous résistez à cette pression pour vous faire entrer dans le moule idéologique et plus vous dérangez les idées dominantes, plus il y a de chances que l'on vous marginalise... À mon avis, la situation est pire dans les milieux francophones, sauf que les attitudes sont plus hypocrites. On vous sourira au visage, mais derrière des portes fermées, on s’assurera discrêtement de vous exclure de tout poste d’influence. Je sais, je sais, dans certains domaines très technologiques ce genre de pression idéologique est moins présent, mais les choses peuvent changer, comme on le voit dans l'article suivant.

Doyle, Shaun (2017) La conscience des médecins doit être « rééduquée »: Avortement et euthanasie forcés? Des bioéthiciens veulent forcer les médecins à assassiner. (Paroles de Dieu - 20/3/2017)

Il est très clair qu'un évangélique dans le domaine médical (infirmière, médecin) devra aussi s'armer de courage et de toute sa foi en Dieu, car lui aussi se retrouve en territoire de guerre idéologique où on cherchera à lui faire offrir une pincée d'encens aux principes éthiques de l'idéologie postmoderne. Et quand l’enjeu consiste à choisir entre principes éthiques bibliques et un métier dans lequel on a pu engager 20 ans d’études et de recherches, lequel choisir ?? Il va sans dire que cela pose une question comptable précise... Pour s'amuser, faisons le calcul de ce que peut gagner au cours de sa vie (en moyenne) un médecin. Disons un salaire moyen au Canada de 150,000$ par année au cours d'une carrière d'environ 35 ans (sans compter les années avec pension et les années d'études...). Cela fera quand même une jolie somme n'est-ce pas? Et si on met ça dans la balance est-ce que cette somme pèserait plus que la foi de ce médecin? En somme, si on mesure la foi de cette génération d'évangéliques, trouve-t-on quelque chose à mesurer? Parfois je me demande si un ange devait visiter les églises évangéliques de cette génération, si dans un grand nombre de cas il n'écrirait pas au mur «mene, mene, tekel, upharsin» (Dan. 5: 24-28)


le docteur de la mort - Jack KevorkianLe suicide : attitudes romaines et postmodernes

Dans ses épîtres, Pline parle du phénomène du suicide chez les Romains. Et en lisant Pline, on constate des parallèles révélateurs entre les attitudes de la civilisation romaine païenne et celles de l'Occident postmoderne. Manifestement l’Occident postmoderne se rapproche beaucoup du paganisme romain. Mais il reste une différence TRES significative entre ces deux civilisations. Dans l'Empire romain, comme à notre époque, on justifiait le suicide en prétextant qu'il permet d'écourter la souffrance. Et chez les Romains le suicide était aussi justifié lorsqu'un individu a subi une grande humiliation sociale[7], mais dans tous les cas l'initiative du suicide repose UNIQUEMENT avec l'individu. Personne ne l’impose. Mais dans l'Occident du 21e s., l'État est TRES étroitement mêlé à la question, car dans la majorité des pays occidentaux, l'État contrôle les soins de santé tandis que chez les Romains, l'État ne s'en mêlait d'aucune manière. Chez eux, les soins de santé reposent UNIQUMENT sur la famille. Et chez les médecins, le serment d'Hippocrate interdisait toute la tentation de l'euthanasie. Mais chez nous, cette protection n’existe plus, car nos élites postmodernes travaillent avec ardeur à éliminer tout vestige d'influence judéo-chrétienne et puisque l'État contrôle les soins de santé et que le serment d'Hippocrate est désormais désuet, le chemin est libre pour ceux qui contrôlent l'État d'imposer le suicide à ceux qu'elle considère ne méritant pas de vivre. Aujourd'hui les médecins et infirmières sont transformés en bourreaux... Chez nous, tout ceci se réduit à une logique comptable, économique, mais le tout derrière un masque extraordinairement hypocrite d’un blabla où les mantras de compassion et soulagement sont répétés à la nausée…

Il faut donc voir que dans l’Occident du 21e siècle la situation est bien plus grave que celle existant sous le paganisme romain, car désormais l’État se retrouve en position de pouvoir imposer le suicide. Ainsi depuis l’introduction en Occident de lois permettant l’euthanasie, la mort d’un individu peut être décrétée sans procès par des bureaucrates étatiques dans le système de santé si cela se justifie par des motifs comptables, économiques et, pourquoi pas, idéologiques… Au Canada, on a déjà vu le cas (2018) de Robert Foley, un homme de 42 ans souffrant d’une maladie neurologique incurable, qui demandait aux autorités du système de santé des soins palliatifs afin d’améliorer sa situation, mais on lui a proposé plutôt l’euthanasie, c'est-à-dire la mort… À mon sens la personne qui lui a fait cette suggestion devrait être inculpé pour avoir proféré des menaces de mort…

Si on se permet une perspective quelque peu cynique, de tels épisodes sont le fruit inévitable d’une situation où le gouvernement contrôle le système de santé et le finance au moyen de taxes imposées aux gens en santé, et décide ensuite qui aura droit aux soins de santé en fonction des décisions prises par les politiciens qui se soucient avant tout de ceux qui sont jugés productifs (sur le plan économique) et qu'ils peuvent ainsi acheter les votes. Naturellement, les jeunes ayant moins de problèmes reçoivent alors des «soins de santé», c'est-à-dire contraceptifs, avortements, changements de sexe, procédures de FIV, élargissements mammaires - car ces jeunes adultes peuvent voter pour bien des années encore. Mais aux personnes âgées, de plus en plus on leur demande de se tuer pour le bien de ceux qui dirigent ce système (plus oui moins discret) d'achats de votes.

Tout près de chez moi, on a vu se construire récemment un édifice qui deviendra une résidence pour personnes âgées. Mais avec la promotion de l’euthanasie par nos élites en Occident, je me demande si bon nombre des ces résidences pour personnes âgées ne deviendront pas, d’ici peu de temps, des usines euthanasiques. On semble avoir chipé le scénario du vieux film de science-fiction Solyent Green (1973).


Références


ARISTIDE, LE PHILOSOPHE (2e siècle ap. J-C) Apologie d'Aristide. (PDF)

DOBSON, James (2018) No Time to go Wobbly! (August - Dr James Dobson's Family Talk NewsLetter)

HAMMOND, Gretchen Rachel (2018) Guardians from Hell: The completely legal, utterly grotesque system for undermining the rights of the elderly. (The Tablet)

LIOU Gille (1993) Divinisation des morts dans la Rome ancienne. Revue belge de philologie et d'histoire. Tome 71 fasc. 1,. Antiquité — Oudheid pp. 107-115

PLINE LE JEUNE (112 ap. J-C ?) Épîtres. (traduction M Nisard) DuRochet & Le Chevalier éditeurs Paris 1850

RÉDACTION (2018) Clause de conscience : 3 médecins français s attirent les foudres d'une sénatrice en refusant de pratiquer l'avortement: Trois médecins du Centre Hospitalier de Bailleul dans la Sarthe se sont attirés les foudres d'une sénatrice en refusant de pratiquer l'avortement. Ils invoquent la clause de conscience, prévue par la loi française dans l'article L2212-8. (Infochrétienne - 7 août)

SCHADENBERG, Alex (2018) Canadian man releases tapes of hospital urging him to die by euthanasia. Euthanasia Prevention Coalition

TERTULLIEN (197 ap. JC): Apologétique avec Ad Scapulam & De baptismo (PDF)

WINTERY KNIGHT – blogue (2018) Canadian hospital denies man’s requests for assisted care, offers him euthanasia instead.

YACCARINI, Olivier[8] (2013) Je ne tuerai point: Le nombre d'euthanasies pratiquées augmente rapidement dans tous les pays où elle est légale, et les balises sont toujours transgressées progressivement, peu importe ce qui dit la loi. (La Presse, nov.)





Notes

[1] - Pour les païens Romains, le culte rendu par les vivants aux morts leur est nécessaire. Chez les Romains, les morts (prestigieux) pouvaient vénérés comme des demi-dieux et étaient particulièrement importants pour le bien-être spirituel de leurs familles. On se souvient d'eux en privé le jour de leur anniversaire de naissance et en public lors de festivals distincts, soit le Parentalia et le Lemuria. Ceci aura plus tard une influence chez les catholiques dans le développement du culte des saints, enraciné dans le culte des héros chez les Grecs et Romains de l’antiquité. Chez les Grecs il était commun de faire des offrandes en vue de supplications faites au tombeau ou à un temple dédié à un héros. Le catholicisme n'a fait que transposer ce culte païen.

[2] - Probablement rédigé vers 112 ap. J-C.

[2a] - Pour un point de vue chrétien de l'époque sur le crime d'être chrétien, voir L'Apologie d'Artistide, le philosophe, c'est-à-dire une lettre adressée à l'empereur Hadrien. À l'égard des religions polythéistes dominant son époque, le ton d'Aristide est souvent sec et ironique. Mais à la dernière section de son Apologie (15), lorsqu'Aristide vante le comportement et la vie pure des chrétiens de sa génération, je dois avouer trouver ça un peu pénible à lire car avec l'évangile compromise qu'on a prêché chez les évangéliques depuis une génération, on ne peut pas se vanter autant qu'Aristide du comportement au-dessus de toute reproche des évangéliques de notre génération. Mais ça, c'est plus que «gênant», c'est scandaleux. Il nous reste à piler sur notre orgueil, reconnaître nos fautes et s'en repentir... La Postface (de moi) de ce texte explore quelques parallèles entre les systèmes de croyances examinés par l'Apologie d'Aristide (les religions polythéistes dominant sa génération) et des systèmes de croyances de notre génération. Manifestement, Aristide est tout à fait d'actualité...

Voir aussi l'Apologétique de Tertullien. Tertullien était un chrétien de culture romaine vivant à Carthage en Afrique du nord. Née en 160 et mort en 220 ap. J-C, il a vécu tout à fait dans l'époque des grandes persécutions. Au Ebook de l'Apologétique* l'on trouvera joint deux autres textes par Tertullien, soit une lettre adressé à Scapula, un gouverneur romain qui persécutait les chrétiens ainsi qu'un texte sur le baptême. Dans ce dernier texte, Tertullien explique pourquoi il faut rejeter le baptême des nouveaux-nés.

[3] - Et rester dans les bonnes grâces de ce dernier.

[4] - Éphèse est situé dans l’ouest de la Turquie actuelle.

[5] - Pour éviter tout malentendu, je ne pense pas uniquement à la fameuse Évangile de la Prospérité, mais je mets également dans la catégorie d’évangile estropié, les prédicateurs pour qui l’évangile se résume à la formule « Viens à Jésus et il donnera sens à ta vie ».

[6] - Et à mon avis, la manipulation est caractéristique du postmodernisme. Par ailleurs, je constate que nos élites occidentaux depuis le passage au 21e siècle et l’échec des grands projets idéologiques du 20e siècle, tels que le nazisme et le communisme, désormais nos élites ont mis de côté les projets de société érigés grâce à des moyens coercitifs (violence, brutalité et menace physique) et se sont tournés désormais vers des méthodes manipulatrices. Et il faut comprendre que s'ils renoncent encore à la coercition, c'est pour des motifs stratégiques et non éthiques, c'est-à-dire que pour le moment les méthodes manipulatrices sont assez efficaces pour parvenir à leurs objectifs de transformation sociale... Les méthodes coercitives ont le désavantage de rendre les enjeux idéologiques trop clairs et d’identifier les adversaires en scène. Mais de plus en plus on voit par leur comportement que nos élites postmodernes sont maintenant prêtes à supprimer le droit de parole des autres par des moyens de plus en plus coercitifs. Le mouvement Antifa n’en est qu’un exemple.

[7] - Pour Pline, ce type de suicide, pour sauver l’honneur, méritait le respect, attitude qui se rapproche quelque peu du concept japonais du hara-kiri.

[8] - Urgentologue à l'Hôpital Saint-François d'Assise, à Québec