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Samizdat

I Have a Dream !




Paul Gosselin (2018)

Non, non, non, ne vous inquiétez pas, je ne me prends pas pour Martin Luther King. Après tout, je n’ai pas la gueule du métier, mais quand même, un blanc-bec comme moi n’a-t-il pas le droit de rêver un peu aussi ? Eh oui, moi aussi j’ai un rêve, mais mon rêve à moi n’est pas lié aux conséquences du racisme aux États-Unis.

Non, mon rêve à moi serait de voir une génération de pasteurs et de prédicateurs évangéliques s’élever devant leurs assemblées un bon dimanche matin et dire quelque chose qui ressemble à ceci :


« Vous me connaissez et savez que je prêche dans cette église depuis cinq (10, 15, 20 ou 30) ans et je dois confesser maintenant devant vous que j’ai manqué à mes responsabilités et que j’ai trahi votre confiance en prêchant, parfois par tradition d’église (en suivant l’exemple d’autres pasteurs passés devant), parfois par crainte des hommes, un évangile bonbon et superficiel où il n’est question que de grâce, un évangile qui n'entraîne aucune repentance… Tout comme bien d’autres, je me suis esquivé de la question de la Porte Étroite. Je sais que le mot « repentance » revenait assez souvent dans mes prédications, mais j’avoue maintenant que ça n’avait jamais de répercussions pratiques ou concrètes…

Vous savez que dans le passé j’ai souvent prêché cet évangile estropié en m’appuyant sur le récit bien connu de la femme prise en flagrant délit d’adultère (Jean 8 : 3-11). Comme beaucoup d’autres pasteurs, j’ai cru que ce récit justifiait prêcher un évangile qui ne discute pas sérieusement de péché, de jugement (qui pèse sur chacun de nous) ou de repentance, car après tout Jésus n’a mentionné aucune de ces choses dans ce récit. Il n’a dit à cette femme que « Va, ne pêche plus. » Mais en y réfléchissant récemment, j’ai compris que dans mon interprétation je fermais les yeux sur un principe d’exégèse qu’un enfant de dix ans peut comprendre : « Un verset sorti de son contexte est un prétexte. »

Peut-être vous vous dites : « Ok, j’ai bien compris pasteur, un verset sorti de son contexte est un prétexte, mais sur le plan pratique ça change quoi ici ? » Et bien, si on veut comprendre l’enseignement de Christ sur le salut, il faut examiner TOUT ce que dit les Évangiles et le Nouveau Testament, plutôt que piger ici et là dans le Nouveau Testament que les trucs qui plaisent aux oreilles de la génération qui nous entoure. Je veux donc confesser que j’ai manqué d’annoncer le plein conseil de la Parole sur l’état de l’homme et sur le salut. Je m’explique…

Par exemple en prêchant sur le récit de la femme prise en adultère je réalise que je laissais entendre qu’avoir des « émotions de remords » suffisait pour le pardon et le salut. Non, la tristesse selon Dieu c'est quelque chose plus grand que d'avoir des remords. Trop souvent le remords ce n'est rien d’autre que le regret d'avoir mal agi, souvent motivé par la peur d’être découvert et d'en subir les conséquences... Un exemple de remords dans la Bible est celui de Judas. Un exemple de tristesse selon Dieu : c'est celui de l'apôtre Pierre qui a pleuré amèrement quelques heures après avoir renié le Seigneur à trois reprises. Pierre a reconnu son péché et a cherché le pardon de Christ, Judas non.

À la longue, j’ai fini par comprendre que la parabole du Fils prodigue montre non seulement qu’il faut avoir des “remords” à l’égard de choses qu’on aurait faites, mais qu’il faut AUSSI reconnaître et confesser son péché. Cette parabole expose aussi l’attitude de Dieu qui attend impatiemment que nous, les pécheurs, nous nous humiliions pour accepter le jugement de Dieu sur notre péché et que nous recherchons le pardon qui nous est offert afin de passer de la mort à la vie.

On connaît tous ce récit du Fils prodigue qui quitte son père pour faire la fête, mais lorsque sa vie tombe en ruines, dit :

Étant rentré en lui-même, il se dit: Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai: Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils; traite-moi comme l’un de tes mercenaires.  Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa.  Le fils lui dit: Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. (Luc 15 : 17-21)

Évidemment, comme on le sait, le père pardonne son fils et c’est la fête de la réconciliation. Mais imaginez un moment la suite du récit si, plutôt que revenir à la maison avec un cœur repentant, le fils prodigue était allé voir son père en disant: “Salut Pa ! Je veux juste dire que je suis assez cassé ces temps-ci, et j’ai des amis qui viennent chez moi en fin de semaine, tu ne pourrais pas me filer une autre carte de crédit pour passer le mois?? Et comme tu le sais, si les circonstances le permettent, je verrai ce que je peux faire pour te rembourser. Hein, Pa ? T'as encore les moyens de faire ça ?”

Qu’en pensez-vous ? Si telle avait été l’attitude du Fils prodigue alors je pense que la fête prévue n’aurait jamais eu lieu et plus tard dans la journée, lorsque le Père aurait croisé le Fils aîné, il est probable que le Père lui aurait dit quelque chose bien différent de ce que l’on retrouve dans Luc. Quelque chose du genre: “Ah, j’ai vu ton frère aujourd’hui. [GROS soupir…] Il est toujours mort...”

Un autre aspect de l’Évangile que j’ai négligé est le rôle de Jean-Baptiste qui est examiné au 3e chapitre de Matthieu. Jean-Baptiste a-til fait des miracles ? A-t-il fait des promesses de bénédictions terrestres ? La réponse est non, évidemment. Il n’a fait que prêcher la confession des péchés et la repentance. Et dans son ministère, le baptême servait comme geste public de reconnaissance de ses péchés et du désir de changer de vie. Il est un peu étrange que Nouveau Testament ouvre avec le ministère de Jean-Baptiste, car depuis plus de mille ans, le peuple Juif avait la Loi de Moïse, lui rappelant que les fils d’Adam et les filles d’Eve ont tous des comptes à rendre devant leur Créateur. Mais le Nouveau Testament nous fait prendre conscience que le ministère de Jean-Baptiste a servi de fondement au ministère de Christ et notre Seigneur l’a souligné à deux reprises. D’abord en s’identifiant au message de Jean-Baptiste au point de se faire baptiser lui-même (et en passant par-dessus les objections de Jean-Baptiste – Matt. 3 : 13-15) même s’il n’avait aucun besoin de repentance. Et une deuxième fois Christ à souligné l’importance du message de Jean-Baptiste en observant:

Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’y en a point de plus grand que Jean. Cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. (Luc 7 : 28)

En lisant le Nouveau Testament en considérant la prédication de Jean-Baptiste dans les Évangiles ou encore la prédication des Apôtres dans le livre des Actes, on constante que la première chose qui leur sort de la bouche est « repentez-vous ! »  Et pour mesurer un peu l’importance du concept de la repentance dans le Nouveau Testament, on peut noter que le mot « repentance » (et ses variantes) y apparaît 52 fois. Très souvent le NT assimile l’Évangile à l’appel à la repentance. Dès le début du ministère de Jésus, il est clair que la prédication sur le péché et l'exigence de la repentance sont à l’avant-plan.

Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. (Matt 4: 17)

Le monde ne peut vous haïr; moi, il me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses oeuvres sont mauvaises. (Jean 7: 7)

Et dès le début, dans le ministère des apôtres, il en fut de même

Ils [les douze apôtres] partirent, et ils prêchèrent la repentance. Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient. (Marc 6 : 12-13)

Et dans le ministère de l’apôtre Paul, il en fut de même

à ceux de Damas d’abord, puis à Jérusalem, dans toute la Judée, et chez les païens, j’ai prêché la repentance et la conversion à Dieu, avec la pratique d’oeuvres dignes de la repentance. (Actes 26: 20)

J’en tire la conclusion que Dieu ne cherche pas des gens qui se sont joints à un club social du dimanche matin et qui, avec le temps, ont appris le jargon évangélique et qui savent entonner Halleluia ou Amen quand c'est le bon moment, il cherche des gens passés par la Porte Étroite, humiliés devant Dieu, changés, repentants, des disciples, dont les péchés sont lavés dans le sang de l'Agneau et qui marchent désormais dans la Vérité. Je sais, certains vont penser que cela va nous conduire à néo-légalisme. Ce n’est pas le cas. Même au milieu des grands jugements des temps de la fin, on voit l'attitude de Dieu aussi dans les 7 fléaux de l'Apocalypse. Quel est le cri de Dieu ?

Le quatrième versa sa coupe sur le Soleil. Et il lui fut donné de brûler les hommes par le feu; et les hommes furent brûlés par une grande chaleur, et ils blasphémèrent le nom du Dieu qui a l'autorité sur ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire. Le cinquième versa sa coupe sur le trône de la bête. Et son royaume fut couvert de ténèbres; et les hommes se mordaient la langue de douleur, et ils blasphémèrent le Dieu du ciel, à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, et ils ne se repentirent pas de leurs oeuvres. (Apoc. 16: 8-11)

Tout comme le Père dans la parabole di Fils prodigue, le Père céleste attend toujours avec impatience que les hommes et femmes s’humilient et confessent leur péché et cherchent la repentance afin de recevoir son pardon. Comme beaucoup de pasteurs, j’ai mis de côté le sujet du jugement de Dieu. Il faut admettre que s’il y a une doctrine biblique que la génération qui nous entoure déteste, c’est bien la doctrine du jugement. Si, parfois dans mes sermons j’ai dit le mot repentance, j’ai évité d’examiner de plus près ce que les Écritures disent à ce sujet. J’ai préféré prêcher sur des sujets plus agréables… Cette génération n’aime pas l’idée qu’on ne peut pas faire tout ce que l’on veut dans cette vie et qu’on a des comptes à rendre à Quelqu’un. Si dans notre génération le Dieu qui a jugé Sodome et Gomorrhe n'a pas la cote, pourtant la Bible nous enseigne clairement que la justice et le jugement du péché est l'un des visages de Dieu.

Évidemment, lorsqu’on a compris qu’on doit se repentir sur un point particulier, la question se posera, comment se repentir ? Jusqu’ici je dirais que les Écritures nous présentent deux modèles pour la repentance, une repentance dirigée et une repentance de type spontanée. Pour la repentance dirigée, dans les Évangiles Jean-Baptiste fournit le modèle.

La foule l’interrogeait [Jean-Baptiste], disant: Que devons-nous donc faire? Il leur répondit: Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même. Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent: Maître, que devons-nous faire? Il leur répondit: N’exigez rien au delà de ce qui vous a été ordonné. Des soldats aussi lui demandèrent: Et nous, que devons-nous faire? Il leur répondit: Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde. (Luc 3 : 10-14)

Comme on le voit ici, parfois le jeune chrétien doit/peut demander conseil à un chrétien plus mature pour voir plus clairement les changements de comportement et d’attitude qu’il doit apporter dans sa vie. Parfois ce conseil permet de dépasser les bonnes intentions et poser un geste concret. Pour ce qui est d’une repentance de type spontanée, Zachée, ce fonctionnaire malhonnête et parasitaire nous fournit ce modèle :

Mais Zachée, se tenant devant le Seigneur, lui dit: Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. (Luc 19: 8)

Si personne ne semble avoir fait d’observations précises à Zachée sur ce qu’il devait faire, on peut supposer qu’il avait dû entendre des prédications de Christ lui-même, sinon ceux des apôtres (sinon racontés par un tiers) et que ces prédications avaient exposé son péché et son besoin de repentance. Le fait de croiser Jésus ce jour-là semble avoir catalysé Zachée afin qu’il passe des bonnes intentions à l’action. Le cas de Zachée met en lumière un autre aspect de la repentance qu’il ne m’est pas souvent arrivé d’examiner, soit la restitution[1], c'est-à-dire de faire un geste concret afin de tenter de réparer le mal qu’on a pu faire aux autres dans le passé. Évidemment si on a emprunté 20$ et que l’on ne l’a jamais remis, la chose est vite réglée, mais dans certains cas graves, le cas d’un meurtre par exemple, il est généralement impossible de rétablir les choses comme avant. On peut certainement commencer par avouer notre faute, comme le bon larron (Luc 23: 39-43), qui a reconnu son péché devant Dieu et les hommes. Mais même lorsqu’il est impossible de rétablir les choses Dieu peut aussi inspirer au pécheur un geste de réconciliation qui peut faire germer la grâce dans le cœur de ceux qu’autrefois il a lésé.

Je sais que certains collègues pasteurs n’accepteront pas de faire ce que je fais ce matin, craignant pour leur réputation ou pour leur autorité. Pour ma part, je veux m’attacher à la Parole de Dieu avant tout et je laisse ce que j’ai d’autorité et de réputation entre Ses mains.

Et devant vous, à partir de ce jour, je m’engage (et que Dieu m’en soit en aide) à prêcher TOUT de ce que dit le Nouveau Testament sur le message de l’Évangile.

Je m’engage à dire ce que disent les Écritures sur le péché sexuel, même si cela ne cadre pas avec l’idéologie LGBT.

Je m’engage à tenir la route, même si des gens ici dans cette salle pourraient nous quitter, prétextant que cette église est devenue trop légaliste, trop intolérante, manquant d’ouverture.

Je m’engage à tenir la route, même si le budget de cette église devait subir des contrecoups de ce changement de cap.

Je m’engage à ne plus mettre la crainte des hommes ou la « business d’église » avant la crainte de Dieu et ma responsabilité de dispenser droitement et équitablement la Vérité.

Je veux voir les fruits véritables de l’Esprit produits par l’Évangile de Christ dans ma vie et dans les vôtres aussi ! Si on prêche l’Évangile des Apôtres, qui sait si on ne verra pas des vies radicalement transformées comme l’ont vu les Apôtres ? Qui sait si Dieu ne pourra pas envoyer un vent puissant comme l’a décrit le prophète Zacharie :

Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. (Zach 12 : 10)

Aujourd’hui je suis d’avis qu’un évangile qui ne fait pas réfléchir sérieusement sur le péché et le jugement et qui ne conduit pas à une repentance concrète et visible de tous les hommes ouvre la porte toute grande à l’influence du monde dans l’église[2]. Que Dieu nous en préserve !»




Eh oui, ça c’est le rêve de Paul Gosselin. Et si Dieu le veut, avant la fin de mes jours, j’aimerais bien le voir de mes yeux se réaliser dans les églises évangéliques du Québec (et ailleurs, au besoin). Et qui sait si, voyant leurs pasteurs s’humilier devant eux, les chrétiens à leur tour ne fassent pas de réflexions sérieuses et que des hommes ne se disent pas, c’est vrai moi j’ai joué avec la pornographie en ligne, je dois arrêter ça, et un autre, moi j’ai triché aux impôts, je dois contacter le service des impôts et tout tirer ça au clair et un autre, moi j'ai triché sur mon épouse, je dois me confesser. Et qui sait si des femmes ne se disent pas, moi je veux confesser que j’ai eu un avortement et j’ai tué l'enfant qui m’avait été confié, ou une autre, moi je veux confesser que j’ai divorcé un homme fidèle, etc… Qui sait ?

Parfois au flanc d’une montagne enneigée, une petite boule de neige peut se mettre à débouller, en entraîner une autre, et une autre, et finalement c’est une avalanche énorme qui emporte des rochers et arrache des arbres. Qui sait ?

A mon avis plusieurs pasteurs dans cette génération sont semblables à un chirurgien qui opère un patient souffrant de tumeurs cancéreuses. La date de l’opération arrive et le chirurgien suit tout le protocole habituel, désinfection des lieux, désinfection des scalpels, anesthésie selon les règles de l’art, incision là où il le faut et, à la fin, les points de suture faits correctement. Tout a été exécuté méticuleusement. Et après le réveil, le chirurgien rassure le patient avec un grand sourire : « tout va bien aller ! » Mais petit détail, le chirurgien n’a pas éliminé la tumeur… Le cancer est toujours là. Que pourrait-on dire au sujet de tels soins ?

Alors vous vous souviendrez de votre conduite qui était mauvaise, et de vos actions qui n’étaient pas bonnes; vous vous prendrez vous-mêmes en dégoût, à cause de vos iniquités et de vos abominations. Ce n’est pas à cause de vous que j’agis de la sorte, dit le Seigneur, l’Eternel, sachez-le! Ayez honte et rougissez de votre conduite, maison d’Israël! Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel: Le jour où je vous purifierai de toutes vos iniquités, je peuplerai les villes, et les ruines seront relevées; la terre dévastée sera cultivée, tandis qu’elle était déserte aux yeux de tous les passants; et l’on dira: Cette terre dévastée est devenue comme un jardin d’Eden; et ces villes ruinées, désertes et abattues, sont fortifiées et habitées. (Éz. 36: 31-35)

Quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. (Luc 18:14)


Notes

[1] - Et le principe de la restitution n’est pas une chose que l’on retrouve uniquement dans le Nouveau Testament, l’Ancien le souligne également :

Lorsque je dis au méchant: Tu mourras! -s’il revient de son péché et pratique la droiture et la justice, s’il rend le gage, s’il restitue ce qu’il a ravi, s’il suit les préceptes qui donnent la vie, sans commettre l’iniquité, il vivra, il ne mourra pas. Tous les péchés qu’il a commis seront oubliés; s’il pratique la droiture et la justice, il vivra. (Éz. 33 : 14-16)

[2] - Mais certains vont peut-être se demander si une prédication qui rétablit le jugement et la repentance ne pourrait pas tomber dans un légalisme étouffant? En effet théoriquement ce danger existe et pour maintenir l'équilibre que nous propose le Nouveau Testament, la prédication de l’Évangile doit aussi nous faire voir le coeur du Père qui attend impatiemment le moment de la réconciliation. Ce même Père qui, pour effectuer cette réconciliation, a été jusqu’à sacrifier son Fils à la croix. Si on omet ces détails, ce pourrait être guère mieux que la Cheap Grace que j'ai prêchée jusqu'ici. Et ce coeur du Père, même dans l’Ancien Testament, les prophètes nous l’ont révélé :

Et toi, fils de l’homme, dis à la maison d’Israël: Vous dites: Nos transgressions et nos péchés sont sur nous, et c’est à cause d’eux que nous sommes frappés de langueur; comment pourrions-nous vivre? Dis-leur: je suis vivant! dit le Seigneur, l’Eternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël? (Éz. 33 : 10-11)

Mais pour le moment en Occident on est TRES loin d'un légalisme étouffant de ce genre. Il faut voir la situation telle qu'elle est...