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Samizdat

Évangélique et franc-maçon ?




Paul Gosselin (2018)

Pour toutes sortes de raisons il peut être assez difficile de discuter du sujet de la franc-maçonnerie de manière tout à fait rationnelle et posée. Mais, dans la mesure du possible, c’est ce que nous allons tenter ici, malgré tous les pièges tendus sur la route en explorant cette secte gnostique[1] qui aime tant s’entourer d’une aura de mystère[2]. C’est une société secrète après tout. Si ce n’est pas un sujet qui m’attire particulièrement, ce geste résulte du fait que je sens que le moment est venu pour moi de mettre cartes sur table[3]


Tiens on va rire, encore un autre complotiste…
Si, il y a 15 ans, on m’avait demandé ce que je pensais des francs-maçons j’aurais probablement répondu: RIEN, sinon, « Ah, ce doit être un groupe un peu folklorique ou encore une secte gnostique (avec un savoir sacré, pour initiés seulement) qui a été actif surtout aux 18e et 19e siècles. » Longtemps je les considérais un groupe sans importance, mais plus maintenant. Voici pourquoi.

En 2007-2009 j’ai été assez actif dans le dossier du cours Éthique et culture religieuse, un catéchisme postmoderne que le gouvernement québécois a imposé sur l’ensemble du système scolaire du Québec (écoles primaire et secondaire, ainsi que tout le réseau des écoles privées) et pour lequel on a carrément bafoué les droits établis des parents à choisir les cours de religion que suivraient leurs enfants. Moi-même j’avais des enfants dans ce système scolaire. Ce cours est relativiste, c'est-à-dire qu’il rejette tout concept de Vérité. Entre autres, j’ai rédigé une lettre ouverte destinée aux pasteurs de la Table de concertation (faisant le lien entre les églises protestantes et le gouvernement québécois sur les questions d’éducation) pour les demander de prendre position CONTRE le relativisme du cours d’ECR et j’ai fait une présentation à la commission Bouchard-Taylor et bossé un mois à temps plein sur un rapport d’expertise à présenter à la cour, en collaboration avec un avocat qui tentait de défendre les droits des parents (cause qui s’est rendu à la Cour supérieure du Québec, mais les droits des parents n’ont PAS été reconnus).

Un de ces trucs a dû attirer l’attention des francs-maçons, car un jour en 2009 j’ai été contacté (via courriel) par un monsieur Michel Thys de la Belgique, qui s’affichait lui-même, franc-maçon adogmatique (manière pas très subtile d’éviter d’afficher à quelle loge il appartient). Manifestement, il cherchait à me rendre plus « raisonnable » (à son point de vue) et me faire changer d’avis au sujet du cours ECR. Notre (assez long) échange de courriels (intégral), figure ici:

Échanges sur la question des origines: le franc-maçon et l'anthropologue. Samizdat

Et le jour même où je passais à la commission Bouchard-Taylor pour présenter ma mémoire (contre ECR) j’ai vu de mes yeux un groupe de francs-maçons québécois faire une présentation chantant les louanges du cours Éthique et culture religieuse. Il me semble assez clair que si ce cours n’est carrément pas un projet FM, il ne peut faire aucun doute qu’il avait leur plein appui[4]. Il faut noter que généralement les des francs-maçons se contentent de jeux d’influence discrets, loin des regards du public, alors une sortie de ce genre de leur part est assez inhabituelle (et significative).

La conclusion est inévitable, au 21e siècle, les FMs sont présents et actifs au Québec. Évidemment on rencontre des francs-maçons en milieu anglophone aussi. Les des francs-maçons américains aiment particulièrement se vanter de tous les présidents des États-Unis qui furent FMs. Ces liens sont particulièrement parlants:

http://www.themasonictrowel.com/freemasonry/Famous/famous_masons.htm
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Freemasons_(A%E2%80%93D)
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Freemasons_(E%E2%80%93Z)

Mais les francs-maçons soignent beaucoup leur image et aiment mettre de l’avant les francs-maçons qui furent grands et prestigieux, c’est leur “A-list” comme disent les Américains. Ils aiment BEAUCOUP se donner l’image des meilleurs, les plus rapides, les plus intelligents, les plus sexy, les plus riches, les plus prestigieux, etc, etc, etc, etc[5].... Vous ne verrez JAMAIS de listes de francs-maçons qui furent le sujet de fraudes, de scandales sexuels ou financiers... Pas de Harvey Weinstein sur ces listes... Et comme on peut le constater, les listes ci-dessus regroupent presque sans exception des individus morts, ou retraités. Au sujet de francs-maçons actuellement actifs sur la scène publique dans des postes de grande influence, motus (même s’il peut y avoir quelques exceptions[6])… D’ailleurs le franc-maçon belge Michel Thys, lorsque je l’ai questionné à savoir si une personnalité publique française était FM, m’a avoué franchement (2010):

De toute manière, s'il l'était, et si je le savais, je n'aurais pas le droit de vous le dire, lui seul l'ayant. D'autre part, quelles que soient les connaissances que l'on ait sur la franc-maçonnerie, il s'agit d'une société initiatique qui ne peut se comprendre et faire l'objet d'un commentaire en connaissance de cause que si l'on a été initié.

Je suis bien d’accord qu’il existe un danger de voir des francs-maçons partout, même là où il y en a pas (comme l’évangélique américain Jack T. Chick[7] qui voyait partout des complots de Jésuites), mais d’un autre côté, je pense qu’il y existe aussi un danger opposé (et équivalent) qui consiste à se fermer les yeux même lorsqu’il y a des preuves suffisamment convaincantes de la présence ou de l’influence des francs-maçons... Il va sans dire que puisque généralement les francs-maçons se taisent sur leurs convictions véritables cela complique les choses.

«... pour un FM, ça doit être assez amusant, car dès qu'ils croisent un individu qui fouille sous le tapis pour tenter de détecter de l'influence FM, on peut immédiatement l'accuser d'être encore un autre complotiste qui déraille avec ses hypothèses complètement farfelues (ha, ha, ha, ha !!!!!)Si on est policier, lorsqu’un individu accusé de meurtre se retrouve devant un tribunal, il peut arriver qu’il nie jusqu’au bout son implication dans le crime, mais à la fin, il se peut qu’il y ait suffisamment de preuves circonstancielles pour l’envoyer en tôle... Évidemment, puisque la franc-maçonnerie est une société secrète, il en général il est difficile d’avoir des preuves claires que tel ou tel individu soit franc-maçon. Et puisque c’est une société initiatique et hiérarchique, rien n’empêche les francs-maçons de mentir aux non-FMs au sujet de leurs activités et intentions, et même plus, que les FMs initiés au plus haut niveau mentent aussi aux FMs de bas étage au sujet de leurs croyances et intentions véritables. Seuls les FMs de très haut niveau comprennent les enjeux véritables de telle ou telle activité initiée par les francs-maçons. Et pour un FM, ça doit être assez amusant, car dès qu’ils croisent un individu qui fouille sous le tapis pour tenter de détecter de l’influence FM, on peut immédiatement l’accuser d’être encore un autre complotiste qui déraille avec ses hypothèses complètement farfelues. En effet, encore un "conspirationniste" qui est tombé sur la tête qui cour des lapins invisibles! Mais tiens, ça ferait un invité de marque pour notre prochain dîner de cons. Ah, qu'est-ce qu'on rigole! (ha, ha, ha, ha !!!!!) et pour bien des gens ce serait un dissuasif assez puissant pour se LA fermer. Quand on dit que le ridicule tue...


Quelques morceaux du puzzle… (croyances des francs-maçons)
Un aspect important de la salade franc-maçonne offert au grand public (naïf) est son discours relativiste qui affirme que : « Toutes les religions sont bonnes. ». On peut se douter que ce n’est qu’une première étape d’initiation… Et c’est justement cette salade que l’on rencontre dans le cours ECR imposé au Québec depuis 2008, mais on la rencontre également dans la littérature franc-maçonne officielle.

Entre autres, cela figure dans les écrits d’Albert Pike, franc-maçon américain notoire du 19e siècle, dont l’ouvrage le plus connu, soit Morals and Dogma of the Ancient and Accepted Scottish Rite of Freemasonry (1871), d’après la page Wiki à son sujet, fut distribué de 1910 à 1969 à tous les francs-maçons (initiés sous le rite écossais) aux États-Unis. Dans cet ouvrage, Pike affirme (1871/1944 : ch. XXVI) :

We do not undervalue the importance of any Truth. We utter no word that can be deemed irreverent by anyone of any faith. We do not tell the Moslem that it is only important for him to believe that there is but one God, and wholly unessential whether Mahomet was His prophet. We do not tell the Hebrew that the Messiah whom he expects was born in Bethlehem nearly two thousand years ago; and he is a heretic because he will not so believe. And as little do we tell the sincere Christian that Jesus of Nazareth was but a man like us, or His history but the unreal revival of an older legend. To do either is beyond our jurisdiction. Masonry, of no one age, belongs to all time; of no one religion, it finds its great truths in all. To every Mason, there is a God; One Supreme, Infinite in Goodness, Wisdom, Foresight, Justice, and Benevolence; Creator, Disposer, and Preserver of all things. How, or by what intermediates He creates and acts, and in what way He unfolds and manifests Himself, Masonry leaves to creeds and religions to inquire," (M&D pg 524)

Et ci-dessous, Pike réaffirme sa pensée syncrétiste (et œcuménique…), que toutes les religions se valent et que chacun a sa vérité… (1871/1944 : ch. XIV)

Masonry, around whose altars the Christian, the Hebrew, the Moslem, the Brahmin, the followers of Confucius and Zoroaster, can assemble as brethren and unite in prayer to the one God who is above all the Baalim, must needs leave it to each of its Initiates to look for the foundation of his faith and hope to the written scriptures of his own religion. (M&D, pg 226)

Évidemment ce genre de propagande c’est de la bouillie pour les chats destinée au grand public (naïf) et aux francs-maçons de bas étage, mais il y a lieu de se demander si par ailleurs cette salade ne prépare pas (lentement) le terrain pour la religion mondiale de l’Anti-Christ ?[8] Dans le monde francophone, les francs-maçons sont moins souvent déistes (comme la tradition anglophone) et plus souvent matérialistes et athées. Mais dans les cercles francs-maçons de plus haut niveau il y a de bonnes raisons de croire que ce sont plutôt des croyances (et pratiques) occultes et, finalement, sataniques qui prévalent… Mais les francs-maçons de bas étage (avant le 32e degré) vont protester de bonne foi que la franc-maconnerie qu’ils connaissent n’a rien à voir avec l’occultisme ou un culte satanique. Et ils ont raison, la franc-maçonnerie qu’eux connaissent n’a rien à voir avec ces choses, mais dans les dégrées d’initiation au-dessus d’eux, ils ne savent rien de ce que s’y passent… Le bas clergé franc-maçon, déiste chez les anglophones (rite écossais ou rite de York) ou matérialiste/athée chez les francophones (Grand Orient), n’est, à la fin, qu’un paravent pour masquer le cœur païen, occulte et hypocrite de cette religion. Chose curieuse, on trouve même des écrits francs-maçons qui confirment l’existence d’une franc-maconnerie cachée. À ce sujet, Albert Mackey, maçon du 33e degré fit ces commentaires dans son Encyclopédie de la franc-maçonnerie, publié en 1873 :

La maçonnerie visible: Dans une circulaire[8a] publiée le 18 mars 1775, par le Grand Orient de France, il est fait référence à deux divisions de l'Ordre, à savoir, la maçonnerie visible et invisible... par "maçonnerie invisible", ils signifiaient ce corps de maçons intelligents et vertueux qui, indépendamment de toute connexion avec les autorités dogmatiques, constituaient une "mystérieuse et invisible société des vrais fils de la lumière", qui, éparpillés dans les deux hémisphères, se sont engagés, d'un seul cœur et d'une seule âme à tout faire pour la gloire du Grand Architecte et pour le bien de leurs semblables.

John Marks TempletonMais revenons à la salade relativiste (très postmoderne) pondu par Pike au 19e siècle. On retrouve ce même relativisme également chez le magnat de la bourse et philanthrope Sir John Marks Templeton (1912-2008), fondateur du Templeton Foundation. Si Templeton lui-même n'est pas identifié comme franc-maçon[9], on peut noter deux choses, 1) il fut le récipiendaire d'une bourse Rhodes à l'université d'Oxford en Angleterre, une bourse fondée par le colonialiste britannique et franc-maçon notoire Cecil Rhodes. 2) Templeton a des opinions sur la spiritualité (largement publiées d'ailleurs) qui sont tout à fait compatibles avec les conceptions des francs-maçons (comparer aux affirmations de Pike, ci-dessus), si tolérantes à l'égard de la religion (dans la mesure, bien sûr, qu'on rejette résolument le concept d'une Vérité absolue et que l'on reste dans de vagues généralités). Il faut noter que Templeton est un universaliste, c'est-à-dire affirmant que toutes les religions peuvent apporter le salut (bien que Templeton préfère parler de vie sublime). Templeton est donc tout à fait dans la veine du postmodernisme avec son ouverture à la religion couplé à un rejet d’absolu et de VÉRITÉ. Voyez le discours manipulateur dans son livre The Humble Approach où Templeton affirme (1995 : 35-36, 45) :

"The truly humble should be so open-minded that they welcome religious views from any place in the universe that is peopled with intelligent life. Seekers following the humble approach... never... reject ideas from other nations, religions, or eras... the humble approach to theology is ongoing and constantly evolving... In fact, at the heart of true religion is the willingness to see truths in other religions. The Persian scriptures claim, "Whatever road I take joins the highway that leads to Thee... Broad is the carpet God has spread...."

Ainsi, de l’avis de Templeton le chrétien doit se montrer humble et accepter la vérité des autres religions... Et cette première phrase laisse même entendre qu’on devrait être à l’écoute des messages des OVNIs ou extraterrestres[10]… Mais le chrétien doit prendre conscience que ce qu’affirme Templeton n'a rien d'humble, il s'agit plutôt d'orgueil, car c'est le rejet (et la contradiction) manifeste de Celui qui a dit :

Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Jean 14: 6)
Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. (Matt 7 : 13-14)
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu'il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger; mais elles fuiront loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait. Jésus leur dit encore: En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont point écoutés. Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. (Jean 10 : 1-9)


A.E. Wilder-SmithUne expérience empirique
Le biochimiste britannique et évangélique, A. E. Wilder-Smith relate dans son autobiographie, A Fulfilled Journey (1998) que son père fut un franc-maçon initié de très haut niveau (32e dégré, Royal Arch). Un jour, il se mit à feuilleter un bouquin franc-maçon que son père avait négligemment laissé sur une table (et qu’il savait interdit...). En l’examinant, Wilder-Smith se rendit compte que dans les faits les francs-maçons adorent une trinité païenne, soit “Jabulon”, ce qui décodé, veut dire la synthèse de Jéhovah (Ja), Bul (ou Baal) et On (ou Osiris). Et lorsqu’il a confronté son père à ce sujet, le père a adopté une stratégie habituelle chez les francs-maçons, c'est-à-dire se moquer des faits découverts par son fils, à nier leur véracité et affirmant que c’était farfelu et ridicule... Voici le verdict final de Wilder-Smith au sujet des francs-maçons (1998 : 100)

Freemasonry is an absolutely anti-Christian syncretism. It is an enemy of Christianity and also of Judaism. Worship of Baal and On (Osiris) as deities is not compatible with the Old Testament! But in the beginning stages, the young Freemason or the Freemason who is not very ambitious knows practically nothing important about the Freemason’s doctrine. Charles Finney, the father of the American Awakening, was a Freemason before his conversion to Christ. He tried to witness for Christ in the lodge after his conversion. Finney learned very quickly that in the lodge, one may name and admire any religious leader, as long as one does not name the name of Christ as the Son of God, who died for the sins of the world[11].

Ainsi les francs-maçons mentent régulièrement au grand public sur leurs croyances véritables, mais il faut tenir compte que les francs-maçons de haut niveau mentent également aux francs-maçons initiés aux rangs inférieurs.  Puisque Wilder-Smith[12] a mentionné le revivaliste Charles Finney (1792-1875), voyons ce que ce dernier pensait des francs-maçons. Dans son livre The Character, Claims and Practical Workings of Freemasonry Finney affirme ceci (1869 : ch XIX) :

Judging from unquestionable evidences, how can we fail to pronounce Freemasonry an unchristian institution? We can see that its morality is unchristian. Its oath-bound secrecy is unchristian. The administration and taking of its oaths are unchristian and a violation of the positive command of Christ. And Masonic oaths pledge its members to some of the most unlawful and unchristian things:

1.    To conceal each other's crimes.
2.    To deliver each other from difficulty, whether right or wrong.[13]
3.    To unduly favor Masonry in political action and in business matters.
4.    Its members are sworn to retaliate and persecute unto death the violators of Masonic obligations.
5.    Freemasonry knows no mercy, and swears its candidates to avenge violations of Masonic obligations unto death.
6.    Its oaths are profane, taking the Name of God in vain.
7.    The penalties of these oaths are barbarous, even savage.
8.    Its teachings are false and profane.
9.    Its designs are partial and selfish.
10. Its ceremonies are a mixture of puerility[14] and profanity.
11. Its religion is false.
12. It professes to save men on other conditions than those revealed in the Gospel of Christ.
13. It is wholly an enormous falsehood.
14. It is a swindle, obtaining money from its members under false pretenses.
15. It refuses all examinations, and veils itself under a mantle of oath-bound secrecy.
16. It is virtual conspiracy against both Church and State.

Touchant la fameuse tolérance des opinions et ouverture aux autres religions dont se vantent les francs-maçons (dont la Humble Way de Templeton est un écho fidèle), Finney tranche ainsi (1869 : ch. XV) :

Again, Freemasonry is a system of gross hypocrisy. It professes to be a saving institution, and promises salvation to those who keep its oaths and conform to its ancient usages. It also professes to be entirely consistent with the Christian religion. And this it does while it embraces as good and acceptable Masons hundreds of thousands who abhor Christianity, and scoff at the Bible and everything that the Bible regards as sacred. In a Christian nation it professes to receive Christianity as a true religion; in Mohammedan countries it receives the Koran as teaching the true religion; in heathen countries it receives their sacred books as of as much authority as that which is claimed in Christian countries for the Bible. In short, Freemasonry in a pagan country is pagan, in a Mohammedan country it is Mohammedan, and in a Christian country it professes to be Christian; but in this profession it is not only grossly inconsistent, but intensely hypocritical.

Si on veut se faire une petite idée de la profondeur de l’influence sociale et politique des francs-maçons aux États-Unis dans sa génération (le 19e siècle) Finney, discutant d’une publication anti-maçonnique par William Morgan, fit ces commentaires (1869: ch. II) :

He [Morgan] regarded it [Freemasonry] as highly injurious to the cause of Christ, and as eminently dangerous to the government of our country, and I suppose was aware, as Masons generally were at that time, that nearly all the civil offices in the country were in the hands of Freemasons; and that the press was completely under their control, and almost altogether in their hands. Masons at that time boasted that all the civil offices in the country were in their hands. I believe that all the civil offices in the county where I resided while I belonged to them, were in their hands. I do not recollect a magistrate, or a constable, or sheriff in that county that was not at that time a Freemason.

Touchant l’Angleterre de l’après-guerre, Wilder-Smith (1998 : 98) exprima un avis semblable, que la majorité des élites britanniques étaient (sont ?) francs-maçons[15]. Finney note que de son vivant, les écrits de Morgan[16] et d’autres firent scandale à tel point que pendant un moment il y eut dans les états du Nord-est américain un puissant mouvement social antimaçonnique. On alla jusqu’à fermer des loges. On peut supposer que les choses se sont assez tassées depuis… Évidemment le monde francophone n’a rien connu de semblable[17]… Dans un article sur l’histoire de l’Église Réformée hollandaise (calviniste) aux États-Unis, Daniel Knight relate qu’au 19e siècle, vers la fin de cette vague antimaçonnique, certaines églises réformées prirent l’initiative d’exclure complètement les francs-maçons, tandis que d’autres en admettaient de certaines loges (2012) :

Two years earlier, in 1890, union had been effected between the TDRC and the larger immigrant CRC [Christian Reformed Church]. The union brought a much needed English-speaking element to the CRC. The TDRC [True Dutch Reformed Church] congregations were organized as Classis Hackensack. Although both groups shared a theological perspective and condemned Freemasonry, several of the Hackensack congregations allowed members of other lodges to join their churches. Since the CRC condemned all lodge membership as incompatible with the gospel, most of Classis Hackensack withdrew from the CRC in 1908.

Mais pour revenir à Finney, voici sa conclusion (et je traduis pour que tous comprennent…) sans ambiguïté au sujet de la franc-maçonnerie et sa compatibilité avec le christianisme (1869 : ch. XIX)

Les francs-maçons n’affirment pas que la franc-maçonnerie, telle que révélée dans ces livres[18], soit compatible avec le christianisme. Je ne connais pas de franc-maçon qui affirmerait qu’une adhésion rationnelle à la franc-maçonnerie serait compatible avec une profession de la religion chrétienne. Mais nous savons, si nous avons saisi la portée de ces témoignages, que ces livres exposent la franc-maçonnerie telle qu’elle est. Nous avons donc le témoignage implicite des francs-maçons eux-mêmes, que l’église chrétienne ne devrait avoir aucune communion avec la franc-maçonnerie et que ceux qui adhèrent consciemment et délibérément à une telle institution n’ont aucun droit de prendre place dans l’église de Christ. À notre avis, cette conclusion s’impose, nous ne pouvons l’éviter. Nous aurions souhaité une autre solution, mais nous prononçons solennellement et avec tristesse ce jugement.*

J’ai entendu dire que l’on ne peut pas être à la fois franc-maçon intelligent (ou honnête) et chrétien intelligent (ou honnête)… En effet, l’un exclut l’autre. Le scientifique chrétien, A. E. Wilder-Smith observa, dans la vie de son père franc-maçon qui, tout en se taisant sur ses convictions véritables, que ce franc-maçon de tradition anglaise (rite écossais) avait de solides connaissances bibliques, mais ne dédaignait pas faire du cinéma pour participer à des services chrétiens. Au sujet de son père, il observe (1998 : 90) :

… he never said anything specific about his faith. This was forbidden to Freemasons. They are sworn to absolute silence. The British Freemasons were especially closed. They were not permitted to advertise or promote their lodge at all and are not allowed to directly invite anyone to become a Freemason. They know the Bible well – especially the Old Testament. If one asks them directly what they believe, they never give an informative answer. But they are not interested in the Gospel of Christ. God’s Son is, for them, only a good man, not our Creator or the One who died for us on the cross. My father was, in this respect, no exception. He went to church with my mother – off and on – and when the minister was a lodge-brother.

Dans toutes ces discussions on fait face à une difficulté de taille, soit de démêler le véridique du farfelu, du mensonger et des variations des croyances et rites entre loges de tendances diverses[19]. Le chrétien, contrairement au franc-maçon, a la responsabilité de se soucier de VÉRITÉ. Dans tous ces débats, il a donc le devoir de retenir ce qui est bon (1Th 5: 21) et de rejeter le reste... Pour y parvenir, A.E. Wilder-Smith offre ce conseil plein de bon sens au sujet des FMs[20] (1998 : 95).

Are we completely sure that all this information about freemasonry is factual or is it only a fairy tale that the enemies of Freemasons have invented? One should not adopt evidence from only one source. One must have confirmation from as many sides as possible, otherwise one can be very deceived in such questions.


Pénétration des francs-maçons chez les protestants et évangéliques
Il faut prendre conscience que les francs-maçons ont une longue histoire de pénétration et d’influence obscure en milieux théologiques. Voyons d’abord la situation en Europe francophone. Un article par l’historien de l’église, le Suisse Jean-Marc Berthoud trace des étapes de la vie du pasteur calviniste Antoine Court (1695-1760) et son implication dans le Séminaire [calviniste] de Lausanne. Berthoud note à son sujet que (2018) :

Mais l'absence chez Antoine Court d'une combativité doctrinale et philosophique comparable à celle du grand Albert de Haller le rendit aveugle aux dangers qui menaçaient son œuvre. Aux alentours de 1750, encore de son vivant, certains étudiants de Séminaire rendus, par émulation de l'esprit du siècle, très friand de ce qu'on appelait des Sociétés de Pensée [43], s'étaient constitués en loge maçonnique. Cette société secrète se maintint et se développa.

Non, mais à la fin n’est-ce pas une TRAHISON de la cause pour laquelle Court s’était battu tant d’années ? C’est une tragédie dans tous les sens du mot... Et, pour se faire une idée de la pénétration des francs-maçons chez les huguenots (calvinistes) en Europe, le site Musée virtuel du Protestantisme relate une longue liste de détails sordides et tragiques, exposant la collaboration des calvinistes français (plusieurs pasteurs) à franc-maçonnerie.

Les protestants français et la franc-maçonnerie.

À lire cet article, les protestants français semblent même se VANTER de leur collaboration avec les francs-maçons, les ennemis de l’Évangile!!! C’est à vomir... Il est donc très clair qu’un grand nombre de protestants français ont frayé avec de véritables hérétiques! Depuis quelques années je réfléchis (lentement...) au très peu de pénétration de l’Évangile en France (et chez les francophones de manière générale). Ici au Québec, tout comme en France, on est précisément au même point, les évangéliques sont moins de 1% de toute la population... Comment se fait-il que l’Évangile ait pénétré bien plus profondément les milieux anglophones? Est-ce possible que ce ne soit pas en partie parce qu’il n’y eut jamais chez les francophones de remise en question sérieuse de l’influence des francs-maçons ? D’autre part, le franc-maçon belge Pierre A. Bailleux (et pasteur de l’Église unie) affirme sans gène (1996 : 57) : « nul n’ignore que de nombreux protestants et, parmi eux, des pasteurs, sont membres de diverses obédiences maçonniques ». Bailleux ne précise pas si cette affirmation ne vaut que pour les membres de l’Église unie ou peut être étendue à d’autres églises protestantes en Belgique/Europe… Discutant des courants anti-maçons en France, le franc-maçon Michel Jarrige[21] observe que la majorité de ces courants sont liés à l’Église catholique[22] et qu’en général les protestants ne firent pas de critiques des FMs, mais note que (2010 : 184) « Certaines confessions fondamentalistes américaines, l’Église presbytérienne réformée par exemple, condamnaient d’ailleurs sans réserve la franc-maçonnnerie, tout comme le faisait l’Église catholique. »[23]


Angleterre, États-Unis, Québec…
En Angleterre, A. E. Wilder-Smith atteste que les francs-maçons sont depuis longtemps bien infiltrés dans l’Église anglicane (2009) :

One must consider the fact that many Anglican ministers are Freemasons. At the time of Oliver Cromwell in England[24], there was a saying that the “Priests of Baal” will be stamped out. As school children, we never understood these words. Oliver Cromwell was made out to be, for us, a politician who was a religious fanatic and fundamentalist. Later through my studies of Freemasonry, I came to understand what Oliver Cromwell was saying about the “Priests of Baal”. (pp. 90-91)

Et si on regarde l’état actuel de l’Église Anglicane, prônant ouvertement le mariage gai et l’ordination de prêtres homosexuels, faut-il s’étonner qu’elle soit infiltrée à haut niveau par les francs-maçons ? Les presbytériens semblent suivre de près ce mouvement (d’apostasie)… Bien qu’il fait ici une observation générale sur le clergé, je me demande si ci-dessous C.S. Lewis ne pensait pas d’abord au clergé anglican (1947/2002 : 260) :

A great deal of what is being published by writers in the religious tradition is a scandal and is actually turning people away from the church. The liberal writers who are continually accommodating and whittling down the truth of the Gospel are responsible. I cannot understand how a man can appear in print claiming to disbelieve everything that he presupposes when he puts on the surplice. I feel it is a form of prostitution.

Et que dirait Lewis du clergé anglican de cette génération?



Au Québec, dans les pages du Bulletin de la Société d’histoire du protestantisme franco-québécoise on a exposé quelques cas d’infiltration des francs-maçons chez les protestants francophones. En général ce sont des individus peu connus, même des Québécois.

Le docteur Pierre-Salomon Côté ( ?-1909) ainsi que son épouse Éva Circé-Côté (1871-1949) ont frayé avec les francs-maçons. Éva Circé-Côté ne fut pas protestante, mais elle fut publiée dans la revue protestante L’Aurore… (source : Bulletin de la Société d’histoire du protestantisme franco-québécoise sept. no. 29. p. 4 & mars no. 35 p. 11)

Le notaire (et baptiste[25]) Théophile Amyrauld (1841-1903). Il fut le secrétaire de la loge (maçonnique) Yamaska. À la fin de sa vie, il se joindra à l’Église anglicane… (source : Bulletin de la Société d’histoire du protestantisme franco-québécoise juin no. 36. p. 9 et sept. 2012 no. 37, p. 6.)

Henri Jonas (1848- 1934), anglican et franc-maçon. Jonas fut importateur et grossiste de produits alimentaires. (source : Bulletin de la Société d’histoire du protestantisme franco-québécoise sept. no. 43. p. 9)

Église Unie Saint-Jean (Montréal), plusieurs des membres importants sont francs-maçons. (source : Bulletin de la Société d’histoire du protestantisme franco-québécoise déc. 2016 no. 54. p. 3)

Détail probablement innocent : le lieu de culte des frères chrétiens de Sherbrooke est un ancien temple maçonnique. (source : Bulletin de la Société d’histoire du protestantisme franco-québécoise sept. 2015 no. 49. p. 2)

Aux États-Unis, comme on le constate dans les deux textes suivants, on voit que dans cette génération certains évangéliques américains sont toujours prêts à intervenir (malgré même l'opposition de la direction de leur église locale) pour s'opposer à l'influence des francs-maçons dans leur milieu chrétien. Les événements décrits semblent se dérouler dans l’état de la Géorgie (sud des États-Unis).

Seth Dunn and The Masons: The Blackball Rolls Downhill. (Pen & Pulpit)

First Person: Freemasons Ask Pulpit & Pen Contributor to Leave Event. (Seth Dunn - vidéo)

Et dans ce dernier document Dunn expose que des policiers locaux sont complices des francs-maçons et l'ont empêché d’évangéliser des francs-maçons (et les confronter de leur hypocrisie), dont certains se disent être de bons chrétiens évangéliques... Dunn dénonce des francs-maçons qui se font passer pour de bons chrétiens dans des églises évangéliques... Au Québec (ou en France) je ne connais aucun évangélique (pasteur ou laïc) qui ait ce genre de courage et je me doute bien que l'influence FM (chez les évangéliques) existe bien ici aussi...


Une bifurcation chez les huguenots
Lentement j’arrive à la conclusion que le très peu de pénétration de l’Évangile chez les francophones est liée (au moins en partie) au fait que les protestants de France se sont un peu trop servilement assujettis aux penseurs des Lumières et (conclusion plus récente) à la franc-maçonnerie et que cet assujettissement a inévitablement miné le message de l’Évangile en France (tandis que chez les anglophones il y a toujours eu une tradition protestante CRITIQUE de cette idéologie).

Oui il est vrai que le massacre de la St-Barthélémy (1572) et l’exil a éliminé une grosse part des élites huguenotes des siècles passés et ça n’a rien d’étonnant que les protestants qui restaient en France se sont cherché des appuis. Dans ce contexte il est compréhensible que les protestants français aient considéré pendant un moment les penseurs des Lumières (et les francs-maçons) comme des « alliés naturels », car eux aussi remettaient en cause l’église catholique (surtout son pouvoir politique, qu’ils convoitaient...) qui pendant longtemps avait persécuté les huguenots. On peut penser que les huguenots/protestants français ont pris les propagandistes des Lumières pour des "alliés" pour deux raisons;

1) Les propagandistes des Lumières s’attaquaient au pouvoir du roi (français)
2) Les propagandistes des Lumières s’attaquaient à l’Église catholique.

Les propagandistes des Lumières[26] attaquaient donc à des ennemis de longue date des huguenots/protestants français et dans certains cas ils ont défendu les huguenots persécutés[27]... Mais que les protestants français se soient appuyés sur les penseurs des Lumières et aient regardé vers eux pour conseil et direction me semble un peu comme Israël des temps anciens qui s’appuyait sur l’Égypte, ça ne donne rien de bon[28]. Pierre Bayle (1647-1706) est un bon exemple de protestant français (ensuite converti catholique) entiché de nouvelles idées et devenant propagandiste des Lumières. Il faut bien comprendre que le système de croyances des Lumières est un rival idéologico-religieux de la Parole de Dieu au même titre que l’Église catholique[29]... Et si on écarte le voile de son discours sur la tolérance, la franc-maçonnerie est manifestement une ennemie de l’Évangile.

La servilité des francoprotestants face aux Lumières a été beaucoup trop complète. Pas de distance critique... Cela fait contraste à la situation dans les milieux angloprotestants où il y eut une longue tradition critique vis-à-vis la pensée des Lumières[30]. Chez les francoprotestants, on s’est aplati devant cette idéologie de la manière la plus abjecte et la plus servile. Pendant des années je cherchais en vain des exceptions à cette règle de compromis intellectuel, mais je n’en trouvais pas. Et chez les angloprotestants, le créationnisme est justement une des expressions importantes de tradition critique des Lumières.

Urbain OlivierParmi les TRÈS rares exceptions à cette tendance[31] figure le romancier (et oui, pas un théologien!) Urbain Olivier qui s’est opposé à la pensée des Lumières avec les moyens du bord et a exprimé publiquement quelques critiques des francs-maçons. Par exemple, dans son roman La famille Boccart, Olivier émet quelques critiques des FMs. Il faut avouer que l'argumentaire d'Olivier contre les FMs ne va pas très loin, mais il laisse entendre que la franc-maçonnerie est une religion et qu’il rejette son caractère secret. À mon avis là Olivier tape dans le mil. Mais il faudrait ajouter qu'il s'agit bien d'une religion, mais d'une religion hypocrite et mensongère qui cherche à dissimuler sa nature véritable. Au dernier paragraphe de La famille Boccart, Olivier repousse la franc-maçonnerie, optant plutôt pour la liberté du chrétien plutôt que le joug du secret maçonnique (et le mensonge qui en est la suite logique…). Bien parlé. Le christianisme véritable[32] met tout sur la table, pas de secrets pour initiés…

Un des exemples les plus tristes des conséquences de l’asservissement des francoprotestants à l’égard des Lumières est le cas des Monod. Le patriarche de la famille, Jean Monod (1765-1836), fut pasteur et prédicateur protestant renommé dans sa génération, mais ses descendants en grande majorité abandonnèrent la foi, dont Jacques Monod (auteur du livre Le hasard et la nécessité. - 1970) qui fut à la fois généticien, partisan de l’avortement et athée...


Et les Juifs... ?
J'ai l'impression qu'il y eut chez les juifs européens un phénomène comparable et parallèle à celui qu'ont connu les huguenots. Tous les deux furent opprimés et marginalisés pendant longtemps par le christianisme lié à l'État (catholique surtout[33]) et lorsque les penseurs des Lumières se sont mis à attaquer le pouvoir de ce christianisme institutionnel, aussi bien les Juifs que les huguenots ont perçu les disciples des Lumières comme des alliés et n’ont pas gardé de distance critique face à ce nouveau système idéologico-religieux. C'est ainsi qu'au cours des 18e et 19e siècles beaucoup de Juifs ont bouffé ces mets impurs des Lumières et des individus comme Karl Marx, Sigmund Freud ou Einstein en sont le produit naturel. Il serait difficile de trouver un grand penseur d’origine juive du 20e siècle qui ne soit pas de cette mouvance.

L’influence des Lumières chez les Juifs m'est apparue assez clairement dans ma lecture de Deux cents ans ensemble par Alexandr Soljenitsyne sur l’histoire des Juifs en Russie, on a vu la même chose se produire chez les juifs. Persécutés pendant des générations par une coalition Église/État “chrétien” (tout comme les protestants francophones), lorsque les propagandistes des Lumières ont présenté leur appât, beaucoup ont mordu et la pensée des Lumières a profondément pénétré le peuple Juif (et même encore aujourd’hui en Israël). Et en Russie, on a récolté une génération de Juifs prosélytes pour l’athéisme militant et mûr pour la Révolution et plus tard certains de ceux-ci ont participé à ériger le Goulag. Pour ce qui est de la franc-maçonnerie chez les juifs, je n’ai pas de preuves pour ce genre de choses, mais tenant compte que la grande majorité des juifs en Occident sont loin de la loi de Moïse et de ses enseignements, ça ne serait pas très étonnant que des juifs aient frayés avec certaines branches de la franc-maçonnerie.[34] Ceci dit, et pour éviter tout malentendu, je REJETTE l'affirmation, que l'on peut retrouver chez certains anti-maçons[34a], qui font de la franc-maçonnerie dans son ensemble un «complôt juif», le pur produit du mysticisme juif. À mon sens, ce n'est qu'un relent supplémentaire de l'anti-sémitisme millénaire en Occident qui, du constats de maux sociaux divers, font la généralisation hâtive d'une source juive occulte... Cela a l'avantage de se donner soi-même trop rapidement bonne conscience... Je ne suis PAS preneur pour ce genre d'accusation.

Si les Juifs et les protestants avaient su garder une distance critique vis-à-vis de la pensée des Lumières bien des ces choses auraient pu être évités... Qui sait si l’histoire de l’Occident au 20e siècle n’aurait pas été bien différente ?


Clive Staples LewisEt C. S. Lewis ?
Chose curieuse, si à ma connaissance l’auteur chrétien C. S. Lewis n’a jamais parlé explicitement des francs-maçons, dans le dernier roman de sa trilogie de l’espace, soit That Hideous Strength/Cette puissance hideuse, présente deux groupes, les “bons”, à qui Lewis oppose à un groupe de “méchants” c'est-à-dire le “NICE”[35], organisme élitiste, mais en avançant dans ce récit, je me suis demandé si, au cours de sa vie, Lewis n'a pas croisé à plusieurs reprises des francs-maçons, car, dans le cas du NICE, de l'extérieur, vous avez une organisation à structure très hiérarchique reposant sur des initiations[36], avec des ambitions mondialistes et des tentacules dans à peu près tous les cercles de pouvoir, soit médias, politique, juridique, éducation et science. Cette organisation comporte deux ailes apparemment contradictoires et antagonistes, mais dans les faits complémentaires, soit une aile athée/matérialiste et une autre aile religieuse. Mais au-dessus de tout ça, chez les initiés des degrés les plus élevés, on retrouve un sous-groupe qui trempe dans l'occultisme[37]. Sans dire le mot, franc-maçonnerie, Lewis dresse tout de même un portrait assez fidèle de cette secte hypocrite.

Ce portrait cadre assez bien avec ce que j’ai appris jusqu’ici sur les francs-maçons et me fait croire qu’il existe (au moins) trois mouvances au sein des francs-maçons. En France francs-maçons (la branche du Grand Orient) sont davantage athées/matérialistes, les fils légitimes des Lumières... Dans le monde anglophone, les francs-maçons (rite Écossais) sont officiellement déistes[38], du moins chez les FMs de bas étage, affirmant croire dans le « Grand Architecte[39] », mais je soupçonne que la face véritable des francs-maçons (et celui des initiés au plus haut niveau) est celle qui s’intéresse très sérieusement à l’occultisme et à toutes sortes de trucs ésotériques. À ce titre on peut penser au franc-maçon Rudolph Steiner (1861-1925), fondateur du mouvement anthroposophiste (et éditeur de la revue Lucifer-Gnosis). Justement un ami d’enfance de C. S. Lewis, Owen Barfield, devint un disciple de Steiner[40]. Je soupçonne (mais ne peut prouver) que la majorité des francs-maçons initiés au plus haut niveau sont de cette allégeance occulte, mais que devant le grand public, ils portent un masque… À la fin, la franc-maçonnerie c’est l’empire du mensonge[41]... Il est probable qu’à ce sujet des francs-maçons affirmeront que je suis mal informé et rempli de préjugés à l’égard de la franc-maçonnerie, mais il faut tenir compte que même des FMs très bien en vue font des aveux assez révélateurs à ce sujet. Par exemple, Albert Pike, dans son Morals and Dogma observe (1871/1944: chap. III)

Masonry, like all the Religions, all the Mysteries, Hermeticism and Alchemy, conceals its secrets from all except the Adepts and Sages, or the Elect, and uses false explanations and misinterpretations of its symbols to mislead those who deserve only to be misled; to conceal the Truth, which it calls Light, from them, and to draw them away from it. Truth is not for those who are unworthy or unable to receive it, or would pervert it.

Manifestement, le mensonge n’est pas exclu et le mépris des initiés FM de haut niveau pour les FMs de bas étage est assez patent. Voici une réflexion fort pertinente de la part de Wilder-Smith (suite à sa visite au camp de concentration d’Auschwitz) ainsi qu’un avertissement solennel qui devrait faire réfléchir tout chrétien qui admet dans sa vie de petits mensonges, de petits compromis avec la vérité (1998 : 495) :

How could any human ever been capable of such ferocious cruelty and bestiality? And yet many of those henchmen and inhumane torturers had started out as normal people like ourselves. Is it that each of us bears the possibility of committing these satanic bestialities if we choose a certain life-style? I often pondered on this serious problem. May the answer be contained in the following thoughts? If a person knowing right and wrong is placed before a decision and deliberately chooses wrong, it will leave a mark on his character and harden his conscience, the fine instrument that God has given each person as a compass through life. If he continues to deliberately choose wrong instead of right, his character will deteriorate. In the end he will have destroyed his God-given conscience. He will feel no regret doing wrong and will even enjoy it. Of course, it is a struggle each person has to fight between two transcendent powers, between God and the Devil, between good and bad. Man has a free will. To whatever side he turns and to which spirit he gives himself, by that spirit he will be possessed. But if we continue to constantly decide for bad against better knowledge, there might be a point of no return. This might be the state where man enjoys wrongdoing and exercises cruelty and bestiality.

Mais pour revenir (brièvement) à Lewis, chose assez curieuse, au Postscript de Out of the Silent Planet/ Au-delà de la planète silencieuse, Lewis laisse entendre que cette trilogie cosmique a été rédigé afin de rendre compte de certaines réalités (sociales et idéologiques) non-fictives.


Conclusion
En dépit de toutes ces observations, je pense qu’une église évangélique où on ne parlerait que de franc-maçonnerie ne serait pas une église en santé. L’Évangile c’est le cœur de qui nous sommes. C’est l’Évangile[42] qui nous libère de l’esclavage du péché, du mensonge et qui nous donne espoir dans ce monde déglingué. Par contre, je pense sain et nécessaire que le leadership évangélique de cette génération réfléchisse sérieusement à la question de l’influence des francs-maçons. Puisque les francs-maçons ont depuis longtemps l’habitude de s’infiltrer dans les cercles de pouvoir et d’influence théologiques, pour protéger le peuple de Dieu, il me semble nécessaire de s’assurer qu’il n’y a pas de francs-maçons à la direction de nos églises évangéliques ou particulièrement dans nos collèges bibliques où on forme les dirigeants évangéliques de demain… Eh oui, c’est une question qui doit se poser… Que cela provoque le scandale et le lavage de linge sale en public au passage, il faut avoir le courage d’y faire face. Car si dans les faits il y a infiltration, c’est TOUT le peuple de Dieu qui en subira les conséquences. À mon avis, seules les églises qui ont déjà des mesures en place pour exclure les francs-maçons (et qui les appliquent…)  seraient dispensées de ces démarches. Prétendre que « Tout va bien, tout est sous contrôle » sans se donner la peine de regarder sous le tapis, sans faire de démarches sérieuses à ce sujet, c’est trahir le peuple de Dieu. Évidemment sur le plan pratique, il peut arriver que l'on rencontre des individus sous l'influence de propagande franc-maçon, mais sans être franc-maçon initié eux-mêmes.

Mais bon, si la franc-maçonnerie peut être une menace plutôt invisible dans nos collèges bibliques (ou églises évangéliques) elle n’est pas la seule, car on rencontre d’autres menaces, et celles-ci sont tout à fait visibles (si on veut s’ouvrir les yeux), dont l’influence de diverses écoles de pensée théologique remettant (doucement) en question l’autorité des Écritures[43], la pensée postmoderne et son mépris de la vérité qui entraîne un œcuménisme sans discernement[44] et, plus récemment, le djihad sexuel postmoderne qui voudrait détruire le témoignage de l’Église et mettre en place dans chaque église évangélique un pasteur pro-LGBT, des toilettes sans préférence sexuelle, un homosexuel comme responsable des louanges, un pédophile comme responsable de l’école du dimanche et une lesbienne comme responsable de garderie. Il suffit que le leadership évangélique de cette génération se taise sur ce que la Parole de Dieu dit sur notre sexualité et les rapports entre les sexes et se mette la tête dans le sable et cela se fera… On dit que lors de la migration des saumons, les poissons en santé vont à contre-courant et que les poissons morts ne font rien d’autre que suivre le courant…

Mais, pour terminer, voici quelques versets à propos.

Que personne ne vous séduise par de vains discours; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. N’ayez donc aucune part avec eux. Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière! car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Examinez ce qui est agréable au Seigneur; et ne prenez point part aux oeuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. Car il est honteux de dire ce qu’ils font en secret; mais tout ce qui est condamné est manifesté par la lumière, car tout ce qui est manifesté est lumière. (Eph. 5: 6-13)

Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial? ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle? Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit: J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. C’est pourquoi, Sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur; Ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. (2Cor. 6 : 14-18)

Ecris à l’ange de l’Eglise de Thyatire: Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l’airain ardent: Je connais tes oeuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service, ta constance, et tes dernières oeuvres plus nombreuses que les premières. Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à l’impudicité et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. Je lui ai donné du temps, afin qu’elle se repentît, et elle ne veut pas se repentir de son impudicité. Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu’ils ne se repentent de leurs oeuvres. Je ferai mourir de mort ses enfants; et toutes les Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les coeurs, et je vous rendrai à chacun selon vos oeuvres. A vous, à tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, et qui n’ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous dis: Je ne mets pas sur vous d’autre fardeau; seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu’à ce que je vienne. A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes oeuvres, je donnerai autorité sur les nations. Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père. Et je lui donnerai l’étoile du matin. (Apoc. 2 : 18-28)

Ne les craignez donc point; car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour; et ce qui vous est dit à l’oreille, prêchez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Cependant, il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point: vous valez plus que beaucoup de passereaux. (Matt. 10 : 26-31)

Garde le silence devant l’Eternel, et espère en lui; Ne t’irrite pas contre celui qui réussit dans ses voies, contre l’homme qui vient à bout de ses mauvais desseins. Laisse la colère, abandonne la fureur; Ne t’irrite pas, ce serait mal faire. Car les méchants seront retranchés, et ceux qui espèrent en l’Eternel posséderont le pays. Encore un peu de temps, et le méchant n’est plus; Tu regardes le lieu où il était, et il a disparu. Les misérables possèdent le pays, et ils jouissent abondamment de la paix. Le méchant forme des projets contre le juste, Et il grince des dents contre lui. Le Seigneur se rit du méchant, car il voit que son jour arrive. Les méchants tirent le glaive, Ils bandent leur arc, pour faire tomber le malheureux et l’indigent, Pour égorger ceux dont la voie est droite. Leur glaive entre dans leur propre coeur, et leurs arcs se brisent. Mieux vaut le peu du juste que l’abondance de beaucoup de méchants;  Car les bras des méchants seront brisés, mais l’Eternel soutient les justes. (Ps. 37 : 7-17)





Références


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Notes

[1] - Avec les nombreux groupuscules qui gravitent autour.

[2] - Le folklore des francs-maçons fait même remonter les origines de leur secte aux architectes du temple de Salomon…

[3] - Ou, pour employer une expression plus hexagonale, « je vais montrer mon jeu ».

[4] - Et voici un constat tout récent à ce sujet. Un point important dans le marketing pro-ECR était l’affirmation que ce cours n’était pas religieux au sens propre, mais un savoir sur les religions… ECR est donc neutre sur ce point. Et quelle surprise, quelle coïncidence, cela correspond tout à fait à la réaction des francs-maçons lorsqu’on leur pose la question : La franc-maçonnerie est-elle une religion ? La réponse est pas du tout ambiguë : NON !!! Et les francs-maçons sont très pointilleux sur cet aspect de la chose… (comme on peut le voir dans cet article publié dans un recueil promaçonnique, BAILLEUX, Pierre A. Protestantisme libéral et franc-maçonnerie libérale. pp. 57-74 in LEMAIRE, Jacques, éd. (1996) Franc-maçonnerie et religions. Éd. Université de Bruxelles, coll. La pensée et les hommes ns.33 144 p.) En effet, si on admettait le caractère proprement religieux de la franc-maçonnerie cela inviterait alors des comparaisons, des prises de position et, possiblement, des répercussions juridiques emmerdantes… Dans son Avant-propos, tout en jouant un excellent jeu d’ambiguïtés, le franc-maçon Jacques Lemaire (1996 : 8) s’approche à quelques pas d’un aveu honnête au sujet du statut de la franc-maçonnerie en observant :

Constatant, au départ, l’origine religieuse de l’antimaçonnisme et retraçant les derniers avatars des relations entre l’Église et les loges, nous nous sommes interrogés sur la notion même de religion. Et nous avons voulu vérifier si la franc-maçonnerie ne constitue pas un phénomène d’ordre religieux ou spiritualiste, auquel cas la réprobation qu’elle a longtemps subie de la part des cléricalismes, dont elle souffre encore, s’expliquerait par un simple jeu de concurrence. La réponse à une telle interrogation ne saurait être univoque, car le monde – le monde des idées surtout – présente une complexité qui ne peut se réduire à quelques notions simples.

[5] - Il y a quelques années, je suis tombé sur une critique de film (des années 70) qui m'a intrigué. Le titre du film: The Man Who Would Be King (page wiki) qui est basé sur un roman par l'écrivain britannique, Rudyard Kipling.

On m'avait vanté ce film comme une grande oeuvre, un classique. Enfin, j'ai trouvé le récit juste correct, sans plus, mais il m’a semblé un peu curieux que le film décrive avec autant d'approbation les aventures de deux francs-maçons, les deux personnages principaux. En fouillant, il s'avère que l'auteur du livre sur lequel ce film est basé, Rudyard Kipling, était FM (tout comme Sir Arthur Conan Doyle, auteur des Sherlock Holmes, toujours le plus rusé, rationnel, adroit, etc…). Quelle coïncidence... Le ton de ce film est TRES condescendant vis-à-vis les non occidentaux et TRES procolonialiste. "On va apprendre à ces sauvages comment vivre, etc..." Tous les abus dont on accuse les missionnaires chrétiens sont mis en action par les deux personnages principaux (le sourire aux lèvres…). En fouillant le web à ce sujet, j'ai eu une distraction, croyant initialement que l'auteur du roman The Man Who Would Be King était plutôt Edgar Rice Burroughs, le "père" de Tarzan (et aussi de John Carter, dont le film est sorti en 2012). Cet article qui suit confirme que Burroughs aussi était franc-maçon.

Voilà trois auteurs britanniques populaires qui étaient francs-maçons. Combien d'autres ont pu l’être, je me le demande? On le sait bien que les FMs sont très attirés par la politique et les autres centres de pouvoir et d'influence (médias), mais je n’avais pas pris conscience de leur influence dans les arts et la culture. On peut se demander alors combien d'artistes ou de musiciens francophones peuvent être francs-maçons...

[6] - Les francs-maçons français (Grand Orient) s’affichent davantage en public.

[7] - Auteur de nombreux traités d’évangélisation avec bandes dessinées distribués par les évangéliques dans les années 70-80 (ex Le film de votre vie).

[8] - Dont il est question dans l’Apocalypse 13 : 11-18.

[8a] - Et ce circulaire de 53 pages (portant le titre: A la gloire du Grand Architecte de l'univers, au nom et sous les auspices du Sérénissime Grand Maître. Le Grand Orient de France à toutes les loges régulières du royaume...) publié par le Grand Orient de France en 1775 existe bel et bien, car un exemplaire est conservé à la Bibliothèque nationale de France, (notice n° :  FRBNF33407259). Ceci dit, même sur place à la BnF, je me doute que ce serait un document pas très facile d’accès si on n’est pas franc-maçon...

[9] - Wiki.fr mentionne à son sujet qu’il fut « membre de la fraternité Zeta Psi et fut sélectionné comme membre de la société secrète Elihu ». Et aussi, membre à vie de l'Église presbytérienne… On ajoute que Templeton fut « membre du bureau du séminaire de théologie de Princeton, le plus grand séminaire presbytérien, pendant 42 ans, et le présida pendant 12 ans. » Tenant compte de tout cela, dans le cadre des collèges bibliques évangéliques, si un jour se pointe un très généreux donateur, offrant de subventionner largement un collège, c’est le moment où il faut poser de très sérieuses questions sur les convictions véritables de ce donateur et toutes les ficelles que ce fric peut impliquer. Ce n’est pas le moment de faire les naïfs… La Parole ne nous avertit-elle pas solennellement « Veuillez… à ce qu’il n’y ait ni impudique, ni profane comme Esaü, qui pour un mets vendit son droit d’aînesse. Vous savez que, plus tard, voulant obtenir la bénédiction, il fut rejeté, quoiqu’il la sollicitât avec larmes; car son repentir ne put avoir aucun effet. » (Heb 12 : 16-17)

[10] - Ce qui peut impliquer se mettre à l’écoute de doctrines de démons… Voir à ce sujet, le livre de Wilson 1978 (en bibliographie) ou le vidéo plus récent Alien Intrusion (2018).

[11] - Un contact m’a avisé que chez les francs-maçons le concept de péché (et que l’on ait des comptes à rendre pour nos attitudes ou comportements au Juste Juge des âmes) est archi-tabou.

[12] - Et pour éviter tout doute à son sujet, Wilder-Smith relate nettement qu’il a rejeté toutes les tentatives (plus ou moins subtiles) de recrutement des francs-maçons.

[13] - Wilder-Smith confirme sur ce point (1998 : 94). Mais évidemment, si on juge que ce FM en détresse est expendible, c'est-à-dire n’est plus utile ou n’a plus la faveur des maçons, alors on pourra le laisser couler…

[14] - Enfantillages.

[15] - Si un tel pouvoir peut impressionner, il faut rappeler ce que disent les Écritures :

Écoutez ceci, vous tous, peuples, Prêtez l’oreille, vous tous, habitants du monde, petits et grands, Riches et pauvres! Ma bouche va faire entendre des paroles sages, et mon coeur a des pensées pleines de sens. Je prête l’oreille aux sentences qui me sont inspirées, j’ouvre mon chant au son de la harpe. Pourquoi craindrais-je aux jours du malheur, Lorsque l’iniquité de mes adversaires m’enveloppe? Ils ont confiance en leurs biens, et se glorifient de leur grande richesse. Ils ne peuvent se racheter l’un l’autre, ni donner à Dieu le prix du rachat. Le rachat de leur âme est cher, et n’aura jamais lieu; Ils ne vivront pas toujours, Ils n’éviteront pas la vue de la fosse. Car ils la verront: les sages meurent, l’insensé et le stupide périssent également, et ils laissent à d’autres leurs biens. Ils s’imaginent que leurs maisons seront éternelles, que leurs demeures subsisteront d’âge en âge, eux dont les noms sont honorés sur la terre. Mais l’homme qui est en honneur n’a point de durée, Il est semblable aux bêtes que l’on égorge. Telle est leur voie, leur folie, et ceux qui les suivent se plaisent à leurs discours. - Pause. Comme un troupeau, ils sont mis dans le séjour des morts, La mort en fait sa pâture; et bientôt les hommes droits les foulent aux pieds, leur beauté s’évanouit, le séjour des morts est leur demeure. Mais Dieu sauvera mon âme du séjour des morts, car il me prendra sous sa protection. -Pause. Ne sois pas dans la crainte parce qu’un homme s’enrichit, parce que les trésors de sa maison se multiplient; car il n’emporte rien en mourant, ses trésors ne descendent point après lui. Il aura beau s’estimer heureux pendant sa vie, On aura beau te louer des jouissances que tu te donnes, tu iras néanmoins au séjour de tes pères, qui jamais ne reverront la lumière. L’homme qui est en honneur, et qui n’a pas d’intelligence, est semblable aux bêtes que l’on égorge. (Ps. 49)

[16] - Finney relate (1869 : chap II) même l’assassinat de Morgan par les francs-maçons, événement survenu en 1826, noyé dans la rivière Niagara.

[17] - Tout comme il n’a jamais connu de réveil comparable au Great Awakening des années 1800 (aux États-Unis et en Angleterre)… Fort probable que les deux choses sont liées.

[18] - Entre autres, les écrits de William Morgan (publiés vers1826) exposant les rites des 3 premiers degrés des francs-maçons.

[19] - Ex. Les Rose-Croix admettent les femmes.

[20] - Tenant compte du fait supplémentaire que parfois les FMs eux-mêmes peuvent laisser circuler des informations fausses à leur sujet lorsqu’ils jugent utile de brouiller les cartes.

[21] - On peut le supposer, car manifestement Jarrige défend les francs-maçons.

[22] - Mais Vivian Starck (in Lemaire 1996 : 26) s’amuse à souligner qu’en France prérévolutionnaire, plusieurs membres du clergé catholique fréquentaient les loges.

[23] - JARRIGE, Michel (2010) L’Église et la franc-maçonerie : Histoires des soupçons et du complot. Éd. Jean Cyrille Godefroy 301 p. Jarrige propose (pp. 241-245) d’ailleurs une liste de critiques européennes de la franc-maçonerie (tous les bornées, mal lechés, remplis de préjugés, etc… ), mais tous sont catholiques…

[24] - Cromwell fut actif sur le plan politique et militaire entre 1628 et 1653 (année de son décès). Chose curieuse, tout ceci précède le début officiel des francs-maçons en 1717 où la loge anglaise (ou Premier Grand Lodge of England) eut sa première réunion (officielle) au Apple-tree Taverne à Londres. Possiblement Cromwell visait les rosicruciens ?

[25] - L’abjuration d’Amyrauld du catholicisme et sa conversion chez les baptistes semble avoir été assez passagère, motivé surtout par le désir de voir ses enfants éduqués en anglais.

[26] - Les penseurs des Lumières ont toujours pigé dans la tradition judéo-chrétienne ce qui leur semblait rentable ou avantageux sur le plan politique. Entre autres, les idéologues des Lumières ont emprunté le concept protestant de la liberté de conscience de l'individu qui est libre de former ses croyances devant la Parole de Dieu (et juger des enseignements de l'église sur cette base), mais les idéologues des Lumières ont éliminé ce repère essentiel, insistant sur le fait que l'individu doive former ses convictions sur la Raison seule. Je pense donc je suis... le concept de tolérance religieuse proposé par le calviniste Sébastien Castellion (1515-1563) fut repris par l’anglais et propagandiste des Lumières John Locke (1632-1704).

[27] - Le cas classique est évidemment l’huguenot Jean Calas (1698-1762) accusé de meurtre et défendu par le franc-maçon François-Marie Arouet (Voltaire).

[28] - És. 36 : 6.

[29] - Église qui place sa « Tradition » et les déclarations ex cathedra des papes au même niveau, si ce n’est plus, que les Écritures. Non, ce n’est PAS l’église qui interprète les Écritures, ce sont les Écritures qui interprètent et jugent l’église…

[30] - Pensée des Lumières qui fut promue, entre autres, par Hume, Locke jusqu’à Bertrand Russell et Richard Dawkins.

[31] - On me dit aussi qu’il faudrait lire également l'oeuvre apologétique d’Alexandre Vinet (1797-1847), mais je n’ai rien lu de cet auteur jusqu’ici. Autre rare exception, un essai (à peu près oublié maintenant) publié en 1753 par le protestant français David Renaud Boullier (1699-1759), qui porte le titre: Lettres critiques sur les lettres philosophiques de M. de Voltaire. C’est l’exception qui confirme la règle...

[32] - Ce qui exclut évidemment les mystiques de Fatima avec leurs révélations secrètes… Pourquoi les autorités de l'Église catholique gardent cachées ces choses depuis cent ans si ce n’est que ces révélations comportent des blasphèmes et hérésies que même un catholique qui n’a fait rien d’autre toute sa vie que lire son catéchisme et aller à la messe saurait reconnaître ? Lors des apparitions, il semble que l’évêque local ait hésité un bon moment d’accepter l’authenticité de ces apparitions, mais évidemment un rejet par l’Église catholique aurait inévitablement laissé planer un doute sur tout le culte marial de l’Église catholique. Mais à la fin, il est possible qu’un calcul économique l’ait emporté, car après tout les centres de pèlerinage marial génèrent un bénéfice significatif, autant qu’une franchise de MacDonald prospère…

[33] - Mais évidemment Luther a tragiquement ouvert la porte à l’antisémitisme chez les luthériens… (voir les Propos de Table, Ebook)

[34] - Un contact m’a affirmé que « ils [les juifs] ont aussi leur tradition de type maçonnique, soit la Kabbale, avec le Sepher Yezirah, un système d’interprétation ésotérique de la bible hébraïque basée notamment sur la correspondance des lettres et des chiffres (forme de numérologie). » Il ne faut donc pas s'étonner qu'au cours de l'histoire que certains juifs aient frayé avec des religions païennes et mêmes occultes, car les textes des Chroniques et des Prophètes dans le Tanakh (Ancien Testament) le démontrent sans ambigüité. Le vieux prophète Ésaïe dit (2: 7) «Car tu as abandonné ton peuple, la maison de Jacob, parce qu’ils sont pleins de l’Orient, et adonnés à la magie comme les Philistins, et parce qu’ils s’allient aux fils des étrangers.» Et dans le prophète Ézéchiel (8: 7-13) «Alors il me conduisit à l’entrée du parvis. Je regardai, et voici, il y avait un trou dans le mur. Et il me dit: Fils de l’homme, perce la muraille! Je perçai la muraille, et voici, il y avait une porte. Et il me dit: Entre, et vois les méchantes abominations qu’ils commettent ici! J’entrai, et je regardai; et voici, il y avait toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes abominables, et toutes les idoles de la maison d’Israël, peintes sur la muraille tout autour. Soixante-dix hommes des anciens de la maison d’Israël, au milieu desquels était Jaazania, fils de Schaphan, se tenaient devant ces idoles, chacun l’encensoir à la main, et il s’élevait une épaisse nuée d’encens. Et il me dit: Fils de l’homme, vois-tu ce que font dans les ténèbres les anciens de la maison d’Israël, chacun dans sa chambre pleine de figures? car ils disent: L’Eternel ne nous voit pas, l’Eternel a abandonné le pays. Et il me dit: Tu verras encore d’autres grandes abominations qu’ils commettent.» Et les prostitutions de Samarie et de Juda décrites au chap. 23 du livre du prophète Ézéchiel semble d'avantage des prostitutions spirituelles que physiques. Et ces mêmes Écritures décrivent aussi le jugement de Dieu que ces comportements ont pu provoquer. Il va (sans dire?) que le jugement de Dieu n'a PAS besoin de l'aide des hommes...

[34a] - Comme c'est le cas du catholique français, l'abbé Augustin Barruel (1741-1820) qui faisait de la franc-maçonnerie toute entière, un complot juif...

[35] - Ou National Institute of Co-ordinated Experiments.

[36] - Et dans son essai The Inner Ring (qui figure dans le recueil Transpositions), Lewis semble décrire une tentative de recrutement par les francs-maçons. Lewis décrit ainsi le processus d’une telle tentation et sert un avertissement sans ambiguïté :

Over a drink or a cup of coffee, disguised as a triviality and sandwiched between two jokes, from the lips of a man, or woman, whom you have recently been getting to know rather better and whom you hope to know better still ― just at the moment when you are most anxious not to appear crude, or naif or a prig ― the hint will come. It will be the hint of something which is not quite in accordance with the technical rules of fair play: something which the public, the ignorant, romantic public, would never understand: something which even the outsiders in your own profession are apt to make a fuss about: but something, says your new friend, which “we” ― and at the word “we” you try not to blush for mere pleasure ― something “we always do”. And you will be drawn in, if you are drawn in, not by desire for gain or ease, but simply because at that moment, when the cup was so near your lips, you cannot bear to be thrust back again into the cold outer world. It would be so terrible to see the other man’s face ― that genial, confidential, delightfully sophisticated face ― turn suddenly cold and contemptuous, to know that you had been tried for the Inner Ring and rejected. And then, if you are drawn in, next week it will be something a little further from the rules, and next year something further still, but all in the jolliest, friendliest spirit. It may end in a crash, a scandal, and penal servitude: it may end in millions, a peerage and giving the prizes at your old school. But you will be a scoundrel.

[37] - Un contact bien informé m’a signalé qu’en fait l’occultisme est là dès le début [de la franc-maçonnerie, mais davantage chez les Rose-Croix], mais s’accentue avec les initiations.

[38] - Un déisme un peu à la Voltaire, ou Benjamin Franklin… Dans cette mouvance figure justement le grand-père de Charles Darwin, soit Érasme Darwin, confirmé membre (possiblement “maître-maçon”) de la loge bien connu de Canongate à Édimbourg. (source : Wiki, List of Freemasons)

[39] - Et ici au Québec, l’Ordre des ingénieurs (auquel tout ingénieur doit adhérer) y fait référence…

[40] - Il faut se demander si l’échange épistolaire légendaire entre Lewis et Barfield, la Great War (de 1925 à 1930), ait abordé ces questions. C’est un des rares trucs de Lewis que je n’ai pas encore lu…

[41] - Même si individuellement on peut trouver, ici et là, des francs-maçons qui sont des gens bien et respectables.

[42] - Si elle est accompagnée d’une prédication sériseuse sur le péché, le jugement, la confession de péchés et la repentance…

[43] - L’érosion doctrinale commence généralement par le livre de la Genèse.

[44] - Où tout se joue sur des alliances aux enjeux économiques et politiques…


Note technique

Les références bibliographiques ordinaires procèdent de la manière suivante:

Exemple: Une phrase (en fin de paragraphe) mentionne l'auteur Bertrand Russell suivi de la référence (1946/1975: 135) visera un ouvrage dont l'édition originale est de 1946 et l’édition citée est de 1975. Le chiffre suivant le deux-points indique le numéro de page d'où provient l'extrait suivant la référence. S'il s'agit d'un auteur cité dans un ouvrage collectif, on verra alors le nom de l'éditeur dans la référence. Et si on consulte la bibliographie de cet article, on pourra constater que la citation ci-dessus est tirée du livre Western Philosophical Thought. Dans le cas d’un article paru dans un recueil, la référence prendra la forme suivante (in Curval 1990: 98-99) et réfère à l’éditeur du recueil et non pas à l’auteur de l’article. Il en est de même pour une citation d’un individu paru dans un texte publié par un autre auteur (dans le cas d’une entrevue par exemple).


Addendum semi-frivole

Il m'est arrivé de penser que cette description faite par John Ralston Saul dans son Voltaire's Bastards ne décrit pas fort bien le personnage du franc-maçon engoncé dans des postes d'influence en Occident (1992: 106-107):

These rapid and incomplete portraits of complex men are concentrated on the common strains running through those who have been in charge of the Western world for the last few decades. Modern men of power come in many apparently different forms. But certain characteristics link them. First, a great difficulty in coming to terms with the democratic process. The talents of the technocrat do not suit public debate or an open relationship with the people. They become aloof in order to hide contempt; or ridiculously friendly, as if the people were idiots; or simply confused. Their innate talents lead them in other directions. They are masters of structure, of backstairs battles, of prestructuring or withholding information. They are merchants of knowledge, selling it in return for power. They set enormous value upon secrecy.

Intentionally or otherwise, their methods induce fear among those who must deal regularly with them. Almost without exception they are bullies. Primarily this appears to be intellectual intimidation. Combined with the use of secrecy and systems manipulation, it is used to frighten people on the practical level of their incomes, pensions, and careers. In many cases, this degenerates into nasty, personal, off-the-record attacks. Others will make them on-the-record as a shock tactic. It therefore isn't surprising that these men are rarely surrounded or helped by friends. They are usually solitary beings, floating through the structures of the state in the manner of McNamara and Giscard. Or they attach themselves to a single public figure, a front man, as Kissinger did or Pitfield or Baker.

In many ways they resemble the Chinese eunuchs at their worst. The modern eunuch keeps his testicles, but seems to suffer from the same effects of isolation. Perhaps castration is as much a state of mind as a physical fact. The technocrats suffer from character defects which have to do with their inability to maintain any links between reason, common sense and morality. They believe themselves to be the inheritors of the Age of Reason and therefore do not understand why their talents fail to produce the intended results. (pp. )

John Ralston Saul (1992) Voltaire's Bastards : The Dictatorship of Reason in the West. Penguin Books,