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Samizdat

La crise du Covid et
l'exploitation idéologique de la science

Première partie


Dans le contexte moderne, toute invitation efficace en enfer sera certainement offerte sous la guise d'une "planification scientifique" - comme l'a fait le régime d'Hitler. Tout tyran doit commencer par prétendre avoir ce que ses victimes respectent et offrir ce qu'elles veulent. La majorité [des gens] dans la plupart des pays modernes respecte la science et veut que [le gouvernement] soit planifié. Et donc, presque par définition, si un homme ou un groupe souhaite faire de nous leurs esclaves, il se décrira bien sûr comme une démocratie scientifique planifiée.*
(C. S. Lewis 1947/1975 : 74-75)

Il y a un cauchemar qui m'assaille souvent. Je m'imagine me réveillant un matin et découvrant que l'Angleterre est devenue du jour au lendemain un État monolithique et totalitaire, sans que personne ne s'en aperçoive, sans révolution de gauche ou de droite, sans grande controverse constitutionnelle ou un dernier combat des défenseurs de la liberté individuelle.*
(Malcom Muggeridge 1979 : 202)



Paul Gosselin – anthropologue, auteur (2021)

Anthony FauciL'expression « Après moi le Déluge » est une déclaration connue du roi de France, Louis XV. Exprimé moins poliment : Qu'ils crèvent tous après mon départ, je m'en fous ! Il faut admettre que ce serait difficile de trouver une expression plus distillée/synthétique du narcissisme. Mais on peut observer que cette génération de technocrates rivalise avec Louis XV pour le narcissisme. Voici un exemple assez extrême de narcissisme technocratique. Il s'agit du médecin américain Anthony Fauci, conseiller médical du président qui gère la crise du Covid aux États-Unis.

Contrairement à la situation au Québec, aux États-Unis il y a plusieurs voix de politiciens qui s'élèvent pour poser des questions sérieuses à ces technocrates. Manifestement, tout comme le Pape ne tolère pas très bien les remises en questions de ses jugements théologiques ou ecclésiastiques, des technocrates tels que Fauci ne tolèrent pas très bien les questions sérieuses sur leurs décisions et/ou politiques. En interview avec la journaliste Margaret Brennan à l'émission télé Face The Nation, (28/11/2021), on lui a demandé ce qu'il pensait de ses détracteurs. Voici sa réponse

Plutôt que de répondre directement aux questions qu'on lui pose sur ses politiques, il affirme que ses critiques s'attaquent à la ‘Science', ce qui laisse entendre que la Science c'est lui, Anthony Fauci. Voilà une attitude tout à fait pontificale. On peut se demander alors : À quand une (auto-)déclaration de l'infaillibilité de Fauci ? Ça ne saurait tarder... Cette attitude pontificale de Fauci rappelle assez les paroles prescientes du mathématicien français, Alexandre Grothendieck, paroles publiées pourtant il y a cinquante ans (1971 : 42)

L'immense majorité des scientifiques est tout à fait prête à accepter ce rôle de prêtres et de grands prêtres de la religion dominante d'aujourd'hui. Plus que n'importe qui, ils en sont imbus, et cela d'autant plus qu'ils sont plus haut situés dans la hiérarchie scientifique. Ils réagiront à toute attaque contre cette religion, ou l'un de ses dogmes, ou l'un de ses sous-produits, avec toute la violence émotionnelle d'une élite régnante aux privilèges menacés. Ils font partie intégrante des pouvoirs en place quels qu'ils soient, auxquels ils s'identifient intimement et qui tous s'appuient fortement sur leurs compétences technologiques et technocratiques.

Dans le monde francophone, la rhétorique des politiciens et technocrates est généralement plus subtile que celle employée par Fauci, mais le principe reste le même et le rôle que l'on fait jouer à la science est le même aussi. Et ce rôle c'est de s'appuyer sur la Science comme Vérité Absolue, un discours que nul ne saurait remettre en question sans tomber dans une hérésie digne de l'opprobre le plus vil. Le mathématicien Grothendieck observait qu'une telle exploitation idéologique de la science exige le développement d'un mysticisme superstitieux autour de la science (1971: 41):

Les gens en général, bien qu'on leur enseigne certains des plus grossiers et des plus anciens résultats de la science, ont toujours eu peu ou pas de compréhension de ce qu'est réellement la science en tant que méthode. Cette ignorance a été perpétuée par tout l'enseignement primaire, secondaire, et même par l'importante partie de l'enseignement universitaire qui ne constitue pas une préparation à la recherche: la science y est enseignée dogmatiquement, comme une vérité révélée. Aussi, le pouvoir du mot “science” sur l'esprit du grand public est-il d'essence quasi mystique et certainement irrationnelle. La science est, pour le grand public et même pour beaucoup de scientifiques, comme une magie noire, et son autorité est à la fois indiscutable et incompréhensible. Ceci rend compte de certaines des caractéristiques du scientisme comme religion.

Sous l'emprise de la pensée des Lumières, le monde francophone a accordé aux scientifiques une autorité tout à fait comparable à celle que les Français accordaient au clergé catholique aux époques passées. On a donc échangé un clergé pour un autre et, troqué des soutanes pour des sarraus. Mais sous la crise du Covid, le monde francophone, plutôt qu'ériger devant les masses une Superstar hollywoodienne ou un Super Héro de la science (en sarrau blanc)[1] comme les Américains, a préféré jouer la carte ésotérique, c'est-à-dire de la complexité de la science, un savoir connu d'un TRÈS petit cercle d'initiés, savoir devant lequel les masses doivent obéissance aveugle et servile. C'est donc un appel constant aux anonymes et mythiques super héros, les comités d'experts et aux décisions mystérieuses prises dans leurs saints conclaves, ces comités de la SAGE[2] ou les sous-comités de l'OMS. Les masses, et même des médecins ou scientifiques compétents non initiés à cette caste sélecte[3], ne doivent donc PAS discuter, ni remettre en question ou contredire les édits de la prêtrise scientifique consacrée. Dans son livre, Les bâtards de Voltaire, John Saul émet quelques observations utiles au sujet des assises du pouvoir du technocrate postmoderne et son rôle idéologique (1993 : 27-28) :

Évidemment ce savoir dont fait allusion Saul ici est avant tout ce que l'on appelle la science. C'est le savoir Ultime en Occident. Mais revenons aux élites postmodernes et leurs intérêts idéologiques. Dans leur cas, garder le contrôle du discours sur la place publique et limiter les dérapages possibles est essentiel. Examinant l'influence des Lumières (et l'attitude élitiste/anti-démocratique qui l'accompagne inévitablement[4]), Saul nous éclaire comment le technocrate conçoit et joue son rôle (1993 : 117) :

Saul explique l'attitude manipulatrice du technocrate et comment il conçoit son interaction avec les masses (1993: 127-128) :

Comme on le voit, cette logique manipulatrice est la manifestation d'une attitude trempée à l'os d'un élitisme méprisant. On est tous des invités à leur dîner de cons. Dans un article rédigé lors des premiers mois de la crise du Covid pour le site The Conversation l'actuaire Christian Walter résume bien le narratif officiel au sujet de la crise du Covid chez la classe dirigeante française (2020) :

Le jeudi 12 mars, Emmanuel Macron déclarait que le principe qui guidait le gouvernement dans la crise sanitaire était la “ confiance dans la science ”, le fait d'écouter “ celles et ceux qui savent ”. D'où la mise en place d'un Conseil scientifique puis d'un Comité scientifique. Dans l'interview donnée le 14 juillet à Léa Salamé, Macron a rappelé : “ je crois à la rationalité scientifique ”[5]. Une relation s'est donc établie entre régime de vérité et décision politique ; dans ces conditions, lorsque le consensus scientifique semble ne pas exister, la crise de confiance semble inévitable. Le président de la République a précisé cependant que “ ce n'est pas à un politique de trancher le débat scientifique. La science a ses processus ”.

Si on poursuit la lecture de l'article de Walter, on constate qu'il est convaincu que les (déplorables) contestations des politiques établis par la classe dirigeante (masques, confinements, vaccins, etc.) sont dues uniquement au fait que le public ne comprend pas la Science. Ce sont donc des ignorants qui n'ont RIEN compris[6]. La Solution Finale à cette crise de confiance à son avis exige donc une propagande mieux faite, omniprésente, plus convaincante. Comme on le voit ci-dessous, il n'exclut pas l'argumentum ad personam[7]. Par exemple, Walter note au sujet des fauteurs de troubles remettant en question les politiques de gestion de la crise (2020) :

Évidemment Walter néglige de noter que chez les coronasceptiques il y a des individus aux qualifications scientifiques impeccables, même des prix Nobel et des individus comme Micheal Yeadon (ex-vice-président de Pfizer) qui connaissent à fond le processus de recherche qui aboutit à la production d'un vaccin ainsi que le processus de mise en marché de vaccins et les exigences que doit rencontrer un vaccin digne de ce nom. Et si Walter fait appel à l'expression théorie du complot c'est une arme psychologique pour mettre fin à toute discussion sérieuse et c'est également un indice de l'irritabilité de l'interlocuteur qui en a assez de ces questions dont il n'a pas envie de répondre.

juge Glenn D. JoyalAu Canada[8], lors d'un procès au Manitoba où des églises chrétiennes ont contesté les restrictions du Covid (les jugeant des violations de la Chartes des droits du Canada), le verdict du juge Glenn D. Joyal de la Cour suprême provincial a eu simplement comme effet de mettre les technocrates à l'abri de toute question sérieuse. Joyal a d'ailleurs insisté que ni le public ni le système juridique ne devaient se mêler de remettre en question leurs décrets insondables. Un article de la Canadian Justice Centre for Constitutional Freedoms explique ce qui suit (2021) :

Le hic c'est que les requérants dans cette cause avaient déposé des rapports d'experts rédigés par le Dr Jay Bhattacharya, professeur à Stanford et épidémiologiste de renommée mondiale, le Dr Joel Kettner, ancien directeur de la santé publique du Manitoba et le Dr Thomas Warren, spécialiste des maladies infectieuses et microbiologiste médical. Les documents présentés à la Cour comprenaient plus de 2000 pages de données scientifiques et gouvernementales évaluées par des pairs. Il est manifeste que la décision du juge Joyal implique un refus d'examiner le bien-fondé l'argumentaire des requérants. Il va sans dire qu'une telle décision contribue à établir/protéger une caste élite au-dessus de TOUTE remise en question. À la fin, cette décision aboutie à une situation où les technocrates peuvent faire absolument TOUT ce qu'ils veulent, sans se soucier des droits des citoyens inscrits dans la Charte des droits du Canada et n'ont de comptes à rendre à personne. Ce qui frappe ici est l'arrogance d'une telle décision qui communique clairement le message suivant: “ Les petits citoyens ne doivent pas se mêler des décisions des grands et de choses qui ne les regardent pas ”. Il est utile de rappeler qu'une telle situation correspond à la gestion d'État sous un régime totalitaire[9].

Il y a un point significatif mentionné par le juge Glenn D. Joyal, c'est-à-dire le concept du “ bien et la sécurité du public ”, concept qui est sensé justifier la violation des procédures juridiques normales et le rejet de l'argument des témoins experts. À ces juges, il faut exiger une réponse honnête à ces questions : “ Qui définit ce qu'est le bien public ? ”. “ À quelle moralité s'appui votre concept de bien public ? ” “ D'où la tirez vous ? ” Comme on le verra dans la deuxième partie de cet article, la science ne peut rien pour établir un tel concept. En Occident, il y a 100 ans, ce concept était solidement ancré dans le consensus judéo-chrétien[10], mais en 2021 la classe dirigeante (politique, éducative, médiatique et juridique) a clairement rejeté ce concept judéo-chrétien[11]. Il faut donc débusquer et exposer le caractère idéologique (non neutre) de ce concept de bien public. Maintenir sa neutralité ce serait mentir. Évidemment ils ont tout intérêt de s'esquiver de ces questions. Il faut exiger que la classe dirigeante jette ses cartes sur la table...


La consécration des experts

Dans notre situation, il est impératif de poser la question suivante : Qui a donné ce pouvoir aux technocrates de la Covid et aux experts et en fonction de quels critères ? Il faut constater que cette classe de technocrates non élus qui jouissent actuellement de pouvoirs quasi absolus sur la population a été établie uniquement en fonction de considérations politiques ou idéologiques. Au Québec, une question posée en point de presse (décembre 2012) par Denis Lessard à François Legault (avant son élection comme Premier ministre) laisse entendre que le gouvernement Legault a justement préparé le terrain pour la crise du Covid en mettant en place les personnes jugées utiles (Point de presse de M. François Legault - 2012)

Il faut constater que cette classe de technocrates au pouvoir n'a pas d'accomplissements scientifiques ou médicaux à leur crédit que leurs détracteurs n'ont pas. Chez les dissidents au narratif officiel du Covid19, il y a des prix Nobel et des individus avec une expérience scientifique/médicale/clinique très profonde.

Sociologue à la London School of Economics, Eileen Barker a étudié l'exploitation idéologique de la science en Occident. Dans un article examinant ce phénomène dans le cadre du débat sur les origines, Barker fit part d'observations qui ont une portée significative sur l'exploitation idéologique de la science lors de la crise du Covid (1979 : 81-82) :

Il faut constater que la nouvelle prêtrise scientifique à laquelle fait allusion Barker ci-dessus est bien établie dans tous les pays d'Occident. Ce sont donc les porte-paroles/incarnations de la Science. Évidemment le podium et la chaire où ils débitent leurs sermons, c'est la télé... Aux États-Unis, il y a Dr Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) ainsi que conseiller médical du Président. En France il y a le Dr Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé depuis février 2020. En Angleterre, Neil Ferguson (Imperial College à Londres) et, sous les auspices de l'OMS, la SAGE (ou le Strategic Advisory Group of Experts). Et au Québec il y a le Dr Horacio Arruda, sous-ministre adjoint à la Direction générale de la santé publique au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Si en milieu francophone on note une attitude à l'égard des technocrates d'une servilité moyenâgeuse, attitude très frileuse à l'idée de poser des questions sérieuses aux grands prêtres de la science, ces bonzes à qui on a confié la charge de déterminer les politiques de gestion de la crise du Covid, chez les anglophones, on est beaucoup moins réticents d'exiger des réponses. À ce sujet, le journaliste américain Pepe Escobar relate ce qui suit sur la contribution de Fauci à la science médicale, spécifiquement pour le traitement du Covid19 (2021) :

Voilà qui expose la différence entre ceux qui pratiquent la science véritable et ceux qui se contentent d'exploiter le prestige de la science à des fins autres.


Et pour la suite, la deuxième partie...


Références



NB : les citations suivies d'un * sont traduits par l'auteur de cet article

-- (2012) Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d'opposition. Version finale - Le mardi 4 décembre 2012, 11 h 20 - Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

-- (2021) Manitoba Chief Justice rules Public Health Officials shouldn't be “second guessed”. (Canadian Justice Centre for Constitutional Freedoms - 21/10/2021)

-- (2021) COVID-19 : les points de presse des autorités : point de presse du premier ministre François Legault avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé, le directeur national de la santé publique, M. Horacio Arruda, ainsi que le directeur de la campagne de la vaccination contre la COVID-19 au Québec, M. Daniel Paré. (La Presse – 66 minutes - 23/11/2021)

-- (2021) Transcript: Dr. Anthony Fauci on "Face the Nation". (CBS News - November 28, 2021) -> interview avec Margaret Brennan

ARENDT, Hannah (1951/1976) The Origins of Totalitarianism. Harvest Book New York xliii-576 p.

BARKER, Eileen (1979) Thus Spake the Scientist: A Comparative Account of the New Priesthood and its Organisational Bases. pp. 79-103 in the Annual Review of the Social Sciences of Religion. Vol.3 Mouton Netherlands 236 p.

ENLOE, Chris (2021) Rand Paul, Ted Cruz roar back at Dr. Fauci, who claims criticism of him is 'dangerous' because 'I represent science'. (The Blaze - 28/11/2021)

ESCOBAR, Pepe (2021) Fauci as Darth Vader of The COVID Wars : A rollicking review of RF Kennedy Jr's The Real Anthony Fauci: Bill Gates, Big Pharma and the Global War on Democracy and Public Health. (The Asia Times/Zero Hedge – 25/11/2021)

GROTHENDIECK, Alexandre (1971) La nouvelle église universelle, republié dans (Auto)critique de la science. pp. 40-50 - Seuil Paris 1975 310 p. [Lévy-Leblond, J.M. et Jaubert, A. éds.]

GUILLEMETTE, Mélissa (2020) Les décisions politiques peuvent-elles être basées sur la science en pleine crise? (Québec Science – 30/4/2020)

KELLY-GAGNON, Michel et Alexandre Massaux (2020) La “ science ”, le mot magique des politiciens : “ Suivre la science ” : une incantation magique constamment invoquée par les politiciens pendant la crise du Covid-19. (Presse Française - juin 19, 2020 in Science), site alternatif

LECLERC, Marc-André (2021) À quelle “science” se fie donc la CAQ? (Journal de Montréal – 25/2/2021)

LÉVY-LEBLOND, Jean-Marc & JAUBERT, Alain (1972/75) (Auto)critique de la science. Seuil Paris (coll.Points. Sciences; S53) 310 p.

LEWIS, C. S. (1947/1975): “A Reply to Professor Haldane.” Republished in On Stories and Other Essays on Literature. 1966/1975 Harper-Collins. pp. 74-75)

MCCAIN, Robert Stacy (2020) The Superstition of ‘Science': Can the media's favorite experts predict the pandemic's future? The Spectator - April 20, 2020

MUGGERIDGE, Malcom (1979) Things Past. [edited by Ian Hunter] William Morrow & co. New York 252 p.

ROSENFIELD, Kat (2021) Anthony Fauci's dangerous narcissism : Science can't be above questioning. (UnHerd – 3/12/2021)

SAUL, John Ralston (1993) Les bâtards de Voltaire: la dictature de la raison en Occident. Payot [Paris])

TAM, Theresa (2021) Ce que nous avons entendu : Renouvellement et renforcement du système de santé publique au Canada : Rapport de l'administratrice en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada. 2021. 60 p. (13/12/2021)

TURCOTTE, Olivier (2021) La vaccination des 5 à 11 ans commence aujourd'hui au Québec. (23 novembre 2021)

WALTER, Christian (2020) Science et Covid-19 : pourquoi une telle crise de confiance ? (The Conversation – 3/11/2020)

WEBER, Bob (2020) La COVID-19 aurait rehaussé la confiance des Canadiens envers la science [VIDÉO] (le Soleil – 10/11/2020)


Notes

[1] - Fort possible que ce ne soit pas nécessaire d'aller jusqu'à là en France ou au Québec, car dans le monde francophone les technocrates sont déjà intouchables, leur parole jugée infaillible, donc au-dessus de toute remise en question sérieuse ou doute.

[2] - Mais quelle trouvaille marketing cet acronyme !! Imbattable.

[3] - Un rapport soumis par Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada (13/12/2021) expose comment se mettent en branle de tels comités au Canada

Les échanges “ Meilleurs cerveaux ” (ÉMC) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont des réunions d'une journée, sur invitation seulement, qui réunissent des décideurs de haut niveau, des chercheurs et des spécialistes de la mise en œuvre pour discuter de sujets d'intérêt commun hautement prioritaires liés à la santé.

[4] - Malgré les “ Liberté, fraternité, égalité ! ”...

[5] - Belle déclaration de foi...

[6] - Assez curieux cet argument, car il pourrait laisser entendre que Walter est un franc-maçon exprimant (de manière plus ou moins subliminale) son mépris des non-initiés. Dans cette logique, seuls les initiés aux secrets de la Science (S majuscule obligatoire) peuvent comprendre le débat sur la crise du Covid. Encore que cette initiation ne leur donne pas nécessairement le droit de participer à ce débat. En fait, il est assez manifeste maintenant que la classe dirigeante préfère qu'il n'y ait aucun débat et qu'aucune question sérieuse qui ne leur soit posée...

[7] - Dans le cadre d'un débat, un argumentum ad personam est un mécanisme de rhétorique fréquemment considéré comme une manœuvre déloyale et ayant l'objectif de discréditer son adversaire sans lui répondre sur le fond de l'argument. Si on affirme que l'argumentum ad personam est considéré une manœuvre déloyale c'est que si une des parties y fait appel généralement cela implique que son argument est faible et qu'elle cherche à détourner l'attention de ce fait. On cherche donc à changer de sujet...

[8] - Au Québec, les allusions aux “ experts ” et à la “ science ” pour justifier les restrictions ou autres politiques de Covid sont monnaie courante. Par exemple, lors de son point de presse du 23 novembre 2021 annonçant le début de la vaccination des 5 à 11 ans contre la COVID-19 le premier ministre François Legault, a d'abord tenu à rassurer les parents sur la dose pédiatrique, qui est sécuritaire “ selon la science ”. Vers 12 minutes de ce point de presse Legault note : “ la dose pour enfants est environ 1/3 de la dose pour adultes, donc les scientifiques pensent que c'est sécuritaire. ” Commentaire répété dans la portion anglophone de la conférence : 23minutes “ Scientists have made very sure the vaccine is safe for children. ”

[9] - Dans son analyse de 1951, The Origins of Totalitarianism (édition anglaise..., cette étude se penche surtout sur le totalitarisme nazi et le communisme sous Staline), la politicologue Hannah Arendt expose le fait oublié que la gestion par décrets est un trait caractéristique de l'État totalitaire :

[10] - Et c'est ce consensus judéo-chrétien qui permit au 18e siècle à un politicien comme William Wilberforce de rendre l'esclavage illégal dans l'Empire britannique. Aujourd'hui, une telle initiative serait impossible...

[11] - Au Québec en particulier, on aime bien se gausser que le Québec est un État laïque, concept mensonger qui affirme la neutralité religieuse de l'État. Dans les faits cette affirmation de la neutralité religieuse de l'État n'est qu'un bouclier pour protéger l'État québécois de questions sérieuses sur ses convictions idéologiques véritables. On ne veut PAS répondre à ses questions... On ne veut pas rendre des comptes. Le 16 juin 2019 fut adoptée par le Parlement du Québec la loi intitulée “ Loi sur la laïcité de l'État, loi qui fixe cette exigence dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

À propos de la Loi sur la laïcité de l'État. (document)

[12] - Commentaires ajoutés en [] par l'auteur de cet article.