Vie chretienne Cosmos Arts Engin de recherches Plan du site

Samizdat

La crise du Covid et
l'exploitation idéologique de la science

Deuxième partie




Paul Gosselin – anthropologue, auteur (2022) -> suite de la première partie

Le texte qui suit on comporte un argument compréhensible par la majorité qui saisira rapidement ses répercussions pratiques, mais cet argument soulèvera inévitablement quelques interrogations auprès de ceux qui ont subi avec succès leur lavage de cerveau universitaire. La section (philosophique) en gris leur est dédiée.

Comme on l'a vue dans la première partie, la classe dirigeante actuelle (politiciens, grands médias, hautes instances du système juridique et technocrates) a abondamment fait appel à “ La Science ” comme matraque pour justifier une longue liste de violations de droits et les restrictions que les populations ont subies depuis mars 2020. Un élément important dans le comportement de la classe dirigeante a été la suppression des voix scientifiques dissidentes, d'abord par le discrédit dans les médias, le bannissement des réseaux sociaux, ensuite par la menace de perte d'emploi.

Ainsi, depuis le début de la crise du Covid la science a servi d'arme de persuasion massive pour

L'exploitation de la science pour étouffer un débat est d'autant bizarre que lors de mes études universitaires dans les années 70, les profs aimaient répéter le slogan : “ La science est caractérisée par le doute ! ” Cela laissait entendre que, contrairement à la religion, la science n'est jamais dogmatique et que la science véritable nécessite des discussions ouvertes et la remise en question de toutes les Vérités sans exception. Mais sous la classe dirigeante actuelle, on est très loin d'une telle perspective.

Depuis le début de la crise du Covid il est assez manifeste que la classe dirigeante supporte très mal quelque doute au sujet de la gravité du Covid19, de la nécessite des restrictions ou l'intérêt du vaccin... Il faut se rappeler que s'il est question de science, il ne peut y avoir de progrès en science sans débat vraiment OUVERT où chaque partie en cause peut librement proposer ses meilleurs arguments et examiner à la loupe les arguments de leurs adversaires. Ceci implique qu'en science la dissidence, l'expression ouverte de doutes et les débats ouverts (et houleux) sont NÉCESSAIRES et utiles, et n'ont RIEN à voir avec un obstacle au progrès qu'il faut réprouver. Il est clair qu'aux yeux de la classe dirigeante, la remise en question du consensus de la science et de la pensée unique covidiste est un crime punissable. Mais on étouffe les voix dissidentes, d'abord par la manipulation et la culpabilisation, mais lorsque cela ne suffit pas, on procède alors au bannissement (des réseaux sociaux) et aux menaces de licenciement...

Theresa TamVoici un exemple canadien des méthodes manipulatrices exploitées par la classe dirigeante. En décembre 2021, un rapport (13/12/2021) remis par Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, expose les stratégies exploitées par la classe dirigeante pour encadrer/étouffer un débat de fond sur les politiques de l'État lors de la crise du Covid. Dans ce rapport, Tam observa au sujet des délibérations de comités secrets de gestion de la crise du Covid (2021 : 37)

Un certain nombre de participants ont indiqué que la désinformation constituait un défi croissant en santé publique. La réticence à l'égard de la vaccination est un domaine où cela est mis en évidence, mais c'est un problème dans d'autres domaines de la santé publique également (p. ex., fluoration de l'eau). Un participant a fait remarquer que certains Canadiens font peu confiance à la science et au gouvernement.

Le concept de désinformation évoqué ici est intéressant, car il présuppose immédiatement que le groupe qui parle possède La Vérité, par conséquent que leur discours est tout à fait indiscutable et que même c'est son devoir moral de supprimer, par divers moyens, tout discours qui contredit le sien[1]. La deuxième phrase (avec l'allusion à la fluoration de l'eau), doit être considérée comme de la poudre aux yeux, ne servant qu'à détourner l'attention du fond du débat sur la crise du Covid[2]. Et la dernière phrase est une tentative d'intimidation et laisse entendre que le rejet de son discours est une hérésie, c'est-à-dire un rejet de la Science.

Depuis le début de la crise du Covid, la classe dirigeante a justifié ses décisions (et ses nombreuses violations des droits des citoyens) en faisant appel à la Science, sinon indirectement en faisant allusion aux Experts. Il est utile de prendre conscience que la science véritable est limitée dans son application et son autorité et ne peut apporter que des observations sur le monde matériel qui nous entoure. Au cours de son développement, la science véritable produit des déclarations telles qu'“ une particule subatomique ou un virus se comportent de telle et telle manière dans telles et telles conditions ou l'eau bout à 100°C ou encore un alliage fait de tels ou tels éléments métalliques a les propriétés xyz ”. C'est de telles observations que dérive tout ce qu'il y a d'utile dans la science véritable: les vaccins, les ordis, les télécommunications, nos connaissances du système solaire, des données de la physique permettant d'envoyer un homme sur la Lune et l'en faire revenir... Par contre, la science n'offre donc AUCUN conseil pour déterminer ce que l'on peut (ou doit) faire avec ces faits/observations. Pour émettre des prescriptions morales (ou des politiques sociales, dans le cas de l'État), il est nécessaire de SORTIR de la science et faire appel à un système moral qui, à son tour, prend appui sur une religion ou une idéologie. Il en résulte que les politiques de gestion de la crise du Covid ne sont jamais déterminées par la science. Il reste donc à déterminer leur source véritable.

 

Dans cette section nous examinerons deux questions

Je suis conscient que pour plusieurs l'affirmation ci-dessus (Pour émettre des prescriptions morales, il est nécessaire de SORTIR de la science et faire appel à un système moral qui, à son tour, prend appui sur une religion ou une idéologie) va sembler fort étrange et, surtout, contraire à leur éducation. Plus précisément cette affirmation va à contrecourant de toute la pensée du Siècle des Lumières, qui a érigé la Science comme réponse à tout et donc à faire de la science un système de croyances globalisant donnant sens à tous les aspects de l'existence humaine, une religion en somme. Dans le monde francophone, ce concept s'est profondément enraciné dans la culture et la vie intellectuelle. Comment donc justifier notre affirmation des limites de la science et plus spécifiquement notre affirmation de l'incapacité de la science d'établir des prescriptions morales ou politiques sociaux ? Pour ce faire, il est nécessaire de fouiller un peu la philosophie.

David HumeLe philosophe écossais David Hume (1711 – 1776) semble avoir été le premier, dans son Traité de la nature humaine, à souligner l'impossibilité de tirer des devoirs ou responsabilités éthiques à partir d'observations strictement empiriques (le champ de compétence de la science). Selon Hume, ce qui est (l'observable ou l'empirique) ne détermine en aucun cas ce qui doit (c'est-à-dire le devoir de l'homme ou de la femme). Aucun lien logique ne peut donc être établi entre les deux. En anglais, c'est le paradoxe is/ought. Voici le commentaire de Hume lui-même (1740/1991, livre III: 65):

De l'avis de Hume, il est donc impossible de tirer des valeurs ou un système de prescriptions éthiques d'un chapeau de magicien, c'est-à-dire du monde empirique. Sur le problème des fondements de l'éthique, un des philosophes de la science les plus renommés du 20e siècle, Karl Popper est du même avis que Hume et fit l'observation suivante (1948 : 154):

Malgré ces avertissements, ça n'empêche pas les gens de tenter de tirer des prescriptions éthiques du chapeau du magicien (c'est-à-dire de la “ Science ”). L'homme est un être moral après tout, pas toujours cohérent, mais moral. Certains ne résistent donc pas à la tentation de tirer des règles morales ou prescriptions sociales du monde naturel[4]. Voyez le résultat. Dans les années 1970, j'ai rencontré des auteurs en sciences sociales soutenant que si l'homosexualité est observée chez certains oiseaux marins, cela justifiait alors son acceptation chez les humains. Mais le principe derrière de telles affirmations est un couteau à deux tranchants, car dans le monde naturel on rencontre aussi des ours polaires mâles qui, à la sortie de l'hibernation, peuvent dévorer leurs propres descendants s'ils les croisent. Si donc on admet l'argument pour l'homosexualité (la nature comme étalon pour la loi morale des hommes), alors sur le plan logique il serait nécessaire d'admettre le même principe comme argument en faveur de l'infanticide ou le cannibalisme...

2) Mais qu'est-ce que la science ?
Le monde francophone, dans sa vie intellectuelle et culturelle, a été profondément marqué par le mouvement idéologico-religieux des Lumières. Et au cœur de ce mouvement se trouve la quête d'un savoir prestigieux, immuable, absolu, une Vérité. Si la Renaissance a érigé la philosophie grecque en savoir ultime, les penseurs des Lumières ont fait de la Science leur pierre angulaire idéologique (et outil de marketing) et leur Vérité. Le fruit naturel de ce système c'est le scientisme. Et pour départager le scientisme de la science véritable, on peut définir la science comme "l'ensemble des connaissances obtenues par des méthodes basées sur l'observation". Le "scientisme", quant à lui, est défini comme "la croyance que seules ces méthodes peuvent être utilisées de manière fructueuse dans la poursuite de la connaissance". Ainsi lorsqu'on voit un auteur qui met régulièrement une majuscule au mot Science, il fait partie du courant idéologique des Lumières. Comme on l'a noté dans la première partie de cet article, le mathématicien français Alexandre Grothendieck a bien décrit ce développement qui, au bout de la ligne, fait de la science un objet de foi et, plus précisément, fait de la science la Vérité, donc le texte sacré de l'Occident (1971: 41):

Chez les philosophes, le concept de Science=Vérité a pris forme dans les courants de pensée nommés positivisme ou néo-positivisme. Et pour les masses, on a disséminé la version populaire, soit le scientisme tel que le décrit si bien Grothendieck. Mais si le scientisme est effectivement un abus idéologique de la science véritable, ce constat nous aiguille vers une question supplémentaire : Qu'est-ce au juste que la science ?

Karl R. PopperUne partie importante du projet philosophique de Karl Popper s'est opposé à l'exploitation idéologique de la science par les héritiers du Siècle des Lumières. Pour Popper la science est un savoir limité au monde matériel/observable. Ces affirmations doivent toujours être enracinées dans des expériences. Popper rejeta donc l'idée promue par les dévots des Lumières que la science apporte la Vérité ou peut même l'atteindre. À son avis, la science est incapable de prouver ses propres hypothèses de manière absolue, mais peut uniquement les réfuter. Popper rejeta donc le concept issu des Lumières faisant de la science un savoir Absolu[5]. Dans La connaissance objective Popper notait (1973/1998: 41) :

Mais traduisons le jargon philosophique de Popper “ l'objectivité des énoncés scientifiques réside dans le fait qu'ils peuvent être inter-subjectivement soumis à des tests ” par un langage plus accessible, soit “ une affirmation scientifique DOIT pouvoir être testé par des êtres humains au moyen d'expériences ”. Ainsi l'expression inter-subjectivement implique l'exigence que plusieurs intervenants puissent confirmer les observations initiales. Un seul observateur ne suffit jamais. La thèse centrale du livre Conjectures et Réfutations (1962) par Popper est que le progrès de la science exige des débats ouverts...

Mais quel contraste avec la situation actuelle, car depuis le début de la crise du Covid, la classe dirigeante a activement cherché à ÉTOUFFER le débat sur les mesures sanitaires, le masque, les traitements alternatifs pour le Covid et le vaccin anti-Covid. Les exemples ne manquent PAS. Ainsi, dans la pratique cela implique que les théories scientifiques DOIVENT toujours être posées dans des termes qui admettent débat, critiques et réfutation. Selon Popper une affirmation ou théorie scientifique ne peut jamais être considérée absolue, hors de toute remise en question. Ainsi, de l'avis de Popper un groupe défendant une hypothèse supposément scientifique tout en refusant/étouffant le débat (et une réfutation possible) au sujet de leurs affirmations, un tel groupe ne défend RIEN d'autre qu'une pseudoscience[6]... Au sujet de l'importance des débats ouverts en science, un autre philosophe de la science du 20e siècle, Paul K. Feyerabend, affirmait (1975/79 : 32)

Et si on considère les efforts de la classe dirigeante actuelle d'exploiter la science pour imposer le conformisme, notons Feyerabend qui ajoute brutalement (1975/79: 46) :

Les plus futés de mes lecteurs me feront sans doute observer : “ Mais, Gosselin, n'es-tu pas au courant que dans le milieu universitaire le débat sur la définition de la science (ou problème de la démarcation entre la science et la pseudoscience) est considéré dépassé, mort... ?? ”

Il est vrai qu'aujourd'hui la majorité des philosophes des sciences ont admis l'affirmation bidon selon laquelle le débat au sujet du problème de la démarcation est un "débat mort"... Le philosophe américain Larry Laudan en particulier a promu cette affirmation (1988). Comme je l'ai souligné dans Fuite vol. 2, il y a des intérêts particuliers dans une telle affirmation, car un examen SÉRIEUX du problème de démarcation conduirait inévitablement à renverser de NOMBREUX châteaux de cartes dans les sciences sociales, car l'étiquette science confère à bon nombre de champs d'études à la fois prestige et financement. Cette question philosophique a donc des retombées très pratiques. Et comme l'a vu Popper, une définition limitée de la science pose un problème particulier pour la théorie de l'évolution. Il y a donc de bonnes raisons de croire que si le milieu universitaire continue de faire valoir que le problème de la démarcation est une "question morte", ce n'est pas parce que la question a été débattue correctement et a abouti à une conclusion après que tous les arguments aient été entendus et analysés, mais avant tout parce cette affirmation garantie le maintien du statu quo du milieu universitaire...

À mon avis, touchant la définition de la science, les philosophes des sciences sont toujours (en général, inconsciemment) à chercher un équilibre précaire entre une définition cohérente de la science et les effets déstabilisateurs que son application dans le monde réel pourrait avoir sur le statu quo académique... Peu de philosophes des sciences abordent de tels sujets, mais Imre Lakatos a (brièvement) eu le courage d'évoquer quelques répercussions possibles (1999 : 24)

Comme on le sait, sous la crise du Covid la classe dirigeante en Occident a constamment fait appel au prestige de la Science pour justifier ses politiques. Mais tenant compte de l'impossibilité de tirer des règles morales ou des politiques sociales de la science, il est assez manifeste que cette classe dirigeante ne s'intéresse pas à la science véritable, mais s'intéresse seulement d'exploiter le prestige de la science dans une stratégie marketing afin d'avancer ses objectifs politiques, idéologiques et économiques.


Une stratégie perverse et un parallèle

Le débat sur la crise du Covid comporte un parallèle intéressant avec le débat sur le réchauffement global/changements climatiques. Un des problèmes avec les partisans du changement climatique est qu'ils préféreraient s'esquiver rapidement des discussions objectives, appuyés uniquement sur des données empiriques (avec argument et contre-argument, ce qui exige BEAUCOUP de travail), afin de passer directement à une situation dans laquelle ils détiennent un monopole idéologique.

Une astuce abondamment exploitée par les partisans du changement climatique pour se défiler de tels débats est l'expression manipulatrice “ négateur du changement climatique ” (climate-change deniers aux États-Unis). Voilà un cas classique de la stratégie rhétorique de l'argumentum ad personam qui a pour objectif court-circuiter un débat véritable et détourner les échanges sur l'adversaire plutôt que sur le fonds de la question.

Et dans le contexte de la crise du Covid, l'expression parallèle est le terme Anti-Vacc, une arme de culpabilisation massive qui laisse entendre que celui qui pose des questions sérieuses au sujet du vaccin anti-Covid est un attardé qui rejette la Science, veut renoncer à tous les progrès de la science et qui, en somme, veut retourner au Moyen Âge... Cette manière qu'ont les partisans du changement climatique (ou encore des technocrates covidistes) de traiter leurs critiques est un indice important que le changement climatique est en fait une pseudoscience. Ou plus précisément, il s'agit davantage d'une croyance/superstition que d'une science.

Faisons un moment un parallèle entre le discours des technocrates covidistes et le champ de rechercher de la physique. Lorsqu'au début du 20e siècle, Albert Einstein a proposé au monde scientifique sa théorie de la relativité, a-t-il été qualifié de “ Newton-denier ” (un négateur de Newton) par les défenseurs de la physique classique (qui était pourtant le consensus bien établi de l'époque ...) ou fut-il l'objet de l'ostracisme dans la communauté scientifique? Non, la relativité est une science réelle dotée de véritables preuves empiriques qui peuvent être soumises à des expériences. Ce qui diffère de la situation actuelle est que les partisans de la physique newtonienne qui dominaient les départements de physique à l'époque étaient TOUS solennellement engagés à examiner les données empiriques et les arguments de leurs adversaires[7], ce qui n'est clairement pas le cas chez les partisans du changement climatique ou les technocrates la classe dirigeante sous la crise du Covid.

Mais d'où vient cette expression “négateur du changement climatique”? De toute évidence, les partisans du changement climatique tentent d'établir une équivalence morale entre les “négationnistes de l'Holocauste” et les détracteurs du changement climatique. Puisque la plupart des gens qui s'intéressent à l'histoire savent qu'il existe une masse de preuves historiques que les nazis ont tué des millions de Juifs (et d'autres groupes) pendant la Seconde Guerre mondiale, l'expression “ négateur du changement climatique ” laisse entendre deux choses,

Marketing très subtil et exploitation perverse et massive de la culpabilisation... Ainsi, tout comme le rejet du changement climatique, le rejet du salut par le vaccin anti-Covid devient une sorte d'hérésie! Et comme on le sait, les hérétiques n'ont pas droit de parole. Il FAUT à tout prix les faire taire (et surtout les exclure de postes d'influence...).

J'ajouterais qu'en tant qu'anthropologue, que lorsque les gens commencent à être aussi enthousiastes et émotifs qu'à propos de questions telles que le changement climatique ou encore un vaccin à ARNm, il s'agit d'une preuve évidente que nous avons affaire à une CROYANCE, voire même à une superstition postmoderne plutôt qu'à la science empirique. Par exemple, est-ce que les physiciens du début du 20e siècle, explorant les propriétés de la lumière, auraient-ils pensé accuser de “ crimepensée ” (Orwell), quiconque ne serait pas d'accord avec l'idée que la lumière était une particule (par opposition à une onde)?[8] Aucune science véritable n'a besoin d'une telle démagogie, de chasses aux sorcières ou de telles stratégies manipulatrices. Un tel comportement est plus proche de l'Inquisition que de la science empirique.


Conclusion

Si pour un instant on a le courage d'adopter une définition restreinte de la science, qui la limite à l'étude de processus observables (avec ou sans instruments), on ne perd strictement rien de la science empirique véritable, car c'est cette science qui produit des moteurs à combustion à performance plus élevée, des ordinateurs toujours plus performants, les données de la physique permettant d'envoyer un homme sur la Lune et l'en faire revenir...

Mais il faut tout de même avouer que le constat que la science est limitée ne cadre pas du tout avec le projet des Lumières qui a érigé la Science en savoir Absolu et totalisante. Dans le monde francophone, tout autant en France qu'au Québec, le projet des Lumières est devenu l'assise du système d'éducation, du projet universitaire et de la vie culturelle. Il en résulte qu'en général, le francophone est très hésitant à remettre en question la toute suffisance de la science (et, par extension, l'autorité des experts). Par contre, dans le monde anglophone, puisqu'il existe un profond courant de pensée critique des Lumières, il n'est pas très rare d'y rencontrer une critique de la toute suffisance des experts, comme ce commentaire (un peu désinvolte) rédigié il y a 100 ans par le journaliste britannique G. K. Chesterton (1922 : chap 4) :

Et si on tient compte du fait que l'on ne peut pas tirer des règles éthiques ou des politiques de santé de la science, cela nous confronte immédiatement à une question critique : « Quelle est alors l'idéologie sur laquelle s'appuie la classe dirigeante actuelle, la classe dirigeante qui prend les décisions sur la crise du Covid et quelles sont les répercussions sociales possibles de cette idéologie ? » Vu sous un autre angle, on peut se demander également QUI finance les cénacles de pouvoir que sont les comités tels que l'OMS, la NIAID aux États-Unis ou la SAGE en Angleterre ? La stratégie Follow the Money comme disent les Américains (ou « suivez le fric ») peut éclairer assez efficacement la question idéologique. Et si on découvrait que de l'argent des pharmaceutiques est un élément significatif dans les décisions gouvernementales ?[9] Comme aimait le dire Karl Marx: « L'économique est déterminante en dernière instance ! » Ce sont toutes des questions qu'un bon journaliste (honnête) pourrait fouiller et poser... Mais un tel journaliste devrait mettre de côté toute naïveté en s'engageant dans un tel projet, se contentant de rechercher les preuves explicites d'idéologie par la classe dirigeante. Et devant de telles questions la classe dirigeante va sans doute nier haut et fort la détermination idéologique de ses politiques et insister sur la neutralité de son discours. Ils ont tout à perdre si le débat dérivait vers leurs sources idéologiques. Le bouclier de la Science ne serait plus efficace pour les mettre à l'abris des critiques...

Le truc c'est qu'en Occident cette élite postmoderne néo-totalitaire a appris une leçon très importante de l'expérience des régimes totalitaires du 20e siècle avec leurs structures administratives, leurs programmes et logos explicites et publics. Les élites postmodernes ont constaté que ces méthodes jettent les cartes sur table et attirent à celui qui les utilise des ennemis déterminés. Ainsi lorsque les SA/Chemises Brunes, les SS nazis ou des agents du KGB cognent à la porte on sait très bien à qui on fait affaire. Un ennemi à découvert, bien identifié, comme un régime communiste, force le groupe ciblé à faire une réflexion très sérieuse au sujet de cette attaque et sa source pour ensuite poser des gestes en conséquence. En somme, les méthodes brutales et explicites rendent la situation idéologique (et ses enjeux) trop claire[10].

Ayant appris cette leçon, nos élites postmodernes ont donc mis de côté tout programme ou logo explicite et s'appuient avant tout sur un pouvoir dissimulé et hypocrite et exerçant leur pouvoir avant tout par la manipulation et de petites attaques indirectes, venues des grands médias ou par le biais de factions (comme les AntiFa ou les BLM) sans attache évidente.

Mais il faut reconnaître que la classe dirigeante possède des stratégies extraordinairement efficaces pour repousser toute question sur les intérêts idéologiques ou économiques qui peuvent influencer leurs politiques à l'égard du Covid. Il s'agit bien sûr du terme conspirationniste. Toute comme l'expression Anti-Vacc, le terme conspirationniste est une arme de culpabilisation massive laissant entendre que la personne ciblée par ce terme est un être, somme tout, débile léger et son argument, est fondamentalement irrationnel et sans fondement. Ainsi en exploitant le terme, conspirationniste la classe dirigeante est dispensée d'établir le fait que l'argument des critiques est irrationnel et sans fondement. Elle n'a pas besoin de répondre, suffit d'insinuer... Bien que rien n'a été prouvé par l'exploitation de ce terme, toute cette stratégie repose sur un effet d'intimidation. Voilà donc un bouclier très efficace pour repousser les questions emmerdantes...

En somme, dans le contexte de la crise du Covid, la classe dirigeante actuelle a fait de la Science une matraque pour assurer l'asservissement et (surtout) l'obéissance des masses. Il serait TRÈS difficile de concevoir parvenir au même résultat, soit les violations massives de la liberté des citoyens qu'on a vus de nos yeux depuis mars 2020, sans s'appuyer sur “ la Science nous dit que... ” ou “ les experts disent que... ”.

Le constat de l'exploitation idéologique de la science par la classe dirigeante sous la crise du Covid doit provoquer des réflexions sérieuses. Comme aime le noter George Santayana, si les leçons terribles de l'histoire sont oubliées, on risque de les répéter. Par exemple, il est utile de prendre conscience qu'au 20e siècle, les nazis et les communistes ont tous les deux massivement cherché à justifier et faire le marketing de leur idéologie et de leurs politiques en s'appuyant sur la Science.

Dans le cas des nazis, on justifiait leurs politiques en s'appuyant sur le racisme scientifique fortement défendu par la Science anthropologique de l'époque[11]. Le communisme a également fait le marketing de son système de croyances en faisant appel à la Science. Je me rappelle entres autres d'avoir fait à l'université un cours de théologie marxiste qu'on appelait matérialisme scientifique.[12] Tout comme les nazis, le communisme s'est appuyé sur la science évolutionniste de Darwin, mais plutôt qu'appliquer le concept darwinien de la lutte pour la survie aux races comme l'a fait Hitler[13], Marx a prôné la lutte pour la survie entre classes sociales, les prolétaires/travailleurs devant éliminer les capitalistes. Ces deux systèmes de croyances se sont donc abreuvés à la même source scientifique, c'est-à-dire darwinienne. Et n'oublions pas que la classe dirigeante actuelle est également composé de fervents croyants au mythe d'origines matérialiste, c'est-à-dire des darwiniens très zélés...

Les historiens se sont parfois demandé comment une culture aussi raffinée que celle de l'Allemagne sur le plan artistique, scientifique et intellectuel ait collaboré si facilement et si activement au sadisme de l'idéologie et de l'État nazi. Une éducation moderne n'est-elle pas une barrière efficace au totalitarisme ? À ce sujet, P.-P. Grassé nous offre des faits historiques qui exigent une méditation sérieuse (1980: 44):

Grassé démontre assez clairement qu'une éducation universitaire moderne (c'est-à-dire enracinée dans la pensée des Lumières) n'offre aucun obstacle à la montée du totalitarisme. C'est un fait historique. Et qu'en est-il de la profession médicale allemande au début du 20e siècle face à la tentation de l'idéologie nazie ? Ont-ils donné meilleur exemple ? Il faut constater que non... L'avocate Rebecca Messall observe que non seulement les médecins allemands ont collaboré de manière enthousiaste avec le régime nazi, sur le plan idéologique ils lui ont même préparé le chemin en mettant leur autorité et leur prestige au service du racisme scientifique (2004 : 40)

Aleksandr SoljenitsyneManifestement le Serment d'Hippocrate ne pèse pas très lourd dans la balance du corps médical si les pressions sociales ou idéologiques et les incitatifs économiques sont exploités de manière efficace... Ouais, si on oublie l'histoire, la leçon risque d'être très dure[14]... Touchant la classe des intellos, dans son livre L'opium des intellectuels, Raymond Aron offre un petit commentaire qui explique simplement ce qui motive le conformisme des éduqués/intellectuels (1955/2017: 230): « Les intellectuels ne sont pas moins sensibles que les autres Français aux soucis d'ordre économique. » Et voici un rappel de la part de l'écrivain et dissident russe Aleksandr Soljenitsyne (et survivant des camps de concentration communistes). Lors de son discours du Prix Templeton (1983), Soljenitsyne a médité sur la source de la catastrophe énorme qu'a provoquée la révolution bolchevique en Russie:

Une chose me frappe dans ce commentaire. Soljenitsyne avait une formation en mathématiques et savait que si vous supprimez un facteur critique dans une équation, le résultat final serait radicalement différent. Il me semble que cette phrase de Soljenitsyne doive être précisée. Les hommes n'ont pas oublié Dieu, ils l'ont plutôt éliminé de l'équation...

Je pense que c'est un constat de polichinelle que d'affirmer que les élites postmodernes de cette génération n'ont pas qu'“oublié Dieu”. Ça dépasse largement ça. Ils ont plutôt fait tout en leur pouvoir pour l'éliminer Dieu de l'équation, c'est-à-dire en éliminant toute trace d'influence judéo-chrétienne en Occident. Si au 20e siècle les Russes ont été aux premières loges pour voir ce que feraient les élites communistes, nous sommes désormais aux premières loges pour voir ce que feront les élites néo-totalitaires postmodernes. Puisqu'en 2022 les élites postmodernes font appel à la science exactement comme l'ont fait les nazis et les communistes, il y a lieu de se demander s'ils n'auront pas des comportements aussi destructeurs et inhumains que les nazis ou les communistes. Que feront-ils du pouvoir énorme qu'ils ont actuellement entre les mains ?


Dossier de presse: On étouffe la critique scientifique du covidisme


Références


NB : les citations suivies d'un * sont traduits par l'auteur de cet article

-- (2021) "Le délire scientiste" croqué par Patrice Gibertie. (FranceSoir – 8/12/2021)

ARENDT, Hannah (1951/1976) The Origins of Totalitarianism. Harvest Book New York xliii-576 p.

ARON, Raymond (1955/2017) L'opium des intellectuels. Pluriel xx-338p.

CHESTERTON, G. K. (1922) Eugenics and Other Evils. [Ebook]

FEUCHT, Kenneth (2022) Darwinism and Scientific Totalitarianism: John West's Darwin Day in America. (Evolution News - March 26, 2022)

FEYERABEND, Paul K. (1975\79) Contre la Méthode. Seuil Paris 350 p.

GELLNER, Ernst (1992/1999) Postmodernism, Reason and Religion. Routledge London/New York 108 p.

GOSSELIN, Paul (2021) La nouvelle chasse aux sorcières : La répression de la dissidence médicale en 2021. (Samizdat – 21/1/2021)

GOSSELIN, Paul (2009) Fuite de l'Absolu: Observations cyniques sur l'Occident postmoderne. Volume II. Samizdat 574 pages

GRASSÉ, Pierre-Paul (1980) L'Homme en accusation: De la biologie à la politique. Albin Michel Paris 354 p.

GROTHENDIECK, Alexandre (1971) La nouvelle église universelle, republié dans (Auto)critique de la science. pp. 40-50 - Seuil Paris 1975 310 p. [Lévy-Leblond, J.M. et Jaubert, A. éds.]

GUILLEMETTE, Mélissa (2020) Les décisions politiques peuvent-elles être basées sur la science en pleine crise? (Québec Science – 30/4/2020)

HUME, David (1740/1991) La Morale: Traité de la nature humaine. (livre III, trad. Phil. Saltel) GF Flammarion Paris 282 p.

KEITH, Sir Arthur (1947) Evolution And Ethics. G. P. Putnam's Sons, New York [site alternatif]

KELLY-GAGNON, Michel et Alexandre Massaux (2020) La “ science ”, le mot magique des politiciens : “ Suivre la science ” : une incantation magique constamment invoquée par les politiciens pendant la crise du Covid-19. (Presse Française juin 19, 2020 in Science [site alternatif]

LAKATOS, Imre & FEYERABEND, Paul K. (1999) For and Against Method. [Motterlini, Matteo ed.] University of Chicago Press 451 p.

LAUDAN, Larry (1988) The Demise of the Demarcation Problem. pp. 337-366 in But is it Science? The philosophical question in the Creation/Evolution controversy. M. Ruse (ed.) Prometheus Buffalo NY 406 p.

LECLERC, Marc-André (2021) À quelle “science” se fie donc la CAQ? (Journal de Montréal – 25/2/2021)

LÉVY-LEBLOND, Jean-Marc & JAUBERT, Alain (1972/75) (Auto)critique de la science. Seuil Paris (coll. Points. Sciences ; S53) 310 p.

LEWIS, C. S. (2002) God in the Dock. (Walter Hooper ed.). Eerdmans Grand Rapids MI 347 p.

MASSON, Scott (2021) Scientism, Democracy, and Totalitarianism. (The Epoch Times – 14/9/2021)

MCCAIN, Robert Stacy (2020) The Superstition of ‘Science': Can the media's favorite experts predict the pandemic's future? The American Spectator - April 20, 2020,

MESSALL, Rebecca (2004) The Long Road of Eugenics: From Rockefeller to Roe v. Wade. pp. 33-74 The Human Life Review - Fall

NIETZSCHE, Friedrich (1899/1970) Crépuscule des idoles; suivi de Le cas Wagner . (trad. d'Henri et, al. Médiations ; 68) Denoël Gonthier Paris 190 p.

O'LEARY, Denyse (2022) Royal Society: Don't Censor Misinformation; It Makes Things Worse: While others demand crackdowns on "fake news," the Society reminds us that the history of science is one of error correction. (Mind Matters - 25/2/2022)

ONFRAY, Michel (2019) Théorie de la dictature. Robert Laffont, Paris 230 p.

ORWELL, George (1949/1984) Mille neuf cent quatre-vingt-quatre. Gallimard [Paris] (coll. Folio; 822) 438 p.

POPPER, Karl. (1948) What Can Logic do for Philosophy?, pp. 141-154. Aristotelian Society Proceedings, supp. Vol. xxii

POPPER, Karl R. (1962/1985) Conjectures et Réfutations. Payot Paris 610 p.

POPPER, Karl (1934/1959) The Logic of Scientific Discovery. University of Toronto Press 480 p.

POPPER, Karl R. (1973/1998) La connaissance objective. (traduction intégrale de l'anglais préfacé par Jean-Jacque Rosat, coll. Champs 405) Flammarion Paris 578 p.

PROCTOR, Robert (1988) Racial Hygiene: Medicine under the Nazis. Harvard University Press Cambridge, Massachusetts

SOLZHENITSYN, Aleksandr (1983) “Godlessness: the First Step to the Gulag”. Templeton Prize Lecture, 10 May 1983 (London)

TAM, Theresa (2021) Ce que nous avons entendu : Renouvellement et renforcement du système de santé publique au Canada : Rapport de l'administratrice en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2021. 60 p. (13/12/2021)

TILLET, Pierrick (2021) Une démarche quasi-religieuse qui n'a plus aucun lien avec la science. (Chroniques du Yéti - 27/11/2021)


Notes

[1] - Le même texte propose la solution suivante (2021 : 37)

Sur le plan logique, cela n'exclu pas la censure de sources d'informations jugées non fiables... Bienvenu au monde prévu par Ray Bradbury dans Fahrenheit 451. Il est utile de prendre note que de telles prétentions à l'infaillibilité ont beaucoup en commun avec certains régimes politiques du 20e siècle. Réfléchissons un bref moment ce que dit la politicologue Hannah Arendt sur le discours totalitaire (1951/1976 : 383)

[2] - On suppose donc que le lecteur accepte que toute la population admette les bénéfices de la fluoration de l'eau, ce qui laisse entendre que celui qui renie ce fait est un imbécile et donc, par extension, l'individu qui remet en question le vaccin anti-Covid est également un imbécile...

[3] - Évidemment, dans le contexte actuel il serait instructif de remplacer, dans cette citation de Hume, le mot Dieu par le mot Science...

[4] - Dans son livre Crépuscule des idoles Nietzsche démontre quil avait très bien compris la chose et se moquait sans scrupule de l'incohérence de ceux qui cherchaient malgré tout à tirer un lapin (moral) du chapeau du magicien (le monde empirique)... (1899/1970: 78-79):

[5] - Cet avis ne plut pas en France sous la domination absolue de la pensée des Lumières et retarda la traduction des œuvres de Popper en français. Je me rappel d'ailleurs avoir lu un compte rendu d'un des ouvrages de Popper rédigé par un prof de philo français qui laissait entendre de manière très condescendante que l'apport de Popper était négligeable, car il n'avait rien compris à la science. Quelle ironie que les contributions de ce prof ont depuis bien longtemps été oubliés par la postérité... En milieu francophone, lorsque l'exploitation idéologique de la science est exposée aux yeux de tous, cela provoque la furie de la classe dirigeante : À ce sujet on peut penser à l'arnaque géniale de l'Affaire Sokal (1996 - Wiki) qui avait ciblé plusieurs intellectuels postmodernes et déclencha un scandale en France.

[6] - Et ce, même un joueur de football américain l'a compris... Aaron Rodgers: Science That ‘Can't be Questioned' is ‘Propaganda'. (Warner Todd Huston – Breitbart – 28/12/2021)

[7] - Ce qui rappelle une question posée par l'anthropologue Ernst Gellner (1992/1999 : 93) :

[8] - Évidemment à l'époque les profits d'industries riches à milliards ne figuraient pas comme enjeu comme c'est le cas du débat au sujet du vaccin anti-Covid...

[9] - Et la même question se pose également pour les sites de fact-checkers (ou débusqueurs de désinformation), comme le site québécois COVID-19 : dépister la désinfo (Agence Science-Presse)

[10] - On peut supposer que les dirigeants de la Chine communiste actuelle font face à cette réalité, c'est-à-dire faisant face à une église chrétienne chinoise courageuse devant la persécution ouverte de l'État communiste.

[11] - Et qui à son tour, était fortement enraciné dans la science évolutionniste. Bien sûr qu'après la Deuxième Guerre mondiale, les anthropologues sont tous devenus d'ardents défenseurs de la fraternité des hommes et des droits universaux...

[12] - Pour ce qui est du marketing du marxisme, comme le note le biologiste français P-P Grassé, les marxistes ont enrobé leur idéologie de l'aura sacrée de la science, c'est-à-dire exploitant le prestige de la science pour vendre la salade marxiste (1980: 36):

On ne peut passer sous silence les autres raisons qu'évoquent les marxistes pour justifier le caractère scientifique de leur doctrine. Dès l'origine, ils l'ont qualifiée de scientifique parce que fondée sur le matérialisme et que, selon eux, la Science, c'est le matérialisme.

[13] - Sir Arthur Keith, écrivant peu de temps après la Seconde Guerre mondiale, expose le ferme engagement d'Hitler envers la science de l'évolution (1947 : 27- 28) :

[14] - Et pour ceux qui croient que la classe dirigeante ne pourrait jamais nous mentir à ce point, voici une autre leçon très dure, tirée de l'histoire soviétique. La note qui suit est de Michel Onfray au sujet des circonstances qui ont servi à la mise en place du régime soviétique.... (2019 : 123-124)

Pour avoir fait confiance aux promesses de « Paix, terre et pain » des bolchéviques, Wiki note au sujet des marins de la ville de Cronstadt que 6 528 rebelles furent arrêtés, 2 168 exécutés (un tiers), 1 955 condamnés aux travaux forcés et 1 272 libérés. Les familles des rebelles seront déportées en Sibérie. Après l'écrasement de la révolte, 4 836 marins de Cronstadt sont arrêtés et transférés en Crimée ou dans le Caucase, pour finir dans les futurs camps du Goulag.