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Tu penses à la mort ??





Paul Gosselin (15/3/2024)

Tu penses à la mort? Se peut-il que dernièrement un médecin t'ait filé une mauvaise nouvelle? Que t'aurais un de ces “turbocancers” et que tu n'as que quelques mois à vivre? Ou encore t'arrives des funérailles d'un copain et que ça te provoque des “questions pas drôles”? Ou que tu penses simplement à la mort et tu jongles avec des questions comme y a-t-il quelque chose qui vient après??

Évidemment à des services funéraires au Québec, on entend presque universellement le mantra rassurant: “ Il/elle est allé dans une meilleure place ”. Trop souvent on balaie sous le tapis la question suivante: “ Mais ça se base sur quoi cette affirmation?? ” Comment savoir si c'est vrai? Puisque cette génération d'occidentaux postmodernes DÉTESTE au plus haut point le concept du JUGEMENT, c'est-à-dire l'idée que nous, nous aurions des comptes à rendre à Quelqu'Un au sujet de notre comportement sexuel, nos gestes ou attitudes dans le quotidien, notre vie culturelle ou intellectuelle, alors en 2024 le clergé religieux (ou séculier) qui se plie volontiers à tout vent de doctrine et aux courants culturels les plus forts, vont soigneusement éviter ces questions lors de funérailles. Puisque les réflexions sérieuses sur la mort sont “ interdites ” alors on se contente de petits mensonges qui flattent dans le sens du poil... Et tous repartent rassurés... Mais ça c'est la réalisation d'un prophètie: "Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables." (2Tim. 4: 3-4). Eh oui, nous y sommes...William Provine

Parfois il est utile de procéder par contrastes. Voyons d'abord le point de vue de l'athée sur la question de la vie et de la mort. William Provine, professeur de biologie et évolutionniste athée, a exprimé un point de vue très répandu chez les élites en Occident (1990: 23):

C'est honnête et logiquement cohérent, mais pas très réjouissant... Après tout, au 21e siècle, si on ose parler sérieusement de jugement après la mort ou de l'Enfer au Québec, avec son passé catholique, le réflexe le plus commun, chez ceux qui croient à la vie après la mort, pour se donner bonne conscience est d'affirmer “ Mais moi j'ai été une bonne personne! ” S'il est facile de se dire de telles choses, la question se pose tout de même : Est-ce de la foutaise (bien intentionnée) ou est-ce fondé ? Comment savoir? Si effectivement on admet que c'est Dieu qui nous jugera après la mort, alors il serait logique de savoir ce que Dieu en pense...

Un jour un jeune homme bien intentionné approcha Jésus avec une question semblable et cherchant à rassurer son cœur. Manifestement il s'agissait aux yeux du monde d'un jeune homme bien apprécié, “ un bon garçon ”. Voici ce qu'en dit l'Évangile de Matthieu

Tiens? “ Un seul est le bon ”? Ouais, ce n'est pas tout à fait la réponse qu'espérait ce jeune homme... Pas trop rassurant... Ça laisse même entendre qu'aucun homme (ou femme) n'est bon devant Dieu[1]. On voit bien que ce jeune homme n'est pas encore tout à fait rassuré. Quelque chose le fatigue encore. C'est alors que Dieu expose ce qui était bien enfoui dans son cœur (et que les autres ne pouvaient encore voir).

Si le problème du jeune homme (ce Séraphin Poudrier en puissance) était ses richesses, parfois les “ richesses ” ne sont pas bancaires, mais d'ordre moral ou religieux. Si on veut voir la chose du point de vue de Dieu, il vaut le peine de réfléchir comment Jésus a traité l'élite religieuse juive du son temps, c'est-à-dire les pharisiens. En lisant les Évangiles, on constate que Jésus a attaqué sans merci leur religiosité, leurs rituels vides et leurs apparences de bonté. “ Sépulcres blanchis ” qu'il les appelle... Manifestement Jean-Baptiste était du même avis car l'Évangile de Matthieu indique

Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir? Produisez donc du fruit digne de la repentance, et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. (Matt. 3: 7-10)

Mais revenons à Jésus. Voici comment il traite celui (ou celle) qui est convaincu d'être “ une bonne personne ”.

Mais au-delà de ces critiques sévères de cette élite religieuse, Jésus lâche une affirmation qui peut donner froid dans le dos à la personne la plus morale et la plus pieuse, soit:

Ah bon... Il faut bien comprendre que dans la société juive de l'époque, les pharisiens représentaient l'élite, le summum de la moralité atteignable par des mortels. Et au Québec, Jésus aurait pu dire « Je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle du Pape ou de mère Théresa, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux ». Non, Jésus n'était pas un fan du mensonge que je suis une bonne personne. À un autre moment, on vint raconter à Jésus la nouvelle de gens tués par divers catastrophes (et manifestement, celui qui raconte pense que ces peronnes n'étaient pas bonnes). Épisodes qui provoquent le commentaire suivant de Jésus

En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Il leur répondit: Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont souffert de la sorte? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. Ou bien, ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu'elle a tuées, croyez-vous qu'elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. (Luc 13: 1-5)

Il faut donc se rendre compte que du point de vue de Christ, la piété et la religiosité deviennent des obstacles pour entrer dans la présence de Dieu. Une des plus vieilles traductions françaises de la Bible, soit la Bible de Castellion (1555) exprime de manière assez sèche les commentaires suivants adressés aux pharisiens par Jésus :

Et si Dieu rejette même cette élite, qu'en est-il des autres? On serait tous foutus? Vraiment?? Comment s'en sortir? Où est la solution?? Eh bien, chose curieuse, c'est un meurtrier, un criminel condamné à mort, qui nous la montre.

Jésus, le jour de sa crucifixion, a vu tous ses disciples l'abandonner. Et cloué à sa croix, autour de lui on se moquait de lui, affirmant en quelque sorte « Ses disciples le proclamaient Messie, le sauveur d'Israël, et le voilà qui crève comme le plus vile des criminels ! » L'Évangile de Matthieu ajoute :

Mais l'Évangile de Luc note que l'un des autres condamnés eut un changement de cœur :

Eh oui, le bon larron reconnut la justice de sa condamnation personnelle. Il était capable d'accepter et d'admettre qu'il n'était pas “ une bonne personne ” et cria à Jésus de le sauver. Étonnant. En effet, le bon larron a passé par ce que les Évangiles appellent Porte Étroite.

Et si Christ nous averti que « resserré le chemin qui mènent à la vie » c'est que pour y arriver, il faut d'abord renverser l'idole dans nos cœurs (et réflexe naturel...) qui affirme que nous sommes « une bonne personne » et que tous nos mérites valent RIEN. Il nous faut donc TOUS passer par cette même Porte Étroite et mettre à la poubelle nos prétentions d'être « une bonne personne ». Il nous faut reconnaître qu'on est foutus (tout autant qu'une prostituée ou un meurtrier), dignes d'enfer et de jugement, qu'on a besoin d'un Sauveur, et que Dieu nous tende la main.

Plusieurs ont entendu parler du récit du patriarche Abraham. Eh bien Abraham aussi est passé par cette expérience de la Porte Étroite. Ah bon, mais à quel moment? Eh bien, cela eu lieu lors du sacrifice demandé par Dieu à Abraham (relaté au chap. 22 de la Genèse), soit son fils Isaac. En quoi consiste le sacrifice faire par Abraham? En fait, ce sacrifice comporte deux aspects. D'abord (et plus évident) sur le plan physique Abraham sacrifiait sa descendance, sa progéniture (et dans une société sans programmes gouvernementaux, cela représentait aussi le sacrifice d'un appui pour ses vieux jours). Mais il y a un deuxième aspect, c'est-à-dire qu'Abraham sacrifiait également le fruit de sa foi en Dieu (alors qu'il avait longtemps attendu la promesse de Dieu), le fruit de ses plus hautes vertus. Et pourtant le sacrifice d'Abraham (Isaac) n'a pas suffit et fut refusé par Dieu. À la fin, on se rends compte que Dieu lui-même a dû pourvoir le sacrifice parfait. Nous aussi sommes dans la même position qu'Abraham et nos plus hautes vertus ne peuvent pas satisfaire Dieu. On reste toujours sous le jugement... Voici un autre perspective sur ce dilemme:

Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées. (Jean 3: 20)

Eh oui, c'est notre probème à tous que décrit ce verset... Aucun de nous veux passer sous le scanneur à résonance magnétique de DIeu... Mais comme je l'ai noté déjà, cette génération postmoderne qui nous entoure DÉTESTE au plus haut point ce concept de Jugement, c'est-à-dire l'idée que Quelqu'UN puisse avoir un mot à dire sur mes attitudes ou mon comportement. Dès que l'on ne fait qu'effleurer le sujet, on entend tout de suite crier “ Qui es-tu pour me juger ? Pour QUI te prends-tu ? ”. Et si la tendance se maintient, le chrétien osant poser ces questions pourras se retrouver avec un agent de l'Inquisition postmoderne frappant à la porte avec des accusations d'hérésie...

Mais Christ est là. Il attend qu'on cesse de se mentir sur nous-mêmes. Il attend qu'on se regarde dans le miroir de sa Parole pour se voir tels que nous sommes. Il nous tend la main, et pour ceux qui reconnaissent et confessent leur péché et s'en repentent, il promet la Vie véritable.


Pour les Québécois éduqués qui détestent les dogmes chrétiens

Voici un dogme chrétien qui est extraordinairement empirique, confirmé à tous les jours dans les journaux à potins, les gros titres des quotidiens et dans les livres d'histoire les plus sérieux. Mais de quoi parle-t-il ? Il s'agit de la doctrine de la Chute. C'est la doctrine qui affirme que nous ne sommes plus dans le Jardin d'Eden (lire les 4 premiers chapitres du livre de la Genèse), mais dans un monde déchu/déglingué. Même la nature humaine est déglinguée et que pour cette raison pendant toutes nos vies on entend les pas de la mort autour de nous, derrière nous. À ce sujet, Salomon l'homme qui avait tout (même trop de femmes) fit ces observations:

Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem. J'ai appliqué mon coeur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c'est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme. J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent. Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté. J'ai dit en mon coeur: Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science. J'ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent. Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur. J'ai dit en mon coeur: Allons! je t'éprouverai par la joie, et tu goûteras le bonheur. Et voici, c'est encore là une vanité. J'ai dit du rire: Insensé! et de la joie: A quoi sert-elle? Je résolus en mon coeur de livrer ma chair au vin, tandis que mon coeur me conduirait avec sagesse, et de m'attacher à la folie jusqu'à ce que je visse ce qu'il est bon pour les fils de l'homme de faire sous les cieux pendant le nombre des jours de leur vie. J'exécutai de grands ouvrages: je me bâtis des maisons; je me plantai des vignes; je me fis des jardins et des vergers, et j'y plantai des arbres à fruit de toute espèce; je me créai des étangs, pour arroser la forêt où croissaient les arbres. J'achetai des serviteurs et des servantes, et j'eus leurs enfants nés dans la maison; je possédai des troupeaux de boeufs et de brebis, plus que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem. Je m'amassai de l'argent et de l'or, et les richesses des rois et des provinces. Je me procurai des chanteurs et des chanteuses, et les délices des fils de l'homme, des femmes en grand nombre. Je devins grand, plus grand que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem. Et même ma sagesse demeura avec moi. Tout ce que mes yeux avaient désiré, je ne les en ai point privés; je n'ai refusé à mon coeur aucune joie; car mon coeur prenait plaisir à tout mon travail, et c'est la part qui m'en est revenue. Puis, j'ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j'avais prise à les exécuter; et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n'y a aucun avantage à tirer de ce qu'on fait sous le soleil. Alors j'ai tourné mes regards vers la sagesse, et vers la sottise et la folie. -Car que fera l'homme qui succédera au roi? Ce qu'on a déjà fait. Et j'ai vu que la sagesse a de l'avantage sur la folie, comme la lumière a de l'avantage sur les ténèbres; le sage a ses yeux à la tête, et l'insensé marche dans les ténèbres. Mais j'ai reconnu aussi qu'ils ont l'un et l'autre un même sort. Et j'ai dit en mon coeur: J'aurai le même sort que l'insensé; pourquoi donc ai-je été plus sage? Et j'ai dit en mon coeur que c'est encore là une vanité. Car la mémoire du sage n'est pas plus éternelle que celle de l'insensé, puisque déjà les jours qui suivent, tout est oublié. Eh quoi! le sage meurt aussi bien que l'insensé! Et j'ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m'a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent. J'ai haï tout le travail que j'ai fait sous le soleil, et dont je dois laisser la jouissance à l'homme qui me succédera. Et qui sait s'il sera sage ou insensé? Cependant il sera maître de tout mon travail, de tout le fruit de ma sagesse sous le soleil. C'est encore là une vanité. Et j'en suis venu à livrer mon coeur au désespoir, à cause de tout le travail que j'ai fait sous le soleil. Car tel homme a travaillé avec sagesse et science et avec succès, et il laisse le produit de son travail à un homme qui ne s'en est point occupé. C'est encore là une vanité et un grand mal. Que revient-il, en effet, à l'homme de tout son travail et de la préoccupation de son coeur, objet de ses fatigues sous le soleil? 23* Tous ses jours ne sont que douleur, et son partage n'est que chagrin; même la nuit son coeur ne repose pas. C'est encore là une vanité.
(Ecclésiaste 1: 12 - 2: 23)

Dans son épître aux Romains, l'apôtre Paul fait appel au dogme de la Chute pour expliquer pourquoi souvent on ne se sent pas à notre place dans ce monde où la beauté et l'harmonie peuvent camper à côté du débile et du maléfique...

J'estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la Création a été soumise à la vanité, -non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement. Et ce n'est pas elle seulement; mais nous aussi, qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l'adoption, la rédemption de notre corps. Car c'est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l'espérance qu'on voit n'est plus espérance: ce qu'on voit, peut-on l'espérer encore? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance.
(Rom. 8: 18-25)

Le CriNon, ce monde qui nous entour n'est PAS celle que Dieu créa initialement. Cette doctrine est confirmée par de nombreux grands œuvres d'art qui, chacun à leur manière, insistent que ce monde n'est pas un camp de vacances, un endroit rigolo :

Et le dogme de la Chute est déclaré en sciences, en particulier via le concept de la Mort thermique de l'Univers (la loi d'entropie)/Heat Death.

Dans les dernières lignes de son essai, Le hasard et la nécessité, même un matérialiste convaincu comme Jacques Monod, biochimiste français renommé, faisant écho à Provine, constate aussi l'annéantissement de toute fondation ultime pour l'éthique [2] (Monod 1971: 194-195):


Et si la Mort te sourit ?

Voici un mot pour certains de mes lecteurs qui se retrouvent à marcher de jour en jour sous les ténèbres et, par moments, regarder un pont ou dans leur pharmacie et y voir une “ porte de sortie ”. Si peut-il que la Mort te sourit, te caresse et te chante sa chanson mensongère : “ finis les souffrances et les autres seront bien soulagés lorsque tu seras parti ” ? Des mensonges, toujours des mensonges, juste des maudits mensonges... Mais pire encore, au Canada on trouve maintenant des fonctionnaires d'État pour inventer de nouveaux refrains caressants à ces chansons des ténèbres... Eh oui, ce sont les gestionnaires pleins de compassion au service de la nouvelle Solution Finale des hypocrites. Et leur conscience professionnelle ? Ça se résume à leur chèque de paie et rien d'autre... Et si tu vacilles sur le bord de la falaise, ils sont tout à fait disposés à t'encourager à faire le pas... Au besoin, ils te donneront une petite poussée... Juste assez... Et après, ils iront lire leur journal et siroter leur café avec un beigne...

Albert CamusDans notre contexte où domine le mythe d'origines matérialiste[3], où un sens de la vie cohérent peut difficilement être établi, est-ce un hasard que le philosophe et journaliste français Albert Camus posa une question aussi brutale et impitoyable (1942: 99)?

Exprimé autrement, Camus aurait pu dire: « On vit , on meurt et c'est tout. Point à la ligne. » Gameover..., comme distent les Américains. La question posée par Camus n'est pas du tout banale. En somme, du point de vue matérialiste la vie n'a pas de sens, pas de but... Réfléchissant sur cette question, l'apôtre Paul nous file une perspective chrétienne

Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. (1Cor. 15: 19)

Très peu de philosophes (matérialistes) osent faire face à ce problème que pourtant génère leur propre vision du monde... Mais il faut reconnaître que le contexte idéologico-religieux de l'Occident, dominé par le mythe d'origines matérialiste, le suscite. Au Québec par exemple, on est passés champions mondiaux des stats du suicide[4]. Dans n'importe quelle rencontre publique, si on demande “ Qui ici connait un membre de sa famille ou un copain qui s'est suicidé ? ” en général plus de 80% lèvent la main... Pourtant le Québec n'a jamais été aussi prospère... Les experts disent que c'est un phénomène inexplicable, mystérieux[5]... Mais faut-il s'étonner de nos stats sur le suicide, car depuis la Révolution Tranquille, les grands médias et le système d'éducation québécois (du primaire jusqu'aux études avancées à l'université) sont sous le contrôle des dévots de Darwin, c'est-à-dire la théorie de l'évolution. Réduit à sa plus simple expression l'apport existentiel du mythe d'origines matérialiste est l'affirmation: “ Tu viens de nulle part, et ta destinée finale est le néant! ”

Quel réconfort que cette idéologie lorsqu'on passe un moment de ténèbres profondes et que l'on est seul avec son désespoir...

Mais sache que Christ est passé devant toi. Il a fait face à tout ton désespoir, à la folie et les ténèbres qui empestent ta vie et il a vaincu. Il a vaincu la mort et le néant. Mais plus important encore, il a pris sur lui le jugement qui pesait contre toi et moi. Il est l'agneau de Dieu. Tends-lui la main, mais accepte que toi aussi tu doives passer par la Porte Étroite et faire face à ton péché, accepter de le confesser et t'en repentir. Le premier pas pour suivre Jésus implique accepter notre culpabilité devant Dieu et accepter qu'il est devenu la cible du jugement de Dieu à notre place. C'est la case départ. Si tu ne veux pas jouer à la religion pour te retrouver avec un patch temporaire à tes difficultés qui finalement ne change rien à long terme, tu ne peux pas jouer la victime. Toi aussi tu dois passer par cette Porte Étroite. Tes souffrances ne peuvent pas servir d'alibi pour t'en défiler. Tu dois lui faire confiance à Christ avec TOUTE ta vie et accepter que LUI fasse le ménage dans tes attitudes et comportements. Et pour ce faire il faut comprendre que cela comporte une lutte de la volonté tandis qu'on fait quelques pas sur le chemin de l'obéissance.

Eh oui, le DIeu de la Bible exige l'obéissance. Au moment de défroquer de son athéisme, CS Lewis a lutté avec cette question et fit ces observations sur le Grand Casseur de Party (1955)

Christianity was mainly associated for me with ugly architecture, ugly music, and bad poetry. Wyvern Priory and Milton's verse were almost the only points at which Christianity and beauty had overlapped in my experience. But, of course, what mattered most of all was my deep-seated hatred of authority, my monstrous individualism, my lawlessness. No word in my vocabulary expressed deeper hatred than the word Interference. But Christianity placed at the centre what then seemed to me a transcendental Interferer. If its picture were true then no sort of "treaty with reality" could ever be possible. There was no region even in the innermost depth of one's soul (nay, there least of all) which one could surround with a barbed wire fence and guard with a notice No Admittance. And that was what I wanted; some area, however small, of which I could say to all other beings, "This is my business and mine only."

Voici quelques versets qui comportent à la fois une consolation pour le chrétien qui souffre et un avertissement (si on refuse la depandance qu'exige la vie chrétienne)

Car ainsi parle le Très-Haut, dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint: J'habite dans les lieux élevés et dans la sainteté; mais je suis avec l'homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les coeurs contrits. Je ne veux pas contester à toujours, ni garder une éternelle colère, quand devant moi tombent en défaillance les esprits, Les âmes que j'ai faites. A cause de son avidité coupable, je me suis irrité et je l'ai frappé, je me suis caché dans mon indignation; Et le rebelle a suivi le chemin de son coeur. J'ai vu ses voies, et je le guérirai; Je lui servirai de guide, et je le consolerai, lui et ceux qui pleurent avec lui. Je mettrai la louange sur les lèvres. Paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est près! dit l'Eternel. Je les guérirai. Mais les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer, et dont les eaux soulèvent la vase et le limon. Il n'y a point de paix pour les méchants, dit mon Dieu.
(Ésaïe 57: 15-21)

Évidemment ont peut trouver des charlatans qui laissent entendre que l'on peut éviter la Porte Étroite et que devenir chrétien est le moyen facile d'être heureux. Au sujet de telles prétentions Lewis offre ce commentaire brutal (1947/2002: 58)

I didn't go to religion to make me happy. I always knew a bottle of Port would do that. If you want a religion to make you feel really comfortable, I certainly don't recommend Christianity.

Mais si tu passes la Porte Étroite, alors tu connaîtras la Nouvelle Vie qu'il promet. C'est alors que les promesses pour la Nouvelle Vie seront pour toi.

Et voici une de ces promesses

Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. (Jean 8: 12)


Références


CAMUS, Albert (1942) Le Mythe de Sisyphe: essai sur l'absurde. Éditions Gallimard [Paris] [Essais 11, Bibliothèque de la Pléiade] 187 p.

GOSSELIN, Paul (1979) Mythes d'origines et théorie de l'évolution. (Samizdat)

GOSSELIN, Paul (2004) Juger ou ne pas juger ? ou L'athée moralisateur et l'art d'avoir de la fuite dans les idées. (Samizdat)

GOSSELIN, Paul (2008) Quel est le système de croyances dominant au XXIe siècle? (Samizdat) -> sur le postmodernisme

GOSSELIN, Paul (2010) La Bible pour déprimés. (Samizdat)

GOSSELIN, Paul (2015) Dialogue sur la souffrance et la question du mal. (Samizdat)

GOSSELIN, Paul (2017) Letter to Kurt [Vonnegut] : A review of Sirens of Titan. (Samizdat)

LEWIS, C. S. (1947/2002) God in the Dock. (Walter Hooper ed.). Eerdmans Grand Rapids MI 347 p.

LEWIS, C. S. (1955) Surprised by Joy. (Ebook)

MONOD, Jacques ([1971) Le hasard et la nécessité: essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne. Éditions du Seuil Paris 197 p.

PROVINE, William B. (1990) Response to Phillip Johnson. (Letter) pp. 23-24 First Things no. 6 Oct.

RENDELL, Nick (2024) If You Thought Assisted Suicide Would Guarantee a Quick, Painless Death, Data from Oregon Will Make You Think Again. (Daily Sceptic - 13/4/2024)

 


Notes

[1] - Un des auteurs des Psaumes avait bien compris la chose et fit ce commentaire.

N'entre pas en jugement avec ton serviteur! Car aucun vivant n'est juste devant toi. (Ps. 143: 2)

[2] - Sans le nommer, bien sûr....

[3] - Aussi connu sous le nom “ théorie de l'évolution ”.

[4] - Mais devancés par quelques pays comme la Finlande, la France et le Japon...

La mortalité par suicide au Québec : 1981 à 2014 – Mise à jour 2017. (INSPQ, Lise Thibodeau, Paul-André Perron)

[5] - Trop souvent nos experts n'en disent que des niaiseries. Ah, c'est dû à la pauvreté. Non, je sais, c'est dû à la nordicité du Québec !, sauf que notre nordicité n'a pas débuté en l'an 2000... et il y a plus de suicides que jamais. Et les Québécois voyagent beaucoup plus qu'il y a 50 ou 60 ans. C'est une belle tentative, elle aussi, de faire taire les réflexions sérieuses.