Paul Gosselin (18/9/2026)
Certains ont vu passer mon bref courriel de ce matin, "Un État postmoderne, un État totalitaire???', discutant d’interventions liberticides des policiers britanniques. Entre autres, j’ai filé ce lien discutant de la situation en Angleterre:
Britain's Speech Police: How the State Learned to Fear its People With 62,000 people arrested for speech crimes in five years, the UK can no longer claim to be a free society. The state has learned to fear its people and will no longer tolerate them speaking freely. (Paul Birch - The Daily Sceptic - 10/9/2026)
Un contact a réagi à l’affirmation qu’au Canada, si toutes les lois proposées par Trudeau et Carney (comme C9) prennent effet, on se retrouveras dans EXACTEMENT la même situation que subissent les Britanniques où 62,000 personnes ont été mis en état d’arrestation par la police pour des tweets ou vidéos jugés “haineux”...
Eh bien, ce contact m’a fait prendre connaissance du fait qu’au Canada on a déjà commencé à mettre en marche l’Inquisition postmoderne. Nous y sommes... Voyez de vidéo (sous-titres français disponibles), fait un dimanche soir lorsque la police vient cogner à la porte de cette Canadienne.
Considérez sérieusement la profonde hypocrisie des accusations de “discours haineux” avancées par ces policiers. Ces accusations ne disent strictement rien des intentions ou des émotions des personnes ciblées par ces accusations. Par contre cela permet de bien faire le catalogue des discours que les élites postmodernes et pions de Davos (au pouvoir au Canada) haïssent et cherchent à étouffer par intimidation. Parmi les discours bannis par le Big Brother canadien, toute critique de l'idéologie LGBTQ et toute critique de l'Islam. Il est vrai que les autorités ne poursuivent pas toutes les instances, mais s'attaquent à des organismes ou individus trop efficaces... Ça passe le message. Ce que cette dame a exprimé n’a RIEN d’un “discours haineux”, mais c’est bel et bien un discours détesté/haï par Carney et les autres pions de Davos. On veut nous imposer un genre de Charia postmoderne.
À part les policiers qui cognent à la porte des Britanniques ou Canadiens exerçant leur droit de liberté d’expression, les chemises brunes postmodernes (les AntiFa), sont une autre stratégie d’intimidation. Et mon allusion aux “chemises brunes” n’est PAS faite à la légère, car le comportement d’intimidation des AntiFa, correspond EXACTEMENT au comportement des chemises brunes nazies au début des années 1930, lors de la montée au pouvoir du parti nazi en Allemagne. Notons que lorsqu'un régime fait appel à l'intimidation ou la menace d'arrestation pour étouffer des voix, c'est que ce régime a très bien compris qu'il ne pourrait pas avoir gain de cause dans un débat vraiment ouvert où chaque parti aurait toute liberté de présenter ses meilleurs arguments (et de les faire entendre). Autre détail, il faut comprendre que ce comportement des autorités britanniques et canadiennes exprime très bien leur mépris du peuple et de ses droits.
Mais les postmodernes sont très élitistes et croient profondément à leur supériorité et leur droit d'imposer (avec les ressources de l'État), leurs convictions et croyances. Tout ça me rappel cette citation du philosophe athée Nietzsche dans son livre Par-delà bien et mal*, qui explique son concept du Superman/Ubermensh et le mépris du Ubermensh pour peuple ordinaire (1886/2000: 113)
Aux hommes ordinaires, enfin, au plus grand nombre, à ceux qui sont là pour servir, pour être utiles à la chose publique, et qui n'ont le droit d'exister que s'ils se soumettent à ces conditions...
Et dans une telle situation comme celle de la dame confrontée à des policiers frappant à sa porte un dimanche soir il serait TRES utile aussi d’exiger le nom du chef policier qui a donné l’ordre de faire cette intervention. Ces gens qui osent violer les droits de leurs concitoyens (qui pourtant paient leur salaire...) doivent être exposés au regard public. Le truc c 'est qu'au 21e siècle le totalitarisme ne porte pas des croix gammées ou le marteau et la faucille... Mais on peut le reconnaître à son profond mépris des masses et de leurs droits et sa soif insatiable de pouvoir total, planétaire.
Sans doute que beaucoup de Canadiens admettront difficilement que leur pays glisse vraiment dans les ténèbres, vers le totalitarisme (à ce titre, voyez ce dossier de presse qui documente la montée, pas à pas, d’une forme de totalitarisme au Canada).
Il est toujours plus facile de nier des faits désagréables que d’y faire face. Cela fait penser aux communautés juives vivant en Allemagne sous le régime nazi. Après que la Solution Finale avait été mise en place en 1942, certains dirigeants des communautés juives ont été confrontés aux avertissements d’évadés des camps de la mort. Mais dans bien des cas, plutôt que prendre ces avertissements au sérieux, on a réagi par le déni, en affirmant: “Mais ce n‘est juste pas possible, car l’Allemagne est un pays civilisé!!” Et bon nombre de ces dirigeants juifs et les membres de leurs communautés n’ont pas fui lorsqu’ils en avaient l’occasion et ont fini dans les fours d’Auschwitz. Souhaitons que les Canadiens se réveillent avant qu’il soit trop tard.
Canada totalitaire: impensable?
Les leçons de l’Histoire sont parfois impitoyables... Mais bon, puisqu'il est question de leçons d’Histoire il serait utile au lecteur de digérer quelques observations d'un témoin de la montée du Nazisme en l'Allemagne (pays civilisé doté d'une profonde culture artistique et philosophique et très avancé sur le plan scientifique et technologique) des années 1930-40.
Certains de mes lecteurs ont vu le film Le Pianiste (2002) qui présente quelque événements de la vie de Władysław Szpilman, un Juif polonais, pendant la Solution Finale. Le livre écrit par Szpilman inclut des entrées du journal personnel de Wilm Hosenfeld, officier allemand stationné en Pologne durant la Seconde Guerre mondiale, officier qui a sauvé la vie de Szpilman. Les méditations de Hosenfeld dans son journal mettent en évidence autant la brutalité que l'hypocrisie des nazis, mais permettent surtout permet de comprendre comment un pays progressiste comme l'Allemagne a pu basculer vers le totalitarisme (in Szpilman 2002 : 193-194) :
18 janvier 1942
La révolution nationale-socialiste semble incohérente à bien des égards. L'histoire nous rapporte des actes effroyables et des barbaries atroces commis durant la Révolution française. La révolution bolchevique, elle aussi, a permis que soient perpétrées de terribles atrocités contre la classe dirigeante, sous l'impulsion des instincts bestiaux d'hommes réduits à l'état de sous-hommes et emplis de haine. Bien que l'on puisse déplorer et condamner de tels actes d'un point de vue humaniste, il faut néanmoins reconnaître leur caractère inconditionnel, implacable et irrévocable. Il n'y eut ni compromis, ni faux-semblants, ni concessions. Ce que ces révolutionnaires ont accompli, ils l'ont fait ouvertement avec une détermination totale, sans égard pour la conscience, la morale ou les usages. Tant les Jacobins que les bolcheviks ont massacré les classes dirigeantes et exécuté les familles royales. Ils ont rompu avec le christianisme et lui ont fait la guerre, avec l'intention de l'effacer de la surface de la terre. ... Leurs théories et leurs idées révolutionnaires ont exercé une influence considérable au-delà des frontières de leurs pays respectifs.
Les méthodes des nationaux-socialistes diffèrent, mais, au fond, ils poursuivent eux aussi une idée unique : l'extermination et l'anéantissement de ceux qui pensent différemment d'eux. De temps à autre, des Allemands sont fusillés, mais l'affaire est étouffée et tenue secrète aux yeux du public. Des gens sont emprisonnés dans des camps de concentration, laissés à l'abandon jusqu'à ce qu'ils dépérissent et meurent. Le public n'en sait rien. Si l'on décide d'arrêter des ennemis de l'État, il faut avoir le courage de les accuser et de les déférer à la justice publique.
D'un côté, ils [les nazis] s'allient aux classes dirigeantes de la finance et de l'industrie et maintiennent le principe capitaliste ; de l'autre, ils prônent le socialisme. Ils se déclarent partisans de la liberté individuelle et religieuse, tout en détruisant les Églises chrétiennes et en menant une lutte clandestine et souterraine contre elles. Ils vantent le « principe du Führer » et le droit pour les individus compétents de développer librement leurs talents, mais ils subordonnent tout à l'appartenance au Parti. Même les plus capables et les plus brillants sont ignorés s'ils restent en dehors du Parti. Peut-être qu'un jour, beaucoup réaliseront que si nos propres élites postmodernes ont (pour l'heure) rejeté la brutalité nazie (en tant que méthode), elles ont en réalité adopté et raffiné l'hypocrisie nazie.*
Peut-être qu'un jour, beaucoup réaliseront que si les élites postmodernes du 21e siècle ont (dans l’immédiat) rejeté la brutalité nazie (en tant que méthode), elles ont en réalité adoptée et poussée plus loin l'hypocrisie nazie. Voici donc d'autre observations du journal de Hosenfeld.
Pp. 200-201
1er septembre 1942
Pourquoi cette guerre a-t-elle dû avoir lieu ? Parce qu'il fallait montrer à l'humanité où la menait son impiété. Tout d'abord, le bolchevisme [soviétique] a tué des millions de personnes, au nom de l'instauration d'un nouvel ordre mondial. Mais les bolcheviks n'ont pu agir ainsi que parce qu'ils s'étaient détournés de Dieu et de l'enseignement chrétien. Aujourd'hui, le national-socialisme fait de même en Allemagne. Il interdit aux gens de pratiquer leur religion, les jeunes sont élevés sans Dieu, l'Église est combattue et ses biens confisqués, quiconque pense différemment est terrorisé ; la nature humaine libre du peuple allemand est avilie et celui-ci est transformé en une masse d'esclaves terrifiés. On leur cache la vérité. Ils ne peuvent jouer aucun rôle dans le destin de leur nation.
Il n'existe plus de commandements interdisant le vol, le meurtre ou le mensonge, dès lors qu'ils vont à l'encontre des intérêts personnels. Ce rejet des commandements divins conduit à toutes les autres manifestations immorales de la cupidité : enrichissement illégitime, haine, tromperie, licence sexuelle entraînant la stérilité et la ruine du peuple allemand. Dieu permet tout cela, laisse ces forces prendre le pouvoir et permet à tant d'innocents de périr pour montrer à l'humanité que, sans Lui, nous ne sommes que des animaux en conflit, croyant devoir nous entre-déchirer. Nous refusons d'écouter le commandement divin : « Aimez-vous les uns les autres ». Fort bien, dit alors Dieu, essayez le commandement du Diable, son exact opposé : « Haïssez-vous les uns les autres ». Nous connaissons l'histoire du Déluge racontée dans les Saintes Écritures. Pourquoi la première race d'hommes a-t-elle connu une fin aussi tragique ? Parce qu'elle avait abandonné Dieu et devait périr, coupables et innocents confondus. Ils ne pouvaient s'en prendre qu'à eux-mêmes pour ce châtiment. Il en va de même aujourd'hui. *5 décembre 1943 :
« Notre nation tout entière devra payer pour tous ces torts et ces malheurs [Deuxième guerre mondiale], pour tous les crimes que nous avons commis. De nombreux innocents devront être sacrifiés avant que la dette de sang que nous avons contractée puisse être effacée... »*6 juillet 1943 (page 205)
Lorsque les nazis sont arrivés au pouvoir, nous n'avons rien fait pour les arrêter ; nous avons trahi nos propres idéaux. Des idéaux de liberté individuelle, démocratique et religieuse. Les travailleurs ont suivi les nazis, l'Église est restée spectatrice, les classes moyennes ont manqué de courage pour agir, tout comme les grands intellectuels. Nous avons laissé les syndicats être dissous et les diverses confessions religieuses être réprimées ; il n'y avait plus de liberté d'expression dans la presse ni à la radio. Finalement, nous nous sommes laissé entraîner dans la guerre. Nous nous sommes accommodés de l'absence de représentation démocratique en Allemagne et avons accepté une pseudo-représentation assurée par des individus sans réel pouvoir de décision. On ne trahit pas impunément ses idéaux, et nous devons désormais tous en assumer les conséquences. *
Il faut donc comprendre qu'aucun pays civilisé, n'est à l'abris de glisser vers le totalitarisme...
Hmm.... Qui sait si bientôt il me faudra vérifier qui sonne à la porte chez moi???
GOSSELIN, Paul (2024) La Tentation totalitaire par Jean-François Revel : Un compte rendu. (Samizdat - 13/9/2024)
NIETZSCHE Friedrich, (1886/2000) Par-delà bien et mal, (trad. Patrick WOTLING) Flammarion Paris 385 p.
SZPILMAN, Władysław (1946/2002) The Pianist: The Extraordinary True Story of One Man's Survival in Warsaw, 1939-1945. Weidenfeld & Nicolson London 222 p.
Dossier de presse sur le totalitarism canadien
* traduction PG